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Etude : Le régime méditerranéen aiderait les FIV

Une étude suggère que le régime méditerranéen pourrait augmenter les chances de tomber enceinte pour les femmes qui ont recours à la FIV.

Les personnes qui suivent ce traitement et qui mangent davantage de légumes frais, de fruits, de céréales complètes, de poisson et d’huile d’olive et moins de viande obtiennent de meilleurs résultats que celles qui suivent n’importe quel autre régime alimentaire.

L’étude a mis en lumière que les femmes qui s’alimentent selon le régime méditerranéen pendant les six mois qui précèdent une FIV ont 65 à 68 % de chances supplémentaires de tomber enceintes et de donner naissance à un enfant en bonne santé, par rapport aux femmes qui s’écartent le plus de ces habitudes alimentaires.

Les conclusions de cette recherche ont été publiées dans la revue Human Reproduction ce Mardi 30 Janvier et se concentrent sur les habitudes alimentaires plus que sur les nutriments individuels, les aliments ou les catégories d’aliments. L’étude évalue le régime alimentaire de 244 femmes par un questionnaire sur la fréquence de leurs repas à leur arrivée dans une clinique d’Athènes pour leur première FIV.

Le questionnaire demandait à ces femmes combien de fois par jour à peu près elles consommaient certains groupes d’aliments durant les six mois qui venaient de passer, puis on établissait un MedDiet Score compris entre 0 et 55, où les chiffres les plus élevés correspondent aux habitudes alimentaires les plus proches du régime méditerranéen.

Un régime qui vaut des points

Les chercheurs, menés par le professeur Nikos Yiannakouris du département de Nutrition et Diététique à l’université Harokopia d’Athènes, ont réparti les femmes en trois groupes en fonction de leur MedDiet Score :

-Le premier groupe comprenait les femmes dont le régime valait entre 18 et 30 points

-Le second les femmes entre 31 et 35 points

-Le troisième les femmes entre 36 et 47 points.

L’équipe de recherche a remarqué que les 79 femmes qui composent le groupe du score le plus faible affichaient un taux significativement plus bas que celui des 86 femmes au score le plus élevé en ce qui concerne les chances de tomber enceinte (29 % contre 50 %) ou de donner naissance à un enfant vivant (26,6 % contre 48,8 %). En s’attachant aux résultats des femmes de moins de 35 ans, ils constatèrent que chaque augmentation de 5 points du MedDiet Score entraînait une augmentation des chances de tomber enceinte et de donner naissance à un enfant vivant d’environ 2,7 fois.

Dans l’ensemble, 229 femmes (soit 93,9 %) ont reçu le transfert d’au moins un embryon ; l’implantation a été un succès sur 138 femmes (soit 56 %) ; 104 femmes (42,6 %) sont parvenues à une grossesse clinique confirmée par une échographie ; enfin, 99 femmes (soit 40,5 %) ont donné naissance à un enfant vivant.

Le professeur associé Yiannakouris commente ainsi ces résultats :

« Le message important de notre étude est que les femmes qui tentent de prendre soin de leur fertilité devraient être encouragées à s’alimenter sainement, en suivant par exemple le régime méditerranéen, car ce régime alimentaire pourrait augmenter les chances de concevoir ainsi que d’accoucher d’un enfant vivant. »

« Il faut noter que lorsqu’il est question de concevoir un enfant, les habitudes alimentaires et le mode de vie comptent autant pour les hommes que pour les femmes. Des recherches réalisées précédemment sur les partenaires masculins des femmes de notre groupe d’étude ont montré que suivre la diète méditerranéenne pourrait aussi améliorer la qualité du sperme. Prises d’un point de vue global, ces découvertes soulignent l’importance du rôle que jouent les régimes alimentaires et leur qualité dans l’amélioration de la fertilité, et soutiennent que la diète méditerranéenne pourrait être favorable lors des protocoles de PMA »

Limites

Les chercheurs attirent l’attention sur le fait que leurs découvertes ne peuvent être généralisées à toutes les femmes qui cherchent à concevoir, car leur étude ne concernait que les résultats chez les femmes qui suivaient un parcours de FIV.

Cette étude contribue donc à étoffer le faisceau des preuves qui montre que les habitudes alimentaires et le mode de vie affectent à la fois la fertilité naturelle et les résultats des FIV.

Mesurer d’un point de vue global les effets d’un régime plutôt que des vitamines précises, des minéraux ou des groupes d’aliments qui peuvent impacter la fertilité nous donne ainsi une image plus réaliste de ce que les patientes peuvent faire pour augmenter leurs chances d’avoir un enfant.

Cela montre également qu’une interaction entre différents types de nourriture, qui peuvent exercer leurs effets sur différents aspects du domaine de la reproduction, pourrait potentiellement être plus efficace que n’importe quel nutriment ou groupe alimentaire pris à part.

Il n’y a pas de solution miracle, mais il est probable que modifier les multiples facteurs connus qui impactent la fertilité des hommes et des femmes peut conduire à des succès marginaux qui, en s’accumulant, conduisent à des résultats clairement meilleurs.

Source : https://academic.oup.com/humrep/advance-article/doi/10.1093/humrep/dey003/4828066

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