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Témoignage de Linda : 4 ans de parcours et un bébé après la 1ère FIV

J’ai rencontré mon mari à l’âge de 17 ans et très tôt j’ai ressenti le besoin d’être mère jeune. Malheureusement tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait ! Je me voyais avec 3 enfants avant 30 ans et accoucher de mon 1er enfant à 31 ans.

Mais reprenons notre histoire depuis le début :

En 2009 au bout de 8 ans de vie commune et comme je jouais déjà à la maman avec ma belle-fille de 9 ans, nous avons décidé de nous y mettre sérieusement et j’ai arrêté ma pilule. On était loin d’imaginer dans quoi on s’embarquait.

On a laissé passer 2 ans avant de s’inquiéter et puis comme je n’avais jamais eu mes règles de façon régulière on s’est dit qu’il devait y avoir un lien. Rdv pris avec ma gynécologue qui me prescrit un bilan hormonal et une échographie. Verdict : ovaires polykystiques (en gros ce sont pleins de microkystes qui empêchent mes ovaires de fonctionner normalement) mais d’après elle rien d’inquiétant, plein de femmes tombent enceinte naturellement avec des opk ! D’accord madame !

On part pour 6 mois de simulation sous Duphaston et Clomid. Inutile de vous dire que ces 6 mois n’ont rien donné …

On approche 2012, mais elle nous trouve jeunes (28 ans pour moi 35 ans pour mon mari). Donc on repart pour 3 mois de stimulation mais cette excuse de l’âge m’insupportait du coup j’ai fait un peu de forcing pour qu’elle nous envoie à l’hôpital en PMA.

On est persuadé que ça va aller vite mais on va vite déchanter !

1er rdv avec le gynécologue PMA : questions, et prescription de batterie d’examens : Echographie pelvienne pour confirmer et reconfirmer le syndrome OPK ! Hystérosalpingographie (rien que le nom fait flipper) pour vérifier que les trompes ne sont pas bouchées et de ce côté-là tout va bien. Faut bien qu’il y ait quelque chose qui aille ! Vient ensuite le test de Hüner qui sert à vérifier la compatibilité des spermatozoïdes de mon mari avec mes ovocytes !

Concrètement il faut avoir un rapport sexuel sur commande aux alentours de 23h30 minuit et être à 7h30 au centre PMA le lendemain pour un recueil… Autant vous dire que niveau spontanéité on a vu mieux ! Résultat me voilà en pleurs téléphonant au centre PMA pour leur expliquer que nous n’avions pas réussi à avoir un rapport sur commande ! La personne très agréable m’a rassuré en me disant que nous n’étions pas les premiers et qu’on allait se détendre et reprogrammer un rdv. La deuxième fois ça s’est bien passé et le test de Hüner était bon et n’a pas montré d’incompatibilité.

Du côté de mon mari, rdv chez l’andrologue pour un bilan complet : spermogramme et questions en tout genre ! C’est là que nous avons appris l’importance de porter des caleçons à la place des slips et que nous avons compris que PMA et intimité n’était pas très compatible !

Je m’explique quand même : le fait d’avoir les testicules compressés dans un slip n’est pas bon pour la fertilité ! Je ne vous dis pas la tête qu’on a fait quand le toubib a demandé à mon mari ce qu’il portait comme sous vêtement et qu’il lui a conseillé de les laisser à l’air libre le plus souvent possible !

Donc après plus d’un an et demi de rdv et d’examens le verdict tombe : oligo astheno spermie! 2eme nom flippant. En clair comprendre : très peu de spermatozoïdes mais le point positif est que ceux qui sont là « pètent le feu » !

Et là le verdict tombe et c’est un gros coup de massue pour notre couple : monsieur madame si vous voulez un enfant il va falloir avoir recours à une FIV.

Jusque-là nous étions convaincus que le problème venait de moi et même si je culpabilisais de ne pas pouvoir faire un enfant « normalement » j’arrivais tant bien que mal à gérer cette culpabilité. Mais à l’annonce de ce diagnostic c’est l’effondrement pour mon mari qui n’assume pas du tout d’être le « responsable » de nos échecs…

Nous décidons de prendre le temps de réfléchir et d’encaisser cette nouvelle et ne nous sentant pas prêts à avoir un enfant par FIV et non pas comme tout le monde, on a fini par décider de faire une pause dans les essais et surtout c’était une façon de continuer à espérer que ça fonctionne sans aide.

En fait c’était surtout le temps pour nous d’accepter l’idée de passer par une FIV pour avoir une famille à nous. Au bout d’un an c’est mon mari qui a voulu reprendre le chemin de la PMA, moi je n’osais plus en parler tellement j’avais peur de raviver la blessure (amour propre).

