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Le témoignage d’Amélie, un bébé après un don d’ovocytes à Barcelone

La maladie et les examens

Mon parcours a commencé il y a 9 ans, j’étais seule à l’époque, et j’avais des douleurs atroces de règles depuis déjà 20 ans (depuis l’âge de mes 11 ans) mais on m’a toujours dit c’est normal d’avoir mal, donc cela ne m’avait jamais inquiété.  Je subissais dans le silence, je prenais des anti-douleurs toujours plus forts les uns que les autres, et j’acceptais d’avoir mal sans me plaindre. Mais cette fois-là, en allant voir la gynécologue, pensant à un kyste fonctionnel,  car j’avais l’impression d’avoir comme des coups de couteau qui m’arrachaient le ventre, c’était violent, elle m’annonce le verdict : ce ne sont pas des kystes fonctionnels (qui eux sont bénins) ce sont des kystes d’endométriose ! il y en avait trois, deux sur l’ovaire gauche de 3 cm et 5 cm et à droite il était énorme il faisait 9 cm ! elle me dit pas étonnant que vous ayez mal mais 9 cm c’est énorme je me demande comment vous faites pour supporter la douleur car ils ne sont pas arrivés comme ça du jour au lendemain ! et tout a commencé à partir de là.

J’ai dû passer une IRM qui a confirmé la présence d’endométriose profonde et sévère de stade 4 ! il y en avait partout …cela a été pour moi le choc et la sensation que le sort s’acharnait, car j’avais déjà été opérée par le passé (3 fois) suite à une infection (une salpingite), au cours desquelles malheureusement on m’avait dit que mes trompes étaient bouchées et que je n’aurai déjà pas d’enfants naturellement.

A 30 ans, donc quand le diagnostic de l’endométriose tombe, j’ai le sentiment que ça continue, ma gynécologue m’a de suite renvoyé vers une spécialiste , qui m’a dit très honnêtement que si j’espérais un jour avoir un enfant il ne fallait pas que je traine et que je me dépêche car la maladie avait déjà fait trop de dégât et surtout qu’au vu de l’état de mes ovaires, on allait devoir  effectuer une ovariectomie donc une ablation de mes 2 ovaires et que du coup je ne pourrai pas avoir d’enfants naturellement. J’ai eu la sensation que tout d’un coup tout s’effondrait autour de moi, mon rêve était bien sûr d’avoir un jour un enfant, mais aussi une famille, avec un homme, l’homme de ma vie et là j’étais seule et on m’annonce qu’il faut vite faire un enfant, si je veux un jour espérer en avoir un car de toute façon bientôt on m’enlève mes ovaires ! Ceci est violent comme discours, et j’ai trouvé à cette époque que les médecins, n’avaient vraiment pas de tact, pas d’empathie, et ne se mettaient pas à ma portée. Bien sûr, j’étais mal … J’ai décidé d’aller voir un autre spécialiste qui était très réputé, une copine était venue avec moi et je lui ai expliqué mon ressenti, ce qu’on m’avait annoncé, qu’on allait m’enlever mes ovaires, mais que j’étais seule que je ne prendrai pas le premier venu pour avoir un enfant, et que surtout je tenais à avoir un jour une vie de famille et que là en plus de m’annoncer que j’avais une maladie on m’enlevait ce rêve. Cette journée-là, j’ai eu le sentiment d’être tombée sur la bonne personne, d’être écoutée et qu’une lueur d’espoir apparaissait enfin. En effet, il me dit, je sais qu’en France on peut congeler ses ovocytes dans le cas d’un cancer, mais dans votre cas, vu l’état de votre maladie (j’étais à un stade très sévère de l’endométriose), je pense qu’on peut essayer de monter un dossier qui passera en commission mais peut-être qu’on pourrait le tenter, ça vaut le coup !

