Sélectionner une page

Visite de la clinique de FIV et de don d’ovocyte IVI Valencia

Avant toute chose, il est important de savoir qu’ IVI a été fondé il y a 30 ans en 1990 et est le leader mondial en Procréation Médicalement Assistée .

Mais tout a commencé à Valencia, puisque IVI , et on ne le sait pas toujours c’est l’acronyme de Instituto Valenciano de Infertilidad.

Nous avons eu la chance de visiter cette importante clinique, voici en quelques photos le récit de cette visite.

Voici le reportage en vidéo :

 

LA VISITE DE LA CLINIQUE ET SA FACILITÉ D’ACCÈS (AVION/TAXI)

 

Nous sommes venus via le vol direct Paris-Valencia de la compagnie Air Europa. Il s’agit d’une compagnie parmi d’autres, Transavia dessert aussi Valencia et les prix sont très raisonnables. La durée du vol est de 2 heures seulement.

A notre arrivée à l’aéroport de Valencia, tout est parfaitement balisé et il est aisé de prendre un taxi pour la clinique qui se situe à seulement  12 minutes.

L’extérieur de la clinique IVI Valencia

Le bâtiment est moderne et l’entrée via les portes que l’on voit sur la 1ère photo.

Le hall d’accueil de la clinique

Tout de suite en entrant, vous êtes directement accueillie par un guichet d’accueil.

La patio central

Situé au centre de la clinique et inondé de lumière, le patio est un îlot de verdure très apaisant.

Les salles d’attente

De nombreuses salles d’attente situées au rez de chaussée permettent de patienter en toute discrétion.

 

Le 1er étage de la clinique IVI Valencia

Nous accédons maintenant au 1er étage de la clinique ou se trouvent les bureaux de consultation, les salles de transfert, la salle de prise de sang, les salles de recueil du sperme. Notez d’ailleurs et c’est assez rare pour le signaler qu’une salle d’attente est dédiée aux familles, avec des jeux dédiés.

Bureaux de consultation

Il y a de nombreux bureaux de consultation, chaque bureau est composé d’une seconde pièce où sont faites les échographies de contrôle et autres explorations nécessaires.

La salle ou sont faites les prises de sang

Bureau de réception des couples

Dans cette salle, les couples peuvent par exemple être reçus par les coordinatrices pour signer les différents documents d’accord nécessaires au protocole.

Les salles de transfert

Il y a de nombreuses salles pour les transferts, toute équipées d’un second écran afin que le couple puisse suivre le déroulé  :

Une des salles de recueil de sperme

Le laboratoire d’Andrologie

L’andrologie, c’est la discipline médicale qui touche tout ce qui est en relation avec l’homme. Sur les photos que vous voyez une partie dédiée au sperme et une autre au sang. Les sérologies, analyses d’hormones et autres analyses sanguines sont faites sur place, ce qui est assez rare et permet une efficacité et rapidité accrus. Nous vous invitons d’ailleurs à lire en bas de cette page, l’interview que nous accordée la directrice de ce laboratoire , le Docteur Rocío Rivera.

La banque de sperme ou sont conservées les paillettes

Dans ces grandes cuves sont stockées un nombre très important de paillettes de sperme, c’est ce qu’on appelle une banque de sperme , ce qui permet à tout moment d’avoir le phénotype souhaité en cas de don de sperme, IAD ou ROPA.

Le bloc opératoire

C’est ici que sont faites les ponctions ovocytaires, juste à côté du laboratoire de FIV.

Le laboratoire de FIV de la clinique IVI à Valencia

Ce laboratoire est l’un des plus importants du monde, les photos parlent d’elles-mêmes !

Le laboratoire d’andrologie dédié

C’est dans ce laboratoire qu’est préparé le sperme qui sera utilisé pour les FIV classiques et ICSI.

Vue générale du laboratoire

Comme vous pouvez le voir, il y a énormément d’incubateurs (machine qui gardes les embryons au chaud), dont de nombreux incubateurs time-lapse (Geri, Embryoscope, etc…).

