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Le témoignage de Céline : 10 ans de parcours PMA, un don d’ovocyte en France et un bébé

Présentation

Bonjour je m’appelle Céline, j’ai 40 ans et j’ai une infertilité sévère d’origine inconnue. Je suis en couple avec mon homme depuis 15 ans.

Le désir d’enfant et les premiers examens

Tout commence par notre envie de fonder une famille il y a presque 10 ans (nous avions alors 30 ans). Mon homme a déjà une fille d’une première union. Nous sommes en janvier 2010, j’arrête mon contraceptif (j’étais sous anneau vaginal). Après un an d’essai sans grossesse (en 2011), je vais voir ma gynécologue qui me prescrit, ainsi qu’à mon homme, une batterie d’examens (échographie pelvienne avec comptage des follicules, test de Hüner, spermogramme et spermoculture pour monsieur et des prises de sang et là le taux AMH est anormalement bas pour mon âge (30 ans), je faxe mes résultats à ma gynécologue et j’attends de ses nouvelles, elle ne me recontactera pas…

Je change pour un gynécologue spécialisé en PMA

Étant très déçue j’en parle à ma mère qui me conseille d’aller voir SON gynécologue qui est spécialisé en infertilité. Je prends rdv, y va avec mon homme avec nos résultats et le gynécologue nous pose le diagnostic : madame vous avez une infertilité sévère, votre taux AMH est très bas (en gros j’ai une réserve ovarienne d’une femme de plus de 40 ans), donc les chances d’une grossesse naturelle sont quasi nulles, nous sommes abasourdis.

L’incompréhension et la peur nous envahissent, le gynécologue nous remplit le 100% pour l’infertilité pour moi et pour mon homme.

Début des FIV

Nous ressortons de cette consultation avec dix milles questions, le gynécologue nous a pris rdv pour la réalisation d’une FIV ICSI, celle-ci est réalisée en 2012 : le protocole est fait, l’échographie aussi au total je crois que j’avais 2 ou 3 follicules de prélevés le jour de la ponction, mais le jour du transfert malheureusement 1 seul embryon s’étant développé je n’ai pas pu en congeler d’autres et avait juste 1 seule chance que ça fonctionne, les 14 jours arrivent le jour le prise de sang aussi et résultat NÉGATIF.

Direction le CECOS

Le gynécologue de ma mère partant à la retraite je m’oriente vers un CECOS dans un hôpital en région parisienne.Nous sommes en 2013 premier rdv pris à l’hôpital avec notre dossier.
La gynécologue nous propose directement des inséminations intra utérines avec sperme du conjoint (IAC).Nous en ferons en tous 6 IAC entre 2013 et 2014, toutes NÉGATIVES.
Elle tente une FIV simple qui se soldera aussi par un échec avant même le transfert (mes ovaires ne répondant pas au traitement aucun follicule ne grossissait) arrêt du traitement.Aucune grossesse en plus de 4 ans je commence à perdre espoir.On m’explique que tous mes traitements de PMA (FIV IAC) détériorent le peu de réserve ovarienne qu’il me reste…Tous ces examens : prises de sang échographies, hystérographie, examens vaginaux, spermogrammes à répétions… tout ça pour rien !

Nous entrons dans le -long- parcours de don d’ovocytes en France

Fin 2014 la gynécologue nous oriente vers sa collègue qui s’occupe du don d’ovocytes.
Mon homme n’est pas pour. Ce qu’il veut c’est un enfant de nous deux, un enfant qui nous ressemble. Quel déchirement de se dire que je n’aurai jamais d’enfant « biologique ».

Nous prenons rdv avec cette gynécologue fin 2014 qui nous explique le processus du don d’ovocyte, que l’on doit trouver une personne qui puisse nous parrainer « une donneuse » qui grâce à elle nous fera « monter dans la liste du don » car oui en France on a besoin de donneuse et donneur pour faire un parrainage. J’ai eu la chance d’être inscrite sur la liste SANS donneuse mais pour avoir recours au don il fallait absolument qu’on trouve une donneuse qui nous parraine.

Début 2015 nous avons été aussi au tribunal pour faire le document administratif pour le don (cela a été gratuit il fallait juste prendre rdv avec tous les documents demandés).
Nous avons revu la gynécologue avec le document du tribunal, elle nous a fait signer plein d’ordonnances et nous a demandé d’aller voir la psychologue. A ce moment-là également mon homme a fait faire congeler ses spermatozoïdes pour le don d’ovocytes.

Cela a été le parcours du combattant pour trouver la donneuse (elle devait avoir moins de 37 ans), dans mon entourage je n’ai trouvé personne, j’ai dû aller sur des forums sur le don d’ovocytes. J’ai pu enfin trouver notre « fée » en septembre 2016 soit 1 an et demi après l’inscription sur la liste du don.