La cryoconservation de mes ovocytes

Il prend son téléphone devant moi, appelle une personne du service « cryoconservation » pour avoir son avis, qui lui dit qu’à ce jour ça ne se faisait que pour des cas de cancer en France et donc au CHU de ma région, que cela n’avait jamais encore été fait dans mon cas mais qu’effectivement on peut le tenter. Du coup, pour moi cette journée-là, c’était comme si tout ce qui se passait depuis des mois, entre l’annonce de la maladie, les examens, le fait que je devais subir une ovariectomie, que j’étais célibataire et j’en passe, il y avait enfin une bonne nouvelle et une lueur d’espoir. Maintenant il fallait bien préparer mon dossier, et espérer que cela soit accepté par la commission. Le stress monte, les jours passent et j’attends avec impatience le résultat. Je m’en souviendrai toujours, quand on m’a appelé, j’étais au travail, j’en tremblais quand j’ai décroché et là le verdict, on me dit : « VOTRE DOSSIER est ACCEPTE. » Vous allez pouvoir congeler vos ovocytes, on m’explique que cela va être encore un parcours du combattant que je vais subir des traitements lourds, que ça va être fatigant mais aussi surtout que pour eux c’est une toute première car dans mon cas cela n’a jamais été fait, je serai un peu une expérience pour eux !

Et c’est donc parti, cela consistait à faire des FIV sans transfert d’embryons, en étant donc seule dans ma vie, mais au final on congèlera mes ovocytes pour me laisser un espoir d’avoir un jour un enfant. Quand j’ai eu mon 1 er rdv où on m’explique en quoi cela consiste je sors de là, complètement perdue, beaucoup d’informations, je comprends aussi qu’ils n’ont jamais congelé d’ovocytes et que pour eux je suis aussi une expérience, qui pourra servir d’exemple pour la science que les traitements vont être lourds, épuisants, que je risque de souffrir car on m’explique qu’on va stimuler mes ovaires, et donc que cela risque d’aggraver ma maladie et de faire encore plus grossir mes kystes aux ovaires et donc on me dit bien qu’il faut que je me prépare psychologiquement .

Je commence le traitement le mois suivant, je dois donc aller à l’hôpital tous les 2 jours, pour échographie et prise de sang, je me pique tous les jours, à la gonadotrophine, je ne supporte pas bien le traitement, car au bout de 4 jours je fais un œdème du visage on pense à une allergie j’ai failli tout arrêter mais on me met sous cortisone et je continue ! j’essaie de gérer les douleurs, la fatigue le travail, (j’étais en CDD et je ne pouvais pas m’absenter) et je me rends compte effectivement que cela est un vrai parcours du combattant mais je ne lâche rien mon objectif est d’avoir un maximum d’ovocytes congelés, on me ponctionne 10 ovocytes , sous anesthésie locale et pas sans peine car avec mes kystes aux ovaires le praticien m’a dit que c’était compliqué pour lui et du coup très douloureux pour moi ! Mais le résultat est là et je suis contente et eux aussi sont contents du résultat

Le lendemain suivant la ponction, je ne me sens pas bien du tout, je vomis beaucoup mais vraiment ça ne s’arrête plus et j’ai très mal aux ovaires, j’appelle le centre de procréation et là on me dit de venir aux urgences que je fais certainement une hyperstimulation ovarienne ! J’ai eu par la suite des douleurs au foie, j’ai été de nouveau hospitalisée, et suivie de près pendant un mois car il y avait un risque de thrombose, d’embolie pulmonaire, petit à petit tout rentre dans l’ordre mais je reste fatiguée et quand même traumatisée de cela. J’ai rdv avec ma gynécologue PMA ensuite pour faire le point qui me dit que 10 ovocytes c’est bien mais que pour espérer avoir un enfant il faut minimum 15 ovocytes et que donc il faut tout recommencer.  J’avoue que sur le moment je n’étais pas prête mais mon objectif, restait vraiment qu’on puisse conserver ma réserve ovarienne avant qu’on m’enlève les ovaires. Je recommence donc quelques mois plus tard, en vous épargnant les détails, mes kystes ayant doublé de volume suite à la 1ère FIV, celui à l’ovaire droit fait 12 cm ! la taille d’un pamplemousse !  On me dit que c’est trop dangereux pour moi de recommencer vu la grosseur de mes kystes qu’il y a un risque de torsion d’ovaire trop important. Le combat continue, je revois donc le chirurgien qui me propose de ponctionner mes kystes (remplis de sang d’endométriose) afin qu’ils diminuent de volume, pour pouvoir refaire une FIV derrière ce que j’accepte bien évidemment, et donc j’ai eu pour ma deuxième ponction 5 ovocytes, au total j’ai donc eu 15 ovocytes congelés.

