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Le scratching endométrial en FIV

Synonymes  :scratching de l’endomètre, curetage endométrial

De plus en plus de médecins ont recours à une technique nommée « scratch de l’endomètre », ou « scratching » pour optimiser les FIV. En quoi consiste cette pratique ?

Le scratching endométrial : qu’est-ce que c’est ?

Comme son nom l’indique, il est question d’effectuer un « curetage » de la partie située à l’intérieur de l’utérus, où l’embryon est déposé dans le but de s’implanter. Il s’agit d’une technique assez simple qui est pratiquée dans la plupart des cliniques de fertilités et notamment les plus réputées.

La technique du scratching endométrial

En règle générale, le scratching endométrial est pratiqué sur les patientes qui ont multiplié les traitements sans parvenir à déclencher une grossesse. Pour réaliser cette technique, le gynécologue fait usage d’une canule relativement fine et destinée à entrer dans la cavité utérine. C’est de cette manière qu’il réalise une biopsie de l’endomètre.

Le scratching endométrial peut générer de légères douleurs, à l’image de celles engendrées par les menstruations. Chaque patiente présente ses propres symptômes, qui peuvent donc être assez variables.

Le scratching endométrial peut-il réellement favoriser l’implantation ?

Grâce à la technique du scratching endométrial, il a déjà été observé de légères améliorations lors de l’implantation de l’embryon. Elle permettrait effectivement d’aider l’endomètre à s’activer grâce à l’activation des protéines qui s’y trouvent. C’est de cette manière que le processus d’implantation peut être simplifié.

Plusieurs études cliniques ont déjà permis d’observer des taux de réussite plus élevés dans le cadre des traitements pour les patientes qui subissent des échecs d’implantation. Pour l’heure, d’autres études sont également en cours de réalisation et portent sur cette même interrogation : comment le scratching endométrial peut-il favoriser l’implantation ?

Le recours au scratching endométrial

Le résultat d’une étude est parvenu à la conclusion que l’analyse du profil immunitaire endométrial peut guider la personnalisation des soins et ainsi, augmenter les chances d’avoir une naissance après une FIV-ICSI.

 

Étude de la réceptivité utérine lors du transfert embryonnaire en fécondation in vitro

Le docteur Nathalie LEDEE a présenté une étude portant sur les possibilités d’optimisation des traitements d’AMP . Cette étude porte sur la réceptivité utérine à l’occasion d’un transfert embryonnaire après fécondation in vitro. De prime abord, ses auteurs ont souhaité rappeler que les performances des traitements dans ce domaine sont généralement faibles. Entre 15 et 20 % des embryons qui subissent un transfert parviennent à engendrer une naissance par le processus de fécondation in vitro.

Une étude encourageante sur le scratching endométrial

Les spécialistes se sont donc basés sur le fait qu’une réaction immunitaire particulière pourrait se montrer nécessaire afin de favoriser la réussite de l’implantation de l’embryon. Cela permet aussi de réguler la phase dite « d’invasion » afin de générer une placentation normale. De ce fait, les auteurs de l’étude ont analysé l’environnement immunitaire en partant d’une biopsie d’endomètre prélevée directement en phase lutéale et avant de procéder à une fécondation in vitro.

L’étude se base sur l’hypothèse qu’un déséquilibre de la réaction immunitaire serait nuisible à l’implantation de l’embryon dans l’utérus. Cette étude a été menée sur deux années (2012-2014) et sur un total de 193 patientes. Celles-ci ont bénéficié d’une biopsie de l’endomètre avant le traitement de fécondation in vitro. Les spécialistes ont ainsi pu mener l’analyse par immunohistochimie des cellules appelées les « natural killer ».

Lorsqu’un déséquilibre immunitaire est révélé par la biopsie :

  • Il peut exister une suractivation des cellules dites « natural killer ». Dans ce cas, un traitement anti-Th-1 à base d’importantes doses de progestérone peut être indiqué.
  • D’autre part, s’il existe une sous-activation, alors il est suggéré de procéder à un scratching endométrial avant de lancer le traitement de fécondation in vitro avec une supplémentation lutéale d’HCG.

Des résultats prometteurs

L’étude menée sur le scratching endométrial permet de comparer les taux de fausse couche et de naissance vivante par grossesse. Sur 193 femmes, 78,3 % (soit 151 patientes) ont présenté une forme de dérégulation de l’environnement immunitaire de leur endomètre. Elles ont donc bénéficié d’une personnalisation du soin adapté à leur situation : suractivation ou, au contraire, sous-activation des cellules « natural killer ». Dans le groupe dérégulé traité, il a été observé que le taux de grossesses était de 30,46 % contre 16,56 % pour le groupe appareillé (et donc, non analysé).

D’autre part, les auteurs de l’étude ont pu mettre en évidence une importante réduction des fausses couches spontanées. Avec la biopsie, elles étaient présentes à 18,5 %, contre 42,4 % auparavant. Enfin, ils estiment également que le profil immunitaire utérin permet de favoriser la réceptivité utérine et ses conditions locales. De ce fait, cela entraîne une augmentation significative des statistiques de grossesses menées à leur terme.

Les limites du scratching endométrial

Certains spécialistes évoquent régulièrement les taux de réussite permis par le scratching endométrial, ainsi que les résultats avancés par les études sur le sujet. Les patientes qui subissent plusieurs échecs souhaitent le plus souvent se tourner vers cette technique qui leur paraît prometteuse. Pourtant, d’autres études ont déjà également souligné le fait que le scratching endométrial n’influençait pas les résultats de la FIV.

Ainsi, la plupart des spécialistes préfèrent attendre l’obtention de résultats plus clairs et nombreux en lien avec les études qui sont actuellement menées. En effet, tous ne semblent pas convaincus de l’efficacité du scratching endométrial au point de conseiller cette technique à leurs patients.

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