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Stress de la FIV : Comment se préparer mentalement et émotionnellement ?

A défaut de lâcher-prise, Estelle Phelippeau-Metrot, thérapeute certifiée et validée du réseau Medoucine nous explique comment se préparer à vivre une FIV le plus sereinement et positivement possible.

 

Bien-naitre et Bien-être : les enjeux de bien vivre sa FIV

L’excès de stress aurait-il un effet contraceptif ? Si l’incidence des hormones du stress sur la qualité et la quantité spermatique, sur la qualité ovulatoire et celle l’environnement utérin, reste toujours discutée et disputée par les scientifiques, la majorité de ceux qui vivent une FIV est convaincue que se sentir bien augmente les chances de réussite.

De plus, bien vivre ce temps de la pré-conception et de la conception, c’est nourrir positivement la pré-histoire de l’enfant à naître, une étape qui pourra avoir une incidence sur le vécu de la grossesse, de la naissance et le tissage des relations parent-enfant.

Enfin, prendre soin de soi maintenant, de son vécu émotionnel, psychique, relationnel, est essentiel pour notre présent comme pour notre avenir de femme, d’homme, avec ou sans enfant.

 

Reconnaître le stress 

La FIV induit structurellement une forme de stress adaptatif :

  1. l’étrangeté de la situation: faire un bébé avec l’aide d’un tiers médical, pour partie ex-utero, parfois avec un don de gamètes, parfois sans conjoint … tout cela, souvent loin de l’idéal ou de l’éthique que l’on pensait poursuivre et incarner;
  2. la découverte d’un environnement nouveau qui a sa logique et son langage, avec un protocole inconnu et son lot de surprises et réajustements éventuels ;
  3. l’engagement des corps dans des expériences exigeantes voir douloureuses: traitement hormonaux et ponctions, recueil de sperme, transfert d’embryon ;
  4. l’attente, l’incertitude.

Il est question d’un stress augmenté par le fait que la FIV semble engager et impacter toute la vie :

  • Pendant quelques semaines le présent est bouleversé: le corps, les émotions, les équilibres psychiques, de couple, la vie relationnelle et professionnelle, l’organisation des temps personnels et professionnels sont profondément touchés ;
  • L’issue de la FIV semble déterminer le futur, dans sa version désirée comme redoutée, avec d’autant plus de pression que ce n’est pas la première FIV ou que celle qui vient peut réveiller des formes de stress post-traumatiques.

 

C’est une période qui engage des efforts importants pour un enjeu considérable, vital d’une certaine manière, et dont l’issue est incertaine. C’est loin d’être l’expérience banale parfois annoncée. Alors oui, la FIV c’est stressant. Mieux nous sommes préparés, mieux nous pourrons nous adapter, redonner aux événements leur juste mesure et prendre soin de soi. Et pour cela, contrairement aux idées reçues, notre mental peut être un allié !

 

« Ne pas y penser ! », un conseil idiot à publier ?

 « Elle est tombée enceinte quand elle n’y pensait plus, … pendant ta FIV, tu devrais lâcher-prise !» Vous ne les supportez plus ces histoires et conseils et vous avez raison !

Faire un enfant dans l’élan d’une rencontre amoureuse et en toute inconscience du moment de la conception, est un schéma désiré, désirable et qui fonctionne, certainement. Mais quand vous espérez un bébé depuis des mois ou des années, que vous souffrez d’une infertilité médicalement expliquée ou pas, que vous êtes dans la nécessité d’en passer par une FIV, que vous vous posez des dizaines de questions, que vous éprouvez des émotions contradictoires en mouvement permanent, que vous enchaînez les examens et protocoles, que vont se succéder rendez-vous de prescription, injections, contrôles par prise de sang et échographies, appels réguliers du centre de PMA, déplacements divers, synchronisation – ou plutôt désorganisation – des agendas professionnels, sans parler des déjeuners familiaux et annonces de grossesse dans l’entourage, … le mantra du lâcher-prise, c’est plein de bonnes intentions, mais en situation de FIV, c’est mission im-pos-sible ! La question n’est pas de savoir si l’on pense ou pas à la FIV et à son issue, puisque l’on ne peut qu’y penser en pareilles circonstances, mais la question est bien de savoir comment penser à la FIV et son issue d’une manière « écologique » pour nous. Quitte à ne pouvoir faire autrement que de penser à cette conception par FIV et son issue, pourquoi ne pas cultiver une pensée féconde !

