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Pourquoi j’ai prévenu mon chef et mes collègues que je faisais une FIV ?

Texte de Rebecca du forum

Parceque rester à la maison en pyjama n’est certainement pas une option

L’une des premières demandes que j’ai faites à l’infirmière dans notre clinique de PMA a été d’avoir des rendez-vous à 7h30 précises pour mes monitorages. Je voulais avoir le créneau horaire le plus tôt possible pour pouvoir continuer d’arriver au bureau à l’heure – et éviter qu’on me demande pourquoi j’étais en retard. C’était déjà bien assez stressant de songer aux injections et aux échographies et à toute cette énergie, ces espoirs et ces rêves que mon mari et moi placions dans les traitements de FIV pour combler notre désir de bébé. Mais curieusement, dans mon état vulnérable, la seule pensée d’avoir à manquer le travail – et/ou que mes collègues découvrent ce que nous traversions – me semblait pire encore.

La réalité est qu’1 couple sur 8 aura des difficultés à avoir un enfant. Mais pour une mystérieuse raison, l’infertilité reste l’un des sujets les plus tabous, simplement parce que nous n’en parlons pas assez. Alors bien que je sois habituellement une personne assez réservée, j’ai prévenu mon chef et quelques collègues de ce que je m’apprêtais à traverser – et il s’agissait clairement de la meilleure décision.

Bien sûr, il n’y a pas qu’une seule bonne façon d’aborder quelque chose d’aussi complexe que l’infertilité. Mais si vous aussi, vous faites une FIV et vous demandez si vous devez en parler, le faire savoir au travail peut se révéler plus bénéfique que vous ne le pensez. Voici pourquoi.

 

Ils sauront qu’il se passe quelque chose

La FIV est un engagement sur le long terme. Il y a constamment des rendez-vous pour le monitorage (dans mon cas, je devais y aller pour des prises de sang et des échographies 1 jour sur 2 pendant 15 jours pendant la phase de stimulation). J’ai aussi posé un jour de congé pour la ponction d’ovocytes et un autre pour me remettre de l’opération. Sur un mois, ça revenait à décaler beaucoup de réunions et de projets au bureau. Et puis, il y a le fait que les centres de PMA sont tout le temps bondés (souvenez-vous, 1 couple sur 8 !). Malgré toute ma bonne volonté, je n’obtenais pas toujours le rendez-vous de 7h30 que j’espérais. Parfois, je devais y aller à 9h30 ou à 11h30.

Quand notre centre nous a donné un calendrier, j’ai décidé de me montrer honnête et de confier à ma chef ce qu’il se passait. Elle s’est montrée parfaitement compréhensive – en fait, elle m’a avoué qu’elle avait elle-même fait une FIV (et fini par tomber enceinte de jumeaux). Si vous n’êtes pas aussi à l’aise avec votre manager, vous pouvez simplement dire que vous serez absente pour de nombreux traitements médicaux. Quoi que vous décidiez, cela deviendra carrément évident quand vous êtes régulièrement absente de votre bureau. C’est pourquoi il est important d’élaborer la stratégie la mieux adaptée à votre situation.

 

C’est finalement plus facile pour éviter le terrain miné du bureau

Si vous traversez la période des montagnes russes émotionnelles de l’infertilité, vous pouvez avoir envie de vous enfermer à la maison en pyjama. Mais la plupart d’entre nous n’a pas le choix. Je ne vais pas mentir : me rendre au bureau durant mon traitement de FIV requérait parfois d’enfiler mon plus beau masque de comédie.

Pour celles d’entre nous qui se battent contre l’infertilité, le lieu de travail offre souvent les épreuves les plus dures : les collègues enceintes et les baby-showers au bureau. Oh, et aussi les collègues qui sont déjà parents et qui aiment se plaindre de leur bébé qui les tient debout toute la nuit ou les font tourner en bourrique. Dans des circonstances normales, nous serions ravis pour les futures mamans et nous nous apitoierions sur les parents. Mais lorsqu’on subit des traitements contre l’infertilité, on bourre notre corps d’une quantité énorme d’hormones qui nous fatigue énormément.

Expliquer votre situation à quelques collègues de confiance, ou à toute votre équipe si vous êtes proches, peut permettre de rendre les choses un peu moins embarrassantes lorsque vous devez quitter une réunion ou ne pas prendre part conversations sur les enfants à la machine à café.

 

Vous pourriez avoir besoin de leur soutien

Le stress du travail fait vraiment pâle figure en comparaison de ce que traversent nombre d’entre nous à cause de problèmes de fertilité. Alors quand tout semble devenir trop difficile, avoir quelques amis fiables (ou au moins des visages amicaux) au bureau peut vraiment soulager. Vous aurez simplement besoin de sortir faire un tour ou de prendre un cookie avec quelqu’un qui vous écoute. (Je vous recommande aussi ardemment de trainer avec des jeunes dans la vingtaine pendant vos 2 semaines d’attente. Des potins de rencontres sur Tinder sont pile poil la distraction dont vous avez besoin).

Et puis, il y a le fait qu’avec tous les événements liés à la FIV, être au top dans vos dossiers du bureau peut être certains jours la dernière chose dont vous ayez envie. Savoir qu’on vous soutient à votre travail – et que vous avez des collègues qui peuvent vous couvrir si besoin – peut vraiment vous aider à apaiser votre esprit.

