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Témoignage de Juliette : un bébé après 6 ans de PMA et un agrément d’adoption

Je souhaite partager mon expérience car les forums m’ont beaucoup aidé à garder espoir. Et je n’ai trouvé que peu de récits sur des parcours longs qui se terminaient positivement.

Le début du parcours et la découverte d’un problème d’endomètre

Mon parcours en PMA a commencé il y a 6 ans. Une endométriose déclarée mais à priori pas sur les ovaires et donc pas la cause de mes échecs pour tomber enceinte naturellement.Tous les tests étaient positifs pour mon mari comme pour moi. J’avais alors 32 ans.

Nous avions planifié la première FIV en décembre 2011. Juste avant de commencer le traitement, mes règles ont du retard. Je suis enceinte : je n’en reviens pas. Mais le lendemain de noël, je perds du sang et la fausse couche est confirmée à 6 semaines de grossesse le 31/12. Je fais plusieurs analyses à l’issue de cet échec car nous avions découvert lors de la fausse couche un endomètre étonnamment fin.

Ma gynécologue m’envoie rencontrer la spécialiste de la réceptivité utérine aux Bluets. Après un test matrice Lab (assez couteux) et plusieurs suivis sur cycle à blanc de la taille de mon endomètre, le verdict tombe : un endomètre trop fin ne dépassant jamais même sous traitement (j’ai tout essayé) les 5 mm, doublé d’une cytotoxicité (cellules nk natural killeuses, qui rejettent l’embryon) empêchant la nidation.

S’ensuivent plusieurs mois de traitement et de tentatives de FIV sans effet sur mon endomètre. A chaque tentative je reçois une perfusion d’intralipides pour la cytotoxicité avant le transfert.

Le début des FIV en résumé

FIV1 en octobre 2012 : 9 ovocytes recueillis, 4 congelés, 1 transféré. Echec.
Tentative TEC 1, jan 2013 : stop car endomètre trop fin (retombé à 3,2 mm), sous synarel, viveldot, utrogestan, estreva, cortancyl
Tentative TEC 1, mai 2013 : stop car endomètre trop fin (retombé à 3,9 mm) sous provames, progestan, synarel, aspegic
TEC 1, juillet 2013 : endomètre 4,7 mm, on transfère 2 embryons, échec
TEC2, décembre 2013 : endomètre 6mm, on transfère 1 embryon ( le dernier n’a pas résisté à la décongélation), échec

FIV2, mars 2013 : 7 ovocytes recueillis, 5 fécondés, transfert de 2 brybry, endo 5,8mm, prise de sang ++ 30 UI, je suis trop heureuse, mais 2 jours après pas de progression, grossesse arrêtée. En plus aucun brybry congelé

Une pause mariage et une troisième FIV

On décide de faire une pause. La dernière déception a été trop dure à vivre. On commence à réfléchir au plan B : l’adoption. Lorsqu’on commence à se renseigner, on réalise que cela prendra du temps et en plus on n’est pas mariés. Un autre parcours du combattant nous attend. Il faut plus de 5 ans pour que les démarches aboutissent.

On décide de se marier, l’été 2014, c’est chose faite. Pas prévu initialement, ce projet nous a énormément rapproché, et ce fut un mariage magnifique.Quelques mois plus tard, revigorés, On y retourne.

FIV 3, octobre 2014 : 7 brybry recueillis, 7 fécondés, endomètre 5,4 mm, transfert de 2 brybry, échec.

 

Nous postulons pour l’adoption

Pause : nous nous concentrons sur notre projet d’adoption. Plus certaine de vouloir faire cette dernière FIV à laquelle j’ai droit. Trop de traitements, trop de temps passé chez les médecins, à courir dans tout paris, m’arranger avec mon boulot, me faire arrêter, des absences de plus en plus difficiles à justifier. Et surtout ces déceptions insupportables.
La démarche d’adoption pour obtenir l’agrément prend 9 mois, avec des enquêtes psychologiques et des entretiens avec assistantes sociales. Plus de 6 rendez-vous qui nous ont permis de murir notre projet, comprendre les différences entre la parentalité adoptive et la parentalité naturelle, et les besoins spécifiques de ces enfants. Un vrai cheminement s’opère. Je me projette, j’abandonne l’idée du tout petit. Nous demandons un agrément pour un ou deux enfants de 0 à 5 ans.
Les entretiens se passent bien et se terminent en Mars.

