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Témoignage de Gaëlle : des FIV, des TEC, des pauses et une petite fille

Le désir d’enfant et les premières interrogations

Notre histoire commence comme beaucoup d’autres, peu de temps avant notre mariage en avril 2015 nous décidons d’arrêter notre contraception, afin de construire notre famille.  Mon mari en avait envie depuis déjà plusieurs années quant à moi je voulais absolument me marier avant d’envisager la vie à 3.

J’ai toujours eu des cycles irréguliers depuis mon adolescence, il est vrai que je n’étais pas vraiment inquiète mais au bout de 10 semaines sans règles, j’ai commencé à me poser des questions surtout que je savais que je n’étais pas enceinte car j’avais déjà fait plusieurs tests de grossesse.

En août 2015, je décide enfin d’aller consulter ma gynécologue pour voir ce qu’il se passe et après une première échographie le verdict tombe j’ai des ovaires polykystiques, pour avoir une chance d’ovuler normalement il faut que je me fasse opérer « un drilling ovarien » ce qui veut dire qu’il faut faire plusieurs trous sur chaque ovaire afin que les kystes n’empêchent pas le fonctionnement « normal » de l’ovaire.

L’opération fut programmée le mois d’après en septembre 2015 et le résultat fut 12 trous sur chaque ovaire. 2 mois plus tard notre gynécologue décide de faire faire à mon mari un spermogramme le résultat de cet examen fut un véritable coup de massue : une azoospermie, 1 seul spermatozoïde sur 100 est considéré comme normal et en plus de cela la quantité est loin d’être concluante.

Ce jour-là le monde nous est tombé sur la tête, c’était un soir de novembre bien triste, les larmes coulaient à flot pour nous deux et nous voyions notre rêve d’enfant s’éloigner peu à peu. Nous ne savions pas encore qu’il y avait des solutions et que la médecine pouvait nous aider.

 

Le début du parcours en PMA et des FIV

RDV pris de nouveau avec notre gynécologue et nous voilà embarqués dans un monde inconnu, un monde au langage peu compréhensible LA PMA, les FIV ICSI, les injections d’hormones, le rythme infernal des rdvs pour les échographies, la prise de progestan, provames, duphaston…

La première FIV se fera en janvier 2016 et nous aurons 5 embryons. 4 que nous congèlerons pour plus tard et un que l’on m’inséminera 5 jours après la ponction et ce premier essai se soldera par un 1er échec.

2 mois plus tard nous voulons retenter notre chance mais avec l’idée de faire l’insémination de 2 embryons que nous avions congelés la dernière fois.

Nous voilà repartis dans les injections, les médicaments, les RDV … etc. Cependant, cette fois-ci un nouveau sentiment commence à apparaitre chez moi, j’ai de plus en plus de mal à regarder les femmes enceintes que je croise dans la rue, les annonces de grossesses autour de nous commencent à se faire nombreuses et je suis sincèrement heureuse pour eux mais j’ai de plus en plus de mal à accepter notre situation. Cette nouvelle tentative se soldera à nouveau par un échec. Les larmes, le désespoir, l’incompréhension, l’injustice feront maintenant partis de notre quotidien nous commençons à le comprendre.

En juillet 2016, il nous reste sur la 1ère FIV encore 2 embryons congelés, nous décidons encore une fois de recommencer le processus, mais elle sera stoppée juste avant l’insémination des embryons car je fais une petite hyperstimulation ovarienne (mon corps cette fois-ci n’a pas supporté les injections et les médicaments et mes ovaires font deux fois la taille qu’ils devraient faire).

Fin août 2016, nous voulons retenter malgré le fait que mon corps et mon esprit soient fatigués, nous sommes déterminés, nous voulons un enfant et nous sommes prêts à tout pour cela. Cependant cette fois-ci après le transfert des deux derniers embryons congelés je fais une très grosse hyperstimulation ovarienne et mon corps et mes poumons se remplissent d’eau.

J’ai dû être hospitalisée une semaine et mes ovaires qui doivent en temps normal faire 2 cm faisaient 13 cm – je vous laisse imaginer la douleur que cela provoque.

Après cette épreuve le moral était bas voire très bas je ne voulais plus entendre parler de FIV, d’injection, mon corps était fatigué et ma tête aussi. Nous décidons donc de faire une grande pause pour nous permettre de vivre « normalement » sans trop penser à cela.

