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Le témoignage d’Elodie : 1 grossesse après 4 stimulations simples, 3 IAC et 1 FIV

Le projet bébé

Décembre 2016, je souffle ma 26ème bougie, j’attends ce moment avec impatience car, avec mon conjoint nous avons décidé de lancer le projet bébé pour mes 26 ans.

On s’y voit déjà : « tu te rends compte dans quelques mois on sera parents », « imagine si je tombe enceinte le mois prochain ».

Un gynécologue caractériel

Août 2017 : Je prends rendez-vous avec mon gynéco car aucune grossesse à l’horizon.

« Ne vous inquiétez pas, vous êtes jeunes, revenez me voir quand vous aurez essayé sans succès pendant 1 an voir 1 an et demi ».

Décembre 2017 : 1 an d’essai infructueux. Je prends rendez-vous avec mon gynécologue. Je commence à désespérer. « Et s’il y avait un problème ? ».

Cette fois-ci je ne viens pas les mains vides. Je suis ma courbe de température et j’ai pris mon dossier médical.

J’ai été opérée à 21 ans d’un kyste ovarien gauche. Le compte rendu indique : « Kyste hémorragique, suspicion d’endométriose stade 1 – aucune lésion apparente »

Le gynécologue me dit que je n’ai pas d’endométriose puisque, lors de la coelioscopie, ils n’ont pas pu établir de diagnostic précis. Il me demande pourquoi je suis ma courbe de température. Je lui dis que j’ai vu une sage-femme et qu’elle m’a conseillée de faire ça pour suivre l’ovulation.

Le gynéco est en train de me faire une échographie pelvienne à ce moment-là.

Au moment où je lui ai parlé de la sage-femme son visage a changé. Il me fait mal et balance la sonde de l’échographe sans ménagement.

« Eh bien si les sages-femmes savent mieux faire leur travail que moi vous auriez mieux fait de ne pas venir me voir » Il lance mes papiers millimétrés dans l’air. « votre corps ne fonctionne pas, vous n’aurez jamais d’enfant, allez en PMA ».

Direction la PMA

Après avoir réglé 80€ je sors du rendez-vous en pleurs. Je parcours plusieurs kilomètres à pied sans savoir où je vais. Je finis par chercher « PMA » sur Google et je pense alors à appeler la sage-femme.

Elle me reçoit dans les jours qui suivent. Je pleure en lui expliquant mon rendez-vous. Elle me propose de rencontrer une gynécologue qui est à 50km de chez moi, qui a de bons résultats en PMA.

Le mois suivant j’ai rendez-vous avec le fameux docteur. Elle découvre mon petit dossier médical avec mon opération du kyste et mes courbes de température chiffonnées.

A première vue rien d’anormal. Son échographie ne montre aucune anomalie apparente.

Je repars de l’entretien avec une batterie d’examens et de l’ovitrelle. Mon rendez-vous est tombé pile le jour de ma présumée ovulation donc elle propose que je fasse cette première piqûre qui va déclencher l’ovulation et de prévoir un rapport dans 24 à 48h. Bienvenue en PMA.

Les stimulations et inséminations

Nous enchaînerons 4 stimulations simples à base de Puregon 75ui et Ovitrelle sans résultat. Durant cette période, je passe beaucoup de temps dans les hôpitaux. Les prises de sang ne montrent aucune anomalie. AMH à 1,9 bon c’est un peu juste mais il ne faut pas s’inquiéter me dit la gynéco. L’IRM pelvienne ne montre aucune lésion d’endométriose, l’hystérosalpingographie me vaut l’admiration des médecins. « C’est rare de voir d’aussi belles trompes, ça vous dérange qu’on garde les clichés pour les présenter en conférence sur l’infertilité ? » Me voilà mannequin pour le corps médical.

Septembre 2018 : Nous allons passer aux inséminations artificielles. Je pleure beaucoup, je ne comprends pas comment on en arrive là avec un diagnostic qui n’en est pas, une « infertilité inexpliquée ». La première insémination est très stressante pour moi. On est passé sur du Gonal 75ui + Ovitrelle + Orgalutran + Duphaston. J’ai beaucoup d’effets secondaires, je me sens mal dans ma peau et lorsque le négatif tombe je tombe aussi.

Je mettrais 6 mois à me remettre de cet échec. Février 2019, nous entamons la deuxième IAC. Mon corps ne réagit plus aux traitements autant que mon cerveau. Je suis fatiguée de tout ça. Fatiguée des rendez-vous médicaux avec ma gynéco qui a toujours 3h de retard, fatiguée des prises de sang, des copines enceintes, de cette injustice.

