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Le moment le plus marquant de leur FIV : 12 femmes témoignent

Voici le témoignage de 12 femmes qui sont passées par la FIV et qui révèlent ce qu’elles ont ressenti le plus intensément pendant le protocole.

1 « Aucune étape du protocole ne fait mal »

« Pour moi, la FIV n’était rien de plus qu’une étape dans le processus, quelque chose que nous devions faire pour concevoir. J’aurais pu être en colère ou inquiète, mais j’ai entendu dire que penser positivement pouvait aider. Après cette expérience, je peux dire que la FIV m’a permis d’être mieux en lien avec mon corps. Franchement, qui a déjà vu ses ovaires, ses ovules et ses embryons de si près ? Je me souviens avoir été fascinée par le processus de fécondation. Aucune des étapes de ce processus ne fait mal… J’ai regardé la FIV comme une étape scientifique au sein d’un processus très scientifique. Le transfert de l’embryon a été très spécial : je voyais la vie entrer à l’intérieur de mon corps. » – Stéphanie, 44 ans.

2 « Je devais gérer différentes émotions comme l’angoisse, la tristesse et la frustration »

« La FIV a été l’une des expériences les plus épuisantes physiquement pour mon corps. Je me sentais tout le temps comme une pelote d’épingles qui cherche où elle va pouvoir se faire la prochaine injection. On ne vous prévient jamais qu’en réalité, vous allez manquer d’espace pour planter l’aiguille. Mon corps palpitait et se crispait face aux médicaments. Je devais gérer différentes émotions comme l’angoisse, la tristesse et la frustration, à cause des hormones que je faisais prendre à mon corps toute la journée. Mais je ne reviendrais pas en arrière pour tout l’or du monde, car cela m’a conduite où je suis aujourd’hui, avec deux magnifiques bébés. » – Marion, 32 ans.

3 « Tout se résume à un coup de téléphone »

« Vous passez votre temps à penser à la prochaine injection dans les fesses. Vous vous tortillez en essayant de trouver la bonne position pour laisser la place à la gigantesque aiguille. Vous vous retrouvez dans une étrange position sexuelle, mais cette fois vous attendez que votre mari vous plante joyeusement une longue aiguille graduée pleine de progestérone dans le popotin. Puis tout se résume au coup de téléphone que vous attendez de votre médecin : un oui, c’est positif, ou un non, c’est négatif. Je dirais que c’est la même chose quand on attend que notre flirt du lycée nous appelle : soit il va vous demander de l’accompagner au bal de promo, soit il va vous larguer. Ca peut être le jour le plus heureux de votre vie comme votre monde peut s’effondrer autour de vous. [Note : après consultation d’un médecin, il apparaît que les injections dans le fessier appartiennent à une technique révolue. Aujourd’hui, on pique plus couramment dans le bas-ventre.] – Béatrice, 42 ans.

4 « Vous n’avez aucun contrôle sur ce que l’avenir vous réserve. Pour moi, c’était terrifiant. »

« Le pire, c’est l’isolement. Autour de vous, tout le monde pense que ce n’est vraiment pas grand-chose parce que c’est quelque chose de banal. Vous entendez des avis inutiles de toutes parts, principalement des femmes qui ont pu concevoir facilement. Pendant ce temps, vous vous poignardez à coups d’aiguille chaque jour, les hormones se déchaînent, vous vous attachez émotionnellement à l’idée-même d’être enceinte, et vous n’avez aucun contrôle, aucun, sur ce que l’avenir vous réserve. Pour moi, c’était terrifiant. » – Caroline, 45 ans.

5 « J’accepterais sans hésiter de tout recommencer pour avoir mon fils »

« On vous avertit qu’à être gavée d’hormones, vous ne vous reconnaîtrez plus, mais je n’y étais quand même pas préparée ! Je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer ! Je me suis littéralement mise à fondre en larmes à la salle de sport parce qu’un bébé était entré pendant que j’étais sur le tapis de course. Je veux dire, à pleurer salement, avec le nez qui coule et tout. Mais en fin de compte, ça en vaut vraiment la peine. J’accepterais sans hésiter de tout recommencer pour avoir mon fils, Robin. » – Magali, 39 ans.

6 « La FIV a été plutôt tranquille pour moi »

« Bien que je ne craigne pas spécialement les piqûres, devoir me piquer moi-même tous les jours n’était pas marrant. J’ai demandé à mon mari de faire les premières injections en attendant d’avoir le courage de les faire moi-même. L’une des parties du protocole qui m’a été le plus pénible et qui m’a dégoûtée a été de me tartiner quotidiennement le vagin de progestérone en gel pour me préparer au processus de transfert de l’embryon… Le gel laisse un résidu visqueux qui bouche l’intérieur ! Dans l’ensemble, la FIV a été plutôt tranquille pour moi : je n’ai pas souffert de mauvais effets secondaires et j’ai été couronnée de succès avec une grossesse dès mon premier essai. » – Emilie, 38 ans.

