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FIV : Conseils d’une fivette pour mieux vivre les deux semaines d’attente d’après transfert

Carole, fivette du forum s’appuie sur son expérience de la FIV afin de vous donner certains conseils pratiques sur quoi faire ou ne pas faire pour mieux vivre la période d’attente de deux semaines.

Étant d’un naturel optimiste, je pensais que la FIV serait relativement simple. Ça n’a pas duré longtemps. Un cycle de FIV infructueux a suffi pour anéantir mon côté idéaliste. J’étais autant naïve que mal informée.

C’est un processus compliqué et j’ai appris très vite que de faire un cycle de FIV complet est presque un miracle en soi.  Ou au moins ça l’était pour moi.  J’ai eu plusieurs faux départs et beaucoup de cycles annulés.  Avec mes ovaires paresseux et moins performants, cela voulait dire que le résultat de la ponction d’ovocytes ne comportait pas toujours d’ovocyte(s).  Je me souviens m’être réveillée après la ponction et espérer que l’infirmière me dise qu’elle avait pu récupérer un ovocyte.  Dans les premiers stades de la FIV (probablement ma première année), j’avais toujours l’espoir d’avoir plus d’un ovocyte (quatre étant mon record) mais après avoir eu quelques cycles où on n’a pas réussi à me prélever d’ovocyte, j’ai vite apprécié l’expression « il en suffit d’un » à sa juste valeur.  J’ai aussi appris à ne pas me comparer aux femmes à côté de moi dans la salle de réveil qui avaient eu 8, 9, 10 ou 15 ovocytes.

La prochaine étape d’un cycle de FIV, c’est le transfert. Mais bien sûr, les ovocytes ne sont pas transférés directement, ils doivent devenir des embryons tout d’abord et là il y a le prochain problème, ces ovocytes doivent être fertilisés.  Dans mon cas cela n’a pas toujours fonctionné, donc vous voyez ce que je veux dire, le transfert pour moi a un peu été un miracle.

Les transferts sont une expérience bizarre. En réalité, c’est juste un test de grossesse très cher. En moins de 30 secondes une longue et grande aiguille est insérée dans votre utérus et puis pendant une nano seconde vous êtes enceinte.  C’est ce que j’ai ressenti moi.  « Vous venez de mettre un embryon dans mon utérus, ça fait que je suis un peu enceinte, non ? »

 

Les deux semaines d’attente

Jusque-là, tout était très scientifique.  Les injections, les rendez-vous, les prises de sang, on paie et on recommence.  Le moment où le transfert est effectué, c’est là où tout commence réellement.  Le psychologique.  On appelle cette période les deux semaines d’attente et c’est ma version personnelle de l’enfer.

Il s’agit d’une période de deux semaines pendant laquelle on attend de voir si la FIV a fonctionné.  C’est épuisant et inquiétant de bien des façons.  Vos émotions passeront d’un extrême à l’autre.  Le pendule n’est jamais stable, vos émotions jamais sûres.  Votre cœur et votre tête sont en conflit.  Il n’est pas possible de traiter ces deux semaines comme n’importe quelles autres deux semaines et de ne pas y penser.  Rien que de suggérer ça, c’est n’importe quoi.  C’est un peu comme quand on vous dit « détends-toi et ça va le faire » ou « peut-être que vous devriez prendre des vacances » ou mon préféré (et oui, on m’a dit ça) « t’as juste à mettre tes jambes en hauteur après avoir eu un rapport sexuel. »  Ne dites pas des trucs comme ça. Non vraiment, ne le faites pas.

 

Si je devais revivre deux autres semaines d’attente, voici ce que je me dirais :

Ne cherche pas tout et n’importe quoi sur Google comme une folle

Oui, je sais, plus facile à dire qu’à faire, mais je vous jure que c’est le type de comportement qui peut vraiment vous briser.  Restez loin des forums où d’autres patientes de FIV discutent de leurs espoirs et de leurs symptômes pendant ces deux semaines.  J’irai à la bibliothèque le jour avant le transfert et je me ferais un stock de lecture (mais pas de livres du rayon PMA).  La lecture a été aussi une bonne distraction pour moi, et chaque fois où j’ai eu envie de chercher des symptômes sur Google pendant ces deux semaines d’attente, j’ai pris un bouquin à la place.  Ça n’a pas toujours fonctionné, mais, à chaque fois que j’ai cherché des trucs sur Google, j’ai arrêté une heure plus tard (me sentant infiniment pire que quand j’avais commencé).  Pour l’amour de Dieu, restez loin d’internet.

