Choix de page

Hyperstimulation ovarienne : quels sont les risques et peut-on la prévenir ?

L’hyperstimulation ovarienne est une anomalie désignant une augmentation conséquente du volume des ovaires. Celle-ci étant directement liée à une stimulation de l’ovulation. La plupart du temps, elle se manifeste par une gêne  respiratoire, par des douleurs abdominales et par une augmentation du volume de l’abdomen.

Les risques liés à l’hyperstimulation ovarienne

L’hyperstimulation ovarienne s’accompagne très souvent d’un passage de protéines et de liquides des vaisseaux sanguins jusqu’à la cavité abdominale. Ces derniers peuvent aussi atteindre les poumons, qui se nomment les « cavités pleurales ». Dans ses formes minimes, cette complication demeure sans réelle gravité. En revanche, elle peut représenter des risques conséquents pour la santé, notamment lorsque l’hyperstimulation ovarienne se présente sous ses formes les plus sévères. On les observe dans 0,5 à 2 % des cycles de FIV (fécondation in vitro).

Par ailleurs, l’hyperstimulation ovarienne augmente le risque de thrombose, qui désigne la coagulation du sang dans les vaisseaux sanguins, et notamment dans les veines de nos membres inférieurs. Dans ce cas, on parle d’une phlébite. La maladie survient le plus souvent chez les femmes d’un jeune âge et dotées d’ovaires que l’on dit « très réactifs ». L’hyperstimulation ovarienne peut aussi toucher les patientes qui souffrent d’ovaires micropolykystiques. Enfin, les femmes dotées d’une masse corporelle élevée peuvent aussi être sujettes à un risque accru d’hyperstimulation ovarienne. Le poids peut donc jouer un rôle important dans ce cadre.

 

 

Hyperstimulation ovarienne : les liens avec la FIV et la grossesse

Dans le cadre d’une fécondation in vitro, la stimulation de l’ovulation est un processus essentiel. Les médecins surveillent alors le risque d’hyperstimulation ovarienne. Pour déclencher l’ovulation, les spécialistes injectent de l’hormone chorionique gonadotrope humaine (ou « hCG »). C’est elle qui est responsable de l’hyperstimulation ovarienne. Ainsi, dans le cadre d’une FIV, l’hyperstimulation peut survenir dès la ponction des ovaires et donc de manière très précoce. Cependant, elle peut rapidement se résoudre par le retour des règles chez les femmes qui ne sont pas enceintes.

En revanche, si la patiente est enceinte, l’hyperstimulation ovarienne pourra survenir plus tardivement. L’hormone hCG est alors sécrétée par l’embryon, et non plus en raison de la stimulation de l’ovulation. Durant les trois premiers mois de la grossesse, le risque d’hyperstimulation ovarienne sera surveillé de très près par les équipes médicales. Enfin, en cas de grossesse multiple, le risque d’hyperstimulation ovarienne s’accroît en raison de la sécrétion d’hCG par plusieurs embryons. L’équipe médicale renforce alors d’un cran la surveillance de la grossesse.

La prévention : une notion essentielle

S’il est possible de lutter contre l’hyperstimulation ovarienne, il est aussi possible de la prévenir. Par exemple, la prise d’anticoagulants va permettre de prévenir la thrombose. Les douleurs peuvent effectivement être intenses. Dans les formes les plus sévères de la maladie, une hospitalisation est courante. Une bonne prévention va limiter les risques de développer l’hyperstimulation ovarienne et ses symptômes.

Adapter le traitement de la stimulation de l’ovulation

Chaque patiente doit recevoir un traitement adapté. On considère les patientes qui peuvent présenter une réponse trop importante au traitement comme des patientes à risque. Celles-ci feront l’objet d’un dépistage avant la stimulation. Pour cela, le médecin va rechercher la présence d’ovaires micropolykystiques, mais aussi de follicules antraux à l’échographie et d’un dosage élevé de l’hormone anti-müllérienne. En fonction des résultats des examens, le médecin pourra décider de diminuer les doses de stimulants qui ont été prescrites à la patiente. Cette dernière pourra bénéficier d’un traitement plus adapté à sa condition.

Au début du traitement, les médecins vont surveiller la réponse ovarienne de la patiente. Ils étudieront pour cela les dosages sanguins et réaliseront des échographies de manière régulière. Les doses de stimulants pourront alors être adaptées grâce à ce protocole de contrôle. Ce dernier exige cependant une importante disponibilité de la patiente.

Le rôle de la congélation embryonnaire

Si les protocoles de la FIV permettent de réduire le risque d’hyperstimulation ovarienne, le transfert de l’embryon ne sera pas toujours rendu possible en raison des risques. La congélation systématique des embryons en cas de FIV présentant des risques d’hyperstimulation ovarienne est alors une solution idéale, qu’il faut donc envisager. Le transfert des embryons aura lieu dans un second temps, lorsque le risque sera écarté. Celui-ci pourra avoir lieu dans un cycle naturel (et donc sans stimulation) ou dans un cycle substitué au cours duquel les ovaires sont bloqués avant d’être remplacés par un apport quotidien d’hormones. Celles-ci ont pour mission de préparer l’utérus à une grossesse. L’apport d’hormones se poursuivra durant douze semaines en absence de règles, et donc en cas de grossesse.

Laissez un commentaire !

Share This