Sélectionner une page

Le témoignage de Maëva, 2 FIV, une décision cruciale et 2 petites filles

Le désir d’enfant et des cycles qui se font attendre

Moi, c’est Maëva 32ans et je vis dans la Marne.

Nous avons décidé d’avoir un enfant en 2013, à l’époque j’avais une gynéco qui n’avait pas le matériel pour faire des échographies pour voir si tout aller bien. Lorsque j’ai arrêté la pilule, nous avons attendu de voir si mes cycles revenaient à la normale. Mais pendant 4 mois, je n’avais pas eu du tout de règles. Je suis donc retournée voir ma gynéco qui m’avait dit que c’était parce que j’étais trop grosse et qu’il fallait que je perde du poids.

Chose que j’ai faite. Après avoir perdu 10kg, mes cycles ne revenaient pas pour autant.J’espère toujours pendant l’année 2014 que mes cycles reviennent seuls mais en vain.  Je suis retournée voir ma gynéco en mars 2015 qui m’a dit que c’était parce que j’y pensais trop, et me donnait toujours le même traitement pour avoir des cycles. Après ce rendez-vous j’ai cherché longtemps un bon gynécologue qui pourrait m’aider à comprendre pourquoi je n’avais de cycles réguliers.

Un nouveau gynécologue

Et j’ai trouvé le docteur T. Malheureusement le rdv que j’avais pu avoir était en septembre 2015, donc nous avons attendu. Puis le rdv arriva, et il m’a auscultée et a découvert que j’avais une dystrophie des ovaires très sévère et que je ne pouvais pas avoir d’enfants naturellement. Je me suis effondrée et il m’a rassurée en me disant que je pourrai devenir maman, mais que ce serait un chemin long et périlleux. Nous avons donc fait tous les examens possibles. Prise de sang échographie, spermogramme. Le spermogramme de mon mari était parfait rien à redire. Quant à moi mes prises de sang n’étaient pas très bonnes, mes taux d’hormones n’étaient pas bons.

Première stimulation ovarienne et drilling ovarien

Mais nous pouvions quand même essayer. En janvier 2016, nous avons commencé par les cachets, prise de sang et échographie pour voir l’évolution des follicules. Rapports obligatoires de telle date à telle date… J’avais l’impression de ne plus désirer mon mari et nous faisions l’amour par obligation et non plus par envie. Cela a duré 5 cycles qui n’ont rien donné du tout malgré les ovulations qui étaient quand même présentes. En septembre 2016, je me fais opérer des ovaires.

Je subis un drilling ovarien, une opération par coelioscopie qui permet de faire des trous sur la paroi des ovaires afin de les faire un peu diminuer. C’est une opération qui nécessite une anesthésie générale. J’ai eu 13 trous dans chaque ovaire. Mon gynéco espère que mes cycles reviendront. Malheureusement l’effet n’est celui escompté. J’ai des cycles tous les 2 mois mais sans ovulation.

Début des inséminations et la confrontation avec ma chef

En janvier 2017 on décide de mettre en place le traitement par piqûre et on commence les inséminations. Obligation donc de prévenir ma patronne que je devrai m’absenter des fois et partir d’un moment à un autre pour mes suivis gynécologiques. Je n’ai pas aimé devoir expliquer le fait que je ne pouvais pas concevoir d’enfant naturellement. Je me suis sentie jugée et regardée d’une autre façon.Les rdvs s’enchaînent avec le biologiste, encore des examens pour lui comme pour moi des prises de sang etc…

On se dispute souvent avec mon mari mais on continue. J’ai eu 5 inséminations, dont une le jour de mes 30ans, la 1ère mon mari était avec moi, mais les 4 autres je les ai vécues seule, car étant militaire il bossait à chaque fois.Je me sens délaissée par lui et incomprise sur le fait que ça soit négatif à chaque fois.Pour lui ce n’est pas grave, la vie continue. Pour moi c’était une évidence je voulais absolument être maman.

