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Des difficultés ciblées dès le départ

Début 2016, mon compagnon me fait la plus belle des demandes : arrêter la pilule. Sachant que ça peut prendre plusieurs mois, on laisse venir. En parallèle, j’ai de plus en plus souvent mal au nombril, de plus en plus fort. Début 2017, je ne supporte même plus le contact d’un t-shirt, même ample.

Après plusieurs visites chez ma généraliste, elle me fait passer une échographie, qui révèle un kyste d’endométriose. Puis on découvre que j’en ai aussi sur les ovaires. Et que j’ai une faible réserve ovarienne. On m’opère rapidement et on m’oriente en PMA : « Il faudra peut-être vous aider donc on va passer directement en FIV pour augmenter les chances ».

 

Un enchaînement désespérant

1ère FIV : pas beaucoup d’embryons, mais de bonne qualité. 1 beau J5. Mes règles arrivent avant la prise de sang. Pas d’accroche… Pas d’embryon congelé.

2e FIV : toujours pas beaucoup d’embryons, on m’implante 2 J5. Mes règles arrivent avant le test…  Mais cette fois, il y a une petite accroche qui s’est terminée en fausse-couche précoce. Et j’ai un embryon au congélateur.

TEC : pour la première fois, je n’ai pas mes règles avant la prise de sang. Je pars donc faire la prise de sang pleine d’espoir… mes règles arrivent sur la route vers l’hôpital…
Avant  la 3e FIV, la gynécologue me fait faire le caryotype et une hystéroscopie : tout est normal.

3e FIV : le protocole se passe particulièrement mal, quasiment pas d’ovocytes malgré la dose de cheval de Gonal… On fait quand même la ponction, ils prélèvent 5 embryons, dont 2 blastocystes  « de très bonne qualité ». Mes règles arrivent au bout d’une semaine, le jour de l’anniversaire de mon conjoint… J’ai la haine…  aucune accroche, pas d’embryon au congélateur… Je le vis très mal.

Le soir même, on parle d’aller en Espagne tenter une FIV, mais après ce soir-là, je ne veux plus en entendre parler jusqu’au prochain rendez-vous. Gros ras-le-bol. Et surtout, cette épée de Damoclès de la 4e et dernière tentative…

Lors du rendez-vous chez la gynécologue, je demande si on pourrait avoir le droit à une dérogation pour une 5e tentative. Elle répond qu’elle fera la demande mais qu’elle ne pense pas. Je demande aussi si on ne pourrait pas tenter une simple insémination : oui c’est possible. Déjà, c’est une bonne nouvelle.

On fait  le test MatriceLab avant la 4e tentative en espérant avoir des réponses et adapter le prochain traitement au résultat de la biopsie. Trois semaines après, on reçoit les résultats : aucune anomalie. Coup dur : moi qui espérais avoir une réponse… non, le prochain protocole sera le même.

 

La quatrième et dernière FIV

On repart sur le même schéma : pas beaucoup d’embryons et aucune accroche… Je ne veux même plus en parler jusqu’au protocole. En plus, on est en pleins travaux pour notre maison donc bien occupés. Pendant ce temps, mes règles n’arrivent pas… (juste quelques légers saignements par-ci, par-là…).

Quelques jours après, ma gynécologue m’appelle pour les résultats du MatriceLab. Je lui demande si c’est normal d’avoir 20 jours de retard après l’examen. Elle me répond de commencer par faire un test de grossesse. Une heure après son appel, les saignements commencent. Je me dis que mon corps se moque littéralement de moi.

Le lendemain, on est mi-avril : je fais la prise de sang quand même en me disant que je ne suis plus à une déception près et qu’au moins, on n’en parlera plus. Et là, gros choc : un taux énorme ; 7e semaine d’aménorrhée. Je n’y crois pas, je crois à une erreur du labo, mais non la première échographie vient confirmer le résultat : je suis dans ma 5e semaine de grossesse. Quand j’ai passé le Matricelab, j’étais déjà enceinte… Aujourd’hui, notre puce a 3 mois et nous comble de bonheur.

 

Ma conclusion

Ça peut paraître cliché mais elle est arrivée quand on s’y attendait le moins. Je pense à toutes  ces attentes interminables après les transferts où j’étais au repos complet, à la limite d’arrêter de vivre pour que l’embryon s’accroche et rien… Et pendant ces 5 semaines,  sans me douter que j’étais enceinte, j’ai porté des sacs de ciment, de l’électroménager, et elle s’est bien accrochée… Je considère toujours ma puce comme un petit miracle.

Après 3 FIV à ramer avec une dose de cheval pour avoir « 3 embryons qui se courent après » comme on dit,  je ne comprends toujours pas comment j’ai pu tomber enceinte naturellement… Je sais à quel point les phrases toutes faites peuvent être rageantes, du genre : « C’est quand on s’y attend le moins, etc. », surtout quand elles viennent de quelqu’un qui est tombée enceinte au bout de 2 mois.

Donc même maintenant, j’évite de le dire à quelqu’un qui galère. Je ne vais pas non plus conseiller de penser à autre chose pendant le protocole et l’attente après le transfert parce que quand on est en plein dedans,  c’est impossible. J’espère juste que tous les couples qui se battent auront la même belle surprise que nous. Je le leur souhaite de tout cœur.

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