La laboratoire est organisé en zones spécialisées ou sont faites les FIV ICSI, le tri des ovocytes, les vitrifications, etc

Nous y avons assisté à la recherche d’ovocytes dans le liquide embryonnaire

Nous avons eu la chance de voir une laborantine travailler sur du travail folliculaire. Sur la 1ère photo, vous pouvez voir plusieurs tubes qui contiennent du liquide folliculaire suite à la ponction. Il sont gardés au chaud à 38 degrés comme l’indicateur de température en bas à droite le montre.

Vous voyez ensuite la laborantine chercher les ovocytes dans ce liquide est les isoler un à un.

L’ascenseur qui permet de préparer l’embryon directement dans la salle de transfert

C’est la seule fois que nous avons vu ça ! Un ascenseur qui permet au biologiste de se déplacer avec l’embryon et surtout de l’amener au plus près de la patiente pour éviter tout écart de température. C’est très important pour améliorer les résultats.

La salle de conservation des embryons congelés

C’est tout simplement la salle la plus importante qu’il nous ait été permis de voir, le nombre de cuves est tout simplement hors du commun et démontre si il le fallait l’historique de la clinique et son savoir-faire.

Le département international

Le département international est un département administratif qui gère votre parcours de A à Z, de manière fluide et rapide. Tout votre dossier est soigneusement enregistré et cela permet à vos interlocutrices de vous apporter rapidement la réponse la plus adaptée lorsque vous les appelez.

Interviews des professionnels de la clinique IVI Valencia

Nous avons pu interviewer en français différents professionnels de la clinique, voici les retranscriptions de leurs interviews :

1.Interview de Paula Celada, médecin gynécologue

Q : Pouvez-vous vous présenter ?

R : Je suis Paula Celada, je suis le médecin responsable de l’organisation du département international à IVI Valence, et je suis notamment les patientes francophones.

Q : À quoi sert le département international ?

R : Notre objectif est que la patiente soit toujours accompagnée. Dès qu’elle met un pied dans la clinique, il y a toujours quelqu’un auprès d’elle : la secrétaire à la réception, l’assistante médicale, l’assistante téléphonique, l’assistante au bloc opératoire… La patiente doit toujours pouvoir communiquer dans sa langue.

Q : Comment l’accompagnement aux patients francophones est-il organisé ?

R : Le département international est composé de 20 personnes, dont chacune est compétente dans au moins une langue étrangère. Parmi elles, 9 parlent français, en plus de la secrétaire chargée des devis. Il n’y a donc pas besoin de parler espagnol pour être suivi dans cette clinique IVI. Quoi que la patiente ait à faire dans la clinique, elle peut être accompagnée par quelqu’un qui parle français.

Q : Comment se déroule le traitement ?

R : Il se fait en trois parties. D’abord il y aura un RDV présentiel pour connaître les patients, évaluer leur fertilité et proposer un traitement qui sera toujours personnalisé. La seconde partie commence avec le traitement, qui peut se passer dans le pays de la patiente, où elle fait ses échographies et se fait suivre par son gynécologue, dont elle nous envoie à chaque fois le compte rendu par mail. Il est ensuite entré dans le système par des assistantes et il m’est envoyé, afin que je puisse le lire et donner les instructions à la patiente. Finalement, quand la patiente est prête, elle retourne en Espagne pour le transfert de l’embryon.

Q : L’envoi des documents se fait-il par mail classique ou y a-t-il une messagerie sécurisée ?

R : Récemment on vient d’implanter une messagerie instantanée qui a lieu à travers le Site de patient (accessible avec un code personnel). L’envoi peut ainsi se faire par mail classique, mais les documents joints sont cryptés et protégées par un code. Ce n’est toutefois nécessaire que lorsque les documents portent le prénom, le nom et les coordonnées de la patiente, ou s’il s’agit de résultats par exemple. De son côté, la patiente envoie effectivement les documents de manière standard. La boîte de messagerie d’IVI a cependant été spécialement créée pour la clinique et dispose de tous les éléments de sécurité qu’on peut attendre.

Y a toutefois une assistance téléphonique, qui permet aux patients d’être en contact directe en cas d’urgence.

