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FIV : 10 techniques optionnelles passées au crible

En plus de votre traitement principal comme la fécondation in vitro ou l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes, votre clinique peut vous proposer certaines techniques optionnelles. Découvrez quels sont les plus répandus et leur degré d’efficacité avant de contacter votre clinique pour obtenir tous les détails en discutant avec un spécialiste.

Cette page est la traduction du site officiel britannique sur la PMA (Human Fertilisation & Embryology Authority )qui consacre une page entière à ce sujet : https://www.hfea.gov.uk/treatments/explore-all-treatments/treatment-add-ons/

Que sont les techniques optionnelles ?

Les traitements additionnels sont des traitements optionnels que vous pouvez choisir de suivre en plus de votre traitement. Leur coût vient la plupart du temps s’ajouter en supplément de votre traitement principal.

Il peut s’agir de techniques émergentes qui commencent à afficher des résultats prometteurs dans les premières études qui leur sont consacrées, ou de techniques qui existent depuis de nombreuses années mais n’ont pas toujours fait l’objet de contrôles suivis pour prouver leur rôle dans l’augmentation du nombre de grossesses ou du taux de naissances.

Certaines cliniques incluent le prix des traitements additionnels tandis que d’autres les comptabilisent à part.

Pour vous aider à identifier quels traitements additionnels sont les plus efficaces, voici un petit guide basé sur le principe du feu de circulation.

Que signifient les taux d’efficacité annoncés ?

La seule manière de s’assurer qu’un traitement est suffisamment efficace pour être proposé de manière habituelle est de mener des essais comparatifs randomisés (ECR). Les patients sont alors divisés au hasard en deux groupes :

  • Un premier groupe qui prend le nouveau traitement étudié
  • Un groupe de contrôle qui ne prend qu’un placebo

Le nombre de patients impliqués dans l’étude joue un rôle majeur : plus il y a de patients qui participent, plus les résultats seront précis.

Dans l’idéal, de nombreux groupes indépendants de chercheurs ou scientifiques doivent avoir effectué des essais randomisés de haute qualité ainsi que des analyses de suivi avant de pouvoir affirmer qu’une nouvelle procédure est efficace et sûre. Dans ce cas, le traitement additionnel abordé dans cet article sera accompagné d’un symbole vert.

Le symbole sera orange si les preuves sont faibles ou contestées, ce qui signifie que des recherches plus poussées restent nécessaires et que la procédure ne peut pas encore être recommandée en traitement quotidien.

Un symbole rouge accompagne les traitements dont l’efficacité et le caractère sûr ne reposent sur aucune preuve.

Actuellement, aucun traitement additionnel n’a pu bénéficier d’un symbole vert. Autrement dit, aucune des procédures qui vont suivre ne semblent mériter d’être utilisées quotidiennement.

1.L’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes morphologiquement sélectionnés (IMSI) – Rouge

Plus d’informations sur cette technique ici : https://www.fiv.fr/imsi/

Qu’est-ce que l’IMSI ?

L’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes sélectionnés est une méthode de sélection des spermatozoïdes utilisée lors d’injections intracytoplasmiques de spermatozoïdes (ICSI). Il s’agit d’examiner les spermatozoïdes au microscope à un fort grossissement (plus de 6 000 x) afin d’obtenir des images détaillées des spermatozoïdes.

Quels sont les risques ?

L’IMSI est une technique non invasive effectuée sur un échantillon de sperme. Il s’agit d’une étape optionnelle lors d’un processus ICSI, et elle en partage les risques sans en ajouter de nouveau, que ce soit pour le patient ou l’embryon.

Quelles sont les preuves concernant l’IMSI ?

La dernière décennie a vu la mise en place de nombreux essais randomisés sur le sujet. Les examens systématiques suggèrent que l’IMSI peut s’avérer bénéfique dans des situations spécifiques, comme après plusieurs échecs de ICSI. Les recherches menées ne promeuvent pas l’usage de l’IMSI hors du cadre d’une ICSI standard pour les hommes infertiles. Une étude mineure a découvert que l’IMSI pouvait augmenter les résultats d’une grossesse chez les femmes âgées, mais elle a été menée sur un petit nombre de femmes et le lien entre IMSI et ovocytes âgés, s’il existe, n’est pas pleinement établi.

