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FIV : comment résoudre les problèmes psychologiques du couple ?

Votre infertilité risque de vous faire vivre des émotions qui vous étaient inconnues jusqu’alors. Vous passerez par beaucoup de hauts et de bas tandis que vous essaierez de réaliser votre rêve et de faire un bébé. Chaque couple réagit à sa manière. Sentiments de culpabilité, de gêne, d’échec, de déception, de frustration, de colère, d’injustice, d’impatience, de désespoir, de désir, d’anxiété, de chagrin, de tristesse, d’espoir, d’appréhension, de courage et d’excitation. Des émotions qui peuvent vous submerger pendant de brèves périodes ou perdurer des années…

Réaliser après plusieurs mois d’essais que vous n’êtes toujours pas enceinte et que vous et votre partenaire souffrez peut-être d’un problème d’infertilité est la première grosse déception. Beaucoup de couples éprouvent des difficultés à digérer cette nouvelle, et des tensions apparaissent au sein de leur relation.

Ensuite, il vous faudra vous dénuder, corps et âme, devant les médecins qui vont rechercher les causes de votre infertilité. Cela peut constituer une véritable épreuve psychologique et physique pour les deux partenaires. Soudain, chaque minute de votre passé médical et sexuel est scrutée : impossible de cacher quoi que ce soit ! Les moindres recoins de votre corps seront examinés, mais rassurez-vous, au bout de la troisième ou de la quatrième fois, tout sentiment de gêne disparaîtra. Vous sortirez de cette période d’examens soulagés, à la fois excités et anxieux à l’idée de connaître enfin la cause de vos problèmes et de pouvoir opter pour un traitement.

En début de traitement, vous serez optimistes, pleins d’espoir et d’appréhension à l’idée de la grossesse à venir. Et puis, au fur et à mesure, la peur s’installera : et si ça ne marchait pas ? Que faire si c’est vraiment le cas ? Vous éprouverez un terrible sentiment d’échec et beaucoup de chagrin si vous, madame, ne tombez pas enceinte. Les hommes et les femmes ont été faits pour procréer ensemble, alors pourquoi, vous demanderez-vous, cela ne fonctionne-t-il pas avec vous ? Pourquoi est-ce si facile pour les autres ? Les questions tourneront dans votre tête à vous rendre fous ! Vous verrez des bébés et des poussettes partout. Si cela vous arrive, il sera important de vous faire aider correctement pour ne pas sombrer dans la dépression.

Que faire pour améliorer les choses ?

Votre relation

Lorsqu’on se lance dans l’idée de faire un enfant ensemble, il est déterminant que la relation amoureuse soit solide. L’infertilité est un sujet si personnel que la plupart des couples préfèrent ne pas en parler au départ. D’un certain point de vue, c’est bien, car cela permet au couple d’accepter d’abord son problème avant d’avoir à répondre aux questions de la famille et des amis. Au sein du couple, veillez à rester ouvert l’un à l’autre, à exprimer vos sentiments et à ne pas cacher vos pensées les plus intimes. Entretenez les bases de votre relation en vous rappelant que vous êtes tombés amoureux l’un de l’autre des années auparavant et que vous vous aimez toujours. Vous pouvez surmonter cette épreuve ensemble en parlant et en vous souvenant de la joie que vous éprouviez à être ensemble avant que le problème de la procréation ne se présente.

Entretenez ces sentiments : prenez le temps de vous choyer l’un l’autre, sortez dîner et essayez d’oublier votre projet d’enfant pendant un instant. Votre couple n’en sera que plus fort, et vous prendrez conscience que votre vie ne se résume pas à avoir un bébé.

Si vous trouvez que vous vous disputez trop, alors c’est peut-être le moment de partager votre problème avec votre famille et vos amis afin qu’ils pissent vous apporter le soutien supplémentaire dont vous avez besoin. Il est inutile de tourner en rond en s’accusant l’un l’autre ou en évitant le sujet. Confiez-vous à une personne de confiance, capable d’accepter que vous déchargiez votre colère sur elle. Chaque partenaire est probablement autant en colère que l’autre ; toute confrontation donne donc des étincelles qui ne vous aident à progresser ni l’un ni l’autre.

 

Voir le « bon côté » des choses

Si ! Croyez-le ou non, il y a un bon côté à l’infertilité ! Il y a des jours où vous et votre compagnon pleurerez de rire. Quand vous lui téléphonerez pour lui demander de se précipiter à la maison à sa pause déjeuner parce que vous êtes « à point » et prête à procréer. Ou bien quand on vous surprendra la jupe relevée, à l’arrière de votre voiture le jour du mariage de vos amis, alors qu’il sera en train de vous injecter vos médicaments. Il se peut aussi que vous tombiez sur un ami pile le jour de votre test de Hühner et qu’il vous demande pourquoi vous gardez les jambes croisées en permanence… Lors de la première échographie, certaines s’emballent et oublient qu’il n’est pas nécessaire de se dénuder totalement. Qui sait si vous ne vous mettrez pas à faire des câlins les nuits de pleine lune, rien que pour être en phase avec Mère Nature. Quand vous vous sentirez un peu déprimée, rappelez-vous tous les moments drôles que vous avez vécus et souvenez-vous que vous n’êtes pas la seule dans votre cas. Un couple sur cinq vit les mêmes émotions et passe par les mêmes sentiments que vous en essayant d’aller de l’avant.