Q : Contactez-vous parfois la patiente directement ou passez-vous toujours par la coordinatrice ?

R : Si ce sont des instructions simples et que tout se passe normalement, elles passent toujours par la coordinatrice. C’est ainsi plus rapide et plus facile à gérer. Cela évite de perdre du temps lorsque la patiente est appelée mais indisponible, qu’il faut la rappeler, etc. En revanche, si la patiente a besoin de me parler parce qu’elle a des doutes ou qu’elle ne comprend pas certaines choses, je reste toujours joignable. De même, si l’échographie ne montre pas ce qui était attendu, je passe moi-même l’appel. En cas de résultat négatif, il y a aussi un appel systématique du médecin le jour même où on a appris le résultat. On fait un petit débrief et on programme l’étape suivante avec la patiente.

Q : Et lorsque la patiente est ici, sur place ?

R : C’est alors le médecin responsable qui est toujours en contact avec elle : échographies, consultations, transfert…

Q : C’est donc un médecin attitré et pas nécessairement vous. Y a-t-il d’autres médecins qui parlent français ?

R : Je suis responsable de toutes les patientes françaises. Mais il y a plusieurs médecins de différentes langues, chacun responsable des patientes en fonction de la langue.

Q : Ça fait beaucoup de travail.

R : Oui mais nous parvenons à le gérer car nous planifions notre agenda en conséquence et surtout grâce à la coordinatrice. On arrive également à gérer les cas plus délicats, comme une patiente allemande qui habite en France. Elle est suivie par son médecin germanophone, mais je viens en aide à ce dernier car il y a forcément des documents en français. On travaille en équipe. En cas de vacances, maladie ou autre, il y a par exemple toujours un relai.

Q : Les Françaises viennent-elles ici principalement pour le don d’ovocytes ?

R : Oui, 60 % des traitements sont des dons d’ovules.

Q : La fécondation se fait-elle avec du matériel frais ou congelé ?

R : Normalement, nous travaillons avec du sperme congelé et une double réservation d’ovocytes : certains sont vitrifiés et réservés à l’avance pour la patiente afin qu’elle puisse avoir un transfert quoi qu’il arrive. Mais si, en fonction de l’avancée du traitement que suit la patiente, on voit qu’une donneuse est compatible en frais, nous priorisons le transfert en frais.

Q : Quelles sont les proportions entre frais et congelé ?

R : À peu près moitié-moitié, et les résultats sont quasiment identiques entre les deux méthodes. C’est surtout une question pratique, pour éviter à la patiente d’avoir à changer le jour de sa venue au dernier moment par exemple, s’il y a un souci lors de la ponction de la donneuse.

Q : Et les embryons, sont-ils frais ou congelés ?

R : Nous programmons avec du sperme et des ovules congelés, mais nous transférons des embryons frais. Naturellement, nous congelons les embryons s’il y a un problème du côté de la patiente, qui ne peut pas venir à temps, comme une annulation de vol par exemple. Les résultats sont alors également bons, on ne note pas de différence significative.

Q : Quel est le procès pour les donneuses chez IVI ? Y-a-t ’il une garantie pour les patientes ?

R : Nos donneuses sont les patientes les plus VIP ! Il faut bien les prendre en charge, qu’elles se sentent à l’aise, que les stimulations se passent bien, éviter les effets secondaires… Leur acte est altruiste, c’est pourquoi nous faisons des stimulations douces qui donnent autour d’une douzaine d’ovules, ce qui garantit pour les patientes un bon transfert d’un blastocyste.

Q : Que comporte le programme IVI Baby ?

R : C’est un programme qui garantit un bébé. Si, après trois cycles complets de don, la patiente n’a pas de bébé, nous la remboursons. Ce programme est tout de même soumis aux conditions des patients. Les critères d’inclusion ne sont pas très stricts, il faut tout simplement que l’endomètre et le sperme (dans le cas des couples hétérosexuels) soient dans de bonnes conditions. Ce programme est aussi proposé aux femmes ou couples qui viennent pour une fécondation in vitro.

