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PMA : Témoignage de Pascaline : une princesse après 6 ans d’attente

Revenons un peu sur notre histoire… une histoire un peu trop longue, mais une histoire qui finit bien ! Allez jusqu’au bout !

Commençons par les points durs du parcours :

  • l’incompréhension. Beaucoup de gens n’ont pas compris notre histoire, et certains nous ont laissé tomber, j’avais besoin de me sentir entourée mais certaines personnes n’ont pas la capacité à gérer des situations difficiles et préfère fuir lâchement. Je pensais bien faire en évoquant cette difficulté auprès de proches, parce que je leur faisais confiance mais je m’étais trompée sur certains. On reconnait ses amis quand on est dans la difficulté !
  • la colère : ce n’est pas juste, on s’aime, on a tout à offrir à un enfant qui aura une belle vie, et à coté de nous, les « bébés accidents » au secours je ne peux pas entendre ça, ça me rend malade, et puis ceux qui ont des enfants dont ils ne s’occupent jamais…
  • le désir permanent d’enfant, tout nous donne envie, les magasins, les femmes enceintes que l’on croise, on ne voit plus que ça, alors qu’avant on ne faisait pas tellement attention, pendant un temps j’ai eu du mal à sortir, chaque annonce de grossesse était une épreuve et pourtant j’étais heureuse pour elles, et tellement triste pour moi.
  • La sexualité : après des hauts et des bas, nos câlins ne feront pas de bébés, c’est dur pour moi, et j’ai une période de vide, je pleure à chaque fois, pourtant on s’aime. Et puis on finit par voir les choses différemment et le plaisir revient.
  • Un bébé en « kit » : protocoles, piqures, médicaments, piqures encore, on en rigole aujourd’hui, d’avoir fait ça à trois ! on remercie le professeur pour sa participation !

Allez je vous raconte notre parcours :

Après 4 ans de vie commune nous nous marions quel bonheur ! Nous décidons dans le même temps de faire construire une maison et de fonder une famille… une vie toute simple et des projets qui semblent tellement facile pour tant de gens.

Voilà, c’était sans compter sur un problème de thyroïde pour lequel j’ai eu deux ans de traitement, incompatible avec une grossesse… le début des phrases qui rendent dingues “c’est pas grave, deux ans dans une vie c’est rien”. Pour moi c’est grave, j’ai ce désir d’enfant. Nous attendons… on s’occupe, on fait les travaux dans la maison.

Et puis enfin la thyroïde est stabilisée alors on essaie, un an… rien. En même temps j’ai un SOPK je le sais depuis mon adolescence, température tous les jours, rdv gynéco mais elle ne veut pas me faire faire de bilan, elle s’en fiche de tout ça… on a le temps il paraît… on est jeune… euh si je compte bien on est déjà à 3 ans de perdu !!

La gynéco me dit que c’est à cause de mon poids, j’ai 10 kg à perdre selon la diététicienne, hyper motivée j’en perds 17 en quelques mois… ça ne change rien.

Le temps passe et ma tristesse devient de plus en plus présente. Je sais qu’il y a un souci mais je n’ai personne pour m’aider… je change 3 fois en un an de médecin traitant, le “ah c’est pas grave, il faut attendre essayer encore” Tous les jours c’est un peu plus dur, les réflexions des proches, au boulot, partout en fait… « ah vous n’avez pas d’enfant vous attendez quoi ??”J’encaisse, mais je souffre en silence.

La tristesse devient constante, tout me renvoie à cet enfant qui n’est pas là.

Je ne supporte plus de voir la maison vide, j’ai fermé la chambre qui attend notre enfant. Et non je ne vais pas faire un bureau, une chambre d’ami, une salle de sport, non non et non…

Et puis un jour c’est la phrase de trop au boulot… je pars la boule au ventre les larmes aux yeux et je craque moralement c’est fini pour moi. Le fond du trou, la dépression.

Et puis je prends un RDV en PMA, mais il faut un courrier… c’est une copine qui me prend rdv avec son généraliste à qui elle a déjà parlé. Et la enfin on avance, le premier rdv en PMA le 30 décembre 2014. S’enchainent ensuite les examens, pas très sympa ni pour l’un ni pour l’autre, on patiente, on en fait d’autres…c’est long… mais les délais ne sont pas négociables !

26 mars 2015, le rdv le plus dur, tout ce qu’on ne voulait pas entendre, je consulte pour une stimulation ovarienne, je ressors avec une FIV, mon mari a des anticorps anti spermatozoïdes et avec un SOPK pour moi. On est à 0 % de chance pour une grossesse naturelle. Je suis dévastée.

Mais on a nos chances selon le professeur, alors on se lance.

Première FIV mai 2015, ponction en juin, résultat négatif en juillet. Juste un terrible moment, ce négatif nous fait douter de tout. Pourtant on le sait qu’il y a 30% de réussite et donc 70 d’échec… mais on n’a pas fait tout ça pour rater. Et puis je culpabilise, est ce que j’aurais faire plus attention…

En septembre transfert d’un embryon congelé, il s’accroche le premier test de grossesse est positif, et le deuxième…non. Encore plus difficile à encaisser. Et il faut tout recommencer…

On repart fin octobre dans un protocole pour une ponction en décembre, même si ça fait 15 jours que je suis épuisée et en arrêt, la ponction se passe bien, 22 ovocytes, 5 tiennent jusqu’à J5. 3 sont congelés et deux prévus pour le transfert. Le lendemain de la ponction je me sens de plus en plus mal. Je fais des malaises tellement j’ai mal au ventre, et puis je gonfle… je finis aux urgences et je ne repars pas je suis en hyperstimulation, 10 jours de perfusion… malgré tout on fait le transfert. J’ai passé les neuf semaines qui ont suivi couchée, incapable de me lever toute seule,…

Mais voilà j’ai une bonne raison de tenir le coup, le moral est là !!! mon cadeau de Noël 2015, c’est une prise de sang positive. Non en fait une dizaine, tellement je n’y croyais pas je l’ai faite plusieurs fois !!

Nous avons ensuite choisi un suivi de grossesse en privé avec rdv et écho tous les mois, c’est important pour moi, ça me rassure, on suit l’évolution du bébé et on espère mener cette grossesse au terme. Nouveaux doutes, serais je devenue parano ? On profite des séances de préparation à l’accouchement pour faire de la relaxation en couple, en fait, tous les moments qu’on peut partager ensemble autour de ce bébé.

Une princesse est née fin août 2016, après 6 ans d’attente, elle est belle, en pleine forme, curieuse, coquine et nous rend fous de bonheur.

Nous avons fait une fête merveilleuse pour son premier anniversaire, pour marquer son arrivée dans notre vie avec ceux qui ont toujours été là pour nous.

Voilà notre histoire, qui finit bien, malgré les peines, la douleur, les doutes, la joie et l’amour ont repris leur place dans notre vie.

Mes conseils :

Prenez du temps à deux et faites tout ce que vous ne pourrez plus faire avec un bébé !

Faites-vous aider, un ami, une personne de la famille, un psy, il n’y a pas de honte à souffrir d’un tel parcours. Mettre de mots permet de se libérer un peu.

Trouvez une activité qui vous détend ! Faites ce qui est bon pour vous, la vie continue malgré tout, profitez de chaque instant.

Ne perdez jamais l’espoir, si vous avez de l’amour à donner à un enfant d’une manière ou d’une autre vous le ferez.

 

 

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