Notre fée a donc fait le protocole pour être donneuse d’ovocytes et 6 mois après, donc en mars 2017 nous avons reçu un courrier de l’hôpital nous disant qu’il avait trouvé une donneuse compatible avec nous mais que malheureusement aucun embryon n’a pu être bon pour le transfert (je précise que je n’avais reçu aucun appel de l’hôpital pour nous prévenir, je n’ai pas trouvé cela pas très correct) j’ai donc pris rdv avec la gynécologue en septembre et je lui ai dit qu’on avait reçu un courrier datant du mois de mars mais qu’on n’avait pas été mis au courant, elle nous a expliqué les causes de l’échec du transfert.

Le sort s’acharne, nous voulons comprendre

En mars 2018 nouvel appel de l’hôpital pour nous dire qu’il avait trouvé une donneuse pour nous.J’ai donc commencé le protocole pour préparer mon endomètre à recevoir le don mais quelques jours avant le transfert appel de la gynécologue qui nous annonce que tout va être annulé car lors de la FIV ICSI aucun embryon ne s’est développé (même souci qu’en 2017) je suis complètement anéantie par ce nouvel échec je ne comprends pas qu’est-ce qui se passe ?? je demande à la gynécologue si le souci vient du sperme congelé… la gynécologue ne trouve aucune réponse, notre dossier est rediscuté en staff avec les biologistes.

La gynécologue nous revoit en consultation (dans l’attente de ce rdv nous avons demandé un second avis dans un autre hôpital mais à Paris et la gynécologue qu’on a vu nous a dit qu’on était bien suivis dans l’autre hôpital et que si on voulait être inscrit sur la liste du don dans l’hôpital parisien il fallait qu’on trouve une nouvelle donneuse et qu’ils n’inscrivaient aucun couple sans donneuse).

Nous avons donc attendu de revoir la gynécologue en septembre 2018 pour refaire le point sur notre dossier qui depuis 2015 n’avançait pas et qu’aucun transfert n’avait eu lieu…Elle nous réexplique sur les délais sont longs, qu’il n’y a pas beaucoup de donneuses et qu’il fallait qu’on attende qu’une donneuse soit compatible avec nous.

Après une longue attente

Nous avons attendus jusqu’en juillet 2019 car ne voyant pas d’appel, j’ai repris rdv avec la gynécologue début juillet pour encore refaire le point, on avait discuté avec mon homme sur l’éventualité qu’on ne nous appelle pas, qu’il n’y ait aucune donneuse de compatible, de vivre sans enfant, de ne jamais pouvoir vivre de grossesse, on a dit tout ce qu’on avait sur le cœur, ce que la PMA nous avait apporté depuis 2011…

Début juillet, nous allons voir la gynécologue et j’étais prête pour lui parler de l’éventualité de tout arrêter, qu’on en avait marre d’attendre ce don qui n’arrivait pas, l’attente était trop dure à supporter et on avait quand même 40 ans maintenant.

Presque 10 ans d’attente, d’essais, d’échecs, de pleurs et de peurs de ne jamais y arriver à avoir ce bébé.
Et puis contre tout attente la gynécologue nous annonce avoir trouvé une donneuse elle nous dit si tout va bien la ponction aura lieu fin juillet avec un transfert quelques jours après. Cette annonce je l’ai prise avec des pincettes j’étais contente mais extrêmement stressée et angoissée.Par contre la gynécologue nous a dit que ce don sera fait avec du sperme FRAIS pour avoir plus de chance.

Enfin le transfert… et un test positif

Le transfert a donc eu lieu fin juillet (2 embryons) j’ai fait la prise de sang mi-août et à notre grande surprise le résultat fut POSITIF je n’y croyais pas du tout heureusement qu’il y a eu 3 prises de sang en tout et que les 2 autres prises de sang étaient aussi POSITIVES. Notre miracle était enfin là dans mon ventre, ce ventre que je pensais hostile à une grossesse.Je suis actuellement enceinte de 6 mois.

Je ne remercierai jamais assez mon homme de m’avoir soutenu pendant toutes ses années de PMA et surtout à cette donneuse anonyme qui grâce à elle, me permet actuellement de vivre le plus beau des voyages dans le monde de la maternité ce monde que je n’imaginais plus.

Conclusion

Si je peux donner un conseil à tous ces couples en attente, ne perdez pas espoir les miracles arrivent quand on ne s’y attend le moins, on était sur le point de tout arrêter et maintenant je vis ma grossesse à 40 ans.
Tout est possible.
Merci d’avoir lu mon témoignage jusqu’au bout.
Bonne chance à vous toutes ️.

Céline

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