Le docteur Celada a eu la gentillesse de faire des vidéos explicatives à destination des patientes :

2.Interview du Dr. Pilar Alamá, responsable du département du don d’ovocytes chez IVI Valencia

Q : Comment recrutez-vous les donneuses ?

R : La plupart des donneuses viennent grâce au bouche à oreille. Pour pouvoir recevoir des dons, IVI doit en effet demander l’autorisation aux autorités compétentes. Il en va de même pour faire de la publicité à ce sujet, par exemple.

Q : Existe-t-il un fichier national des donneuses ?

R : Oui, mais il ne regroupe que les femmes qui ont déjà donné. La question est : comment faire venir des femmes pour un premier don ? Nous disposons d’un registre, le SIRHA, dans lequel les cliniques doivent reporter chaque don, avec un code associé à chaque personne.

Q : Depuis quand ce registre existe-t-il ?

R : La loi impose ce registre depuis plusieurs années mais les cliniques s’y sont mises progressivement depuis deux ans. C’est pour l’instant une démarche proactive de la part des cliniques, mais remplir ce registre est obligatoire pour toutes les cliniques à partir de 2020. Q : Quels sont les critères pour être donneuse chez IVI ?

R : Le premier critère est légal : il faut être âgée de 18 à 35 ans, ne pas avoir d’historique médical familial, ne pas être malade soi-même et être volontaire. La donneuse vient alors à la clinique, où on effectue des examens en commençant par un entretien médical où la donneuse confirme son consentement. Elle revient ensuite pour un entretien avec un psychologue ainsi que pour un examen gynécologique, notamment pour voir le nombre de follicules antraux et repérer d’éventuelles pathologies. On procède ensuite à une analyse du caryotype, on fait le point sur l’AMH, sur le favisme (déficit en glucose-6-phosphate). On fait également une sérologie, parfois une cytologie, et un test génétique pour repérer les maladies monogéniques. Tous ces tests sont effectués sur toutes les donneuses qui se présentent.

Q : Quel est le taux de refus des donneuses lié à un résultat négatif à l’un de ces tests ?

R : Seules 30 à 35 % des candidates finissent vraiment par faire un don. Les autres sont soit rejetées à cause des résultats aux tests, soit reviennent sur leur décision. Sur 10 femmes qui viennent et répondent aux critères légaux de sélection, elles sont seulement 3 ou 4 à poursuivre le processus jusqu’au bout.

Q : Une candidate peut-elle être refusée parce qu’elle présente certaines caractéristiques physiques, comme une grande tache de vin ou autres ?

R : Non, nous acceptons tous les phénotypes.

Q : Quels sont les phénotypes les plus rares ?

R : Les femmes orientales et asiatiques, qui se présentent peu comme donneuses notamment pour des questions religieuses.

Q : En moyenne, combien de fois chaque donneuse vient-elle faire un don ?

R : La loi autorise une femme à donner jusqu’à ce qu’elle ait effectué 6 stimulations ou que 6 enfants soient nés de son matériel génétique en Espagne. En pratique, les femmes ont tendance à revenir donner plusieurs fois.

Q : Existe-t-il une banque d’ovocytes des donneuses ? La banque se constitue-t-elle parce que des donneuses se présentent ou en fonction de la demande des receveuses ?

R : Les deux. Lorsque des donneuses viennent, on regarde si on a des receveuses compatibles pour faire un don en frais, sinon on vitrifie. Parfois c’est l’inverse, on a une patiente et il faut chercher une donneuse, notamment lorsque le couple a un phénotype rare ou particulier. La plupart des patientes et donneuses viennent pour se synchroniser.

Q : Comment se passe la rémunération des donneuses ? Est-elle fixée par la loi ou chaque clinique donne-t-elle la compensation de son choix ?

R : C’est la clinique qui décide.

Q : Payez-vous plus cher pour un phénotype rare ? Par exemple, une donneuse asiatique sera-t-elle davantage rémunérée qu’une donneuse espagnole ?

R : Non, ça ne fonctionne pas comme ça. La rémunération dépend du nombre de dons effectués.

Q : En moyenne, les ponctions des donneuses livrent combien d’ovocytes ?

R : Douze ou treize.