La rencontre qui a changé ma vie

Le temps passe, j’accepte ma maladie, entre temps je me suis donc fait opérer et par chance au final on ne m’enlève pas mes ovaires, on me donne un traitement par pilule pour me stopper les règles et donc ralentir la maladie.

Je rencontre enfin un homme bien, l’homme avec qui je pense passer le reste de ma vie. Je ne savais pas comment aborder mes soucis de santé, ayant très peur qu’il parte en courant, puis bien vite il me parle de son désir d’enfant et je me suis dit, qu’il fallait être honnête et lui dire la vérité. Je lui explique donc mes opérations, la vitrification de mes ovocytes, mes trompes bouchées et que si un jour vraiment on doit fonder une famille cela se fera par FIV. J’ai eu la chance de rencontrer un homme aimant car il a de suite accepté la situation. On m’avait aussi annoncé dans le passé que j’avais une malformation de l’utérus que le jour où je voudrai fonder un foyer il faudrait m’opérer d’un « utérus cloisonné « sans trop traîner car il y a un temps de cicatrisation à respecter avant de tomber enceinte.

Nous décidons donc avec mon conjoint, de rencontrer le chirurgien qui s’était déjà occupé de moi pour lui parler de notre projet. Je me fais opérer donc de mon utérus, il enlève une cloison de 9 cm, en m’expliquant que si je ne l’avais pas fait je n’aurai jamais pu garder une grossesse et que dorénavant mon utérus a un aspect plutôt d’utérus bicorne que cela risquerait de compliquer l’implantation d’un embryon car il n’a pas la forme normale.

Nous décongelons les ovocytes et on passe à l’étape suivante.

Malheureusement, nous avons dû arrêter la 1ère tentative en cours car il y a eu un souci au niveau de mon endomètre.

Nous retentons une deuxième fois, et cela s’est soldé hélas par un échec.

Entre temps, on me dit qu’il faudrait enlever mes trompes car j’ai un hydrosalpinx, c’est-à-dire du pus dans mes trompes et que cela empêche l’implantation d’un embryon mais très sincèrement je dois commencer un nouveau travail, le temps passe, l’âge avance et j’en ai marre de me faire opérer donc on décide de continuer les FIV sans une énième opération car j’ai envie de croire que cela va fonctionner. Hélas le verdict tombe et ça ne fonctionne pas. Entre temps avec tous ces traitements, et suite à la dernière tentative, je fais une hémorragie ! ce qu’il faut savoir c’est que plus on fait de FIV plus on aggrave la maladie à cause des traitements hormonaux, j’ai le foie rempli de kystes, mes règles sont très douloureuses et hémorragiques, c’est un cercle vicieux.  Suite à la dernière tentative je fais encore une grosse hémorragie mais qui ne passe pas. Le temps passe, cela fait 3 mois que je perds beaucoup de sang et que ça ne s’arrête pas, je décide donc de consulter, on fait passer de toute urgence une IRM qui révèle donc que j’ai encore de l’endométriose partout, et surtout dans les 2 trompes, c’est qu’on appelle un hématosalpinx avec un gros hématome dans la trompe gauche, je fais une hémorragie interne et il faut vite enlever les trompes car cela est trop dangereux !