On débute les FIV

Après ces 5 inséminations ratées, mon gynéco m’envoie chez un confrère car lui n’a pas le nécessaire pour se lancer dans les FIV. En août 2017, je rencontre donc le Dr G qui est un homme formidable et très doux et qui prend le temps de bien tout nous expliquer.On reprend donc rdv avec le biologiste et on explique que Mr ne sera pas là pour les FIV à venir car il part en opération extérieure à l’étranger pendant 5mois. Nous partirons donc sur une FIV avec spermatozoïdes congelés. Mon mari n’avait donc qu’à prévenir par mail avec photocopie de sa carte d’identité recto-verso photocopie et un consentement écrit à la main stipulant qu’il était d’accord que l’on utilise ses paillettes.

A la 1ère FIV, en septembre 2017 je fais une hyperstimulation. On me prélève plusieurs ovocytes et un seul embryon se créée, on procède en faisant les 2 techniques de FIV possibles. C’est à dire une partie des ovocytes en fécondation classique. (Les spermatozoïdes vont féconder l’ovule seuls) et l’autre partie en FIV ICSO (on prend le meilleur spermatozoïde et on féconde l’ovule directement).

Le seul embryon que nous avons obtenu est issu de la FIV ICSI. On attend fin octobre pour me faire le transfert afin d’attendre que mon hyperstimulation soit passée. Malheureusement après 15 jours d’attente ma prise de sang est négative. En lisant les résultats dans ma voiture, je suis restée une heure à pleurer devant le labo et ne plus bouger. Je me suis sentie seule et incomprise. Mon mari me parlait via internet mais ne me réconfortait pas vraiment.

Une pause dans notre parcours

Je décide donc d’envoyer un mail à mon gynéco en lui disant que c’est trop dur et que j’arrête pour le moment. Il me répond en me disant qu’il n’y avait pas de soucis et qu’il m’envoyait l’ordonnance pour reprendre ma pilule le jour de mes règles et que quand je serai prête je pourrais le recontacter pour recommencer. Je décide de m’inscrire au permis moto au même moment et je passe le code rapidement.Puis un jour je rentre chez moi et dans ma boîte aux lettres se trouve l’ordonnance en question et ce jour-là aussi mes règles arrivent. Et je me dis que c’est un signe, qu’il ne faut pas que je loupe le coche. Je prends la pilule tout le mois de novembre, mes règles arrivent vers le 20 novembre 2017. Je passe mon plateau moto le 22 novembre que je réussis du 1er coup et Je reprends donc rdv avec mon gynéco.

Retour aux FIV avec une importante décision à prendre

Et tout s’enchaîne. On refait le traitement par piqûre. Mes ovaires sont hyper réactifs, mes follicules sont très bien et le 11 décembre, on me ponctionne les ovaires. Le 13 décembre je reçois le coup de fil tant attendu pour savoir combien j’ai d’embryons. Il est 9h je suis dans mon vestiaire. Le téléphone sonne, c’est la biologiste qui me dit que j’ai 2 embryons, un super beau qui sera transféré mais le 2ème s’il devait être congelé, ne tiendrait pas à la congélation. Elle me demande de choisir.

Je lui dis que je ne peux pas prendre la décision seule et que mon mari étant pas en France j’aimerais l’avoir au téléphone pour lui demander. Je lui demande si je peux la rappeler dans 1h et elle m’annonce qu’elle me laisse 15 minutes. Mes collègues me demandent de venir servir car la pharmacie est bondée, mais je ne peux pas bouger. J’essaie d’avoir mon mari au téléphone par message mais en vain. Je réfléchis et me dis que de toute manière ça ne fonctionnera pas alors je rappelle la biologiste et lui dis que je mets les 2. J’ai donc rdv à 13h30 pour le transfert.