Q : Y a-t-il une donneuse pour une receveuse ou les donneuses sont-elles partagées ?

R : Il y a une donneuse pour une receveuse.

Q : Quel est le nombre moyen d’embryons obtenus ?

R : Cela dépend surtout de la qualité du sperme. Parfois les couples ont déjà des embryons congelés.

Q : Le test de compatibilité génétique est-il effectué à chaque fois ?

R : Oui, il est systématiquement appliqué à toutes les donneuses et tous les donneurs.

Q : Et du côté des patients ?

R : Oui, on peut le faire. Ce n’est pas obligatoire pour les patients, mais la plupart choisissent de le faire. Le matching génétique ne peut en effet se faire que si le mari accepte de faire le test aussi.

Q : La patiente n’a pas le choix de la donneuse. En moyenne, quel est le délai pour se voir attribuer une donneuse ?

R : C’est très rapide. Pour les patientes étrangères, c’est un peu plus compliqué pour des questions de logistique. Mais quand tout va bien, que les caractéristiques sont normales, il n’y a pas de liste d’attente.

Q : Est-il vraiment prévu de lever l’anonymat des donneuses ?

R : Je ne pense pas que ça se fera. Ce qui est sûr, c’est que ça changerait beaucoup notre façon de travailler.

Q : Outre l’âge et le groupe sanguin, quelles sont les caractéristiques de la donneuse dont les patients sont tout de même informés ?

R : La loi nous autorise à donner des informations qui ne permettent pas d’identifier la donneuse. En général, nous essayons de donner un maximum de détails tout en respectant cette loi.

Q : On ne peut donc pas faire comme aux États-Unis et demander par exemple que la donneuse soit une étudiante diplômée ?

R : Ce n’est pas possible car la patiente ne peut pas faire de demande particulière. Lorsque les requêtes sont raisonnables, on essaye de faire de notre mieux, mais la patiente ne choisit jamais sa donneuse.

Q : Quel est le taux de réussite d’un don d’ovocytes chez IVI ?

R : Vous trouverez l’information chez Résultats cliniques sur le site web (=> 65 % par transfert chez une femme de 30-35 ans).

Q : Y a-t-il un suivi des enfants issus d’un don d’ovocytes ?

R : Oui, les enfants sont suivis, qu’ils soient nés avec les ovules propres de la mère ou d’un don.

Q : Si l’enfant a une maladie, la donneuse est-elle rayée de la liste ?

R : Oui, il existe dans chaque clinique un comité qui s’occupe de ces questions. Je fais partie de celui de Valence.

Q : Peut-on demander une donneuse à fertilité prouvée, c’est-à-dire qui a déjà des enfants ?

R : Non, en fait 40 % des donneuses ne sont pas mères.

Q : En cas d’échec d’un premier cycle avec don d’ovocytes, peut-on demander à avoir la même donneuse pour le second cycle ?

R : Oui. Il y a des femmes qui tombent enceintes et demandent dès leur grossesse de garder des ovules de la même donneuse pour un second enfant. Ce n’est cependant pas très courant car en cas de don d’ovocytes, il reste la plupart du temps des embryons congelés issus de la première ponction. C’était plus courant auparavant, lorsque les taux de réussite étaient moins élevés.

Q : Quelles sont les demandes les plus récurrentes de la part des receveuses ?

R : Les demandes concernent souvent l’âge de la donneuse. À partir de 35 ou 38 ans, les receveuses ont tendance à demander des donneuses très jeunes.

Q : Est-il déjà arrivé qu’une receveuse récuse une donneuse au prétexte qu’elle est trop âgée ?

R : Non car la receveuse ne peut rien choisir.

Q : J’aimerais aborder le « Perfect Match 360º ». Est-ce l’ordinateur qui décide de la donneuse ou est-ce l’équipe médicale ?

R : C’est l’équipe médicale. Avant, on ne prenait en compte que le phénotype et la génétique. Avec l’ordinateur, on obtient un score de ressemblance entre les donneuses et la receveuse, classées de la plus ressemblante à la moins ressemblante.

