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Témoignage de Mélissa : 2 FIV après 40 ans et une petite fille

Maman séparée et désir d’enfant avec le nouveau conjoint

J’ai eu mon fils jeune et sous contraceptif. Je ne souhaitais pas un autre enfant aussitôt après. Puis je me suis séparée du père de mon fils.
Quelques années après, dans le cadre d’une nouvelle union, mon nouveau conjoint et moi avons souhaité agrandir la famille.

D’autant plus que mon conjoint n’avait pas d’enfant.
Après quelques temps d’essais, nous avons demandé de l’aide à ma gynécologue. Elle nous a clairement déconseillé de pratiquer des examens, avançant l’argument que la nature est bien faite et que s’engager dans des examens engendrerait du stress, ce qui est défavorable à la fertilité. Il fallait donc attendre. Là ont commencé les longs mois à guetter l’ovulation à chaque cycle… Les mois se suivaient…. Et les résultats négatifs des tests de grossesse aussi. Chaque résultat négatif entraînait un désespoir chaque fois plus profond… Jusqu’à ce que ma gynécologue parte en retraite.

Le changement de gynécologue et début du parcours PMA

Ça a été une libération de changer de gynécologue. Elle et mon médecin traitant nous ont encouragé à faire des examens et un suivi PMA. Nous avons donc pris rdv avec un centre privée. Nous avons passé une série d’examens pour définir la cause de notre infertilité. Mais les résultats indiquaient que tout était normal, aussi bien pour moi que pour mon conjoint. Nous étions donc en infertilité primaire. Moi qui me pensais hyper fertile du fait de ma 1ère grossesse sous contraceptif, je ne comprenais pas ce qu’il se passait.

Par contre, le temps lui avançait… Tic tac tic tac… Nous entrions dans la quarantaine… Et le centre insistait sur mon « âge avancé » tant pour la limite de prise en charge en France (jusqu’à la veille des 43 ans) que pour ma réserve ovarienne.

Nous avons donc commencé la stimulation ovarienne. Le médecin abordait régulièrement le sujet du risque important d’échec lié à mon âge et commençait à nous parler d’adoption avant même d’aborder la FIV. J’étais dévastée. L’adoption n’était pas du tout notre projet de vie.

On a parlé de notre suivi médical à notre entourage. C’était une erreur. Entre ceux qui rient, ceux qui ne comprennent pas ou s’en moquent comme de l’an 40, ceux qui demandent des détails croustillants du mode d’emploi de notre intimité, et ceux qui font des réflexions sur cette folie à notre âge (« Tu ne vas quand même pas refaire un môme à ton âge ?! »), nous n’avons trouvé aucun soutien. Vraiment aucun. Nous étions seuls avec notre désespoir d’avoir un jour un mini nous.

Le dur quotidien d’une pmette



Ça tombait à une période déjà relativement fatigante pour moi puisque je devais faire des journées de 12h au travail pour préparer un diplôme. Je courrais pour le travail, pour les prises de sang et les échos de contrôle, ces deux examens étaient à faire exclusivement au centre de PMA où j’étais suivie. Les échos étaient d’une durée record : 7min passées dans le bureau à te déshabiller, faire l’écho et te rhabiller et au revoir madame. Je passais plus de temps dans le bureau de la secrétaire à régler et reprendre rdv.

Il fallait que je sois rentrée à l’heure à la maison pour me faire mes piqûres moi-même ou que mon conjoint me les fasse. J’avais bien essayé l’infirmière à domicile mais non seulement elle me faisait des bleus pas possibles, mais le jour de la piqûre d’Ovitrelle pour déclencher l’ovulation elle avait eu une remarque quelque peu déplacée : »Allez ce soir il faut y aller hein ! C’est le moment-là ! Ha ha ha ». Exaspérant et irrespectueux de la part d’une soignante.

Et en plus elle ne connaissait pas le produit mais ne s’était pas non plus renseignée car l’ovulation ne se déclenchait pas dans les deux heures suivant l’injection… Bref… Nous avons préféré nous débrouiller seuls pour les piqûres suivantes.

Un parcours de plus en plus difficile à vivre



La fatigue physique et psychologique s’accumulaient au fil des mois, ça devenait très compliqué pour moi. Et les hormones faisaient aussi effet niveau de la fatigue, sautes d’humeur, douleurs…. Et poids ! Parce qu’on ne m’avait pas prévenue que les hormones faisaient prendre 2 à 3 kgs à chaque protocole. Je m’essoufflais plus vite à courir partout, des douleurs aux genoux et hanches se faisaient sentir avec la prise de poids.

J’ai dû refaire ma garde-robe. Bref, le stress montait crescendo. Les rapports sexuels étaient programmés (« entre 3 et 5 jours d’abstinence avant l’ovulation ») et ça devenait mécanique, usant… Les réflexions d’un entourage qui ne comprend pas la souffrance qu’on traverse et qui fait des blagues douteuses (« S’il n’arrive pas à te mettre enceinte, viens je vais m’en occuper moi ») Te minant chaque fois un peu plus le moral…

Marre de cette privation de soirées à l’extérieur parce qu’il fallait conserver les piqouses au frigo.

Et marre de ce centre pma qui cherche à te faire croire que tu es trop vieille passé 40 ans et qui te traite comme un vulgaire client prêt à raquer à hauteur de son désespoir pour pouvoir pouponner. Ce que j’infligeais à mon corps en valait-il le coup ?

