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Le témoignage de Julie : 8 ans d’essais, 3 FIV, un TEC et une petite fille

Notre désir de bébé

Notre aventure PMA et donc aventure FIV a débuté maintenant il y a 10 ans avec l’envie de concrétiser notre amour en ayant notre bébé.
Au début on se dit que ça allait arriver rapidement, on se promenait en regardant les autres enfants en se disant que bientôt ce sera notre tour. Les semaines et les mois passent mais toujours rien ne se passe…
2 changements de gynécologues et 5 ans plus tard, je demande à mon mari s’il veut que j’appelle un centre PMA afin de savoir si ils prennent des patients sans être y être orienté par un gynécologue.

Le 1er RV en PMA

On a donc notre premier rendez-vous en PMA avec une gynécologue douce, attentive et à l’écoute qui arrive à « débloquer » mon mari pour qu’il puisse enfin passer ses tests.
A la suite de ce premier rdv, nous avons plusieurs tests à passer lui comme moi. Les résultats arrivent, tout va bien de mon côté sauf que pour lui c’est zéro spermatozoïde dans l’éjaculat. La gynécologue nous envoie donc consulter un urologue. Avec lui on apprend la patience parce qu’il a toujours minimum 4 heures de retard sur ses rendez-vous.

Le coup de massue

Les résultats de l’échographie testiculaire ne sont pas bons, l’urologue nous dit qu’avoir un bébé naturellement ne sera jamais possible et il nous conseille d’aller au CECOS pour un don parce que pour lui il y a 99 % de chance qu’on n’ait jamais de bébé tous les deux.
99 % de chance que ça n’arrive jamais ! Ces mots-là dans la bouche d’un professionnel ! Comment passer au-dessus de ça ? Est-ce que ça vaut le coup d’essayer quand même ?
Je sais que je ne veux pas passer par le don comme je sais que je ne veux pas passer par l’adoption. Je respecte infiniment les personnes qui entreprennent ce chemin là, mais je sais que je ne pouvais pas passer par un de ces choix. Je n’avais pas et je ne voulais pas faire le deuil de cet enfant issu de nous deux et qui aura grandi dans mon ventre.

La ponction testiculaire

Le jour de la ponction testiculaire arrive, journée remplie de stress pour nous deux. Pendant que monsieur est sur la table d’opération le temps paraît interminable. J’ai eu le droit d’aller le retrouver en salle de réveil, la première chose qu’il m’a dit quand je lui ai demandé si ça allait c’est « c’est bon ils en ont trouvé »
Nous avons 5 paillettes, on reprend rendez-vous en PMA.
Il faut savoir que pour en arriver là on est déjà à plus un an de suivi gynéco, spécialistes, examens et donc à des dizaines et des dizaines de rendez-vous.

 

Les FIV ICSI

Dans notre cas ce sera obligatoirement une FIV icsi.
Je suis impatiente de pouvoir commencer le premier traitement, je me dis que de mon côté tout va bien, qu’on a trouvé des spermatozoïdes et que donc il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne pas la première fois. Quelle désillusion à l’appel de l’infirmière pour me dire que la prise de sang est négative.

On fait un deuxième traitement avec une paillette, pds négative. Pour le 3ème essai, ils décident de refaire une ponction testiculaire à mon mari afin de pouvoir travailler avec des spermatozoïdes frais pour qu’il y ait plus de chance. Et là encore prise de sang négative.
À chaque fois, aucun embryon n’est arrivé au stade de blastocyste pour pouvoir les congeler pour pouvoir faire un tec plus tard, seule la troisième tentative de FIV a permis à un blastocyste d’être congelé.

Le TEC

Le traitement pour le TEC est beaucoup plus light j’ai envie de dire, je trouvais ça « plus cool ». Sauf que mon endomètre n’avait pas la bonne épaisseur au premier traitement, donc on a dû tout arrêter et recommencer le mois d’après.
Donc le mois d’après, j’ai repris le traitement pour le TEC. Quand on fait un TEC, le centre de PMA nous appelle le jour même pour nous dire si l’embryon s’est « bien réveillé ».