Q : Est-ce que ça fonctionne bien ? Lorsque l’ordinateur affiche les résultats, avez-vous tendance à être d’accord ?

R : Oui. Malheureusement, la donneuse la plus proche physiquement n’est pas toujours la plus adéquate au niveau du nombre d’ovocytes, des antécédents, de l’âge… Par expérience, je n’aurais pas toujours attribué la même donneuse.

Q : Cet outil a donc changé votre façon de travailler.

R : Oui. Au début, le programme ne choisissait qu’une donneuse. La seconde était peut-être préférable pour d’autres raisons mais on ne pouvait pas la connaître. Maintenant, le programme a été amélioré et l’ordinateur affiche un classement de donneuses, ce qui est déjà mieux.

Q : Le bébé garanti, l’« IVI Baby », est-il valable en cas de don d’ovocytes ?

R : Si le couple remplit les critères fixés, oui, c’est déjà arrivé.

Q : Pour les donneurs, il existe une banque de sperme, c’est bien ça ?

R : Exactement.

Q : Le mari congèle son sperme à chaque fois qu’il vient, l’ovocyte peut être frais ou congelé, mais le transfert a toujours lieu avec un embryon frais, c’est bien ça ?

R : Non, ça dépend. Nous avons trois façons de travailler : ovocytes frais, sperme frais ou congelé, et transfert au même cycle d’embryons frais ; ovocytes dévitrifiés, sperme frais ou congelé, et transfert au même cycle d’embryons frais ; ovocytes frais, sperme frais ou congelé, embryon vitrifié.

Q : Une fois les embryons restant vitrifiés après transfert, quelles sont les possibilités offertes au couple qui ne veut plus d’enfant ?

R : La loi permet au couple de donner ses embryons à d’autres couples, ou pour la recherche. Les embryons peuvent aussi être conservés jusqu’à ce que la femme aura 50 ans.

NB : La loi espagnole permet aussi au couple de demander la destruction de leurs embryons.

Q : Et si le couple qui avait ces embryons décède ?

R : Les embryons sont alors détruits, même si personne n’est plus là pour signer l’accord de destruction, car les embryons étaient spécifiquement destinés à ce couple.

Q : Voilà qui amène une autre hypothèse. Si un couple fait une demande de don d’ovocytes mais se sépare après la congélation des embryons, comment cela se passe-t-il ?

R : Le transfert ne peut pas se faire. Les embryons appartiennent en effet au couple, et il faut l’accord des deux partenaires.

3.Interview du Dr. Rocío Rivera, Directrice du Laboratoire d’Andrologie chez IVI Valencia

Q : Quelles analyses sont faites ici ?

Nous avons une partie dédiée au sperme et une autre au sang. Nous y  faisons les sérologies, les analyses d’hormones et autres analyses sanguines dont nous avons besoin.

Q : Pour les traitements de FIV ou pour les autres aussi ?

R : Pour tout. On fait également quelques tests génétiques ici, et pour les cas plus complexes on envoie les échantillons dans un autre laboratoire.

Q : En quoi consiste l’andrologie ? Il s’agit de préparer le sperme pour la FIV ?

R : Non, dans ce cas il s’agit du service d’Andrologie. Ici, c’est pour les diagnostics, la congélation du sperme des patients et des donneurs (la banque de sperme se trouve en effet ici), l’insémination et le nettoyage de sperme en cas de maladie infectieuse comme les hépatites ou le sida.

Q : Le laboratoire de FIV a donc son propre laboratoire d’Andrologie pour préparer le sperme quand il s’agit de frais ?

R : Nous avons en effet un autre laboratoire d’Andrologie, à côté du laboratoire de FIV, qui ne s’occupe que des échantillons pour FIV et ICSI.

Q : Quand un couple vient pour don d’ovocytes et que le mari congèle son sperme, cela se passe donc ici ?

R : Oui. Et lorsque le laboratoire de FIV a besoin de certains échantillons, c’est nous qu’il appelle. La paillette est alors apportée là-bas, où elle est décongelée et préparée. Sinon a seulement lieu là-bas la capacitation.

Q : Y a-t-il d’autres choses à savoir sur le service de spermologie ?