Je suis fatiguée des traitements lourds que j’ai pris qui n’ont pas fonctionné, de devoir encore subir une opération, mais je n’ai pas le choix. Le chirurgien m’explique qu’il y a aussi de l’endométriose partout, au colon, aux ovaires, au péritoine, que je vais subir une grosse opération qui va durer minimum 3h, que c’est une lourde opération que je vais certainement avoir une « stomie » c’est-à-dire une poche pour faire mes besoins. Je suis bien évidemment désemparée par cette nouvelle, mais je n’ai pas le choix car ma vie est en danger ! Je me fais donc opérer très vite. Cela se passe plutôt bien, au réveil je demande de suite si j’ai la stomie on me dit que non ! Ouf ! mais ensuite on m’explique donc qu’on m’a enlevé les 2 trompes, qu’il y avait de l’endométriose partout, que j’ai subi une très lourde opération, qu’on m’a enlevé des ligaments qui me soutiennent l’utérus, un nodule au rectum, on m’a gratté les ovaires et le chirurgien me dit si vous voulez avoir un enfant il faut foncer et ne pas traîner pour refaire une FIV.

Les mois suivants, je me sens encore très fatiguée, épuisée j’ai du mal à me remettre de cette opération mais nous reprenons quand même rendez-vous avec notre centre PMA pour une nouvelle FIV sachant que je n’avais plus d’ovocytes congelés. Nous rencontrons  donc la spécialiste et nous lui évoquons notre souhait de refaire une FIV mais de laisser passer encore quelques mois car je suis vraiment fatiguée, le temps de refaire tous les examens, les échographies et les prises de sang, mais aussi j’ai commencé un nouveau boulot il y a quelques mois et je ne veux pas que cela me porte préjudice, je veux aussi m’investir dans ce nouveau travail et nous souhaitons laisser passer du temps et là on me répond : « choisir entre travailler et faire un enfant madame il faut établir ses priorités » Elle m’explique que l’âge avance et que la maladie aussi, et que je n’ai pas le temps devant moi …je suis sortie de là en larmes. Depuis des années je jongle entre ma vie professionnelle, ma maladie, mes opérations, les FIV (tous les rendez-vous médicaux que cela implique, les traitements lourds), essayer de tout gérer au mieux et maintenant on me dit de faire un choix ! on nous met une pression qu’on aimerait tellement ne pas subir et avoir nous aussi une vie un peu comme tout le monde. Notre vie de couple ne tourne qu’autour de ça, on a besoin de se retrouver, de parler d’autre chose, nos amis petit à petit nous tournent le dos, ne comprennent pas ce que l’on vit, ne savant pas quoi nous dire. On se sent bien souvent seuls dans ce genre de parcours.

Nous en discutons et nous décidons au moins de passer doucement tous les examens avant de reprendre les traitements sans se mettre la pression et là le ciel nous tombe sur la tête, le verdict tombe : Madame votre réserve ovarienne est très basse, c’est fini pour vous avec vos ovocytes ! vous ne pourrez jamais avoir d’enfants avec vos ovocytes, et en France clairement cela prendra trop de temps, il faut aller à l’étranger et faire un don d’ovocytes ! Tout se bouscule dans nos têtes, la mauvaise nouvelle, nous qui voulions prendre notre temps ! le temps nous rattrape.

Le don d’ovocytes à Barcelone

Cette partie-là de mon parcours a été la plus difficile psychologiquement, savoir que je n’aurai jamais un enfant qui aura mon patrimoine génétique, un mélange entre mon mari et moi. Il a fallu que je fasse un travail pour l’accepter car ça été pour moi la pire des choses que l’on a pu m’annoncer durant ce parcours. Mais le temps encore une fois fait les choses et je me dis que si c’est la seule chance que j’ai de porter un enfant, mon enfant alors finalement quelle importance le patrimoine génétique !

Nous prenons rendez-vous donc pour le 15.10.2018, et quand le sort s’acharne c’est jusqu’au bout, une semaine avant notre rendez-vous, ma gynécologue m’appelle en panique et là elle me dit : j’ai eu vos résultats il faut de toute urgence que vous vous fassiez opérer du papillomavirus (je me faisais suivre depuis des années pur un stade 1) mais là c’était passé à un stade bien plus avancé et il fallait se faire vite opérer, 6 mois après mon opération de l’endométriose !