 

Ne cherchez pas des symptômes.

Des courbatures, des crampes, des maux de tête, des nausées, que vous soyez particulièrement fatiguée ou affamée…  Tous les médicaments que vous prendrez vous feront vous sentir enceinte une minute et pas enceinte la suivante.  Ces ovules de progestérone sont vraiment puissants.  Ne pincez vos mamelons et ne tâtez pas vos seins.  Enceinte ou non, ça va faire mal.  Croyez-moi, je sais que c’est vrai.  Parce que vous êtes fatiguée, ça ne veut pas dire que vous êtes enceinte, ça pourrait être parce que vous avez regardé la télé toute la nuit.  Pour l’anecdote, quand je suis finalement tombée enceinte, je n’ai rien senti de spécial pendant les deux semaines d’attente.

 

Ne faites pas de tests de grossesse chez vous

Ça ne sert à rien, croyez-moi, j’ai dépensé beaucoup trop d’argent dans ces tests de grossesse. Suivez ce conseil, ça vous fera économiser de l’argent et des mouchoirs.  N’oubliez pas que les médicaments que vous prenez disent à votre corps que vous êtes enceinte, alors vous auriez autant de chance d’obtenir de faux négatifs que de faux positifs.  N’ayez pas de tests de grossesse chez vous pendant ces deux semaines, et n’allez pas près d’une pharmacie, cela pourrait vous tenter.

Ne passez pas ces deux semaines dans votre lit à ne rien faire, à part si c’est ce que vous a conseillé votre médecin bien sûr

Si votre médecin ne vous a rien interdit, il suffit de faire ce que vous feriez normalement, travaillez, étudiez, peu importe.  Ce sont des journées normales, même si elles n’en ont pas l’air.

Voici ce que j’aurais souhaité avoir fait (au lieu de tout ce qui précède…).

  • Sortez de chez vous et faites des trucs. Allez au cinéma, allez travailler, faites du sport (si votre médecin vous l’a autorisé). Faites les magasins, dépensez l’argent que vous ne dépensez pas dans des tests de grossesse en allant boire un café (déca si vous préférez) avec un(e) ami(e).  Achetez un livre de coloriage pour adulte. Regardez Dirty Dancing. Avant ces deux semaines, je vous conseille d’écrire une loooooongue liste de choses que vous voulez faire et faites en au moins une par jour.  Quatorze activités c’est tout ce qu’il vous faut.
  • Soyez indulgente. Deux semaines c’est long quand vous avez investi beaucoup d’argent et d’émotions pour essayer de tomber enceinte avec la FIV. J’ai toujours trouvé que plus ça allait, plus je me sentais mal  et que ma confiance en moi diminuait.  Ne vous en demandez pas trop.  C’est un moment vraiment épuisant et vous aurez besoin de relâcher la bride.  Attendez-vous à être perdus.
  • Entourez-vous de personnes positives. Oui, je sais que c’est un cliché mais croyez-moi, c’est déjà assez difficile de rester positive pour soi pour ne pas encore en plus fréquenter des personnes négatives. Cela ne veut pas dire que vous devez être égoïste pendant ces deux semaines et négliger les besoins de vos amis et de votre famille, ce que je veux dire c’est plutôt de rester à l’écart des gens qui vous disent qu’il est peut-être temps de commencer à penser à l’adoption.  C’est bien intentionné, je le sais, mais là il s’agit de penser à soi et à rien d’autre.

 

À la fin de l’attente de deux semaines, la dernière étape c’est la prise de sang et les résultats.  Aujourd’hui, je me souviens de toutes les fois où on me disait « Désolé, c’est négatif » et je suis éternellement reconnaissante d’avoir pu entendre « votre test est positif » une fois.  Ce que j’ai appris de toutes ces tentatives, c’est que peu importe le résultat, vous vous levez le lendemain, vous recoller les morceaux de votre cœur et si vous choisissez de recommencer, vous revivrez encore tout ça. Carole.

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