R : Nous venons de voir la partie laboratoire. Si vous le souhaitez, je peux vous montrer la partie banque de sperme.

3.Interview de Nathalie Morano, Coordinatrice Contact Center International d’IVI

Q : Quel rôle occupez-vous dans la clinique IVI ? Vous représentez le premier contact, celui sur lequel on tombe lorsqu’on appelle au numéro de téléphone indiqué sur le site ?

R : Je réponds au numéro gratuit qui existe pour chaque pays. Lorsqu’on se rend par exemple sur la page d’IVI France, on trouve un numéro gratuit, et l’appel atterrit ici. Le centre ne gère cependant pas que les appels de la France, mais aussi d’Espagne, d’Italie, du Royaume-Uni… IVI a en effet des cliniques un peu partout. Il y a cependant un autre Contact Center pour les États-Unis. Je fais partie du Contact Center de l’Europe. Je réponds toutefois aux personnes qui appellent des États-Unis ou du Canada par exemple, mais qui souhaitent venir faire une FIV en Europe.

Q : Ces personnes viennent d’aussi loin pour combiner traitement et vacances ?

R : Non, c’est plutôt parce qu’IVI est mondialement réputée en matière de reproduction assistée.

Q : Comment se passe ensuite la répartition de l’appel ?

R : Lorsque l’appel entre, il est d’abord réparti en fonction de la langue de l’interlocuteur. Je me charge pour ma part de la France et de l’Italie. D’autres opérateurs reçoivent les appels en allemand, en anglais… On donne essentiellement des informations sur le déroulement.

Q : Trouvez-vous qu’il y ait des questions spécifiques en fonction des nationalités ?

R : Les Français s’intéressent surtout au processus. Ils savent qu’ils doivent venir en Espagne. Mais après ? On leur explique alors qu’ils doivent venir pour une première visite, indispensable pour fixer un protocole. On en profite pour faire une visite gynécologique, une échographie, un test de transfert… De nombreuses patientes arrivent en expliquant qu’elles savent déjà d’où vient leur infertilité. IVI effectue cependant des protocoles très personnalisés, donc on ne peut pas arriver en disant : « Je veux faire une FIV-DO » et recevoir immédiatement le protocole adéquat. Les médecins tiennent à confirmer le diagnostic et surtout décider eux-mêmes du protocole à suivre. Durant la première visite, on effectue également l’enregistrement, on insiste sur l’intérêt de faire un spermogramme pour contrôler la qualité du sperme mais surtout pour le congeler…

Q : Le sperme n’est-il pas congelé automatiquement, puisque les ovocytes des donneuses sont eux-mêmes congelés ?

R : La congélation des ovocytes comme du sperme n’est pas du tout systématique. Nous travaillons beaucoup avec du congelé, c’est vrai, car nous n’avons pas seulement une clinique de reproduction assistée mais aussi une banque de donneuses. Mais si la patiente souhaite du matériel de reproduction frais, il n’y a aucun problème. Chez IVI, le pourcentage de réussite avec du matériel frais ou vitrifié est très similaire.

Q : Dans ce cas, pourquoi congeler le sperme ?

R : C’est surtout pour éviter de faire revenir expressément monsieur dès qu’on a besoin de spermatozoïdes ou pour éviter les mauvaises surprises, comme une grippe chez monsieur alors que madame est prête…

Q : Combien de temps dure une première visite-type ?

R : Les patients restent ici environ 3 à 4 heures. Ils rentrent chez eux avec le protocole, le diagnostic, le devis, le moyen de contact de leur tutrice… Après la ponction, ils peuvent choisir de rentrer chez eux puis revenir ou passer 3 à 5 jours sur place en attendant le transfert. Lorsqu’il y a don d’ovocytes, ils n’ont naturellement besoin de revenir que pour le transfert.

Q : Comment se déroule ensuite le protocole ?

R : Lorsque la femme est prête à commencer un cycle de traitement, elle le fait en France, tout en bénéficiant de notre suivi. Lorsque le médecin estime qu’elle est prête, elle revient pour la suite du traitement, en choisissant la ville.