2.L’éclosion assistée (hatching) – Rouge

Plus d’informations sur cette technique ici : https://www.fiv.fr/eclosion-assistee/

Qu’est-ce que l’éclosion assistée ?

Les ovules et les jeunes embryons sont plongés dans une épaisse couche de protéines particulières appelée zone pellucide. Avant de pouvoir s’implanter dans l’utérus, l’embryon doit « éclore » et sortir de cette zone pellucide. Certains pensent que l’éclosion assistée (à l’aide d’acide, de laser ou autres outils permettant de trouer ou d’amincir la zone pellucide) aident l’embryon à éclore.

Quels sont les risques ?

Il existe toujours un risque d’endommager les embryons avec ce type de procédure.

Quelles sont les preuves concernant l’éclosion assistée ?

L’Institut National de la Santé et de l’Excellence Clinique est une assemblée nationale conseillant les médecins sur les traitements. Voici ce qu’il dit de l’éclosion assistée :

« Cette technique n’est pas recommandée car il n’a pas été prouvé qu’elle augmente le taux de grossesse. »

Il ajoute que des recherches plus poussées sont nécessaires afin de découvrir si l’éclosion assistée a un impact sur le taux de naissance et quelles sont les conséquences sur les enfants nés grâce à cette procédure.

Certaines cliniques estiment que l’éclosion assistée peut s’avérer particulièrement efficace dans certains cas précis. Par exemple, on a pu constater que la zone pellucide est souvent plus fine chez les femmes âgées. L’amincir ou l’affaiblir pourrait alors aider l’embryon à éclore, mais rien n’a été prouvé.

3.Le time-lapse – Orange

Plus d’informations sur cette technique ici : https://www.fiv.fr/embryoscope-timelapse/

Qu’est-ce que le time-lapse ?

Au cours d’une FIV, les images en time-lapse aident à sélectionner les embryons qui ont le plus de chances de devenir des bébés.

Lors d’une FIV conventionnelle, l’embryologue contrôle chaque jour le développement des embryons grâce à un microscope, ce qui implique de retirer temporairement les embryons de leur incubateur.

Le time-lapse permet aux embryologues de prendre des milliers d’images des embryons au cours de leur développement sans les déranger. Les embryons peuvent donc rester dans leur incubateur, et l’embryologue peut contrôler à tout moment le développement de chaque embryon au lieu d’une seule fois par jour.

L’embryologue peut alors choisir précisément l’embryon pour le transfert, en se basant sur des critères tels que le degré de développement ainsi que le nombre et l’apparence de ses cellules.

Quels sont les risques ?

Il n’y a aucun risque connu pour la patiente ou pour les embryons.

Quelles sont les preuves concernant la technologie du time-lapse ?

Plusieurs études ont tenté de dire si l’utilisation du time-lapse pouvait augmenter le taux de naissance. Les premières recherches sont prometteuses mais il est encore trop tôt pour se prononcer.

En effet, le fait de ne pas déranger les embryons pendant leur développement augmente leur qualité, mais cela ne constitue certainement pas une preuve montrant que le time-lapse augmente le taux de naissance, ce qui est un élément à prendre en compte si le time-lapse vous est proposé comme frais supplémentaire.

4.La colle embryonnaire – Orange

Plus d’informations sur cette technique ici : https://www.fiv.fr/embryoglue-en-fiv/

Qu’est-ce que la colle embryonnaire ?

La colle embryonnaire contient une substance appelée hyaluronane, qui augmenterait ses chances de s’implanter correctement dans l’utérus. Elle est ajoutée à une solution contenue dans la capsule dans laquelle les embryons sont conservés avant d’être transférés chez la patiente. La marque la plus connue est l’embryoglue.

Quels sont les risques ?

Il n’y a aucun risque connu à utiliser de la colle embryonnaire.

Quelles sont les preuves concernant la colle embryonnaire ?

Les recherches parues dans la revue Cochrane montrent que la colle embryonnaire contenant de l’hyaluronane augmente le taux de grossesse et de naissance vivante d’environ 10 %. Cependant, cette revue ne contient qu’une étude de haute qualité, tandis que les autres s’avèrent médiocres. D’autres études poussées sont donc nécessaires avant que les médecins puissent vraiment recommander l’usage de la colle embryonnaire.

5.Congeler tous les embryons obtenus (ou freeze-all) – Orange

Plus d’informations sur cette technique ici : https://www.fiv.fr/freeze-all-fiv-pma/

Qu’est-ce que la stratégie du freeze-all ?