Et là tout s’est enchaîné, nous avons refait un bilan hormonal obligatoire et les sérologies, nous avons pris RDV avec la psy et est arrivé le rdv avec le biologiste qui nous a donné le protocole.

Nous sommes début janvier 2015 vous imaginez que mon arrêt pilule date de 2009. Et le 1er rdv gygy date de 2011. 4ans d’examens médicaux et de cheminement personnel pour arriver au 1er jour de la stimulation par piqûre !

Pour les piqûres, on avait décidé de faire appel à une infirmière (bien trop peur de faire une erreur) La 1ère piqûre se passe, l’infirmière nous met dans l’ambiance de suite : »ah c’est la 1ère tentative, ne vous inquiétez pas vous verrez au bout de la 3ème vous aurez l’habitude… » ah OK donc déjà on sait que ça va pas marcher que c’est un coup pour rien ! Merci madame pour votre positive attitude !!

Le deuxième jour c’est le fiasco total ! Les piqûres sont censées être faites tous les jours à la même heure avec une marge d’erreur de 30min max. Et l’infirmière n’arrivait pas, mon mari l’appelle, pas de réponse et là c’est la crise d’hystérie pour moi, je pête littéralement un câble et heureusement mon mari a pris les choses en main, ne m’a pas laissé le choix et a fait la piqûre lui-même et vous savez quoi ?! Mieux que l’infirmière ! Je ne vous dis pas comment je l’ai pourrie quand elle a fini par rappeler !!

Au final c’est mon mari qui m’a fait les piqûres et c’était un chouette moment tous les deux. Puis on a commencé les visites de contrôle tous les jours à l’hôpital pour une prise de sang et contrôle pour échographie de l’évolution de la situation. Mais bien sûr avec moi rien n’est simple on s’ennuierait !  Aucun follicule ne se démarquait des autres mais en même temps ils ne pouvaient pas trop envoyer de dose car on risquait l’hyperstimulation (de un c’est grave et de deux on aurait tout arrêté…)

Résultat : 32 jours de piqûres.

Mardi 10 Mars 2015 : Jour tant attendu de la ponction d’ovocytes. Résultat : 3 ovocytes péniblement obtenus dans la douleur et avec un très vague espoir d’être rappelé pour un transfert le jeudi.

Jeudi 12 Mars 2015 : 8h Appel de l’infirmière. Nous étions persuadés qu’elle allait nous dire que ça n’avait rien donné et qu’il fallait recommencer. Et là c’est la surprise : « Nous vous attendons au centre PMA à 11h »
Fin de la discussion et ne demandez pas de détail ! Aussitôt les questions fusent dans nos têtes : combien y’en a ? Quel score ? Non il nous ferait pas venir pour rien ? etc. etc .. !!

11h : C’est le jour J, le biologiste nous dit que c’est très rare d’avoir ce résultat avec seulement 3 ovocytes mais que les 3 ont été fécondés et nous avons 3 embryons dont un de score 4 (le max) et deux de score 3.

On en transfère un et on congèle les autres.

Et c’est parti pour 15 jours d’attente interminables avant de pouvoir faire le fameux test de grossesse et là c’est le PLUS BEAU JOUR DE NOTRE VIE !!! 465 UI, je ne sais pas ce que ça veut dire exactement mais je sais que c’est bon ! j’ai tellement l’habitude du <5UI = non enceinte que je sais que là c’est bien !!

De là j’appelle le centre pour leur donner le résultat et l’infirmière nous félicite mais moi je n’ose pas y croire, je ne réalise pas ce que cela veut dire vraiment !

16 Avril 2015 : 1ère échographie avec battement du cœur et là on réalise qu’on y est, que c’est pour de vrai ! Nous aussi on a réussi et du 1er coup en plus c’est juste incroyable, même le personnel de l’hôpital nous dit que c’est seulement 25% de couples qui réussissent à la première tentative.

Je vais essayer de conclure ce témoignage quand même : en résumé c’était mal barré rien ne fonctionnait comme on aurait voulu au départ et pourtant nous avons eu un magnifique petit garçon à la première tentative avec une grossesse qui s’est merveilleusement bien passé.

Nous avions décidé que je ne reprendrai pas de contraceptif après la naissance de notre fils et qu’on verrait bien. Mais nous n’avons rien vu venir ! Là nous venons de reprendre le chemin de la PMA pour un donner un petit frère ou une petite sœur à Théo et à Léa et nous croisons fortement les doigts !

Nous sommes au tout début du protocole je vais mettre des patchs pendant 3 semaines pour un transfert d’embryon congelé d’ici mi-juin affaire à suivre … !!!!!!

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