Au bout de 16 jours de traitement, nous faisons l’IAC. Les infirmières du labo me disent que la prochaine prise de sang se fera sûrement dans la cuisse car j’ai des bleus énormes sur les bras.

L’IAC 2 est un échec, on enchaîne sur l’IAC 3. La veille de l’insémination, la gynéco m’appelle pour me dire qu’elle a oublié de demander un spermogramme à jour. Je viens de faire 15 jours de traitement et l’insémination vient d’être annulée. C’est trop pour moi j’arrête la PMA.

Mes règles débarquent comme toujours à l’heure. Je m’évanouie de douleurs. « Qu’est ce qui m’arrive ? » Durant les prochains mois, je ferais à chaque fois, malaises sur malaises. Chaque mois est une douleur sans nom liée à l’échec de la conception mais voilà que s’ajoutent des douleurs physiques atroces. Pliée en 2, je ne sens plus mes jambes, je vomis, j’ai des problèmes digestifs, je m’évanouie de douleurs.

Rv avec des spécialistes de l’endométriose

Je décide de prendre rendez-vous dans un nouveau centre. On ira au CHU de Rouen spécialisé en endométriose.

Octobre 2019 : Premier contact : J’arrive avec mon dossier médical très épais cette fois-ci. Avant le rendez-vous j’ai refait une IRM pelvienne. « bon écoutez, je ne vois rien d’alarmant par contre, vous avez de l’endométriose ».

Ce verdict tant attendu. Je ne suis pas folle, ce n’est pas dans ma tête ! ».

J’ai 3 endométriomes qui se sont développés dans l’ovaire gauche. Effectivement on ne trouve pas de lésions ailleurs mais ça ne veut pas dire que je n’en ai pas.

« Pourquoi on ne m’a rien dit avant ? » Elle me dira que les traitements sont sûrement à l’origine du développement de l’endométriose chez moi.

C’est dur à entendre. Tous ces échecs de traitement pourquoi ? Pour avoir une maladie aussi handicapante.

 

On passe en FIV

Elle me propose de passer en FIV. Moitié classique moitié ISCI, mais avant il faut calmer l’inflammation et me mettre sous pilule pendant au moins 4 mois.

C’est la douche froide. Me remettre sous pilule 3 ans après l’arrêt de celle-ci ?

En 6 mois je changerais 3 fois de pilule car je ne les supporte pas. C’est l’horreur. J’enchaine les crises d’endo, je ne vis plus.

Mars 2020 : Confinement – Arrêt de la PMA ;

Ma FIV devait commencer le 15 mars. (C’est quoi cette mauvaise étoile au-dessus de notre tête ?)

Juin 2020 : Les sage femmes m’indiquent que je ne suis pas prioritaire pour reprendre en FIV car je suis sous pilule.

Juin 2020 : j’appelle 5 jours plus tard, j’ai mes règles, je veux commencer la FIV.

Mon protocole FIV : Duphaston, Provames, Gonal 275 ui puis  325 ui car je ne réagissais pas au traitement, Ovitrelle, Orgalutran et Progestan.

Après 18 jours de traitement, d’échos de contrôle et de prises de sang, il est temps de passer à la ponction.

Elle se fait sous anesthésie générale. L’équipe médicale est géniale, je suis rassurée et sereine.

Toutes mes peurs ont disparu. Je veux que cette FIV fonctionne. Ça fait 3 ans et demi que j’attends mon tour.

Le prélèvement donnera 13 beaux ovocytes. Premier soulagement. 9 fécondés. 5 embryons à J2.

On me transfère un magnifique J2 classé 411 soit le meilleur des classements. Le médecin dira qu’il est magnifique, je pleurais comme une madeleine. Mon bébé est là j’en suis sure.

L’attente du résultat et le début de grossesse

Les 15 jours d’attente sont longs. A J5 il ne reste qu’un seul embryon. Il sera congelé.

Pour une fois, je n’ai aucun symptôme. Pas de poitrine enflée, pas de fatigue pas de nausées rien hormis des douleurs de règles.

J12 un petit saignement, je n’y crois plus, je suis inconsolable.

J14 jour de la prise de sang. Je mets une protection hygiénique pour aller au labo car je suis sûre que mes règles vont arriver.

192 ui m’indique mon mari. Je n’y crois pas c’est impossible.

Je suis enceinte et malgré toutes les peurs qui vont suivre je suis tellement heureuse.

Aujourd’hui je suis à 16SA. Notre grenouille est magnifique. Les trois premiers mois ont été un peu difficile mais ça y est, je profite à fond de cette grossesse.

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