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Le témoignage de Claire : une FIV pour un petit garçon

Notre désir d’enfant, bébé se fait attendre

Bonjour,

Je tenais à faire part de mon/notre (car c’est une vraie aventure à deux) parcours PMA qui a débuté en 2017…

En fait non, notre aventure a commencé à l’été 2015. Notre envie commune de fonder une famille (au-delà de notre chien zouzou  :)).

Sur le coup, les émotions se mélangent à la peur de l’inconnu et je me disais : « Ça peut arriver là, dès ce mois-ci, ça peut être super rapide ! »

Bon… au bout de 6 mois sans rien je me disais : « On est toujours en déplacement, on a pas dû être sur le bon timing pour le moment (oui oui, on se rassure comme on peut).  Puis au bout d’un an je me disais : « Incroyable toutes ces femmes qui tombent enceinte autour de moi, et nous ? Ah bah non, pas pour ce mois. »

Direction la PMA et sa batterie d’examens

Et puis, 1 an & demi après le début de notre projet « Famille » et une discussion avec une copine autour d’un verre, elle partage son aventure PMA pour avoir sa petite fille. C’est le déclic. Elle me conseille son médecin et ni une ni deux (va savoir pourquoi on a attendu si longtemps avant de consulter), le rdv est pris pour Juillet 2017 !

Je me souviens de ce 1er rdv, un peu bizarre d’aller voir un médecin pour fonder une famille, alors que ce projet est si personnel, si intime, si LUI & MOI, et là, on intègre une dame en blouse blanche dans notre lit ?!?! Oui oui, c’est presque ça.

Le médecin : « Monsieur, vous fumez ? vous faites du sport ? Houla pas bon le sport pour vos petites bourses, vous buvez ? Vous avez déjà des enfants ? »

Le chéri : « Non, Oui à haute dose (mince je croyais que c’était bon pour la santé), oui, non…. what else ?

Le médecin  bis : « Madame, vous fumez ? vous faites du sport ? vous buvez ?

Moi : « A travers toutes ces questions vous pouvez savoir si je suis fertile ? »

Après ce 1er rdv, s’en suit une batterie d’examens : prises de sang hors ovulation, mais aussi pendant, hysterobidule, salpingotruc, et le grâal : la coelioscopie fin 2017 (Outch… c’est vraiment, vraiment douloureux et je suis loin d’être douillette), des pics- pics (piqûres) dans le ventre sous anesthésie générale.

Heureusement chéri est là au réveil et même les copines 🙂

Côté chéri, tous les voyants sont au vert, mon super sportif est un warrior et ça tombe bien, parce qu’il faut l’être dans cette aventure !

On commence directement par les FIV

Après cette dernière opération, le chirurgien arrive dans la chambre et nous donne deux nouvelles, une bonne et une mauvaise.Je commence par la bonne « Madame, vous tomberez enceinte ! »  Waouhhhhhhhhhh, mon cœur fait boum, enfin une bonne nouvelle ! Et la moins bonne « Mais pas naturellement, on va passer directement en FIV ». Ben bizarrement, je l’ai vécu comme une bonne nouvelle aussi (mon côté positif surement), je vais tomber enceinte, c’est moi qui ai un problème et pas chéri (ça m’a beaucoup rassuré), et on va ENFIN pouvoir se lancer.

J’ai ressenti un certain soulagement après cette opération et cette annonce. J’avais fait une croix sur une grossesse naturelle et me rassurais en me disant que oui, la médecine allait m’aider à devenir maman, à devenir parents !

Nous avons tous les deux des métiers très prenants dans l’événementiel et avons donc laissé passer la grosse période des « opés » de la rentrée 2018 !

Tout cela nous amène en avril, je suis sereine, chéri aussi. Ma famille nous entoure, quelques amis sont au courant et ils se reconnaîtront, un soutien infaillible, sans jugement ni crainte, juste des mots doux, rassurants et des sourires pleins d’espoir !

