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Le témoignage d’Emmanuelle : un problème de stérilet, une FIV et une petite fille au dernier transfert

Je suis Emmanuelle j’ai 39 ans et une petite fille merveilleuse née d’un parcours PMA.

La rencontre : un désir de bébé assumé dès le départ

Je rencontre ma mari pour le jour de l’an 2015. Il est déjà papa de 3 enfants qu’il élève seul. On se met ensemble en avril 2015, j’ai alors 34 ans et l’envie d’être maman depuis toujours. Notre histoire commence fort et après seulement 2 mois de relation à distance je pose le cadre : « tu as 3 enfants, j’ai 34 ans et je ne veux pas m’engager avec toi sans certitude que tu en veuilles un jour un avec moi ». C’est brutal pour lui ! Il met 24h à me répondre mais me dit que oui, il m’aime et si c’est important pour moi, on se lancera dans le projet en temps voulu.

La pose d’un stérilet avec de graves conséquences

Juin 2016 on décide de ne plus se protéger par préservatif, je ne suis pas sous pilule (les hormones ne m’ont jamais réussi) je souhaite donc mettre un stérilet au cuivre. Nous vivons encore à distance et le projet bébé n’est pas pour tout de suite. Suite à la pose, chose exceptionnelle, je fais une infection des trompes : double salpingite. Ma gynécologue doit partir en vacances, et n’est pas très disponible.

J’ai mal, elle me dit que ça va passer. J’insiste. Elle me fait juste un contrôle de position du stérilet, il est en place, ça ne peut pas être autre chose. Elle part en vacances. Je passe 1 mois et demi entre douleurs, médecin généraliste, suspicion d’infection urinaire.

Pour cela je prends des antibiotiques, heureusement car ils diminuent mon infection et me laissent un peu de répit. Mais cela repart de plus belle dès que j’arrête. Comme il parait que je suis douillette, je serre les dents.

Début aout j’atterris chez une gastroentérologue, j’ai tellement mal que je pense avoir une maladie inflammatoire des intestins (type Crohn). Elle m’ausculte à peine et m’envoie aux urgences gynécologiques. Pour elle, pas de doute c’est mon stérilet.

Je suis opérée le lendemain matin à la première heure, on retire près d’une canette de pue dans mes trompes. Les médecins se demandent comment je tenais debout… Je le vis mal, j’ai peur, je sais que me trompes sont très abimées mais le projet bébé n’est pas encore là. J’avance. J’ai beaucoup de douleurs dues aux adhérences cicatricielles.

Le début des essais

Novembre 2016 j’aménage avec mon homme, janvier 2017 je subis une coelioscopie pour retirer les adhérences. Projet mariage pour octobre 2017, je n’ai pas repris de contraception, on fait attention en fonction de l’estimation d’ovulation.

Juillet 2017 je me rends compte que j’ai un retard de règles de plus de 10 jours.  Je fais un test et découvre que je suis enceinte ! Une semaine après, les douleurs ne laissent place qu’à peu de doutes. Grossesse extra-utérine. Je m’effondre car j’apprends qu’il n’y a pas d’espoir pour que je tombe enceinte naturellement, mes trompes sont fichues.

On entre en PMA : nous faisons directement une FIV

L’avantage, si je dois en trouver un, c’est que je consulte très vite pour entrer en PMA. Pas d’errance, pas de doute. Les rdvs sont pris, les examens complémentaires s’enchainent et nous débuterons en janvier 2018, après les fêtes.

A ce niveau-là les nouvelles sont plutôt bonnes. Mon AMH est très bien pour mes 36 ans, mon mari qui a 5 ans de plus possède des spermatozoïdes en pleine forme. Tout est réuni pour que ça fonctionne.

Ma ponction se déroule très bien et j’obtiens 4 J5. Vu les problèmes de trompes, il est décidé de me transférer des J5 car cela diminue les chances que l’embryons se balade et atterrisse dans mes trompes.