J’attendais donc cet appel avec tellement d’impatience, j’avais tellement peur qu’ils nous disent qu’ils n’avaient pas réussi à le décongeler correctement, ce seul embryon congelé qu’on a réussi à avoir en 3 tentatives.

Ouf, tout s’est bien passé, le transfert est fait. Mais je n’y crois pas, ou je devrais dire je n’y crois plus.  Les 3 FIV n’ont pas fonctionné, alors pourquoi là ça marcherait ?
Je me souviens que la date prévue de la prise de sang était la veille d’un week-end où nous étions invités chez des amis. J’avais dit à mon mari, je n’ai aucuns symptômes, je suis sûre que ça a encore raté, je ferai la prise de sang lundi en rentrant du boulot pour ne pas nous gâcher le week-end.

Et le dimanche soir, j’avais mal au ventre comme quand mes règles arrivent, mais le lundi matin elles n’étaient toujours pas là. Je m’attendais donc à les voir débarquer juste après avoir fait la prise de sang.

Parce que pour moi ce que je ressentais c’était vraiment annonciateur de règles, ce ne pouvait pas être autre chose.

Le résultat positif si inattendu

Mais quand j’ouvre le résultat de la prise de sang, c’est positif ! Hein ? Je relis, c’est bien mon nom sur la feuille et c’est bien positif ! Ça a marché !
Ce petit 1% de chance qu’on avait, il a marché !
Mon mari était prêt à passer par le don, il ne voulait pas qu’on perde notre temps à essayer en vain, mais je n’ai jamais voulu et au final je suis tellement fière de nous, d’avoir continué à espérer  jusqu’au bout.
8 années d’essais bébé, 3 ans de PMA, 3 FIV et 1 TEC plus tard, notre bébé est là !
Aujourd’hui elle a 2ans et je n’en reviens toujours pas.
En ce moment on me demande souvent quand est ce qu’on fait le deuxième. Mais il n’y aura pas de 2ème.

Conclusion

En tout cas pour l’instant, je ne suis pas prête à me relancer dans ce parcours fatiguant tant émotionnellement que physiquement.

En ce qui concerne le fait d’en parler ou pas, pour ma part, on en a parlé au bout de 5ans parce que j’en avais marre d’entendre et vous c’est pour quand ? Faudrait y penser…

Mais si c’était à refaire, je n ‘en parlerais pas, ça m’aurait évité beaucoup de larmes, de disputes et de réflexions plus ou moins débiles, voire des conseils de personnes qui sont-elles tombées enceintes au bout de 3 mois, mais à qui il fallait faire comprendre la tristesse que ça ne fonctionne pas tout de suite.

La seule chose de positif dans le fait d’en avoir parlé, c’est que les gens autour de moi savent que si un jour ils sont confrontés à l’infertilité, je serai là pour les écouter sans aucun jugement sur les démarches faites, et en sachant que je suis passée par là, j’espère parce qu’avec cette écoute consciente de ce qu’ils vivent je leur enlève un petit poids.

Par exemple en ce moment quelqu’un de proche se retrouve en PMA et je pense qu’il est content de ne pas aller vers l’inconnu, de savoir ce qui l’attend à tel rdv, que si lui aussi passe par la ponction, il va se passer ça ou ça mais que c’est normal ….

Enfin tout ça pour dire que même si c’est dur, même si c’est long, fatiguant, stressant et qu’on a envie de « tout envoyer bouler », parce que des baisses de moral il y en aura obligatoirement, gardez espoir si infime soit-il !

PS : une chanson que j’aimais bien écouter et que j’aime encore tellement « j’veux un enfant » de Brigitte.

Bon courage a toutes et à tous

 

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