Le protocole de FIV commence

Nous nous lançons dans notre 1ère FIV : moi qui prône le 100% naturel, me voilà face à une montagne de boîtes de toutes les couleurs, de seringues, de compléments alimentaires, de vitamines. Je relativise et me lance dans cet engrenage de piqûres chaque soir à 19h00, la 1ère sans chéri est un peu dure à vivre mais j’ai toujours une amie pas loin qui accourt pour me soutenir. Les suivantes sont plus simples, mécaniques, je me suis mise en mode « warrior » car oui, je l’aurai ma famille !

Puis les visites médicales s’enchainent pour suivre l’évolution de mes ovocytes, je lis beaucoup de choses sur les forums (pas bien de se sourcer sur internet…), des cas d’hyper stimulations, de fortes douleurs abdominales, d’ovocytes qui ne grossissent pas.

Mais pour moi, rien de tout ça, mon esprit est serein et je vois une sophrologue qui m’apprend à rééquilibrer mon corps et mon esprit. Chéri est là, à mes côtés, me soutient, me fait sourire, rire.

On prend cela avec légèreté même si c’est le projet le plus sérieux que l’on entreprend. Ça fait du bien de décompresser. Après une dizaine de jours de piqures, dernier rdv médical, tout est ok, 15 ovocytes, ils sont bien gros, on déclenche dans 48h.

C’est un dimanche soir, je me fais la dernière piqûre qui va déclencher l’ovulation. Dans 48h, on sera à l’hôpital, chéri et moi, pour la prochaine étape !

Le jour de la ponction arrive, on est deux couples dans la salle d’attente et je me surprends à penser : « Qui de nous deux tombera enceinte, elle, moi ? les deux ? », c’est égoïste mais foncièrement humain.

Chéri part de son côté et moi du mien, un peu dur de se séparer pour un acte si médicalisé.

Petite anesthésie générale, je me marre avec l’équipe médicale histoire de décompresser et on y va ! Je me réveille 30 minutes après comme une fleur et attends chéri qui a fait son job de son côté dans un espace trop aseptisé. On en rit car il n’y a plus que ça à faire !

On attend, encore et toujours

L’attente commence, la biologiste vient nous voir, 11 ovocytes prélevés, c’est top !

Maintenant, on les laisse bosser, et on mise sur nos poulains prélevés pour être au taquet et faire de beaux embryons !

Chaque matin de la semaine qui suit, mon cœur fait des bonds, j’attends patiemment l’appel de la biologiste qui me donne des nouvelles chaque jour : « Madame, vous avez 5 embryons, c’est super ! Maintenant nous allons suivre l’évolution ».

Et chaque matin, une bonne nouvelle, une bonne étoile, les 5 embryons tiennent le coup et se développent super bien (les larmes me montent à ce moment de la rédaction de ces mots, je commence à réaliser le parcours).

J+4, appel de la biologiste : « Libérez-vous demain, on programme le transfert d’un embryon, c’est le grand jour ».

Nous y sommes, mercredi 18 avril, date du transfert de notre embryon, le plus fort, le plus beau, le plus résistant. Je m’installe sur une table de gynécologie avec chéri à mes côtés dans une pièce/box de l’hôpital. Notre médecin nous rejoint et toque à une petite trappe, la trappe s’ouvre (non ce n’est pas un videur de boîte de nuit qui apparaît) et la biologiste remet au médecin une pipette contenant le « précieux » nommé Mme X; OUF, c’est le bon 🙂

Et hop, en 2 minutes c’est fait ! Maintenant, il faut reprendre le cours de notre vie quotidienne car une longue attente de 14 jours nous attend. Pas de conseils particuliers à part de ne pas trop cogiter (facile à dire).

Ah bon ?! Pas besoin de serrer les fesses, dormir la tête en bas, manger salé, arrêter le sport.Non, rien ! Prendre son mal en patience et s’occuper l’esprit.

