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Le témoignage d’Aline : un parcours de PMA sans enfant mais sans regrets

Aujourd’hui j’ai 33 ans, je vais en avoir 34 en septembre, et je n’ai toujours pas d’enfants. Je crois d’ailleurs que je n’en veux plus. Mes rêves ont été écrasés, meurtris, oubliés, piétinés et réduit à néant. Et pourtant je vais bien.

Le combat pour être mère a débuté en 2013, presque aussitôt après avoir rencontré ce qui deviendra mon mari puis mon ex-mari.

Voici mon histoire :

Notre rencontre et notre désir d’enfant au Chili

Je suis partie au Chili et en Argentine, le pouce en l’air et mon sac dans le dos.

Sur ma route je l’ai croisé et je l’ai aimé, je suis repartie et il est venu me chercher, alors j’ai tout laissé et je suis allée vivre avec lui. au Chili.

Nous avons vécu deux ans là-bas, à Santiago, nous avons essayé pendant deux ans d’avoir un enfant, mais rien à faire, rien ne se passait. J’ai commencé à aller voir un gynécologue, puis un autre. La réponse me frappait, car pas de diagnostic ni d’analyse, j’entendais juste, « Madame c’est dans votre tête, le problème… c’est vous ».

Il n’existe rien de plus dur que ces quelques mots, qui nous rendent impuissante et prisonnière de notre corps. Nous ne sommes rien d’autre que l’esclave d’un inconscient qui ne veut pas nous faire toucher le bonheur.

D’un excès à l’autre pour oublier

Alors j’ai déraillé, je suis partie en « live » comme on dit, fête à n’en plus finir, alcoolisation à outrance, vie éclatée, et toujours cette phrase qui tournait en boucle dans ma tête « Le problème, c’est moi ».  Chaque jour qui passait me rendait plus vulnérable, chaque fois que j’allumais une cigarette, j’avais l’impression de tuer mon rêve et pourtant je ne pouvais pas m’arrêter, car comment supporter l’insupportable.

Comment, dans un pays où toutes les femmes ont des enfants tôt et en nombre, supporter de ne pas pouvoir porter la vie ; de ne pas faire ce cadeau à l’homme qu’on aime. Comment accepter qu’on ne puisse pas avoir sa propre famille car je cite « Le problème c’est moi, c’est dans ma tête ».

Et puis cet homme à mes côtés, ne m’aidait pas, car pour lui « le problème c’est moi, c’est dans ma tête. »

Et je fume .. et je vois son regard qui m’accable. alors je bois.. Alors je sors. alors je souhaite oublier jusqu’à mon prénom.. Et la fumée embrume mon esprit, mais une petite voix résonne « le problème c’est moi, tout va bien dans mon corps, c’est dans ma tête, je ne peux rien y faire, ah si !!!!

Suis-je bête, on m’a dit de surtout NE PAS Y PENSER.. Est-ce que ce monde est sérieux ? ». Il ne faudrait pas que je pense à ce qui me donne envie de mourir. Tellement c’est dur, tellement je n’en peux plus, tellement ce problème est impalpable et impossible à débloquer.

Et puis j’ai touché le fond, pleuré tous les mois quand mes règles arrivaient, c’est épuisant, et puis cet homme à mes côtés avec ce silence, .. ce silence,.. Si accusateur, si destructeur, . et puis cette vie de débauche pour tenter de garder la face. Il fallait que ça cesse, il fallait que je parte.

 

Le retour en France

Décision prise, je rentre aux bercail. Adieu si jolie terre, Adieu, je rentre ou sinon je vais mourir, ce combat m’a pris mon énergie, ma vitalité, je ne suis plus que l’ombre de moi-même, soit je pars, soit je meurs.

Alors dans un regain de vie, une pulsion de survie, je pars. C’est décidé je rentre.

Il veut me suivre, il veut rester à mes côtés, je ne l’aurais pas cru, je ne suis que l’ombre de moi-même, mais s’il le souhaite, alors ok. De toute façon ça ne change rien, je ne serai jamais mère à cause de moi, peut m’importe qui est là ou pas, la vie n’a toujours pas retrouvé de sens à mes yeux.

Et nous voilà, en France, où je réapprends à vivre normalement, ou les excès s’éloignent de moi, tout me semble possible. Je suis prête.

Le désir d’enfant plus fort que tout

Prête à quoi me direz-vous !

Je suis prête à me battre, à lever la tête et à me battre, je veux être mère, je veux une famille avec cet homme, je vais me battre.