Mais tentons notre dernière chance après avoir reçu notre agrément

Finalement nous décidons de tenter un nouveau transfert, les entretiens étant terminés, nous n’aurons pas à mentir. Mais l’espoir est toujours là et nous savons que l’un ou l’autre des projets ont aussi peu de chances d’aboutir. Il faut donc tout tenter.

Tec 1 FIV 3, mars 2015 : 1 seul embryon survit à la décongélation. Echec.

Et voilà : nous arrivons à la fin de notre parcours. L’espoir m’a quittée. Je me projette dans l’adoption, lis plein de livres, rencontre des mamans qui ont vécu cette magnifique aventure, participe à des cafés adoptions…
Début de l’été, nous recevons le précieux sésame. Notre agrément !!! Nous avons le droit de devenir parent. L’agrément nous permet de postuler, ce n’est pas un « droit » à un enfant. Il faut encore convaincre les associations (oaa), espérer, avoir la chance d’être acceptés sur une liste et s’armer de patience : le chemin sera long !!!

Et finalement sans grand espoir, nous repartons pour cette dernière FIV, pourquoi ? Je ne le sais pas, j’ai tellement peur du dernier résultat et revivre encore ce moment d’extrême déception.
Mais nous y allons quand même. Poussés par ces histoires que nous avions entendues : parfois un agrément ça débloque quelque chose, et certaines femmes tombent enceintes. Oui, mais les autres…

FIV 4, juillet 2015 : résultats catastrophiques, ma réserve ovarienne a chuté au cours des 9 derniers mois (je regrette d’avoir mis en pause pour l’agrément), seulement 2 ovocytes ponctionnés. Les 2 sont transférés.

Avec succès

Sensation 0 ! Je pars en vacances, la prise de sang sera pour mon 1 er jour de vacances ! De quoi passer encore un bon été.
Et puis, et puis, et puis…ma 1ère prise de sang révèle un +++ !!! Tout petit mais bien là !!! Je n’arrive pas à y croire. Me souvenant de ma 2ème FIV, je ne peux pas me réjouir. 2 jours plus tard, 2ème prise de sang et le +++ est toujours là, le taux a bien doublé, pas bien haut, mais ça monte…alors je continue les prises de sang, ne pouvant y croire. Ça monte, ça monte.
Est- ce la réalité ?
Je suis enceinte.
Retour de vacances, échographie à 5 semaines. Besoin de confirmer la grossesse, car je n’ai aucune sensation (pas de seins qui tiraillent, pas mal au ventre…, pas de nausées).
Cette échographie est l’un des plus beaux moments de ma grossesse : pom, mon mari pense entendre mon cœur mais c’est celui du bébé !!! Un beau bébé (pas deux).

Voilà, aujourd’hui je suis en conge maternité, je viens d’entrer dans mon 8ème mois. Une grossesse qui se passe bien pour l’instant, un bébé qui grossit, qui bouge, mon ventre qui s’arrondit (j’ai toujours du mal à y croire quand je me regarde).
La vie peut nous réserver de sacrés tours.
A 38 ans, je suis enceinte après 6 ans de galères et un agrément à l’adoption en poche.

Conclusion

Tout ça pour dire de ne jamais désespérer. Pourquoi ça a marché cette dernière fois ? Que s’est-il passé ?
On ne le saura jamais, c’est le mystère de la vie et de la psychologie !!!

Les Bluets ont été super tout au long du parcours.

Bonne chance à toutes, gardez espoir !

2 Commentaires

  1. Sandra JALADIS

    C’est vrai. Les fins heureuses après des années de combat existent.
    Pour nous, ce fut un peu + de 8 ans de PMA(dont 6 FIV, 8 TEC et un don d’ovo cytes en RT). Après tous ces échecs, j’ai voulu jeté l’éponge mais mon mari m’a convaincue d’aller « nos 2 derniers embryons (vous savez, ceux qu’on garde pour la fin parce que de moins bonne qualité!). Et bien, ce sont main tenant des jumeaux (1 gars, 1 fille) de presque 4 ans!
    La naissance de « Nos vainqueurs » à été le plus beau cadeau de ma vie, et aussi celui de mes 40 ans.
    Alors oui : GARDEZ ESPOIR!

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  2. flhope

    Je suis vraiment triste pour Juliette qu’elle n’ai pas pu aller au bout de sa démarche d’adoption. Dommage pour elle, elle ne saura jamais ce qu’apporte cette parentalité.

    Réponse

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