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Témoignage de Cécile,2 ans de PMA et une petite fille

Notre fille est née le 25/08/2017. Une grossesse heureuse, épanouissante. J’ai eu droit à mes 3 premiers mois de nausées et vomissements, et des chevilles comme des poteaux électriques grâce à la rétention d’eau. Prise de poids limitée en faisant attention. J’ai vécu la plus belle expérience de ma vie, porter la vie et mettre au monde ce beau bébé qui comble nos cœurs.

Mais dès que j’évoque cette vie à 3 je ne peux pas ne pas revenir sur les mois qui ont précédé cette grossesse.

La PMA. La douleur qui est restée ancrée dans mon corps et mon cœur de n’avoir pas su faire seule ce bébé.

Début des tentatives

Nous étions éperdument amoureux alors naturellement nous avons voulu faire un bébé. Arrêt de la pilule en octobre 2014. Des mois sans grossesse mais je ne m’inquiète pas : toutes ces années à ingérer des hormones mon corps a besoin de les éliminer. Puis mes cycles se raccourcissent et j’ai l’intime conviction que quelque chose cloche. Nous consultons une première gynéco, spermogramme ok mais je n’ovule pas bien.

Début de parcours en PMA

Nous sommes dirigés vers le centre PMA de l’hôpital St Joseph, à Marseille. Nous rencontrons alors le médecin qui nous suivra pendant tout notre parcours PMA. Je la trouve géniale, gentille, bienveillante, rassurante, et très humaine.

S’en suivent de nouveaux examens. Cliniquement rien ne cloche, donc pas de raison que cela ne fonctionne pas. Ma réserve ovarienne est un peu basse cela pourrait expliquer mon infertilité.

Je déteste ce terme. Il m’évoque des terres arides où rien ne pousse.

Nous avançons donc encore un peu dans cette aventure médicalisée. Demande de 100% stérilité envoyé à la caisse maladie nous attendons son retour.

Demande acceptée nous nous lançons donc dans les inséminations. L’hypothèse étant que comme rien ne cloche vraiment nous n’avons besoin que d’un peu d’aide. Stimulation hormonale je réalise moi-même les injections, réglée comme une horloge. Prise de sang, contrôle échographique. Nous sommes prêts pour la première insémination. La prise de sang nous dira que c’est négatif. On enchaîne sur la 2ème mais cette fois je dois arrêter les hormones car trop d’ovocytes se sont mis à grossir et si cela venait à fonctionner risque de grossesse multiple.

Je reprends pour une 3ème sans hormone et cela ne marche pas non plus.

Puis le début des FIV

Notre gynéco n’a pas souhaité poursuivre sur des inséminations et nous a proposé la FIV. Traitement hormonal prescrit, infirmières trouvées pour venir faire les injections, nous voici donc prêts.

Je gonfle, je suis épuisée, physiquement et moralement mais je tiens bon. Nous tenons bon. La ponction a lieu mi-septembre. Je rentre le matin tôt, en « chambre » multiple. Comble de l’ironie la ponction se fait au bloc gynécologique de l’hôpital… 11 ovocytes présents à la dernière écho, 7 prélevés et finalement 4 fécondés. Dans notre centre le transfert se fait à J5 après fécondation. Nous obtiendrons 3 embryons, un sera implanté en « frais » et les 2 autres congelés. Transfert numéro 1, en frais, 15j d’attente et prise de sang. Négatif. Nous étions confiants et même si nous savions que cela pouvait être négatif nous ne voulions pas nous y préparer…

Puis TEC…et succès

Un mois et demi plus tard après un traitement pour stopper mon cycle nous tentons un nouveau transfert avec un embryon congelé.

Mon conjoint me demande un soir, l’air de rien, de devenir sa femme ! J’accepte bien sûr.

Le 06/12/2017 la prise de sang révélera que je suis enceinte.

Mon ressenti durant ces années

Je me rends compte en me relisant que pas une fois je ne fais allusion à ce que j’ai ressenti durant ces 2 années. Tout est concis, précis, clinique. Tout a été rythmé pendant ces 2 années par des prises de températures, prise de sang, RDV médicaux, échographies, injections hormonales…

J’ai bien cru me perdre dans cette expérience pour devenir mère, perdre mon conjoint également. J’avais le sentiment que personne ne pouvait comprendre ma douleur. Je me sentais coupable. Heureusement j’étais soutenue, par mon conjoint d’abord, toujours prêt à essuyer mes larmes et me rassurer quand je craquais. Il a su me donner le courage dont j’ai pu manquer parfois. Je sais que lui aussi a souffert mais il a été fort pour nous porter tous les deux.

Malgré les sautes d’humeur, les crises de larmes, la vie sexuelle qui pâtit des traitements et de tout ce que cela a pu provoquer dans notre vie il a été présent. Moi qui m’enfermais dans ce parcours lui était là pour me ramener à notre réalité, notre vie et notre couple.

Mes parents ont été bienveillants pendant tout ce temps et ma famille en général était très à l’écoute. Nos amis également étaient une source de réconfort.

Mais j’ai toujours cette douleur sourde au creux du cœur, ces larmes prêtent à couler, la gorge nouée en repensant à cette expérience.

Mais pour toutes celles qui liront peut-être ces lignes il faut garder espoir. Je suis reconnaissante envers l’équipe médicale qui nous a toujours épaulé, écouté et répondu même les week-ends lorsque nous avions des questions pour les traitements. J’ai également pu consulter une psychologue au sein du centre. Je ne l’ai vu qu’une seule fois parce que j’ai du mal à échanger lorsque je suis en situation de souffrance mais savoir que l’on peut être écoutée et déjà une nouvelle rassurante.

Le 06/12/2016, en lisant sur mon écran les résultats de ma prise de sang j’ai pleuré toute la douleur que j’avais accumulé au cours de notre parcours PMA.

 

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