Q : Les patients savent donc déjà dans quelle ville aller ou demandent-ils conseil ?

R : Oui, ils ont souvent une idée déjà très claire. Barcelone est très connue des Français, ils y ont tous passé au moins des vacances. Pour les Allemands, c’est Majorque. Ils y ont tous une maison secondaire et y passent leurs vacances. Les Français qui habitent vraiment tout près de l’Espagne peuvent également venir en voiture à Bilbao ou Saint-Sébastien.

Q : Rencontrez-vous parfois des difficultés à faire venir des Françaises pour la première visite ? N’insistent-elles pas pour faire le rendez-vous par téléphone par exemple ?

R : En effet, car elles veulent comparer avec d’autres cliniques. Or, les autres cliniques proposent un rendez-vous par Skype et d’envoyer les résultats médicaux par mail. Cependant, chez IVI on explique que rien ne vaut l’auscultation d’un médecin. Lorsqu’on se rend chez un spécialiste, même si on en a déjà fait quinze avant, c’est pour qu’il nous examine. Il faut bien comprendre que la reproduction assistée fait partie de la sphère médicale.

Q : Ne sont-ils pas préoccupés par la question du devis ?

R : Oui, pour la comparaison mais surtout pour la Sécurité Sociale, pour savoir comment ils seront remboursés. J’explique qu’on peut en effet envoyer un devis standard, mais un devis personnalisé avant la première visite, c’est impossible.

Q : Avez-vous constaté des horaires auxquels les Françaises appellent plus volontiers ?

R : Les Français sont parmi les premiers à appeler, dès 8 heures.

Q : Il paraîtrait aussi que les Françaises posent plus de questions que les autres ?

R : Non, ça dépend. Les Français veulent surtout savoir combien de fois ils devront se rendre sur place, et qu’est-ce que nous leur garantissons précisément. Le remboursement leur tient aussi beaucoup à cœur. Or, ici, nous n’avons pas ce système. Nous n’avons que le programme IVI Baby, dans lequel on ne peut rentrer que lors de la première visite, et qui comprend un package de trois traitements. Ça reste donc marginal, car tout le monde ne suit pas ces traitements précis.

Q : Revenons à la question des horaires. Après l’appel de 8 heures, comment se passe la journée ?

R : On a un boom à 10 heures. Les gens appellent sur les horaires de travail, c’est très français ! À cet horaire, on a au moins 5 ou 6 Français qui appellent en même temps. C’est pour cette raison que parfois il peut arriver qu’on perde certains appels français : on est beaucoup à pouvoir répondre en français, mais tout le monde appelle en même temps! Il y a un deuxième boom vers 16 h 30.

4. Interview du Dr. Pilar Dolz, psychologue chez IVI Valencia

Pour lire l’interview très intéressant de la psychologue Pilar Dolz, cliquez sur l’image ci-dessous :

5.Présentation de Marina Vaquero, coordinatrice des patients francophones chez IVI Valencia

Comment contacter IVI Valence et prendre RV ?

IVI propose les traitements traditionnels comme l’Insémination Artificielle, la Fécondation In Vitro, le Don d’Ovocytes ou encore des techniques plus novatrices comme la micro-injection spermatique ou l’Embryoscope®, au développement duquel IVI a participé activement.

Vous pouvez contacter directement la clinique via le formulaire de la fiche IVI sur fiv.fr :

https://www.fiv.fr/clinique-fiv-don-ovocytes-ivi-valence-espagne/

Ou par téléphone au 0800 941 042

 

Conclusion

Je remercie donc tous les professionnels de la clinique IVI Valencia qui m’ont accueilli, accordé leur temps et répondu sans aucun filtre à toute nos questions.

IVI Valence est un très belle clinique à la pointe des dernières technologies de PMA et fait figure de modèle pour de nombreux autres centres. Ce n’est pas d’ailleurs sans raison que de nombreux reportages et émissions sont tournées chaque année dans ces locaux où l’organisation est sans failles.

Nous espérons que la vidéo et les photos vous permettent de bien visualiser la clinique !

Laissez un commentaire !

Share This