Alors que nous sommes arrivés à La Rochelle, nous nous rendons chez une médecin généraliste, et pour la première fois depuis le début de cet enfer, elle fait prescrire un examen pour mon futur mari. Il y va, non sans difficultés car le problème ne peut pas venir de lui, il a déjà deux enfants, certes elles sont grandes, mais ce sont ses filles, le problème ne peut donc pas venir de lui.

Alors voilà, après m’être battue avec moi-même, après avoir passé deux ans à pleurer, à vouloir mourir, cet espèce d’idiot ne veut pas faire un simple spermogramme, monsieur ne veut pas se faire une petite branlette de rien du tout. C’en est trop ! J’explose. Je gagne.. La branlette aura bien lieu.

Quelques jours après, nous revenons voir ce médecin généraliste, cette femme, la première que je vois (au chili je n’ai vu que des hommes), la première qui pense à voir du côté de mon futur mari.

Un très mauvais spermogramme difficile à accepter

Et là, le verdict est sans appel, ses spermatozoïdes sont morts, il ne reste plus que moins de 0,1 pour cent de vivants. Mais les tests ne sont pas poussés et nous n’en savons pas plus.

Je sors de la consultation et j’ai envie de hurler, de crier toute ma rage, toute ma douleur. Mais au lieu de ça je souris bêtement. Et lui, et bien lui, il n’y croit pas tout simplement. Ils ont dû se tromper de toute façon on ne peut pas se fier à la médecine, ni à la science, et puis le problème c’est je cite « Que je fume. ». Pour un homme, c’est une atteinte directe à sa virilité. Alors je le comprends je le calme.

Alors nous parlons, beaucoup, beaucoup trop. Je lui explique que tout ça c’est une bonne nouvelle, si on sait ce qu’il y a, alors, on peut le traiter. On peut le combattre, on sait enfin où se situe la lutte, on sait enfin contre quoi on doit se battre. Poing levé, dents serrées, je suis prête. Lui il se contentera d’être présent quand je lui demande et surtout d’être là pour me pointer du doigt quand je bois un verre ou quand je fume une cigarette, et il me répétera jusqu’à la fin, que le problème c’est moi.

 Mon Dieu j’aurais dû me casser une jambe lorsque je l’ai connu. Mais je suis une putain de bornée et je ne lâcherai jamais, je vais me battre contre ses préjugés à la con datant d’avant-guerre et contre ce putain de destin qui me joue des tours. Et ce gosse on l’aura.

On me l’a toujours dit, « ta force, ta ténacité, t’emmèneront loin, tu affrontes tout, t’es une battante. » Mais les gens forts, quand ils tombent, il ne font pas semblant.

Direction la PMA

Notre premier Rendez-vous dans une clinique spécialisée est un échec total. La raison, ou plutôt les raisons, les voici : La secrétaire qui nous reçoit dans son petit bureau laisse la porte ouverte donnant accès directement à la salle d’attente où c’est blindé de monde.

Et elle regarde notre petite feuille d’analyse, elle la lit à voix haute, fort, vraiment très fort. Je suis gênée, très gênée. Je lui demande de parler moins fort, c’est que tout cela, c’est très intime, je ne veux pas qu’on entende nos difficultés, je ne veux pas, et je me sens impuissante, et c’est le début d’un trop grand nombre de fois où je me sens dépossédée de mon humanité, de ce que je suis.

Je ne suis pas une personne et mon futur mari non plus, je ne suis qu’une chose, qu’un problème, qu’un numéro, que des statistiques, et je ne le sais pas encore, mais ce n’est que le début.

Après ce premier contact désastreux, nous rencontrons ce médecin spécialiste de la fertilité. Cet homme un peu bedonnant à l’air détaché. avec sa blouse trop petite, son ventre qui ressort, et qui parle fort, mon Dieu qu’il parle fort !!!

Il regarde notre petite feuille, il m’écoute raconter mes difficultés au Chili. Et il nous dit : « là, à part un miracle vous ne tomberez jamais enceinte de cet homme, à part un miracle ou une FIV, mais il faudrait pousser les analyses ». Mais mon homme n’est pas français et ne peut donc pas avoir la chance de voir ses analyses remboursées.

Nous sommes un couple de deux nationalités, nous ne pouvons pas avoir accès aux soins. Nous devons tout payer et c’est environ 3000 euros, et sans être sûrs du résultat. Donc ce cher médecin, ne me parle plus que de chiffres, de statistiques, des autres pays, des normes en France, de ma chance d’être française, et son discours devient un discours économique.