 

Le mental, un allié face au stress ?

Le mental, auquel on reproche de vouloir tout contrôler, de nous créer du sur-stress, peut devenir notre allié si l’on en use à bon escient.

Il a une fonction positive et peut contribuer, à sa manière, à notre sentiment de sécurité, s’il sait coopérer avec le cœur et le corps en tenant son rôle, rien que son rôle et tout son rôle ! Pensées, émotions et ressentis, corps en mouvement sont en permanente interaction. Agir sur l’un de ces 3 pôles influe sur les 2 autres.

En vue de la FIV, vous pourrez préparer votre corps de la manière qui vous convient, notamment avec l’Acupuncture, l’Ostéopathie, le Yoga, la Naturopathie, l’Alimentation, … et tout ce qui contribue à votre hygiène de vie. Par ce biais vous apaiserez votre mental.

En même temps, qu’à chaque étape du protocole, vous pourrez passer par les pensées, et par les bien connues et bénéfiques techniques d’Hypnose, Sophrologie, Méditation, pour cultiver des états de ressources : détente, confiance, présence au cadeau du présent ou programmation consciente et inconsciente pour incarner votre rêve.

Quelques techniques complémentaires, façonnées dans le cadre de la consultation d’accompagnement préconceptionnel, pourront s’ajouter à ces ressources. Inspirées de la PNL et du Voice Dialogue notamment, elles vous permettent d’être pleinement acteur/actrice de ce protocole et de votre bien-être.

Anticiper ses besoins…

La force du mental c’est d’analyser, d’an-ti-ci-per et planifier. Alors pourquoi se priver de cette capacité. Investissez-là pleinement, faites-le vraiment, de façon mesurée et utile !

Vous pourrez par exemple REALISER UN RETRO-PLANNING COMPLET avec des informations médicales, logistiques, évidemment ! Mais pas que ! Votre mental peut faire beaucoup mieux pour vous !

  • Etapes médicales – Même si les dates précises sont encore inconnues, positionner les étapes médicales annoncées sera l’occasion de vous assurer que vous avez une représentation précise, et commune au sein d’un couple, du déroulement du protocole, de ses moments-clés (recueil d’ovocytes et de sperme, don éventuel, fécondation, transfert d’embryon, prise de sang de résultat), et également que vous êtes au clair sur le nombre maximal d’embryons implantés et le devenir des embryons surnuméraires par exemple. Sur cette base vous pourrez poser au plus tôt toutes les questions de clarification auprès des équipes médicales, notamment sur les modalités de communication avec eux, un point essentiel pour votre sérénité.
  • Actions logistiques – En lien avec le déroulé du protocole, identifier les déplacements, présences aux RDV, appels à réaliser, démarches administratives et même courses, repas, gardes de chat ou d’un aîné s’il y en a, … vous permettra de répartir la charge mentale et pratique entre conjoints et avec vos éventuels réseaux d’aide.
  • Agendas personnels et professionnels – Repérer les possibles conflits d’agenda entre le protocole de FIV et les autres domaines de vie permet de déminer le terrain en prévoyant des plans B.
  • Etapes physiologiques – Ordonnances, injections d’hormones, prise de sang, … ne font pas un bébé ! La FIV fait parfois perdre de vue que la conception c’est d’abord un processus biologique : dans le corps de la femme des follicules qui maturent, au laboratoire des ovocytes et des spermatozoïdes qui se rencontrent, des cellules qui se divisent et se multiplient, un endomètre et un corps de femme qui se préparent à accueillir un embryon ou plusieurs, … et que ce n’est que le début de l’odyssée d’un nouvel être. Le dessiner en regard des étapes médicales, de la pré-conception à la naissance et au-delà, est un excellent support pour visualiser activement une conception réussie.
  • Besoins émotionnels, psychologiques et relationnels – Repérer et exprimer ses besoins et attentes est fondamental : « quel type d’émotions, de sentiments, de pensées, de relations, de rythme ai-je besoin de cultiver à chaque étape du protocole pour le vivre au mieux ? »  En répondant à cette question, le couple nourrit un espace d’écoute, d’attention, d’échange et coordination pour vivre ensemble le processus. Pour la femme célibataire, c’est l’occasion de jouer la carte de l’alliance entre ses polarités féminines et masculines pour prendre soin d’elle et aussi d’imaginer comment mobiliser son entourage. Pour chacun, cette anticipation des besoins émotionnels, psychologiques et relationnels permet de mobiliser des ressources personnelles, relationnelles et des accompagnements ad hoc.
  • Réseaux d’aide, soins et accompagnements thérapeutiques – Chacun-e pourra repérer quels contacts prendre pour des informations, conseils, soins, … bons pour le corps, le cœur et la tête.