Au cours d’un cycle de FIV classique, un ou deux embryons sans transférés dans l’utérus de la patiente quelques jours après la ponction ovarienne et quelques embryons restants sont congelés.

La stratégie du freeze-all consiste à congeler tous les embryons issus d’un cycle de FIV ou de ICSI, de sorte qu’aucun embryon frais n’est transféré. Les embryons sont décongelés quelques mois plus tard et transférés dans l’utérus de la patiente comme dans le cas d’un cycle de transfert d’embryons congelés (TEC).

Certaines analyses prouvent que la réponse hormonale du corps au traitement médicamenteux de fertilité peut affecter la muqueuse utérine, rendant plus difficile la phase d’implantation de l’embryon. Congeler les embryons permet de ne les transférer que lorsque la muqueuse utérine est bien développée et présente de meilleures conditions d’accueil.

Congeler les embryons permettrait également aux femmes de moins souffrir du syndrome d’hyperstimulation ovarienne, fruit d’une surréaction aux médicaments pris dans le cadre du traitement de fertilité. Il se montre plus fréquent et plus grave lorsqu’il a lieu pendant la grossesse.

Il s’avère également que les bébés issus d’un cycle de FIV avec embryons frais présentent un poids de naissance plus bas que lorsqu’ils sont issus d’embryons congelés, où le poids est alors plus proche de celui des enfants conçus naturellement. Or, un faible poids de naissance augmente le risque de contracter plus tard diverses maladies. La stratégie du freeze-all serait ainsi plus sûre pour le bébé.

Quels sont les risques ?

Le processus de congélation est généralement considéré comme sûr pour l’embryon, bien qu’il y ait des risques que certains embryons n’y survivent pas.

Quelles sont les preuves concernant le freeze-all ?

La recherche concernant la congélation totale des embryons progresse rapidement. Certaines études suggèrent que le taux de grossesse est plus important après un transfert d’embryons congelés qu’après un transfert d’embryons frais, et que les risques encourus par la mère comme le bébé sont moins élevés, notamment en matière de syndrome d’hyperstimulation ovarienne et de poids de naissance.

Cependant, en l’état actuel des connaissances, les médecins ne peuvent assurer que cette procédure est véritablement plus efficace et plus sécuritaire que les cycles de FIV ou d’ICSI conventionnels.

6.L’injection physiologique intracytoplasmique de spermatozoïdes (PICSI) – Rouge

Plus d’informations sur cette technique ici : https://www.fiv.fr/picsi-selection-spermatozoides/

La PICSI est une technique permettant de sélectionner les spermatozoïdes dans le cadre d’une ICSI. Elle implique de plonger du sperme dans de l’acide hyaluronique, un composant naturel du corps. Les spermatozoïdes qui parviennent à se lier à l’acide hyaluronique sont ceux qui seront utilisés lors du traitement.

Quels sont les risques ?

Non invasive, réalisée sur un échantillon de sperme, la PICSI présente les mêmes risques que l’ICSI dont elle constitue une étape optionnelle, mais n’en apporte pas de nouveau, que ce soit pour l’homme ou l’embryon.

Quelles sont les preuves concernant la PICSI ?

De nombreuses études ont comparé l’ICSI standard et l’ICSI avec PICSI. Cependant, les preuves montrant une plus grande efficacité de la seconde sur la première sont rares. Une vaste étude randomisée a récemment été menée et a montré que la PICSI n’augmentait pas les chances d’avoir un bébé.

Informations complémentaires : la dégradation de l’ADN

Qu’est-ce que la dégradation de l’ADN ?

La moitié de l’information génétique qui nous constitue est délivrée à l’ovaire par le spermatozoïde. Il faut environ deux mois pour qu’un spermatozoïde parvienne à maturité. Durant cette période, l’ADN du spermatozoïde peut être endommagé.

Une clinique de fertilité dispose de différents moyens pour évaluer les dégâts subis par les spermatozoïdes. L’état de dégradation de l’ADN des spermatozoïdes est en lien direct avec l’issue d’un traitement de fertilité. Cependant, les preuves ne sont pas claires et dépendent largement du type d’examen réalisé par la clinique. Il y a peu de chances pour que les résultats d’un tel test influent sur l’orientation de votre traitement.

Quels sont les risques ?