7 « Pour moi, ça n’a pas été dur physiquement. Mais ça a été une torture mentale. »

« Pour moi, ça n’a pas été dur physiquement. Mais ça a été une torture mentale. C’est comme participer en secret à une course dont on ne voit pas la fin tout en continuant de mener une vie normale, et où la ligne d’arrivée consiste à porter un bébé. Ca peut être un 5 kilomètres (ma première expérience), ou un ultra-marathon où vous vous écrasez la tête la première, réalisez que vous ne vous ne pouvez pas voir la ligne d’arrivée et devez vous relever, arrêter de pleurer, et continuer de courir (ma deuxième expérience). Et pendant que vous endurez tout ça, il y a toujours quelqu’un pour vous demander innocemment quand vous aurez un enfant, ou une femme qui se plaint joyeusement qu’elle tombe enceinte au seul regard de son mari. C’est dur. » Kelly, 43 ans.

8 « La dernière étape du transfert embryonnaire a été la plus difficile »

« Pour moi, passer par une FIV était comme aller à Vegas : on dépasse le budget, on est excitée et on a peur. Lançons les dés et voyons ce qui se passe ! On a peur de ce : « Et si ça ne marche pas, on fait quoi ? » et de dépenser autant d’argent. Puis on est excitée à l’idée que ses prières pourraient finalement être exaucées. Les étapes de la FIV peuvent être mentalement et émotionnellement exigeantes. Vous ne pouvez passer au stade suivant du processus que si le précédent a été un succès. La dernière étape de l’implantation embryonnaire a été la plus difficile. Vous priez pour que ça prenne et que ça marche. Lors de la seconde tentative de FIV, nous sommes arrivés pour la TEC… et aucun embryon n’avait survécu à la décongélation. Ca a été terrible. Tous ces efforts depuis des mois, pour rien. Nous devions tout recommencer depuis le début, je suis très reconnaissante que ça ait marché. » Sylvie, 43 ans.

9 « Tout ce dont je me souviens est la douleur de l’échec »

« Quand on me demande de parler de la FIV, tout ce dont je me souviens est la douleur de l’échec. Vos espoirs ont atteint des sommets complètement irréalistes et vous commencez à vous organiser pour le futur. On m’avait implanté deux embryons et je m’attendais à des jumeaux. J’espérais aussi avoir des embryons congelés, mais je n’avais pas assez d’ovules. En fin de compte, l’implantation a échoué… Cette nouvelle m’a tellement déprimée que je n’ai pas renouvelé l’expérience (le médecin recommandait cinq essais). En fin de compte nous avons abandonné, et je suis tombée enceinte accidentellement ! » – Jannie, 32 ans.

10 « C’était comme le syndrome prémenstruel, puissance 100 »

« Je ne pense pas que quoi que ce soit puisse vous préparer aux sensations physiques et aux émotions éprouvées lors d’une FIV. Côté émotionnel, c’était comme le syndrome prémenstruel, puissance 100. J’ai fait les montagnes russes des émotions. Je pleurais une minute pour rire la seconde suivante. Physiquement, je me sentais littéralement enceinte et j’avais aussi l’air de l’être. Les hormones et les injections ont fait gonfler mon ventre comme si j’étais enceinte d’environ 4 mois. En fait, quelqu’un m’a demandé quand était prévu mon terme… c’était marrant ! Et l’épuisement. J’avais deux jeunes enfants à la maison et je travaillais. C’était le genre de degré d’épuisement où vous devez vous allonger pour ne pas mourir. » – Alicia, 41 ans.

11 « J’ai perdu tout sens de la pudeur et me suis sentie comme un rat de laboratoire »

« Avoir recours à une FIV, c’est se dénuder complètement, avancer seule sur le tapis rouge d’un grand événement et crier : « Je ne peux pas avoir d’enfant ! » Je me souviens avoir passé des mois les jambes dans les étriers, avec mon mari qui me piquait quotidiennement au bas-ventre, et les médecins qui inséraient ou retiraient des choses de mon utérus tout en essayant de me mettre aussi « à l’aise » que possible. J’ai perdu tout sens de la pudeur et me suis sentie comme un rat de laboratoire. Mais pour moi, le plus dur à supporter au cours du processus de FIV a été le silence. Je viens de l’est de l’Inde, et dans ma culture, les femmes décentes ne parlent pas de ces choses. C’est un sujet embarrassant, personnel et honteux qu’on ne partage pas avec les autres. C’est pour cette raison que je raconte à tout le monde par quoi je suis passée : pour que personne ne se sente seul. » – Soraya, 40 ans.

12 « Vous travaillez pendant un ou plusieurs mois pour être prête, puis vous ne contrôlez plus rien »

« Le moment qui m’a le plus touchée a été le jour du transfert. C’était de loin l’étape la plus facile de tout le processus, mais c’était le jour où je pouvais potentiellement tomber enceinte. Vous travaillez pendant un ou plusieurs mois pour être prête, puis vous ne contrôlez plus rien : votre corps prend les commandes. Dire que j’étais à bout de nerfs est l’euphémisme de l’année. J’ai fait les cent pas toute la matinée ! Puis nous avons roulé pendant une heure jusqu’à l’hôpital où nous nous sommes juste assis et avons attendu. Il n’y avait pas d’anesthésie, pas d’aiguille. C’était une étape tellement facile mais tellement importante du processus. Dix jours plus tard, j’apprenais que j’allais être maman. » – Audrey, 38 ans.

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