 

Nouvelle FIV après une pause

Nous laissons donc passer la fin d’année et fin janvier 2017 il fallait que je me refasse faire une ponction d’ovocytes car nous n’avions plus d’embryons. Cette FIV s’annonce plus prometteuse que la 1ère car nous avons réussi à avoir 7 embryons ce qui laisse envisager pas mal de chances qu’un enfant veuille bien s’accrocher à moi pour faire de nous des parents.

Le transfert d’un seul embryon aura lieu début février 2017 et à notre grande surprise le test de grossesse est positif nous n’en croyons pas nos yeux, la prise de sang est positive également, c’est un soulagement. Nous sommes tellement heureux. La première échographie aura lieu très vite et nous voyons déjà une poche avec le sac vitelline mais il est trop tôt encore pour voir un petit cœur. Nous décidons de mentir à nos proches et de dire que cette FIV n’a pas marchée pour que nous puissions avoir un peu d’intimité et que nous puissions faire une merveilleuse surprise après les 3 premiers mois de grossesse.

Nouvel échec et besoin de s’isoler

Malheureusement en mars j’ai perdu du sang je suis retournée faire une échographie et le verdict tomba : je fais un œuf clair – c’est à dire que dans le sac l’embryon a arrêté de se développer et en plus de ce malheur la deuxième mauvaise nouvelle : dois avorter en prenant des médicaments.

Mon mari et moi sommes au plus bas nous ne comprenons pas pourquoi le sort s’acharne sur nous alors que nous avons tout pour accueillir un enfant dans notre foyer. Je me renferme sur moi, je ne veux parler à personne et pour le dire à mes proches j’ai envoyé un simple sms – je ne voulais pas parler, je voulais qu’on me laisse seule alors que mon mari avait besoin de parler à sa famille.

Peu de temps après je ne pouvais plus du tout voir de femmes enceintes, je ne le supportais pas et je n’arrivais plus à être heureuse pour les autres je me souviens avoir passé une journée entière à pleurer sur mon lieu de travail. C’était une période sombre, une période où même le simple fait d’aller dans une grande surface et de passer devant le rayon bébé était une torture.

Malgré cette période sombre nous étions toujours autant déterminés et je voulais à tout prix recommencer au plus vite.

 

Une nouvelle pause

Du coup fin avril 2017 nous retentions notre chance avec 2 embryons que nous avions congelés. Cette tentative fut également un échec. Après cette tentative je ne voulais plus entendre parler de FIV, mon corps avait besoin d’une grande pause et ma tête aussi. Mon mari parle beaucoup moins de cette période mais je sais que ce n’était pas du tout facile pour lui non plus.

Pendant cette pause j’ai eu une sorte de déclic, j’ai complément accepté notre situation et d’un coup d’un seul je n’étais plus envieuse des autres couples qui allaient devenir parents je me souviens que je me disais  » c’est comme ça, c’est la vie  » mon mari avait beaucoup plus de mal à l’accepter.

Nous décidons de faire un grand voyage et d’aller nous changer les idées en Guadeloupe en août 2017 et de recommencer dès notre retour sans le dire.

Jusqu’à la victoire

Après des vacances de rêve, nous nous sentions prêts à recommencer (injections, médicaments etc…) et le 1 septembre 2017 j’ai eu une insémination de 2 embryons et à notre grande surprise la prise de sang était positive, le taux augmentait et à la première échographie il y avait un petit cœur. Nous étions le 2 octobre 2017, je me souviendrai toute ma vie de ce jour-là.

Mon mari et moi étions quand même sur la réserve même si cela est dur. J’avais des décollements du sac embryonnaire et donc des risques de fausse couche jusqu’au 4ème mois de grossesse.

J’ai été en arrêt de travail pratiquement toute ma grossesse et aujourd’hui je peux vous dire que c’est une histoire qui se termine bien car le 7 MAI 2018 j’ai donné naissance à une merveilleuse petite fille.

Conclusion

Je voulais absolument partager notre histoire pour montrer qu’il faut beaucoup de persévérance dans les parcours de PMA, ne rien lâcher et surtout s’aimer – c’est une guerre qui se gagne à 2. Il y aura des jours où votre conjoint et vous ne serez pas sur la même longueur d’ondes mais dites-vous bien qu’ensemble vous y arriverez !

 

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