Nous étions anéantis avec mon conjoint, on s’est dit que peut-être c’était un signe du destin et qu’il fallait se résigner qu’on n’aurait jamais d’enfants. Puis finalement une voie intérieure me disait que depuis petite je me battais contre la maladie, que c’était ma ligne de vie, mais que ça en valait certainement la peine et qu’au bout du tunnel il y avait la lumière. Nous allons donc quand même à notre rendez-vous à Barcelone et nous avons découvert là-bas un tout autre monde, du respect du patient et surtout un médecin à l’écoute, très empathique.

On fait le point sur ce qui a été fait comme examens, bien évidemment elle nous refait faire une batterie d’examens, des examens qui n’ont jamais été faits en France et je retiendrai toujours ses mots : Je vois que votre parcours a été très compliqué jusqu’à présent, pour tout vous avouer votre parcours médical est complexe , vous cumulez plusieurs pathologies qui compliquent l’implantation d’embryons mais avec nous croyez-moi vous aurez votre enfant ! et je peux vous dire que c’est la 1ère fois qu’on nous disait ça, car en France les médecins étaient plutôt pessimistes, ma gynécologue PMA de France me répétait sans cesse que vu mon utérus bicorne et j’ai aussi un gros fibrome (qu’on ne pouvait pas opérer) il valait mieux enlever l’utérus et on en parlait plus ! des mots durs que je préférais ne pas écouter même si j’en pleurais souvent mais je me disais dans ma tête que c’était facile de parler à la place des gens.

Nous ressortons donc de ce rdv plutôt remotivés, avec enfin des mots plutôt rassurants et on y croyait à nouveau. On savait que ça allait prendre du temps, car maintenant nous allons avoir la distance à gérer, ce qui complique le parcours mais on y croyait à nouveau.

En rentrant de Barcelone, je me suis fait donc opérer le lendemain du papillomavirus. Cela a encore été une étape douloureuse dans notre parcours, car les résultats n’ont pas été probants, en effet il fallait attendre 6 mois pour revérifier qu’il n’y ait plus de cellules cancéreuses et hélas, ma gynécologue m’appelle en panique, pour les résultats en me disant qu’elle n’avait jamais vu ça de toute sa carrière, mais qu’il fallait réopérer…. Encore un coup de massue sur la tête (en attendant du coup nous avions mis en stand-by la FIV à Barcelone).

La deuxième FIV-DO à Barcelone

Je continue de me battre, il a fallu presque un an avant de tenter la 1ère FIV DO à Barcelone qui s’est malheureusement soldée par un échec. Nous retentons une deuxième fois, avec encore une batterie d’examens à faire, qui n’avaient jamais été faits, la plupart non remboursés, mais peu importe, l’argent dans tout ça au final compte peu.  Cela a de nouveau était un échec. Nous qui pensions et espérons qu’avec la FIV DO cela fonctionnerait du 1er coup, on commençait à s’interroger, même si le médecin nous avait prévenu qu’il y avait plusieurs pathologies chez moi qui compliquait l’implantation d’embryons on y croyait.

Mon conjoint commençait à en avoir marre, moi j’étais épuisée autant moralement que physiquement par tous ces examens, ces opérations, des hémorragies tous les mois à cause de la maladie, dans ce genre de parcours on se sent très seuls, personne ne peut comprendre ce que l’on vit , d’ailleurs nous avions souvent eu le droit à des remarques déplacées ou des conseils de certaines personnes , sauf que personne est à notre place ils ne savent pas à quel point c’est épuisant, et qu’il en faut du courage pour faire face à tout ça, donc on a juste besoin d’écoute, d’empathie sans porter de jugement.