Nous devons nous marier pour que notre parcours PMA soit remboursé

L’économie pharmaceutique. Le mot est lâché, telle une bombe. « Vous voulez avoir accès à tout cela ? Mariez-vous, sinon vous ne pourrez rien faire, rien entreprendre, vous n’aurez jamais d’enfants. »

Allez, le combat commence, ou du moins il continue. On ne lâche rien. On se lance, Rendez-vous pris à la mairie, papiers en tout genre à remplir, traduction à payer, et au bout de quelques mois, nous nous marions. Enfin, nous allons avancer.

Mais la vie à la Rochelle ne nous plaît pas et nous voilà revenu sur ma terre natale, le Berry. Attention on arrive !

On change de médecin, on va à Tours au Pôle Léonard de Vinci, on voit un spécialiste, on fait la demande au médecin conseil pour une prise en charge des soins, et on attend le prochain Rendez-vous, car tout ça, ça prend du temps, et surtout ça prend la tête.

Mais on ne lâche rien ou plutôt je ne lâche rien. Bille en tête j’y vais, je fonce, je vais lutter, je vais me battre et cet enfant je l’aurai.

La rencontre avec le biologiste

On rencontre le biologiste, une fois nos analyses plus poussées, et oui le problème c’est bien chez lui qu’il se trouve. On me dira même « Madame, vous êtes hyper fertile !!! » J’ai envie de rire et de pleurer, je n’en reviens pas. Je repense à l’enfer au Chili, à ce que j’ai traversé, à cette injustice contre laquelle je ne pouvais rien. Et je pense à l’humain, aux êtres humains capables du meilleur mais aussi. du pire.

« Aller, je t’écoute toi le biologiste, le savant, dis-moi, dis-moi tout ». « Mangez équilibré, faites du sport, arrêtez de fumer, ne buvez pas, ne pétez pas, ne riez pas (bon les deux dernières c’est moi qui les ai rajoutées) ». Et là, on m’explique que dans notre cas, ce n’est pas une FIV qu’il faut mais une FIV ICSI.

La 1ère FIV

Bref, le traitement il est pour ma gueule (ben oui forcément, monsieur ne devra se faire que de petites branlettes à des moments bien choisis) pour ma part c’est piqûres d’hormones en tout genre, prise de sang tous les jours, échographie tous les jours au bout de quelques jours de traitements. Il faut surveiller. Ça implique pour moi des allées retour à Tours, ça implique pour moi 4h de route dans la même journée pendant le pic du traitement. Et ensuite l’opération en anesthésie générale, puis la visite du médecin pour me donner le résultat. Et quel résultat j’ai plus de 20 ovocytes !!! « Vous êtes très fertile Madame ». « Ah non alors là je dis NON bordel, je ne veux plus l’entendre, putain Taisez-vous ! »

Et de là, ils font leurs petits tour de magie, ils implantent les quelques spermatozoïdes qui vont « bien », ils nous font rentrer chez nous, ils nous appellent tous les jours et nous disent où nous en sommes. Au final il n’y en a que deux qui survivent, (au bout de 5 jours) mais deux c’est mieux que zéro. J’y vais ; je vais les voir, j’écarte mes jambes pour la 50 000 ème fois et on m’insémine la vie que j’attendais depuis maintenant 4 ans.

La suite, la voici : attendre 14 jours, se faire faire une prise sang et surtout prier. Mais il y a aussi une petite consigne, une consigne de merde, « surtout madame, n’y pensez pas trop… ». Laissez-moi rire, laissez-moi rire, 4 ans de lutte, d’envie de mort, de perte de sens sur ma vie, et surtout. Il ne faut pas que j’y pense !

Et puis, le traitement, on en parle ? 20 Kilos ça vous dit quelques chose ? 20 kilos pour une petite femme d’1,53m. Ça on ne m’avait pas prévenu.

La fausse couche

Au bout de 10 jours, j’ai des petites tâches rosées dans ma culotte, c’est bon signe !!! Comment je le sais ? Et bien comme vous mesdames, je passe mon temps sur les forums à essayer de comprendre tous les symptômes d’un éventuel début de grossesse, je cherche par tous les moyens à savoir ce à quoi je dois m’attendre. Je veux tellement savoir. Alors ces petites tâches couleurs rosées je sais que c’est bon signe et les boutons qui poussent sur mon visage à la vitesse de la lumière, aussi, c’est bon signe. Mais voilà, mon bonheur n’aura duré que 24 h. Et oui le lendemain soir fausse-couche, grosse perte de sang, gros caillots et même je le vois, je le vois dans la cuvette, parti. Mon petit bout de vie est parti.