Le premier transfert d’embryon frais arrive et je suis très confiante vu nos examens. Douche froide, je ne suis pas enceinte. Deuxième douche froide, il faut attendre un cycle avant le prochain transfert. Je suis pressée, impatiente.

Mais je crois que c’est le cas de beaucoup dans ce parcours. 2ème transfert échec à nouveau. Je commence à me renseigner sur l’accompagnement, les médecines douces. Pour le troisième transfert je fais de l’acupuncture. 2 jours avant ma prise de sang j’ai des symptômes un peu ambigus. Je fais l’erreur à ne pas faire : le test de grossesse pipi. Il est positif. Je m’emballe. La prise de sang révèlera elle que ce n’est encore qu’un échec. Je ne comprends pas. Tous les signaux sont « au vert ». C’est très dur psychologiquement.

L’importance d’être bien entourée pour affronter ce parcours

Je suis obsédée par ma PMA. Je passe des heures à lire des témoignages, des articles scientifiques, des revues avec des conseils. Mon mari est d’un grand soutien. Nous avons la chance que la consultation avec un psychologue soit obligatoire dans notre clinique. Le psychologue que nous voyons est extra. Il nous explique très bien les différentes étapes, les hauts, les bas et surtout la différence de gestion entre les hommes et les femmes. Et nous vivons exactement ce qu’il nous avait prédit. Cette différence entre l’homme toujours confiant et peu inquiet et la femme pressée, angoissée et qui se sent incomprise. Quand nous sentons la pression monter on rediscute de cette consultation, ça nous aide à nous apaiser et repartir plus soudés. Je le conseille vraiment à tous les couples !

C’est à ce moment également que je découvre le site FIV.fr et le forum. Quel soutien cela a été ! Je me rapproche rapidement d’un groupe de filles suivies dans la même clinique que moi. On échange beaucoup, on se donne des trucs et astuces, on se remonte le moral, on s’écoute, on pleure ensemble, on se soutient !

Je commence également la méditation. Pas longtemps, 10 minutes par jour de visualisation positive. Je tente tout avant ce dernier transfert de la FIV 1 : ostéopathe spécialisée en gynécologie, acupuncture, méditation.

Une hypothèse pouvant expliquer mes échecs est un terrain inflammatoire dû à mes antécédents. Si ce transfert est un échec, on envisagera un MatriceLab (qui explore l’aspect immunitaire de l’implantation) mais en attendant, je commence par la vitamine E.

Le dernier transfert de la FIV 1 :  le résultat est positif !

Ce dernier transfert arrive, je prends du temps pour méditer, respirer, je cède même à l’hypothèse du foulard en soie sur mon ventre pour conserver une certaine chaleur après le transfert. 2 jours avant la prise de sang j’ai des symptômes. La poitrine tendue, je me sens enceinte mais je ne veux pas y croire vu la dernière expérience. Je fais ma prise de sang et quand j’ouvre les résultats nous sommes en voiture avec mon mari (je prenais mes identifiants pour me connecter de n’importe où et ne pas avoir à attendre) : 297 UI.

La grossesse

Je suis enceinte ! Quel bonheur ! Mais de nature anxieuse je n’arrive pas à vivre pleinement ce « plus » et je me dis à chaque fois « ne t’emballe pas, on ne sait jamais ». Sur le forum nous sommes quelques une à tomber enceinte à peu près en même temps dans notre clinique et nous créons un groupe à part (pour ne pas que cela soit douloureux pour celles qui attendent encore). Nous vivons nos premiers instants de femmes enceintes bien entourées ! J’ai commencé à en profiter en sortant du 1er trimestre car j’ai eu beaucoup de douleurs liées à mes adhérences. Puis j’ai lâché prise et pu profiter de cette grossesse qui a été idéale !

Conclusion

Aujourd’hui ma fille a 2 ans et je repense souvent à ce parcours. Je suis toujours en contact avec une dizaine de filles du forum. On se suit, on se soutient dans notre parentalité. Nous accompagnons celles qui se lancent dans bébé 2. Nous sommes devenues des amies même si on ne se voit que rarement. Mais mes wondermums sont toujours là quand ça ne va pas !

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