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Le témoignage de Pauline : 5 années de courage pour deux bébés miracles

Je vous apporte aujourd’hui mon témoignage, très (trop ?) long, qui malgré une sacrée dose d’échecs, pourra j’espère, donner un peu d’espoir…

Le début des investigations

Mon mari et moi nous sommes rencontrés en 2002. Après de nombreuses années de vie commune, nous décidons de faire un enfant. J’arrête ma contraception à l’été 2009. A cette époque là, je pensais, vu mon jeune âge (25 ans), je pensais tomber enceinte rapidement.

Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu… Les mois passent, et justement, rien ne se passe. Je sens que quelque chose ne va pas.

 

Le début du parcours en PMA

Pendant l’hiver, je finis par aller voir ma gynécologue, qui me prescrit simplement des ovules de progestérone pour 3 cycles. Sans aucune autre analyse, vu que « je suis jeune ».
J’aime être dans le contrôle des choses, et voyant que mes règles continuent d’arriver, je me décide à aller rencontrer un autre gynécologue, spécialisé dans l’infertilité. Après les examens classiques (hystérosalpingographie et test de Hühner), il s’avère que j’aurai des difficultés à tomber enceinte sans un coup de pouce. Du côté de mon conjoint, aucun problème, c’est pour moi que ça coince. Nous partons donc pour une série d’inséminations artificielles.

Les 3 premières sont négatives. Je découvre les joies des montagnes russes de l’espoir/désespoir, et des suivis de stimulation. Moi qui étais phobique des injections, je me retrouve à me piquer seule, à voir mes bras ponctionnés tous les 3 jours…

Trouvant les suggestions du gynécologue un peu légères, je me décide à me tourner pour la seconde fois vers quelqu’un d’autre.
Ma généraliste, qui fait également des suivis « de ville » en gynécologie, me reçoit, et nous passons en revue les premiers résultats, analyses et échecs. Elle me prescrit une échographie et un bilan hormonal. L’échographie montrera que je souffre d’endométriose. Pas à un stade très avancé, mais suffisamment pour que les ovaires soient touchés, et que quelques adhérences se soient installées. Je découvrirai également, suite un bilan hormonal, que ma FSH est trop élevée, et mon AMH vraiment basse. Ce qui veut dire qu’en plus de la trompe bouchée à l’hystérosalpingographie, de la glaire cervicale de mauvaise qualité, s’ajoute des kystes d’endométriose et une insuffisance ovarienne assez conséquente.

Tout s’effondre. Je comprends qu’un long parcours m’attend. Que je vais devoir ajouter un grand chapitre PMA dans ma vie, qu’il va me falloir expliquer mes absences et retards au bureau. Les FIV sont beaucoup plus chronophages que les inséminations malheureusement.
Notre première année d’essais est derrière nous.

Le début des FIV et le changement de centre

 

En juin 2011, je m’inscris au centre d’AMP de Saint Vincent de Paul à Paris (qui a fermé depuis). Le premier rendez-vous avec une gynécologue assez âgée est formidable. J’ai confiance, et je retrouve espoir. Espoir que je ne tarderai pas à reperdre lors de la 2nde consultation, faite par une autre gynécologue pour le côté administratif et la planification du traitement et de la date de ponction. On m’annonce plusieurs mois d’attente, et mon créneau tombera pile pendant une période de travail au bureau particulièrement intense. Je lui explique que cette période ne sera pas possible pour moi. Ce à quoi la gynécologue me répond qu’il faut « choisir entre travailler et faire un enfant madame, il faut établir vos priorités ». J’ai pris mon dossier sous le bras et j’ai claqué la porte, en larmes.

Dégoûtée par la façon dont j’avais été traitée dans cet établissement, je me suis tournée vers une clinique privée, dans laquelle il n’y avait pas de délai d’attente.
Ma première FIV aura lieu en septembre 2011. 4 ovocytes ponctionnés, 2 transférés, pas de congélation. Résultat négatif. 4e claque.

En novembre 2011 je passe au bloc pour une coelioscopie destinée à retirer mes kystes d’endométriose, essayer de réparer la trompe et lever les adhérences. Ma trompe est finalement totalement perméable.

Sur les conseils du gynéco de la clinique, nous attendons quelques mois avant de reprendre le chemin des FIV. Selon lui, dans les mois qui suivent les coelioscopies, des grossesses spontanées peuvent se produire. Pas chez nous…

En avril 2012 ma seconde FIV est annulée pour non réponse à la stimulation. Mon moral est au plus bas. Je ne sais pas comment faire pour améliorer les choses, je me sens incomplète et surtout, pas vraiment femme, puisqu’incapable de procréer normalement.