Je pleure toute les larmes de mon corps, mais c’est de ma faute car « je fume », bordel de bordel, ce n’est pas facile de tout arrêter quand on vit quelque chose de si difficile. Et j’ai pris 20 kilos, j’ai arrêté de travailler pour me consacrer à ça.. Et maintenant tous ces mois n’ont servi à rien. Rien du tout.

Je reçois un appel du biologiste qui me demande pourquoi mes résultats de la prise de sang des 14 jours n’est pas arrivée ? Pourquoi ? « Mais il est bête ou quoi, si je ne l’ai pas faite c’est que ça n’a pas marché, je l’ai sentie la fausse couche, je l’ai sentie. » Et là, il me passe un savon, ben oui j’aurais dû deviner qu’il fallait la faire quel que soit le résultat, c’est pour leurs statistiques. Encore une fois je ne suis plus un être humain mais juste un chiffre, un pourcentage. Et surtout j’aurais dû deviner qu’en cas d’échec il faut quand même faire la prise de sang.

Aller le combat continue, on ne lâche rien.

Je reprends le travail

Je décide de me former, de reprendre ma vie active, je passe un concours, je suis prise directe, c’est bon je vais rentrer en formation, je vais devenir monitrice éducatrice. Je vais tout assumer, les rendez-vous, le stage, la formation, les allées retours à Tours. Je vais faire deux journées en une, j’irai le matin à Tours et le soir dans ma région faire mon stage ou aller à Bourges pour les cours.

Ça va être dur mais je peux le faire, je suis forte et surtout mon mari, lui, il ne veut pas payer davantage que moi, on divise tout en deux, mais pour les 20 kilos, ça c’est cadeau, c’est tout pour ma pomme.

Putain d’injustice, putain de monde injuste. Aller je sers les dents et j’avance. On ne lâche rien. En plus de tout ça, je dois trouver un mi-temps, pour payer les factures, les courses, l’essence. L’essence pour aller à Tours pour les examens. Il va m’aider ? Non car si je peux m’acheter des cigarettes, alors je peux payer l’essence. Bref c’est le chat qui se mord la queue, allez ce n’est pas grave je ne lâcherai pas.

Ma formation débute donc, et j’assume tout. Les journées n’en finissent pas et d’un autre côté 24h, ce n’est pas suffisant dans une journée, il me faudrait 30 heures. Mais je ne lâcherai pas !

La 2ème FIV

Et on recommence, une deuxième fois, tout le protocole, le traitement qui me fait grossir, qui me détraque complètement de l’intérieur. On nous dit de bien manger et de faire du sport, mais on ne nous dit pas qu’on va être épuisée, abattue, à bout de nerfs, les nerfs à vifs, envie de pleurer, craquer nerveusement pour tout et pour rien, n’être plus que l’ombre de soi-même, ne pas se reconnaître dans le miroir, se trouver changer sur tous les plans, ne plus avoir de courage, à part celui de pleurer.

On ne nous dit pas non plus à quel point ça va être dur d’entendre toutes ses copines nous annoncer leurs grossesses, leur bonheur. Ou pas (je crois que ça c’est le pire.). On ne nous dit pas qu’on devra leur sourire avant de s’effondrer une fois qu’elles sont parties ou qu’elles ont raccroché.

Tout ça on ne nous le dit pas. Tout ça on le vit, avec toute notre impuissance. Chaque mois à l’arrivé de mes règles, j’avais l’impression d’enterrer un enfant.

Quand on essaie d’avoir un enfant sans y parvenir c’est comme si on pleurait un enfant qu’on n’a pas eu la chance de connaître ; c’est un décès qui se répète inlassablement. Comme tous, j’ai déjà entendu des parcours de parents qui avaient perdu un enfant, encore jeune. Et il y a une chose que tous ses parents disent, ils disent tous, je ne regrette rien, je suis heureux(se) d’avoir pu le connaître, même si sa vie a été courte. Et ben nous, on ne peut même pas dire ça.

Pour les femmes comme moi, personne ne mesure la souffrance que c’est, personne ne sait que nous, nous n’avons pas eu la chance de connaître notre enfant même un peu, même quelques heures, même quelques jours. Nous enterrons un enfant qui n’a existé que de nos têtes.

