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Témoignage d’Angélique : un parcours de PMA jusqu’à la rupture

Ma maman m’ayant (je suis l’aînée) eu à 30 ans je ne me voyais pas arriver à cet âge sans être maman au moins une fois, la vie en a décidé autrement.

En janvier 2013, je vais avoir 25 ans et depuis 8 mois après avoir obtenu mon diplôme d’IDE j’ai un poste en CDI dans un hôpital de la région parisienne. Avec l’accord de Mr (qui a déjà deux enfants) j’arrête la pilule c’est décidé nous voulons un mini nous ! le premier cycle post arrêt pilule se passe plutôt rapidement mais les suivants ne seront que périple, c’est simple sans hormone je n’ai que des symptômes de règles mais rien de concret.

Je consulte un gynéco, qui me dit de perdre du poids et que ça viendra. Il m’adresse à une diététicienne ainsi qu’à une endocrinologue spécialisée dans la reproduction. J’apprends suite aux examens que j’ai le syndrome des ovaires micro polykystiques et que concevoir sera difficile sans l’aide de la médecine.

Le jour de mes 26 ans en mars 2014, je me rends dans un centre de PMA proche de mon domicile pour prendre rdv. Le fameux rdv arrive, une échographie confirme la présence des OPK. Les demandes de prise en charge à 100%, les examens pour Mr et moi tout est prescrit.

J’ai eu à faire cette fameuse hystéroscopie (quelle horreur !!) mais ouf mes trompes se portent à merveille. Mr freine des 4 fers pour le spermogramme (étant déjà papa il ne comprenait pas pourquoi c’était obligatoire). Le temps passe et en juin 2014 nous consultons un gynéco privé conseillé par un ami de Mr. Comprenant ses réticences, le gynéco nous propose 3 cycles sous clomid avec contrôle tests ovulation et « câlins programmés »==> échec le coté sur commande un vrai tue l’amour !

En fouinant sur le net j’ai trouvé en Juillet 2015 un laboratoire qui acceptait que le prélèvement de sperme soit fait à domicile et soit ensuite transporté dans l’heure ==> eurêka Mr accepte. 7 jours d’attente et le résultat montre une mobilité moyenne mais rien de bien méchant.

En août nous réalisons notre première IAC après 1 mois de stimulation par gonal F. Le rythme écho + bilan sanguin associé aux horaires de l’hôpital dur dur à gérer mais nous savons pourquoi nous le faisons. Mr tenait à être présent lors des injections, c’était notre rituel à 22H.

Échec pour cette IAC. Nous partons en vacances histoire d’oublier un peu tout cela et revenir en pleine forme en septembre. 2ème IAC, 2ème échec. La 3ème a été une réussite, après tant d’attente, ce fameux + sur le test de grossesse nous rend heureux, pour être certain je fonce au labo qui confirme que les Beta HCG sont positifs !!

La première échographie, quel moment magique d’entendre le cœur de notre « minus », la seconde échographie sera beaucoup moins magique car l’activé cardiaque n’existe plus…

Une grosse période de dépression pour moi, je ne comprends pas pourquoi on me reprend si rapidement ce petit bonheur. Chaque rdv pour les dons de sperme est source de dispute, les 3 autres IAC seront échecs dont une avec hyperstimulation.

Les disputes arrivent aussi et nous nous éloignons de plus en plus, je ne supporte plus mon image (j’ai pris 20 kg avec les traitements), je passe mon temps sur des albums puériculture, des forums. Je me fais du bien et du mal en même temps car je vois les autres devenirs parents et moi je suis toujours au même stade. Le comble du comble pendant un an, Mr et moi n’avons plus de relations intimes car selon lui ça le renvoie sans cesse à la PMA.

Le gynéco, nous adresse à un confrère à l’hôpital américain pour passer aux FIV. Après avoir refait tous les examens, nous faisons notre première FIV ICSI car selon le Dr la mobilité des zozos de Mr a diminué et cette méthode est la plus adaptée pour nous. La ponction se fait sous Anesthésie locale (je n’ai pas trouvé ça douloureux) pendant ce temps Mr fait son don. Le biologiste nous annonce 20 ovocytes de ponctionnés. Le lendemain on me dit que sur les 20, 7 ont été fécondés, 4 ont commencés à se développer. Le jour du transfert il ne reste plus que 2 embryons. Un est transféré l’autre est congelé.

Cette FIV sera un échec et le transfert d’embryon congelé le sera aussi 1 mois après.

Les fêtes de noël 2016 arrivent et me renvoient à noël 2015. Nous passons les fêtes mais rien de bien fun, le malaise est installé entre nous.

Avant de retenter quoi que ce soit, je décide de perdre du poids pour mettre toutes les chances de mon cotés, n’ayant jamais eu de cycles naturels, je laisse les choses se faire. Je découvre par la même occasion que Mr mène une double vie (selon lui cette PMA nous a éloigné et l’a poussé dans les bras d’une autre…). La peine aidant, je maigris et me retrouve peu à peu comme celle que j’étais avant tout ça.

Nous avons tenté de sauver notre histoire mais un vase cassé n’est pas toujours simple à recoller. Après presque 7 ans d’amour et 8 mois de vie sous le même toit comme deux inconnus, je décide de partir.

Je vais cette année avoir 31 ans, je n’ai pas encore réalisé mon rêve de devenir maman mais j’ai compris que dans la vie il ne faut pas blâmer une contrariété.  Depuis la séparation j’ai mes règles naturellement sans aucun traitement, je fréquente un homme que j’aime énormément, qui n’a pas d’enfant et qui a envie de devenir père, il a déjà entrepris les démarches et examens pour son 100% (sans que je dise quoi que ce soit, ça me change). Mais je ne me mets pas la pression, je n’ai plus envie d’attendre à tout prix quelque chose qui n’arrivera peut-être jamais.

L’espoir fait vivre c’est sûr, mais à trop attendre on oublie de vivre. Pour vaincre ce traumatisme de trahison, je vois une sophrologue spécialisée dans la PMA qui m’aide à me sentir bien et à affronter un de ces jours une nouvelle étape de PMA et qui sait peut-être que je tomberai enceinte sans traitement.

1 commentaire

  1. So

    Merci pour votre témoignage courageux et le côté positif que vous gardez malgré les épreuves. Je me retrouve beaucoup dans votre expérience et ça me rassure… 🙂

    Réponse

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