De notre côté, nous vivons ces 14 jours assez sereinement, pas évident de ne pas y penser, j’ai arrêté le sport depuis le début de la FIV mais continue la sophro. Les jours passent, je les compte.

Le résultat et la grossesse

Puis le Jour J arrive.

Je ne sais pas trop si j’y crois ou non, je vais machinalement au laboratoire (ils me connaissent super bien depuis le début du processus en 2017).

Je fais ma prise de sang, « Résultats dans l’après-midi Madame » ! « Pardon ?! (Éternelle impatience quand tu nous tiens), ce n’est pas possible plus tôt ? », « On fait notre possible Madame j’ai compris votre impatience (petit sourire au coin) »

J’arrive au bureau, commence ma journée de travail mais sans travailler vraiment ; les questions fusent dans ma tête toute la matinée :

« Comment l’annoncer à chéri si je suis enceinte ? »

« Ou comment lui annoncer un échec ? »

« Voudra-t ’il encore de moi si malgré les essais je ne tombe pas enceinte ? »

« Si je fais une seconde FIV, devrais-je me repiquer chaque soir ? »

« Et la dame de la salle d’attente, elle en est au même stade que nous ? »

…..

4 Mai 2018 – 11h30 – Vous avez un email « Vos résultats sont en ligne » 

Mon cœur s’emballe, je me précipite sur ma boite mail, me connecte, déroule le bilan pour trouver ma réponse à 3 ans d’attente, 8 ans d’amour, et une montagne d’espoir… 207UI/l, grossesse 3 à 4 semaines.

Je reste coi devant mon écran, je regarde autour de moi, je sors, prends mon téléphone pour appeler le labo « Ca veut dire que je suis enceinte ? » « Oui Madame, vous êtes enceinte »

Je ne pleure pas mais mon corps entier frissonne, je pense à chéri, je pense à nous, à nos familles, à nos amis, à tous ceux qui étaient là chaque jour, à tous ceux qui vont exploser de joie.

Je ne réfléchis pas, quitte mon bureau (désolée les boss !) et file à toute allure rejoindre le bureau de mon homme.

Il sort, je lui souris, notre sésame en main, je n’oublierai jamais son sourire en retour, son émotion cachée mais que je sais déchiffrer : ON A RÉUSSI !

Nous, lapio & chéri, on y est, on a réussi notre challenge, on a gravi à nous deux notre Everest et la plus belle des aventures peut ENFIN commencer.

Le 21/01/2019, tu es arrivé, ILO, un prénom si simple, si singulier, si spécial.Un petit NOUS qui devient TOI !

Tu as maintenant 10 mois et un jour, tu lieras ces quelques lignes de témoignage d’amour, d’espoir et d’attente que nous, tes parents, avons vécu pour te donner la vie et créer NOTRE FAMILLE.

Conclusion

J’ai mis du temps à écrire et à livrer mon récit car c’est une histoire très personnelle, si intime, mais qui touche tellement de couples de nos jours. Alors j’ai décidé d’écrire pour donner de l’espoir, je n’ai pas le parcours le plus compliqué car n’ai pas connu l’échec d’une FIV, mais il est franc, sincère et rempli d’amour. Merci à toutes les personnes qui ont été présentes depuis le début, nos familles, nos amis, le corps médical, les gens de passage et MERCI A LA VIE !

Merci de nous avoir lu

Claire et Yanis

 

 

1 commentaire

  1. Cléo

    Ce témoignage me rappelle notre parcours une endometriose en plus. 1ere Fiv, un bébé miracle. Mais quand on veut le 2eme et que l’on vit échec sur échec…c’est vraiment plus dur à vivre. On se demande comment ça a pu marcher du 1er coup, on voit le temps qui passe et les chances de réussir qui diminuent…bref c’est dur !

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