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Le témoignage d’Alice : 3 ans de PMA, 3 FIV, des opérations et un petit garçon

Bonjour à toutes et tous,

Après un parcours de plusieurs années  parsemé de hauts et de bas, de joies et de peines, d’espoirs et de déceptions nous sommes depuis 6 mois les heureux parents d’un petit garçon.

Nous souhaitions partager avec vous notre expérience et notre témoignage tout au long de cette aventure qui pour nous continue encore aujourd’hui puisque nous avons commencé les démarches pour bébé 2

Voici donc notre petite expérience et nos ressentis personnels, à mon conjoint et moi,  face à une situation qui touche, nous le savons, de nombreux couples. Nous en profitons d’ailleurs pour adresser à chacun de vous notre soutien dans les démarches/RDV/protocole !

Le commencement

Je suis atteinte d’endométriose depuis l’âge de 18 ans et je savais que le jour où je voudrais être maman cela serait compliqué. Après avoir été opérée une première fois à vingt ans, ma gynécologue m’a expliqué que je devrai probablement avoir recours à la PMA. A l’époque j’étais célibataire, étudiante et je ne m’en étais pas spécialement préoccupée. A chaque consultations gynécologiques, le/la professionnel(le) me parlait de PMA ou de FIV.

Lorsqu’avec mon conjoint nous avons décidé de fonder une famille, c’est donc tout naturellement que nous avons pris RDV avec le service PMA de notre ville (Lyon).

Nous n’avons même pas essayé de faire un mini nous naturellement, « à l’ancienne »  , nous avons directement fait des examens et la gynécologue nous a, comme nous nous en doutions, orienté vers une FIV. Nous précisons que le futur papa n’a lui aucun « souci ».
Nous ne pouvons donc pas dire que cela a été difficile d’apprendre la nouvelle ou d’encaisser le faite de devoir faire une FIV puisque nous le savions depuis très jeune et que nous en parlions même bien avant notre projet d’enfant.

Pour des raisons professionnelles nous avons dû déménager dans le sud-ouest et notre dossier a été transféré de Lyon à Toulouse.

La nouvelle gynécologue a de suite parlé de FIV également et nous étions même soulagés que cette gynécologue également nous inclue très vite dans un protocole.

La 1ère FIV interrompue

Le mois suivant « nous » commencions les piqûres de stimulation. Seule la future maman a des piqûres  (en tout cas dans notre cas), mais nous avons du début à la fin vécu ce protocole ensemble. Nous avons assisté à tous les RDV à deux (sauf le monitoring) même ceux où le futur papa n’était pas obligatoire. Il s’agissait de notre futur mini NOUS , quand futur maman se piquait, futur papa était à ses côtés (un peu pâle du genou car évidement, ce dernier a la phobie des piqûres et de l’hôpital   !)

Le début du protocole s’est très bien passé, je me piquais donc seule et je n’ai eu aucun effet secondaire. Après une petite quinzaine, j’ai fait les navettes 1 fois par jour pour le monitoring sans arrêter de travailler et doucement mais sûrement nous avions l’impression que notre envie de bébé se concrétisait de jour en jour.

Malgré les piqûres et les traitements nous trouvions que tout cela était très positif. L’équipe était très disponible par mail (gynécologue, sages-femmes, biologiste) et tout se déroulait simplement et nous n’avons pas eu le sentiment d’être un « numéro » comme certaines femmes ou couples peuvent le ressentir car nous n’avions aucune question particulière ou inquiétude. Nous avions le sentiment que si nous faisions correctement les choses, forcément à un moment cela marcherait.

Lors de l’échographie de contrôle au bout de quinze jours ou trois semaines de protocole une sagefemme nous a téléphoné pour nous dire de tout arrêter et que nous serions contactés plus tard par l’interne ou la gynécologue. On nous a téléphoné pour nous annoncer qu’une nouvelle opération des ovaires était nécessaire. Ce fut le premier coup dur car le chirurgien nous a expliqué que le temps de cicatrisation devait être de six mois. Le curetage a été important, l’opération a duré presque 4h et a endommagé une trompe (le chirurgien a choisi de la laisser alors que la gynécologue et moi avions demandé de l’enlever). Malgré la fatigue physique après l’opération, nous avons pu reprendre le protocole six mois après.

La 2ème FIV

Après 3 semaines de piqûres, échographie de contrôle et là, re belote :  appel de la sagefemme : « arrêtez tout, vous devez vous faire opérer pour… enlever… la trompe…
La cœlioscopie a lieu quelques semaines plus tard, beaucoup plus courte donc pas besoin d’attendre six mois de cicatrisation cette fois. Le mois suivant, nous reprenions le protocole.