Les différents tests évaluant la dégradation de l’ADN d’un spermatozoïde sont non invasifs et effectués sur un échantillon de sperme, généralement avant le traitement, en tant que diagnostic optionnel. Ils n’impliquent pas de risque supplémentaire pour le patient.

7.L’activation des ovocytes au calcium ionophore – Orange

Plus d’informations sur cette technique ici : https://www.fiv.fr/activation-ovocytaire-fiv-pma/

Qu’est-ce que l’activation des ovocytes ?

Lorsqu’un spermatozoïde rencontre un ovocyte, se met en branle le processus appelé « activation de l’ovocyte », qui marque le début du développement de l’embryon tout en permettant qu’un seul spermatozoïde fertilise l’ovocyte. Si ce dernier ne s’active pas, aucun développement n’est possible.

L’ovocyte peut être activé par des moyens chimiques comme le calcium ionophore, qui peut être ajouté à l’embryon en laboratoire.

Quels sont les risques ?

La théorie dit que l’activation de l’ovocyte par du calcium ionophore augmente le risque que l’embryon présente un nombre anormal de chromosomes, ce qui conduirait la grossesse à se terminer en fausse couche. Cependant, il n’y a pas encore suffisamment de preuves pour juger si ce risque est vraiment important.

Etant donné la gravité de ce risque possible, les cliniques qui proposent ce traitement sont censées sélectionner des patientes dont la fertilisation a échoué plusieurs fois et justifier leur décision de recourir à cette procédure.

Quelles sont les preuves concernant l’activation par calcium ionophore ?

D’après les rares études faites à ce jour, l’activation de l’ovocyte par du calcium ionophore pourrait augmenter le taux de fertilisation dans le cas de traitement par ICSI (injection intracyoplasmique de spermatozoïdes), lorsque les cycles précédents ont montré que les spermatozoïdes ne parvenaient pas à activer les ovocytes. Cependant, aucun essai randomisé ni analyse suivie n’ont prouvé ni l’efficacité ni la sûreté de cette procédure.

8.Le scratching endométrial – Orange

Plus d’informations sur cette technique ici : https://www.fiv.fr/scratching-endometrial-fiv-pma/

Qu’est-ce que le scratching de l’endomètre ?

Afin de donner lieu à une grossesse saine, l’embryon doit s’implanter dans l’utérus, sans quoi la patiente doit recommencer un cycle.

La plupart des embryons ne parviennent pas à s’implanter parce qu’ils ne se sont pas pleinement développés au moment de l’implantation ou parce que le stade de développement de l’embryon ne correspond pas à celui de la muqueuse utérine.

Cependant, dans certains cas relativement rare, l’embryon ne s’implante pas parce que la muqueuse utérine n’offre pas un environnement adapté. Le scratching est réalisé avant une FIV. Durant la procédure, l’endomètre est « gratté » avec un petit tube en plastique stérilisé.

La théorie veut que cette intervention pousse le corps à réparer la partie grattée en relâchant des éléments chimiques et des hormones qui rendront la muqueuse utérine plus propice à l’implantation. Une autre hypothèse suggère que ce résultat est obtenu grâce à l’activation de gènes particuliers suite au scratching.

Quels sont les risques ?

Le scratching endométrial comporte un petit risque. En effet, si vous souffrez d’une infection du col de l’utérus avant l’opération, elle pourrait gagner l’ensemble de l’utérus. Cependant, votre clinique pourra traiter ce problème si nécessaire.

Quelles sont les preuves concernant le scratching de l’endomètre ?

Si le scratching de l’endomètre est accompagné d’un symbole orange, c’est que les études concernant le sujet sont peu nombreuses et de piètre qualité. Trois grandes cliniques s’intéressent actuellement à la question et les derniers résultats suggèrent que l’intérêt de recourir à cette procédure pourrait être moindre que ce qu’on pensait initialement.

9.La culture intra-utérine – Rouge

Qu’est-ce que la culture intra-utérine ?

Lors d’un cycle de FIV conventionnel, les ovocytes sont fertilisés et se développent dans un fluide de culture placé dans un incubateur. La culture intra-utérine permet au contraire que les premiers développements de l’embryon s’effectuent dans l’utérus de la patiente.