Les intérêts du rétro-planning sont nombreux : de façon essentielle, il permet de :

  • Clarifier les représentations floues et compléter les informations disponibles,
  • Favoriser l’expression et la coordination,
  • Partager les engagements, mobiliser des ressources
  • Limiter la rumination et favoriser l’adaptation

L’anticipation satisfait le besoin de contrôle du mental tout assurant que les imprévus et modifications qui ne manqueront pas d’arriver puissent s’intégrer à leur juste mesure dans une vision d’ensemble et que les ressources d’adaptation puissent être mobilisées avec … un stress réduit.

Ecouter le dialogue intérieur…

Sérénité et confiance sont les besoins émotionnels les plus cités pour l’ensemble du parcours. Mais face au grand mystère de la vie, l’incertitude fait loi. Et ne pas maîtriser le résultat de la FIV fait souvent le lit d’émotions qui ont mauvaise presse :

  • de la colère face à un présent frustrant
  • de la peur à l’égard d’un futur incertain
  • de la tristesse pour des pertes du passé ou des pertes anticipées.

Dans ce contexte, un des champs sur lequel nous pouvons avoir une certaine influence, c’est celui de nos émotions, celles que nous cultivons, que nous entretenons par nos pensées. En développant la conscience sur ce qui se trame sur la scène et dans les coulisses de notre théâtre intérieur, sous forme de paroles, d’images, de sensations, nous pouvons, avec bienveillance, accueillir ces énergies en nous qui alimentent les fameuses « montagnes russes émotionnelles » associées à la PMA. Par exemple,

  • Quel est le discours de cette part de nous qui voit rouge, qui rumine sur la clinique qui ne répond pas et le manque de soutien ? quel est le besoin insatisfait qu’elle ne parvient pas à exprimer ? comment le besoin révélé par cette colère peut-il être satisfait autrement ? avec l’aide de qui ? …
  • Comment s’y prend l’aspect de la personnalité qui échafaude des scenarii catastrophe ? quelles images nous livre-t-il qui nourrissent le doute, nous rend vert de peur ? pour quoi d’important nous le resservir encore et encore ? qu’essaie de nous dire la peur ? ne tenterait-elle pas de nous protéger de la tristesse de la perte ?
  • Au nom de quoi dans ce temps de préparation d’une conception et d’espoir, une facette de moi me fait éprouver sentiment de perte et tristesse ? qu’est-ce qui se rejoue là, dans ces bleus à l’âme, de l’histoire personnelle, de l’histoire familiale, transgénérationnelle, éventuellement de deuils non-faits ? qu’est-ce qui a besoin d’être entendu, reconnu, ritualisé peut-être ?

Laisser ces porteurs de colère, de tristesse et de peur constamment sur le devant de la scène équivaut à vivre la FIV dans un stress permanent et maximal. Les reléguer dans les coulisses et cultiver un optimisme béat, hors de tout principe de réalité, c’est prendre le risque de les laisser nourrir une angoisse sourde. A trop vouloir contenir colère, peur et tristesse sans les écouter, ne risque-t-on pas de les voir faire irruption de façon disproportionnée au moment inopportun ?

Donner un visage, une voix, un discours, une couleur à ces facettes porteuses d’émotions, par exemple lors de séances de Dialogue intérieur, une approche thérapeutique jungienne, permettra de les apprivoiser et d’en prendre soin, tout particulièrement pendant les fameux 10-12 jours d’attente..