Bilan des 3 FIV : on me demande de perdre du poids

J’ai fait 3 protocoles de FIV ICSI complet, 3 fois sur le billard, les jambes écartées, plus d’intimité, plus rien. Et en plus maintenant on me demande de perdre du poids. Je ne sais plus quoi dire. D’ailleurs, j’ai oublié mon prénom, c’est quoi déjà ?

Et pour couronner le tout de ces échecs cuisant, destructeurs, il y a cet homme, que j’ai épousé et qui se moque de moi, de mon surpoids. Qui me demande de ne pas bouger pour me prendre en photo quand mon ventre dépasse. Cet homme, qui me considère comme une moins que rien, cet homme qui finit même par me dire « De toute façon c’est des conneries, mon sperme va très bien, c’est n’importe quoi, le problème c’est toi… ». Que dire. c’est quoi déjà mon prénom ?

Allez je ne lâche rien, mais je commence quand même à lâcher. A lâcher prise.

Je vais monter à cheval, tiens ça va me faire du bien ! c’était mon métier avant tout ça, j’étais monitrice d’équitation. Aller j’y vais. Alors me voilà sur ce gentil cheval pendant une heure. Lorsque je descends j’ai mal aux chevilles. Je n’avais jamais eu mal avant.

Pourquoi j’ai mal ? Parce que je suis trop lourde. Décisions prise, déclic dans ma tête, je reprends possession de mon corps, « Les traitements c’est terminé, plus jamais, tant pis, je n’aurai pas d’enfants, tant pis. Toi petit être de mon imagination je t’enterre aujourd’hui, j’accepte ta mort, je te regarde quitter mon esprit. Pour moi c’en est trop c’en est fini, je fais mon deuil ». STOP

La perte de poids, la reprise en main, je quitte mon mari

Et je perds du poids, c’est incroyable, c’est comme si mon corps avortait quelque chose, en 4 mois à peine c’est réglé j’ai perdu 15 kilo, il m’en reste 5 à perdre mais je les accepte, je les chéries même.

Je quitte mon mari, cet espèce d’ordure qui a passé toute notre vie commune à me rabaisser. Je passe mon diplôme que je réussis haut la main.

Je trouve un poste sur mon dernier lieu de stage en foyer avec des enfants placés (le destin nous joue des tours.) et je décide de m’aimer et d’aimer ce que je suis et d’aimer ma vie.

Je ne me suis jamais sentie aussi bien que maintenant et pourtant je n’ai pas d’enfants, mais c’est peut-être ça le secret. Je crois que je n’en veux plus. J’ai lâché prise, j’ai accepté ce coup du sort, j’ai accepté ma vie.

Conclusion

Si ces quelques lignes sont destinées à être lues par des femmes et hommes qui vivent le calvaire d’un combat si difficile, alors je n’aurais que ceci à dire, je vous souhaite d’y arriver, je vous souhaite d’être forts, je vous souhaite d’être soutenus et de continuer à vous aimer. Ne lâchez rien. Quoi qu’il arrive quoi qu’il se passe, le bonheur est au bout du chemin. Enfant. ou pas… Et vous les hommes épaulez votre femme, soutenez là, même quand elle se transforme, car oui elle va se transformer et ce n’est pas de son fait.

Viva la vida libre, viva la felicidad que nunca llega como la imajinemos !!!*

* Vivez une vie libre, vivez le bonheur qui ne vient jamais comme nous l’imaginions !

Une femme sur terre

2 commentaires

  1. Claire

    Merci. J’ai pleuré, mais quel soulagement de ne plus se sentir seule, l’espace de quelques minutes. Je vous souhaite toute la sérénité et la joie du monde après cette longue route dans la nuit. Cuidate chère étoile dans ma nuit.

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  2. Alex

    Bonjour Aline,
    Merci pour ton témoignage. Je suis à ma 2ème tentative avec les mêmes colères que toi. J’en ai marre des injonctions “n’y pensez pas”, les même culpabilité “oui, j’ai besoin de prendre un verre de vin pour me détendre”, avec les mêmes sentiments d’injustice …puis au bout du bout…nous sommes seules face à ça (certains couples le vivent mieux à deux peut être)…et nous sommes seules capables de nous relever. Moi aussi je suis une personne forte…mais comme tu l’as dit, quand les gens forts tombent c’est pour de bon… will see. Plein de force à toi.

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