En finir avec la stigmatisation

Révéler à tout le monde au travail ce qu’il se passe dans votre vie personnelle n’est pas facile. Personnellement, je craignais que ça ne me fasse paraître moins professionnelle. Mais, chose étonnante, une fois que j’ai commencé à me montrer plus ouverte sur la question de la FIV, les femmes de mon bureau ont commencé à parler de leurs propres expériences en matière d’infertilité.

Le mot de la fin : l’infertilité est plus répandue que vous ne l’imaginez, et il n’y a absolument aucune raison de se sentir gênée. Dans le but d’encourager davantage de femmes à partager leurs histoires liées à l’infertilité, nous devons apprendre à nous sentir à l’aise avec nos propres expériences à ce sujet – même avec nos chefs.

L’autorisation d’absence lors d’un parcours en PMA

 

Le mot de FIV.FR : je vous invite à lire attentivement le dossier sur les autorisations d’absence rédigé par BAMP et qui récapitule tous vos droits pendant le traitement vis-à-vis de votre employeur, que vous soyez dans le public ou le privé.

https://bamp.fr/category/amp-travail/

 

4 Commentaires

  1. Souris

    A mon ancien boulot, j’en ai parlé et c’était une catastrophe. Humainement, mon patron comprenait. Professionnellement, il en avait clairement à fiche de mes rendez-vous. J’ai donc démissionné. Et j’ai rejoué la carte de la sincérité avec mon boulot, qui justement, comme le dit l’article, m’adapte des horaires pour m »eviter tout stress. Je peux aller à mes RDV sereinement. Et même si effectivement, ce ne sont pas mes ami(e)s, ils sont assez attentifs à ce que je peux ressentir. Au moins, j’évite les commentaires blessants, et c’est clairement pas plus mal. En revanche, ils ne me poseront jamais de question sur ou j’en suis, et comment est le résultat, parce que j’ai mis les choses au clair dès le début. Cela reste ma vie personnel ( et médical) et quand je couche avec mon chéri, je ne tiens personne au courant. Alors oui, le contexte est différent, mais au moins, les choses sont claires. Etre transparent(e), ça aide !

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  2. Ava

    Je pense que quand on est dans l’entreprise depuis des années, c’est moins grave d’avoir quelques retards, poser quelques jours d’RTT ou appliquer le loi concernant l’autorisation d’absence. Mais que doit on faire, quand on est en recherche d’emploi en parallèle d’un protocole PMA – qui peuvent durer des années bien entendu- ou quand on vient juste de commencer un nouveau job. Même si maintenant il y a un loi qui nous protège, comment débuter avec ces absences et retardes, voir par un annonce de désir d’enfant, quand il y a encore pas mal de discrimination en entretien d’embauche vis a vis des femmes en age de procréer??
    J’aimerai avoir des conseils / articles pour ce type de cas, beaucoup plus complexe à mon sens.
    Merci!

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  3. Lil'

    Malheureusement ce n’est pas toujours si rose au boulot. Dès le départ, j’ai décidé d’en parler à ma patronne, à ma cheffe et à 2 collègues proches. Dans l’ensemble cela se passe bien et je ne regrette pas de leur en avoir parler. Par contre, il ne faut pas perdre de vue que ce sont des collègues et pas des amis ! Il ne faut donc pas s’imaginer qu’ils vont potasser le sujets, se renseigner, faire attention à ce qu’ils raccontent,… Par exemple, une collègue est enceinte et le bureau passe ses journées à en parler, à y faire allusion, à parler des échos ou de la décoration de la chambre ou du prénom et pure que tout à lui toucher le ventre sous mon nez sans comprendre en quoi cela me fait du mal. Mes 2 collègues sont tombées enceinte à C1 pour l’une et 2x à c’C2 pour l’autre. Au tant dire que non, elles ne comprennent pas et manque d’empathie. On m’a dit un jour que le monde continuait de tourner et que c’était difficile d’être enceinte (ça c’est la fois où je n’ai pas voulu écouter ma cheffe dire à quel point la grossesse de l’autre était difficile : elle venait de se taper une insolation car elle a passé toute la journée dehors en plein soleil… et j’avais simplement répondu que je n’étais pas là mieux placée pour entendre ça… Pas plus tard que mercredi dernier (30/08), c’était ma 1ère écho de contrôle après 1 semaine de ttt (Puregon + Cetrotide) et en arrivant au boulot, ma cheffe me dit toute contente « Alors, c’est bon ? Ça y est ? Tu es enceinte ? »… À bin non, être enceinte sans finir la stimulation, sans faire de ponction, de fécondation ni de transfert, ça va être compliqué (sans parlé que j’ai une hyperstimulation…) D’autant plus que mes collègues et elle savent que j’ai seulement commencé les injections le 24/08… Donc en parler à ses collègues, oui mais il ne faut pas s’attendre à des « miracles » surtout s’ils n’ont pas eu de difficultés pour devenir parents !

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  4. tousles28jours

    Je n’ai aucun problème à en parler, ma chef est au courant ainsi que certains collègues (je ne mens plus à la question « et toi c’est pour quand? »)
    Mais que se passe-t-il si les personnes au courant posent des questions sur le résultat ? Si négatif ça doit être éprouvant d’en parler et si positif… On n’a peut-être pas envie de l’annoncer aussi vite !

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