 

Cultivez une vision positive

Ecouter ce qui se montre de colères, peurs, tristesses sur la scène de notre théâtre intérieur, et prendre conscience de ce qui motive les parts de nous qui expriment ces émotions, leurs messages et besoins cachés, réoriente la dynamique émotionnelle en régulant l’entrée en scène de toutes ces parties de soi qui disent « je ».

C’est à cette condition qu’il est possible de se brancher sur « Radio Confiance » ou « Canal Joie », plus régulièrement, comme on zapperait sur un programme plus intéressant à chaque fois que le téléviseur ou la radio se dérègle. Comment favoriser cela ?

  • avec une vision de l’avenir rêvé plus riche et nette : réaliser un collage, un tableau de vision, sur son futur fécond, incluant la vie de parent, guidera les pensées et suscitera les sensations et émotions recherchées
  • à travers des voix intérieures porteuses d’encouragements : choisir des affirmations positives, telles des mantras, pourra orienter l’attention vers le futur souhaité

Ces propositions suscitent souvent une grande question : « faut-il ne pas trop y croire pour ne pas tomber de haut ? » Si ne pas y croire signifie envisager un scenario négatif pour ne pas être déçu, compte-tenu des enjeux et des efforts engagés, il y a fort à parier pour que colère et tristesse occupent tout l’espace, même cachées derrière une ironie mordante et une indifférence feinte, pendant tout le protocole de FIV. Ce sera l’occasion de garder le contrôle sur l’échec par une prophétie autoréalisatrice.

Y croire, sans occulter l’incertitude, peut être l’occasion de favoriser des ressentis de confiance et de joie au présent, et ainsi d’informer l’inconscient et le corps sur le chemin recherché et à emprunter.

 

Créer sa bulle, entrer en maternité et paternité

Anticiper les besoins, écouter le Dialogue intérieur, cultiver une vision positivement réaliste sont autant de façon de faire du mental un allié face au stress de la FIV. En satisfaisant ainsi à son besoin de contrôle, la guerrière à la tête bien faite, l’Athéna sortie de la tête de Zeus, qui chez la femme a l’habitude de tenir les rênes de sa vie et de mettre en œuvre son énergie masculine jusque dans son couple, peut accepter de déposer (un peu !) les armes, de laisser de l’espace pour le conjoint ainsi que pour d’autres facettes d’elle-même.

En particulier elle peut faire place à l’énergie de la mère, la Demeter, sa terre-mère : elle sait, fondamentalement, qu’un bébé ne se fait pas (qu’) avec la tête, qu’un bébé prend chair dans l’espace du corps et que des processus inconscients sont à l’œuvre. C’est bien là, dans le corps, dans l’inconscient, qu’il lui faut s’accueillir et l’accueillir cette vie nouvelle. Elle devine que pour porter un autre en elle, elle a besoin de descendre dans ses profondeurs, d’informer son corps de son rêve.

Pour rentrer dans sa réceptivité corporelle et psychique, dans sa terre et dans son rêve, pour devenir enceinte, la femme exprime souvent le besoin de rentrer dans une « bulle ». Vivre au présent, disponible au cadeau du présent, ouverte à une forme de sensualité, en se laissant protéger et porter par l’entourage sont les besoins qui émergent alors pour la polarité féminine.

Et cela tombe bien, car l’homme (ou la seconde compagne) témoigne beaucoup de son questionnement sur comment prendre place auprès de sa femme : former une enceinte protectrice autour d’elle pour qu’elle rentre dans sa bulle et porte la vie se révèle souvent précieux. Pour les femmes célibataires cette fonction pourra être assurée pour partie par ses propres facettes masculines, pour partie par l’entourage sollicité. Pour tous, se préparer supposera de s’entourer avec justesse, d’être au clair sur quoi dire à qui.

Ainsi peuvent s’incarner pour le temps de la conception et d’une possible grossesse les principes féminins et masculins qui participent de l’émergence de la vie.

Par Estelle Phelippeau Métrot, Psychopraticienne et analyste transgénérationnelle, certifiée et validée du réseau Medoucine.

Vous souhaitez en savoir plus, prenez rendez-vous en un clic avec Estelle Phelippeau Métrot sur Medoucine.com

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