Je décide alors de faire une pause, une vraie, de laisser passer l’été et de me sortir un peu la tête de la PMA. Effort vain… La PMA ne vous quitte pas. Jamais. Elle reste gentiment tapie dans un coin de votre tête et vous rappelle en continu à quel jour du cycle vous êtes, quelle serait la meilleure période pour concevoir, que vos règles vont bientôt arriver…
Nous arrivons à 2 ans sans grossesse et je me sens sombrer doucement.

Reprise de la PMA après une pause

En septembre 2012, je reprends mes dossiers et décide de repartir de zéro chez (encore !) un nouveau gynéco. Ma FSH est dramatiquement montée. C’est plutôt mauvais signe, mais le gynéco insiste pour faire une 4e insémination avant les fêtes. Je ne vois pas bien l’intérêt de la chose mais accepte tout de même. Au moins j’ai l’impression d’avancer, de faire quelque chose. Sans surprise, c’est négatif.

En février 2013, nous lançons un protocole court pour la 2e FIV. Seulement 2 follicules sont visibles à l’échographie, ma ponction est annulée… Au désespoir, j’insiste auprès du gynéco pour faire quand même cette ponction, en lui répétant qu’avec un seul ça peut marcher ! Il finit par envoyer mon dossier en staff, qui finit par accepter. Ponction mal effectuée, follicules vides, ovulation trop précoce, on ne saura jamais, reste que la ponction était blanche. J’ai un souvenir affreux de mon réveil en chambre, avec mon mari qui m’annonce la nouvelle. Nous sommes repartis de là en petits morceaux. Je savais quelle serait la suite de mon aventure. Le don d’ovocytes.

 

Le don d’ovocytes à Barcelone

Cette partie là de mon parcours a été la plus difficile psychologiquement. Savoir que je n’étais pas capable de produire une cellule qui me donnerait un enfant. Savoir que je ne connaitrait jamais le mélange entre mon mari et moi. Savoir que je n’aurai jamais un enfant sur qui on pourrait lire mes traits. Même si cette dernière question n’est finalement pas la plus importante, je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser. Beaucoup d’aspects du don d’ovocytes me semblaient difficiles à surmonter, mais je savais que c’était mon unique chance de devenir mère, alors nous sommes partis pour Barcelone.

J’ai découvert là-bas un autre monde. Du respect du patient, une disponibilité totale, des médecins compréhensifs et accueillants, dans un cadre chaleureux. Ça m’a un peu remonté le moral… Et en novembre 2013 je faisais mon premier transfert en FIVDO. J’y croyais beaucoup. Les statistiques annoncées étaient tellement élevées que je ne pensais pas que ça pouvait à nouveau être négatif.
Ca l’a été.

J’ai à ce moment-là fait une rencontre déterminante dans mon aventure. J’ai rencontre LE gynécologue. Celui qui m’a réellement écoutée. Qui cherche d’autres traitements, d’autres alternatives, qui est pour les médecines douces. Il m’a incroyablement bien accompagnée pour le transfert de l’embryon restant en mars de l’année suivante.
Malgré tous ses efforts, le résultat a été, une fois encore, négatif, malgré une petite accroche qui s’est soldée par une fausse couche précoce.

J’étais dévastée. La FIVDO n’avait rien donné. Je n’avais plus d’embryons en stock. Mes réserves d’argent étaient vides. Les années s’ajoutaient les unes aux autres, personne ne pouvait rien faire pour moi, mes amis ne savaient plus quoi me dire, ma famille aussi. Je me suis renfermée, j’ai perdu du poids. Presque 4 années étaient derrière moi. 4 années à ne faire que ça. A me battre, à m’épuiser, à me relever, puis tomber de nouveau. 4 années à subir des traitements, tous plus lourds les uns que les autres. J’ai cru devenir folle.

Puis à Madrid

Mon gynéco m’a soutenue tout au long de ces mois de souffrance. Grâce à lui, j’ai pu me relever, retrouver espoir et repartir. Cette fois non pas à Barcelone, mais à Madrid.
Le personnel de cette clinique, et tout particulièrement une coordinatrice ont été incroyables avec moi. Je me suis sentie en famille, attendue, rassurée.

Le 22 juin 2014, un blastocyste m’a été transféré. Malgré tous mes espoirs, les traitements adaptés au millimètre, le résultat a encore une fois été négatif.

J’ai eu envie de tout plaquer. De laisser tomber tout ça. De me retrouver comme avant, libre, sans angoisses, sans désespoir. Sauf que ce n’était pas possible. Pas sans enfant.