Une pause bienvenue

On a donc décidé de faire une pause de quelques mois. J’avais besoin de repos, de reprendre des forces. On ne m’avait pas prévenue que c’était si intense ce parcours. Après quelques mois, on a décidé de ne pas retourner à ce centre de PMA. On a préféré dire à une partie de notre entourage qu’on abandonnait l’idée d’avoir un bébé. Et certains se sont lâchés : »De toute façon à votre âge c’est mieux que vous n’en ayez pas », on encaisse on respire et on sourit en serrant les dents. De quel droit se permettent-ils de juger et de décider ce qui est mieux pour nous ?

Changement de centre de PMA : passage du privé au public

On a ensuite changé de centre PMA. On a choisi un CHU. Le temps pressait j’avais 41 ans à ce moment-là, et j’approchais des 43 ans à grand pas. Ce nouveau centre a été top avec nous. On nous a tout expliqué de À à Z. Et le temps de refaire quelques examens, c’est en toute confiance que j’ai fait ma première FIV à 42 ans (sans don d’ovocytes car : NON on n’est pas périmée passé 40 ans!).

La 1ère FIV a été compliquée car, suite à un concours de circonstances, les divers anesthésiants locaux n’ont pas complètement fait leur effet et j’ai souffert le martyr lors de la ponction. Nous avons alors décidé que ce serait la seule fiv en raison de cette souffrance mais aussi pour tout ce que ça impliquait comme complications nous ayant précédemment conduits à faire une pause. En revanche : belle récolte (9 ovocytes et 7 embryons) mais aucune accroche suite au transfert d’un embryon J3 frais.

2ème et dernière FIV

Ayant peur de regretter de ne pas avoir été au bout de notre projet, on a décidé de refaire une seconde FIV, mais cette fois-ci serait la dernière car trop éprouvant. Rapidement après on a donc refait la deuxième FIV. Elle s’est déroulée sans douleur cette fois ci, les anesthésiants locaux ayant été efficaces. Nous avons eu une belle récolte aussi (9 ovocytes et 8 embryons). On m’a transféré 3 embryons J3 frais puisque nous avions décidé que ce serait la dernière. Et il restait 1 blastocyste à congeler.

Jusqu’au résultat positif… 

Nous attendions la prise de sang avec impatience. Et enfin le résultat était positif ! J’étais enceinte ! Un des trois embryons s’était accroché. Enfin ! Ça y est on allait avoir notre mini nous ! On était évidemment hyper heureux ! On s’est empressés d’acheter un super lit combiné et quelques babioles pour le bébé. Mais aux prises de sang suivantes, le taux de BHCG n doublait pas correctement. J’ai fait 3 échos où l’on me disait qu’il fallait attendre la semaine d’après pour se prononcer.

…Et la fausse couche

Mais finalement j’ai fait une fausse couche à 11sa, le cœur du fœtus était absent. A ce moment-là, notre monde s’est écroulé. On se dit que la nature est joueuse, moqueuse, cruelle, qu’elle vous laisse toucher du doigt votre rêve, puis vous le retire. Il y avait encore des personnes pas très intelligentes dans notre entourage dont une particulièrement qui, à l’annonce de ma fausse couche et de la raison de cette fausse couche m’a demandé avec insistance : « Bon mais ils t’ont quand même fait écouter le cœur ? Ah non ? Bon mais il est vivant ou il est mort alors !?! ». Voilà toute l’intelligence de certaines personnes… Qui ne montrent aucune diplomatie, aucune empathie, et te rient au nez parce que « Ce n’est pas grave, de toute façon à votre âge c’était peine perdue… »

Le transfert du dernier blastocyste… enceinte

Il nous restait 1 blastocyste. J’approchais des 43 ans dans quelques mois. Je n’y croyais plus du tout, mais on m’a quand même transféré ce blasto. Le dernier transfert était de 3 embryons et seulement 1 s’était accroché pour déboucher sur une fausse couche donc là aucune chance que ça prenne. Je n’avais qu’une idée en tête, c’était attendre le résultat négatif pour vite refaire une toute dernière fiv avant mes 43 ans. Mais contre toute attente je suis tombée enceinte.

Mon taux de BHCG doublait plus que bien. Les échos étaient parfaites. En début de grossesse j’ai eu des hémorragies importantes qui m’ont contrainte à rester alitée le 1er trimestre. J’ai passé le premier trimestre avec les félicitations du médecin qui m’a indiqué que j’avais dépassé le risque de fausse couche.

Mais je n’y croyais pas. J’ai passé le cap de mes 43 ans limite triste en me disant que si je faisais une fausse couche tardive, je ne pourrais plus refaire de fiv en France. Mes résultats d’examens avaient toujours été correctes. Mais au 9ème mois de grossesse, les résultats ont commencé à être moins bons, j’ai fait une prééclampsie, ce qui pouvait nous mettre en danger le bébé et moi. L’accouchement a donc été déclenché 3 semaines avant le terme.

Après avoir redouté la fausse couche toute la grossesse, j’y ai enfin cru quand j’ai pu tenir dans mes bras ma belle petite princesse. Elle a bientôt 2 mois et fait notre bonheur.

Et je suis aujourd’hui convaincue avec le recul que, même si ce long parcours a été épuisant et douloureux, oui la nature est bien faite, et les choses arrivent au bon moment. Il ne faut jamais baisser les bras quand quelque chose nous tient à cœur.

Mélissa

 

 

 

2 commentaires

  1. Lucie Rousee

    Merci Mélissa pour ce témoignage. Je me sens moins seul ds ce parcours long et difficile. J’ai 41 ans, 2ème fiv, transfert de mes deux seuls embryons suite à la ponction, prise de sang bientôt….je croise les doigts. Lucie.

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    • Verrecchia

      Bonsoir Melissa en plein traitement fiv et crois bien le dernier car dans 4 mois, 43 ans, je m accroche et garde espoir en vous lisant. Je vous souhaite une belle continuation avec votre ange. Au plaisir de vous lire.

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