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Le témoignage de Valéria : un bébé grace au DPI en Espagne

Quand on a loupé le coche

 « Les rencontres se font dans la jeunesse ! », m’avait-on dit. J’aurais dû y prêter plus attention. Effectivement, une fois dans la vie active, difficile de côtoyer des personnes célibataires et de notre âge. Je me suis retrouvée à passer mes semaines au travail et mes week-ends seule chez moi. Louper le coche de la jeunesse pour faire une rencontre se paye très cher…. Moralement, physiquement et financièrement. L’erreur peut même s’avérer, pour certains, irrattrapable et cela implique alors la conséquence dramatique de ne jamais pouvoir faire d’enfant.

Heureusement, cela n’a pas été mon cas et je suis aujourd’hui une maman comblée. Mais à l’époque, la menace de ne jamais pouvoir faire d’enfant était très présente et cela me glaçait d’effroi. J’étais fille unique et mes parents avaient passé toutes leurs existences à me faire découvrir toutes les merveilles de ce monde. Je ne pouvais supporter l’idée de ne pouvoir transmettre à mon tour tout ce que j’avais reçu. J’étais également effarée par ce qui m’attendrait dans cette éventualité : accompagner mes parents vieillissant jusqu’à leurs décès puis passer le reste de ma vie à vieillir moi-même sans aucune famille. Je découvrais qu’il y a des vies qu’on n’a pas envie de vivre et qu’on est parfois condamné à vivre quand même.

Gérer son mental

Face à cette perspective effrayante et à mon horloge biologique qui s’emballait, j’ai tout tenté. Certains hommes en profitaient, sentant que j’étais prête à tout pour sortir de ma situation. J’attirais les pervers narcissiques comme des aimants. Mon médecin généraliste de l’époque avait même dû me rappeler les dangers que peuvent représenter certains rapports sexuels pour ma santé et m’avait aidé à fixer des limites à ma quête d’enfant : celle du respect de moi-même.

Outre les risques que j’avais pris pour ma santé physique, ma santé mentale s’était profondément détériorée. Je commettais l’erreur de n’avoir qu’une seule idée fixe du soir au matin de façon obsessionnelle, celle de tout faire pour avoir un enfant. Je sais aujourd’hui que le manque de variété dans nos pensées quotidiennes est le plus sûr moyen de plonger dans une grande et grave dépression. Variez toujours vos pensées, c’est LE secret pour tenir debout.

Rester méfiant

La suite vous la devinez sûrement. La solution « PMA » m’est apparue. J’ai commencé le parcours à 33 ans, contre l’avis des gynécologues français qui prétendaient honteusement qu’il n’y avait pas d’urgence. Et j’ai accouché de mon bébé à 37 ans.

Entre les deux, j’ai pris une trentaine de fois l’avion, y compris en pleine épidémie de COVID, quand les frontières étaient fermées et certaines interventions déprogrammées malgré le démarrage des piqûres.  Et j’ai dépensé environ 35 000 euros.

 J’ai ainsi subi :

 –  3 inséminations sans stimulation et 1 FIV sans ICSI

–   1 FIV avec ICSI avec stimulation au GONAL-F, en commençant le Decapeptyl avant le début du cycle. Ça a donné environ 6 embryons

–  1 grossesse de plusieurs mois qui a fini en accouchement d’urgence durant le deuxième trimestre, car l’embryon implanté n’avait pas été testé par les médecins. Scandale sanitaire largement décrié actuellement pas le collectif BAMP…
Ne pouvant plus tester les autres embryons, j’ai décidé de les détruire.
Je précise que lorsque ma grossesse a mal tourné, les gynécologues m’ont reproché d’aller demander un contre-avis à leurs confrères, m’accusant de « voler » la place d’autres patientes. Et les infirmières des urgences m’ont répondu de m’orienter vers le service des appendicites….

– Enfin, 1 FIV ICSI en Espagne avec cette fois-ci un DPI (dépistage des embryons). Il s’est avéré que c’est bien le DPI qui nous a sauvés car sur les 6 embryons, seul 1 était viable. Il aurait été inutile, voire dangereux d’implanter les autres. A mon grand bonheur, l’unique embryon viable s’est accroché, et nous avons la chance aujourd’hui d’avoir donné vie à un enfant merveilleux.

Affronter les clichés

Je dis « nous » car à mes yeux nous sommes bien un homme et une femme qui ont eu le projet de faire un enfant ensemble. Et cela est très important pour moi. Je ne me reconnais pas du tout dans les clichés dans lesquels les gens essayent de m’enfermer aujourd’hui. Non, je n’ai pas « fait un bébé toute seule ». J’ai simplement eu la chance qu’on me mette en relation avec un homme qui avait la même envie que moi et avec qui nous avons fait un enfant merveilleux.

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