Comme dans le cas d’une FIV classique, les ovocytes et les spermatozoïdes sont collectés puis préparés. Les ovocytes sont fertilisés puis placés dans un appareil pour culture intra-utérine qui est ensuite inséré dans l’utérus de la patiente.

L’appareil reste en place durant plusieurs heures, le temps que l’embryon passe les premières étapes de son développement. Une fois l’appareil retiré, les embryons sont placés dans un incubateur jusqu’à ce qu’ils soient prêts à être à nouveau transférés dans l’utérus ou congelés en prévision d’un traitement futur.

Quels sont les risques ?

Il existe à l’heure actuelle vraiment peu d’études se penchant sur la question des risques potentiels liés à l’utilisation de cet appareil de culture intra-utérine. Pourtant, l’utérus n’est pas le lieu naturel de développement des embryons à ce stade, mais les trompes de Fallope, qui relient les ovocytes à l’utérus.

Quelles sont les preuves concernant la culture intra-utérine ?

Rien ne prouve aujourd’hui que la culture intra-utérine améliore les taux de naissance et qu’il s’agisse d’un protocole sécuritaire. Pensez-y si la culture intra-utérine vous est proposée comme traitement additionnel à payer en plus de votre traitement principal.

10.Le diagnostic génétique pré-implantatoire – Orange pour les embryons de 5 jours, rouge pour les embryons de 3 jours

Qu’est-ce que le diagnostic pré-implantatoire (DPI) ?

Le diagnostic pré-implantatoire permet de vérifier que les embryons sont dotés du bon nombre de chromosomes. En effet, les embryons avec un nombre anormal de chromosomes, appelés embryons aneuploïdes, ont moins de chances de se développer jusqu’à devenir un bébé ou, de manière moins fréquente, peuvent donner naissance à un bébé atteint d’anomalies génétiques. Ce diagnostic permet donc d’identifier les embryons aneuploïdes, qui ne conviennent pas pour la suite du traitement.

Pour effectuer un diagnostic pré-implantatoire, l’embryologue prélève une cellule (ou plusieurs en cas de développement avancé) de l’embryon, qui est alors examinée pour déceler diverses anormalités chromosomiques. L’embryon reste capable de se développer malgré quelques cellules en moins tant que l’opération est effectuée avec prudence.

Quels sont les risques ?

Effectuer un diagnostic pré-implantatoire comporte quelques risques :

  • Bien que les techniques actuelles permettant le diagnostic soient très précises, elles pourraient donner lieu à un résultat erroné (en passant à côté de certaines anomalies ou en détectant de faux problèmes).
  • Recourir à un diagnostic pré-implantatoire risque de diminuer le nombre des embryons que vous pouvez utiliser pour votre cycle ou que vous pouvez congeler pour plus tard. Si certains embryons sains sont écartés par erreur durant cette procédure, vous pourriez avoir moins de chance de transférer des embryons aptes à se transformer en bébé en pleine santé.
  • Retirer une cellule d’un embryon peut causer des dommages et l’empêcher de se développer correctement une fois transféré dans l’utérus.
  • Retirer des cellules à un embryon peut entraîner des problèmes lors de sa croissance dans l’utérus, qui engendreront eux-mêmes des soucis de santé dans la vie de l’enfant.
  • Il peut arriver que plusieurs cellules d’un même embryon ne soient pas tout à fait identiques au niveau des chromosomes (on parle alors de « mosaïque »). Le diagnostic pré-implantatoire pourrait alors montrer que l’embryon produit des cellules anormales alors qu’il est tout à fait capable de donner lieu à une grossesse normale, et vice-versa. Dans certaines cliniques, les embryons en mosaïque sont considérés comme propres au transfert, même s’ils montrent des anomalies chromosomiques.

Quelles sont les preuves concernant le DPI ?

Auparavant, le diagnostic pré-implantatoire était habituellement proposé aux femmes de plus de 37 ans, aux couples qui avaient subi plusieurs fausses couches ou plusieurs échecs de FIV, aux patients dont l’historique familial montrait plusieurs problèmes chromosomiques et aux hommes dont le sperme était porteur d’anomalies chromosomiques. Les cellules étaient retirées au troisième jour, lorsque l’embryon est formé de huit cellules. En réalité, rien ne prouve que ce type de diagnostic pré-implantatoire soit avantageux pour toutes ces personnes. Des études ont même montré qu’il pouvait diminuer le taux de succès, probablement à cause des dommages causés aux embryons.