Nous décidons de laisser passer du temps de partir un peu en vacances, pour nous retrouver, nous oxygéner afin de reprendre le parcours au retour.  Nous reprenons le chemin, et là une semaine avant le transfert, la CRISE COVID et le 1er confinement a eu raison de nous, et cela a été annulé alors que depuis un mois je jonglais entre les échographies, les rendez-vous médicaux, les piqures mais il fallait se faire à l’idée.

Les années s’ajoutaient les unes aux autres, on se renferme sur soi lorsque les échecs s’accumulent, on se bat mais on s’essouffle, j’ai l’impression de passer mon temps à espérer, à me battre mais aussi à m’épuiser, tomber à nouveau puis me relever et ! et c’est un cercle vicieux…  On me demande souvent au travail par exemple si j’ai des enfants et quand je réponds non je me souviendrai toujours la réponse d’une collègue qui n’était pas au courant de mon parcours et qui me dit : Bah vu ton âge il serait temps que tu t’y mettes ! bien entendu je n’ai rien dit même si j’avais envie de lui répondre que dans la vie rien était tout blanc ou tout noir et que parfois cela ne tombe pas du ciel et que ce n’est pas si simple pour tout le monde mais je me tais , je m’écarte et j’en pleure . Quand j’entends certaines se plaindre d’un petit mal de tête j’ai envie de leur dire qu’il y a bien plus grave que certaines maladies détruisent et sont bien plus douloureuses.

La dernière tentative de FIV DO à Barcelone

Grâce à ce forum (NDLR : forum.fiv.fr), je m’instruis beaucoup et je participe aussi, on se soutient entre nous toutes une mine d’or d’informations. Et je me dis que quitte à refaire une tentative, je n’ai pas envie de refaire cet essai dans les mêmes conditions que les précédentes fois, même si chez moi on m’a expliqué que je cumulais les soucis de santé, j’ai de l’endométriose partout, un utérus bicorne , et un gros fibrome ce qui gêne l’implantation d’un embryon,  dans mon fond intérieur je reste persuadée qu’on peut encore creuser si il n’y a pas une autre raison à tous ces échecs, quitte à encore perdre du temps, à encore passer des examens et prendre des hormones. Je ne l’ai pas dit auparavant mais les difficultés rencontrées ainsi que les douleurs m’ont amené petit à petit à m’orienter vers les médecines douces, sophrologie, méditation, hypnose, ostéopathie ainsi que de l’acupuncture. L’acupuncture et l’ostéopathie pratiquées avant chaque transfert améliorent l’implantation d’embryons, donc je me suis dit que je n’avais rien à perdre.

Je m’instruis et grâce au forum je demande à passer un examen qui s’appelle le « matrice-lab » qui permet de détecter si on est sous activation ou sur activation au niveau des cellules de l’endomètre et je décide donc de passer cet examen. Au début ma gynécologue à Barcelone n’est pas contre mais elle m’explique qu’en fonction des résultats (si on me trouve une anomalie au niveau de l’endomètre), j’aurai un tout nouveau traitement adapté mais que cela ne fonctionnait pas dans 100 % des cas.

J’ai envie de le faire, ce n’est pas remboursé, mais nous ne sommes plus à ça près, il faut encore prendre des hormones car c’est comme une FIV à blanc avec une biopsie de l’endomètre, le prélèvement part à Paris. Ma gynécologue PMA en France qui m’effectue toujours tous les examens, est encore une fois pessimiste, n’y croit pas du tout. Nous décidons quand même de le faire. Le verdict tombe je suis en « sous activité immunitaire au niveau de l’endomètre », ce qui explique qu’aucun embryon jusqu’alors ne s’implantait. Le laboratoire me propose donc un tout nouveau protocole avec un scratching le mois précédent la FIV pour justement favoriser l’accroche de l’embryon.