Mon mari m’envoie un message à ce moment-là et je n’ai pas pu lui dire pourquoi j’avais essayé de le joindre. Les semaines passent, le 22 décembre je passe ma 2eme partie du permis moto, je ne pense plus aux embryons. Je passe outre. Puis le 24 décembre j’apprends que mon père a fait un infarctus. J’habite à 800km de lui. Le 25 décembre je pars et je fais la route en une seule journée. Je commence à avoir des douleurs dans le bas du ventre. Le 26 je fais quand même ma prise de sang, j’ai la possibilité d’avoir les résultats sur le net. Je passe l’après-midi avec mes sœurs et deux de mes cousines. Et je reçois le SMS disant que mes résultats sont disponibles.

 

Je suis enceinte !

Et je découvre que j’ai un taux a 397ui. Je n’arrive pas à y croire, je suis enceinte. Mes sœurs et mes cousines me serrent fort dans leur bras. Je préviens mon mari en lui envoyant la prise de sang et il préfère ne pas s’emballer et attendre la 1ère l’échographie. Le soir on décide avec mes sœurs d’aller voir notre père pour lui annoncer la bonne nouvelle. Le 27 décembre j’obtiens mon permis moto. Je repars chez moi le 28 décembre et ma 1ère échographie a lieu le 9 janvier. Mon mari n’est toujours pas au courant que j’ai mis 2 embryons et mes taux grimpent bien.

Le 9 janvier arrive et on distingue bien 2 fœtus. Je suis aux anges je porte la vie mais la peur vient car il faut l’annoncer au futur papa. J’envoie l’échographie à mon mari par message. Et il me demande ce que j’ai fait, que je suis inconsciente que je n’aurais jamais dû faire ça, mais j’ai eu beau lui expliquer que je n’avais pas eu le choix sinon le 2ème embryon allait mourir, il n’a pas voulu comprendre et ne m’a pas adressé la parole pendant 2 jours.

Les jours continuent et ma grossesse évolué super bien. Je ne me prends pas la tête je vis au jour le jour. En mars 2018 on apprend que ce sont 2 filles. Nous sommes aux anges. En juin, j’arrête de travailler, je suis allée jusqu’à mon congés pathologique. Les filles étant prévues pour septembre 2018 je me repose le plus possible.

L’accouchement

Fin août, je n’ai toujours pas accouché malgré les multiples essais. Le gynéco me fait rentrer d’urgence le 30 août à la clinique car il a peur que j’aie une pré-éclampsie. Mais 3 jours avant, je découvre sur le téléphone de mon mari une conversation très osée avec une femme (Avec qui il récidivera 15 jours après l’accouchement.). Ou il me dira qu’il en avait besoin parce qu’il en avait marre d’entendre parler de ma grossesse.

Je suis déclenchée le 3 septembre à 9h, j’ai mes premières vraies contractions à 14h30, je vais en salle d’accouchement à 15h30, je suis dilatée de 2, on me pose trop tôt la péridurale qui me ralentit le travail et je dilatée de 1 toutes les 1h30.

Camille est née le 4 septembre à 5h11. Elle pèse 3kg185 pour 50cm

Marion est née à 5h21. Elle pèse 3kg565 pour 52cm.

Le plus beau jour de ma vie est enfin là. Je suis maman.

 

Le retour à la maison et la rupture

Le retour à la maison se passe bien. On a un peu de mal le soir à cause des terreurs nocturnes, mais la nuit ça se passe super bien car elles ne réclament le sein ou le biberon qu’à 4h. Mon mari m’aide un peu mais râle beaucoup et me dit très souvent que c’est chiant de s’occuper de 2 bébés en même temps. A partir de là, on se dispute de plus en plus, je ne lui fais plus confiance à cause de la femme avec qui il parlait. Je découvre qu’il continue de lui parler et même qu’il l’appelle. Et après une énième dispute, il m’avoue qu’il ne m’aime plus et qu’il n’accepte pas qu’il y ait deux bébés et qu’il veut divorcer.Le monde s’écroule sous mes pieds mais je me dois d’être forte pour mes filles.On cohabite, je ne cherche plus à le dissuader de divorcer, j’ai compris et je me fais une raison.