Nous sommes donc partis en vacances avec un couple d’amis proches, dans une île paradisiaque. Mon esprit s’est déconnecté de la PMA, je ne sais pas par quel moyen… Je crois que c’était vital en fait. Un mécanisme de mon cerveau pour me protéger. Je garde un souvenir incroyable de ces vacances. Une vraie parenthèse enchantée.

Au retour de ces vacances, mon super gynéco me propose un angle nouveau. Il m’annonce : « Vu que les FIVDO n’ont rien donné, je pense que nous devons définitivement fermer le chapitre PMA avec tes ovocytes, avant de te faire repartir à Madrid pour le dernier blasto. La ponction blanche c’est une chose, mais ils ne t’ont pas proposé de retenter. Moi je te propose ça. Peut-être une FIV, peut-être une insémination, on verra en fonction de ta réponse à la stimulation. »

 

Retour en France

Alors me voilà repartie pour un énième tour de PMA… Avec cette fois une armée de médicaments, de l’hormone de croissance (pour améliorer la qualité des ovocytes), de la DHEA (encore une fois pour la qualité), des antioxydants… Je me piquais avec 3 différents produits tous les jours. C’était épuisant. Au bout de 13 jours de stimulation, il m’annonce que nous allons faire une FIV. Que la ponction aura lieu le mercredi suivant. Je tombe de ma chaise, ne m’attendant pas à pouvoir bénéficier d’une nouvelle chance d’être ponctionnée. Pas avec seulement 2 follicules… La clinique privée avec laquelle il travaille m’ayant blacklistée suite à ma ponction blanche, il va lui falloir me trouver une autre place en urgence dans un autre centre de PMA. Grâce à ses nombreux contacts, je suis finalement acceptée dans un établissement de Seine Saint Denis. Clinique incroyable d’humanité… Chacune des personnes que j’ai croisées là-bas m’a dit la même chose «  mais vous êtes jeune ! Ca va marcher ! »  Comment dire que moi, je n’y croyais plus du tout et que je faisais cette FIV « juste pour pouvoir faire le deuil de mes ovocytes » et confirmer que ma seule chance serait le don d’ovocytes…

Miracle à mon réveil. Sur les 2 follicules ponctionnés, ils avaient récupéré 2 ovocytes, d’excellente qualité.
Miracle 48h plus tard. Les 2 ovocytes se sont transformés en embryons de bonne qualité.
Miracle le lendemain. Les 2 embryons de bonne qualité me sont transférés.

Miracle 10 jours plus tard. Mon test de grossesse affiche une légère barre rose.
Miracle 11 jours plus tard. Mon test de grossesse affiches une barre rose sombre.
Miracle 12 jours plus tard. Ma prise de sang affiche un bhcg à plus de 200ui.

Je n’en reviens pas. D’ailleurs, 3 ans plus tard, je n’en reviens toujours pas.
J’ai donné naissance le 24 mai 2015 à deux magnifiques petits garçons. Deux petits garçons issus du mélange entre mon mari et moi. Tout ce dont j’avais rêvé pendant ces 5 années de bataille. C’est incroyable. Magique et surtout miraculeux.

C’est la fin de ce chapitre, le début d’un autre. La PMA reste et restera toujours présente dans mon esprit. Ça ne vous quitte jamais vraiment je crois…

 

 

4 Commentaires

  1. Hope

    Magnifique témoignage, très émouvant! Félicitations à ce couple qui s’est battu et mérite amplement ce bohneur! J’espère qu’il en sera de même pour mon homme et moi nous attaquons la troisième fiv.

    Réponse
  2. Mana

    Bonjour,
    Quel émouvant temoignage ! Il me redonne espoir et courage.
    Serait-ce possible de connaitre avec precision l’hormone de croissance et les anti-oxydants?
    Je suis aussi sous dhea et procrelia.
    Merci.
    Mana

    Réponse
    • Emylou

      Mana, as-tu eu la réponse sur précisions hormone de croissance et anti-oxydants ?

      Réponse
  3. Dal Magro Adina

    Oauuuu, quel parcours!!!
    Je suis pas loin dans la même situation sauf que je n’ai pas encore eu l’occasion de rencontrer LE docteur que se métrera en 4. J’ai toujours étais en privé et j’ai toujours suivi le même protocole a une seule exception. Sauf que maintenant j’ai 40 ans. Je n’arrive pas encore a me résoudre au Fiv do et personne ne comprend pas pour quoi.
    J’aimerais énormément avoir vos recommandations, vois me redonnez un brin d’espoir.
    Merci

    Réponse

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