 

Groupes de soutien

Se confier à sa famille et/ou à ses amis peut être d’une grande aide, à condition de ne pas être gêné de mettre ses proches au courant de sa situation. Beaucoup de couples préfèrent l’anonymat des groupes de soutien, car ils peuvent y parler avec plus d’honnêteté de leurs sentiments. Il existe des groupes de soutien ou de parole spécialement conçus pour les couples infertiles et de nombreux centres d’assistance médicale à la procréation (AMP) proposent un soutien psychologique. Prenez contact avec eux afin de trouver ce qui vous convient le mieux. Il se peut que votre premier choix ne soit pas le bon, mais n’abandonnez pas pour autant. Une fois que vous aurez trouvé le ou les interlocuteurs avec lequel ou lesquels vous vous identifiez, il vous sera plus facile de parler.

Les forums de discussion sur Internet sont de plus en plus populaires : on peut y être parfaitement anonyme puisqu’aucune présence physique n’est nécessaire pour recevoir conseils et avis. Il est très facile d’y trouver un groupe de personnes qui sont dans la même situation que vous. La plupart des forums proposent des discussions par thème : par exemple les traitements associés aux FIV, les sentiments ressentis après un test de grossesse, etc. De nouveau, je vous conseillerais de visiter plusieurs sites et forums jusqu’à ce que vous en trouviez un dans lequel vous vous sentez à l’aise. L’intérêt principal d’Internet, c’est l’immédiateté de la réponse : c’est l’idéal pour se remonter le moral instantanément. Inutile d’attendre quelques jours pour un rendez-vous. Les autres membres du forum répondent en général dans la journée.

Forum : forum.fiv.fr

Groupe facebook : facebook.com/groups/lesfivettes

 

Le témoignage de Sophie : comment elle a vécu la FIV dans son couple

Le pire, c’est l’attente… et cette sensation qu’il n’y a rien d’autre que vous puissiez faire que d’attendre. Au début, nous attendions le moment des règles en espérant qu’elles n’arriveraient pas, puis nous avons attendu d’avoir un rendez-vous, de faire des analyses – qui se révélèrent peu concluantes – enfin, nous avons patienté pour avoir un rendez-vous dans un centre d’AMP, pour mettre en place le premier cycle d’essai, et nous avons attendu pendant le cycle de FIV, puis les deux longues semaines suivant l’implantation – lesquelles se sont terminées par une grosse déception.

Après quatre cycles de FIV pendant lesquels je produisais à chaque fois moins d’ovocytes, nous avons compris que ça ne marcherait jamais. Ma dernière FIV a même dû être transformée en insémination, parce que je n’avais produit que deux ovocytes. Certes, une grande proportion de mes ovocytes était fécondée avec succès, et j’ai même été enceinte pendant un court laps de temps, mais nous avons pris conscience tous les deux que continuer sur cette voir tiendrait d’un comportement obsessionnel. Nous avons donc discuté des options qui s’offraient à nous avec notre médecin, lequel nous a recommandé d’avoir recours au don d’ovocytes auprès d’un établissement spécialisé. Cela impliquait évidemment d’attendre encore plus longtemps : d’abord pour avoir un premier rendez-vous et ensuite pour la donneuse. La liste d’attente pour un don anonyme était d’au moins un an.

Nous avons été très surpris de la générosité de nos amies et des femmes de notre famille qui nous ont offert de jouer les donneuses, malheureusement la plupart d’entre elles étaient trop « âgées » pour cela. Imaginez notre gêne quand nous avons dû dire « merci, mais tu es trop vieille » à celles qui nous proposaient le plus beau des cadeaux… Enfin, deux femmes se révélèrent des donneuses potentielles. Un an après le début du traitement, notre magnifique petit garçon était né ! Quand je pense que pour certains, neuf mois de grossesse c’est long… Notre petit Auguste est même né après terme, histoire de remuer le couteau dans la plaie.

Beaucoup de personnes, par ailleurs, témoignent de la manière dont la FIV a détruit leur mariage. En ce qui nous concerne, pendant toutes ces années de frustration, nous n’avons jamais perdu de vue que nous faisions tout cela pour « nous », et notre relation en est ressortie plus forte. Nous avons fait attention à ce que notre désir ne devienne pas une obsession et avons su reconnaître que chacun d’entre nous était aussi triste et déçu que l’autre. Nos amis et nos familles nous ont apporté un soutien extraordinaire – et aussi plein d’enfants avec lesquels nous avons pu jouer. Ca n’a pas été facile, bien sûr, en particulier quand j’ai perdu mon premier bébé à 12 semaines, mais nous avons un joli petit garçon et maintenant c’est tout ce qui compte.

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