Tout se passe bien, nous sommes de nouveau très positifs et sur une bonne dynamique. Nous sommes d’un naturel joyeux et quand le RDV pour la ponction a été pris nous étions très heureux de nous y rendre.

La douleur fut atroce !!!! Malgré l’anesthésie et habituellement une bonne résistance de la futur maman, là on peut affirmer que le traumatisme fut important pour tous les deux (moi en pleurs et donc mon conjoint désemparé de me voir aussi mal).
Mais encore une fois, on suit le mouvement. Le rdv pour le transfert est programmé et forcément, c’est ce pourquoi on fait tout ça !

Le jour du transfert un biologiste que nous ne connaissions pas nous a téléphoné et nous a annoncé sans ménagement que nous n’avions pas obtenu d’embryon et il nous a souhaité…  « une excellente journée » après un appel de littéralement 2min12s !!!!! Lorsque nous lui avons demandé la suite pour nous, il nous a simplement répondu qu’il ne savait pas car il ne connaissait pas notre dossier… CLASSE !

Nous avons encaissé avec des larmes pour moi et mon conjoint qui a pris les choses en main en demandant à être rappelé très vite.
Nous avons donc pu joindre dans la journée « notre » biologiste qui a pris le temps de nous expliquer et de répondre à nos questions durant un entretien téléphonique de 25min.
Notre gynécologue nous a reçu (à notre demande, vraiment n’hésitez pas à les solliciter si besoin !) pour de nouveau nous expliquer. En gros, nos ovocytes étaient soit trop matures pour être fécondés soient trop petits et donc il y avait peu de chance qu’il se développent correctement.

Le sentiments de tout devoir recommencer a été dur à encaisser mais évidemment, on l’a fait ! L’équipe nous a dit qu’ils n’étaient pas inquiets et qu’en fait ils n’avaient pas déclenché assez tôt l’ovulation. Que la première tentative était pour eux un essai et qu’ils s’attendaient à un échec dès le début au vu du monitoring !!!! Euh… et bien merci de nous l’avoir dit avant !!!! Nous avons donc re posé le cadre avec l’équipe, c’est à dire que nous souhaitions être informés de ce genre de choses, même négatives et que nous avions toute confiance en eux mais que nous avions besoin de concret. Nous aurions préféré être informé des difficultés plutôt qu’on nous laisse plein d’espoir !

La 3ème FIV

Le cycle suivant nous avons donc recommencé avec un nouveau protocole mais cette fois l’équipe nous a imposé l’arrêt de travail pour moi durant les 15 jours de monitoring afin d’être plus détendue et reposée et le jour de la ponction est arrivé… aïe aïe aïe !!! Nous avons expliqué nos inquiétudes et demandé une anesthésie plus forte. La sage-femme nous a expliqué que cela n’était pas possible mais nous a accompagné avec de la musique, des exercices de respiration et tout s’est très bien passé ! Zéro douleurs

Nous avons pu avoir un transfert d’embryon déjà fécondé (FIV ICSI) quelques jours plus tard et quatre embryons à congeler .

Le sentiment après l’implantation a été très bizarre ! On est contents mais on ne veut pas avoir trop d’espoir ! On se sent déjà parents et en même temps rien n’a vraiment changé

L’attente et la délivrance

On pense que c’est bon puis le lendemain on se dit que ça n’a pas marché. A titre personnel nous avions fait le choix de ne pas en parler à nos proches (familles notamment) mais nos collègues de travail étaient au courant et ce dès le début du premier protocole. En effet, nous ne voulions pas être seuls dans les démarches et avoir un soutien était très important. Par contre, nous ne voulions pas avoir de « pression » de la part de nos familles ou des très bons amis. Les collègues avec qui on s’entend était un bon compromis surtout lorsque vous arrivez au travail avec le moral dans les chaussettes ou de mauvaise humeur. Ils ont été un soutien précieux.

Nous avons même réussi à attendre le test de grossesse positif par prise de sang sans faire de « test pipi » ! La joie ressentie est indescriptible et elle fait évidemment oublier les années de galère (3 ans pour nous au total entre le premier RDV et l’implantation)

A partir de là nous étions dans l’état d’esprit qu’en cas de fausse couche nous avions nos futurs petits nous au congélateur et que donc il y avait encore et toujours de l’espoir

Garder espoir c’est parfois très dur et même aujourd’hui après la naissance de notre fils, on appréhende bébé 2 tout en gardant l’espoir que tout va bien se passer !

Bon courage à toutes et tous et nous espérons que ce témoignage vous aidera

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