Une grossesse loin d’être sereine

Nous acceptons bien évidement et pour être honnête quand les résultats sont tombés j’en ai pleuré de joie, j’avais le sentiment qu’il y avait une lueur d’espoir et que cette fois enfin ça serait la bonne grâce à ce tout nouveau traitement. Nous retentons donc encore une fois et cette fois-ci, le 14.02.2021, 10 jours après le transfert d’embryons, le test de grossesse est positif il y a 2 barres j’ai du mal à réaliser je n’ai jamais eu de test positif et en même temps je le sentais au plus profond de moi que cette fois-ci ça serait la bonne !

Le lendemain la prise de sang confirme la grossesse, le taux évolue correctement, on est contents mais on reste prudents, et on a bien fait car 7 jours plus tard dans la nuit je perds beaucoup, beaucoup de sang, nous partons aux urgences pensant faire une fausse couche, mais finalement on entend le petit cœur, par contre on nous dit qu’il y a un gros hématome de presque 6cm avec un décollement  avec risque de fausse couche assez élevé et qu’à partir de ce jour il faut rester alitée mais aussi qu’il ne faut pas trop garder espoir.

Une semaine plus tard je vais voir ma gynécologue PMA qui était très pessimiste, je me mets à perdre beaucoup de sang suite à son examen, elle me fait comprendre qu’il y a très peu d’espoir. Pendant 3 mois, j’ai eu des échographies toutes les semaines pour contrôler l’évolution, j’ai très peur mais j’y crois, je parle à mon embryon je lui dis qu’il faut qu’il s’accroche et au bout de 3 mois on a eu la bonne nouvelle, notre embryon s’est accroché, c’est un WARRIOR comme sa maman, et l’hématome a enfin disparu. Nous commençons à souffler et à reprendre espoir mais à 5 mois de grossesse suite à de fortes contractions j’ai de nouveau été alitée, et suivie à domicile avec 2 monitorings par semaine, on m’explique qu’avec la malformation de mon utérus il y a un gros risque d’accouchement prématuré et c’est ce qui provoque des contractions mais le temps passe, chaque monitoring on souffle un peu plus. C’est dur de vivre une grossesse allongée, encore une fois on sait sur qui on peut compter je parle toujours à mon bébé.  A la fin de ma grossesse quand on pensait enfin tenir le bon bout, j’ai eu une « cholestase gravidique », suite à de fortes démangeaisons, ma sage-femme me fait passer une prise de sang, le verdict tombe cela est encore une fois très rare, il y a un risque de mort fœtale je suis de suite hospitalisée.

Aujourd’hui je tiens mon fils dans mes bras, et je ne réalise toujours pas mais il est là, je me suis battue, et lui aussi il s’est battu, on lui a donné un prénom qui une signification par rapport à notre parcours car cela veut dire : « que Dieu a fait grâce »

Je me dis que c’était notre destin, le don d’ovocytes m’a permis d’avoir mon fils, c’est son histoire, c’est notre histoire, je lui ai déjà expliqué enceinte, et je lui en parlerai plus tard avec les bons mots mais il n’y a pas de doutes, je l’aime et c’est mon fils. C’est mon combat et j’en suis fière.

Conclusion

Pour conclure le parcours PMA c’est les montagnes russes, c’est faire le deuil d’une conception naturelle, pour ma part le deuil de mon patrimoine génétique mais il ne faut pas baisser les bras, malgré les doutes, les souffrances au bout du tunnel il a y la lumière. Pour le couple, c’est une sacrée épreuve et il faut dialoguer, s’épauler et avoir de bonnes bases. N’hésitez pas à changer de spécialiste quand vous avez des doutes et pas l’écoute que vous attendez. N’écoutez pas non plus les gens et leurs remarques parfois blessantes, entourez-vous des bonnes personnes positives et qui sont là pour vous.  Craquez aussi quand il le faut, car on en a besoin parfois pour repartir encore plus forts c’est humain. La roue finit toujours par tourner, j’en suis la preuve, et même quand les médecins n’y croient plus, tout est possible.

1 commentaire

  1. TOUGNE

    Parcours hors norme
    Beaucoup de courage pour ton parcours
    Félicitations pour ton parcours et pour l arrivée de ce merveilleux bébé

    Réponse

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