De brèves études ont montré que le DPI effectué à un stade de développement plus avancé, sur des embryons de type blastocyste au jour 5 ou 6, pouvait en revanche aider à sélectionner les embryons viables pour le transfert chez les patientes jeunes (moins de 37 ans) et n’ayant pas subi de fausse couche ou d’échec de FIV. Il est important de comprendre que le DPI ne permet pas d’augmenter de manière générale les chances d’avoir un bébé. Il peut simplement aider à diminuer les chances de fausse couche, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires afin de confirmer ces hypothèses. En outre, le coût d’un diagnostic pré-implantatoire est généralement très élevé.

10.Les tests et traitements d’immunologie reproductive – Rouge

Qu’est-ce que l’immunologie reproductive ?

L’immunologie reproductive s’intéresse aux réactions du système immunitaire de la femme lorsque celle-ci tombe enceinte.

En temps normal, votre système immunitaire repousse les cellules envahissantes qu’il ne reconnaît pas parce qu’elles ne partagent pas le même code génétique que les cellules de votre corps. Lorsqu’un embryon se développe, le système immunitaire apprend à le tolérer malgré la différence de code génétique entre lui et la mère.

Certains scientifiques pensent que certains cas de fausse couche ou d’infertilité sont dus au système immunitaire de la mère qui n’accepte pas l’embryon à cause de son code génétique différent.

Quels sont les risques ?

De traitements variés peuvent être associés à l’immunologie reproductive. Ils ont tous pour objectif de supprimer l’immunité naturelle du corps, ce qui entraîne nécessairement des risques :

  • Les stéroïdes ou la prednisolone peuvent entraîner une hausse de la pression sanguine, du diabète ou une naissance prématurée.
  • L’immunoglobuline intraveineuse a des effets secondaires tels que des migraines, des douleurs musculaires, de la fièvre, de la fatigue, des douleurs lombaires et peut plus rarement entraîner une thrombose (caillots sanguins), une insuffisance rénale ou une réaction anaphylactique (allergie sévère au médicament).
  • Les agents bloquants du TNF comme l’Adalimmuab ou l’Infliximab (souvent vendus sous le nom de Remicade) ne sont pas recommandés pendant une grossesse. Les effets secondaires peuvent engendrer des infections comme la septicémie, des infections chroniques telles que la tuberculose ainsi que de sévères réactions allergiques.
  • L’infusion d’Intralipid a également des conséquences : migraines, vertiges, rougeurs, nausées, apparition de caillots ou infections.

Quelles sont les preuves concernant l’immunologie reproductive ?

Il n’existe pas de preuve convaincante montrant que le système immunitaire d’une femme rejettera l’embryon à cause de sa différence en termes de code génétique. En fait, les scientifiques savent désormais que durant la grossesse, le système immunitaire de la mère travaille de concert avec l’embryon pour soutenir son développement.

Non seulement les traitements d’immunologie reproductive n’augmenteront pas vos chances de tomber enceinte, mais en plus les risques attachés à ces traitements sont à prendre très au sérieux.

2 commentaires

  1. Pitseleh

    Concernant les traitements d’immunologie reproductive, je ne suis pas du tout d’accord sur ce qui est indiquées: les Intralipides sont sûrs (dans les études sur l’administration d’Intralipides pour la PMA, il n’y a pas de cas rapportés d’effet secondaires (pas de migraines, vertiges, rougeurs, nausées, apparition de caillots ou infections) avec des perfusions lentes, ces effets sont théoriques et ont été identifiés initialement chez des personnes fragiles qui recevait des IL à visée d’alimentation par voie entérale et en cas de perfusion trop rapide).
    Je suis actuellement enceinte d’un mois suite à une 5ème FIV sous Intralipides (suite à des biopsies Matricelab qui ont détecté chez moi une suractivation de l’endomètre, qui n’était pas corrigés sous cortisone mais l’était sous Intralipides). Je ne sais pas si c’est uniquement dû à ça, mais je soupçonne fortement que ce soit notamment grâce à ça (en plus d’un embryon compétent). J’espère que ça va durer mais après 4 ans d’infertilité et 5 FIV (dont 2 sans transferts), je ne peut qu’espérer.

    Réponse
    • FIV

      Nous vous invitons donc à envoyer un courrier au comité scientifique de la société savante de PMA anglaise. Cordialement

      Réponse

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