Gérer la rupture jusqu’à une nouvelle rencontre

Je pars 15 jours dans ma famille pour les fêtes, lui travaillant et en rentrant je m’active pour vendre la maison car lui ne fait rien. Je m’occupe de mes filles seule la plupart du temps et gère seule financièrement les besoins des filles car il ne m’aide pas et ne veut pas m’aider.Nous avons vendu la maison très rapidement. En 3 semaines de temps elle était vendue. Début janvier ma meilleure amie n’en peut plus de me voir dans l’état où j’étais et elle me dit de m’inscrire sur un site de rencontres, de faire de nouvelles connaissances et surtout de prendre conscience que quelque part il y a quelqu’un d’autre pour moi.

Puis mi-janvier je commence à discuter avec Nicolas qui sort du lot de tous les mecs avec qui j’ai discuté. Il me fait rire et surtout il prend en considération les filles dans nos conversations. Le 4 février nous nous rencontrons et c’est le coup de foudre. J’ai repris le travail le 6 mars 2019. J’ai géré les filles seule avec la reprise du travail, mon divorce, mon déménagement dans mon appartement. Leur père s’en est foutu jusqu’à que nous fassions notre 1er rendez-vous avec nos avocates fin juin. C’est seulement à ce moment-là que j’ai eu enfin eu de l’aide financière de sa part.

Conclusion

Dans cette histoire j’ai de la chance d’avoir mes filles qui sont la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie. Ma séparation avec leur père est un mal pour un bien car j’ai rencontré Nicolas qui est un homme merveilleux avec qui on peut discuter de beaucoup de choses et surtout qui m’aide énormément avec les filles, il a envie de s’investir.J’ai eu pas mal de difficulté pendant ce long et périlleux chemin de la vie mais on voit toujours la lumière au bout du tunnel.

Camille et Marion sont mes lumières et je suis fière d’être leur maman !

Maëva

 

3 commentaires

  1. BEB'S

    Félicitations Maeva tu as été courageuse. C’est une belle histoire qui m’a montré que je ne suis pas seule dans ce périlleux voyage et que je peux m’en sortir avec le soutien de mon mari.
    Moi suis Sénégalaise mariée depuis 8 ans avec un homme merveilleux. On a fait pas mal de tentatives par stimulations ovariennes (monitoring) mais ça n’a pas donné. Après, ma Gigi m’a demandé de faire l’analyse AMH pour connaitre le nombre de follicules, hélas, on découvre que mon taux est très bas. On a donc décidé de faire la FIV (ICSI) ici meme au pays, j’ai obtenu 4 ovocytes dont 3 embryons. Le jour du transfert ma Gigi m’a conseillé de mettre les 3 en meme temps. Nous étions heureux mon mari et moi car on pensait être bientôt parents de Jumeaux. Malheureusement, après 2semaines d’attente, on a appris que c’était négatif. Ce fut un cauchemar pour nous deux. Heureusement, il a été plus fort que moi et m’a aidé a tourné la page et continué la vie.

    Aujourd’hui, nous nous projetons vers une deuxièmes tentative FIV (IMSI) en Europe ou aux Etats unies. Pour le moment, on croise les doigts en espérant que cette fois ci, nous verrons la lumière au bout du tunnel.

    Réponse
  2. Jennifer

    Bravo Maeva pour votre témoignage et votre histoire!! Vous avez su vous battre seule, et vous avez 2 magnifiques petites filles! Félicitations!!!
    Moi je rentre dans un processus de FIV-ICSI le mois prochain, mon conjoint me soutient beaucoup, nous sommes encore en pleine réflexion pour savoir si nous transférons 1 ou 2 embryons.. à savoir que l’équipe essaye un peu de nous décourager à en mettre 2 d’un coup…

    Réponse
    • Maeva

      Merci beaucoup. C’est a vous de choisir pour le choix des embryons. Mais si le fait de vous occuper de 2 bébés ne vous fait pas peur alors foncez. Sachez que ça peut être difficile au début mais ensuite ce n’est qu’une routine et surtout beaucoup de bonheur quand on les voit jouer ensemble rire ensemble et faire des bêtises ensemble

      Réponse

Laissez un commentaire !

Share This