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Le témoignage de morgane, des cycles irréguliers, du SOPK, une FIV et une grossesse

Notre vie avant le désir d’enfant

Je m’appelle Morgane j’ai 27 ans, je suis en couple depuis mai 2015 avec Julien qui a 33 ans.

Quand j’ai rencontré Julien, j’avais 21 ans. Avec lui tout était simple, on ne se disputait jamais, on partait en vacances, on vivait notre vie sans se poser de questions… On est vite tombé amoureux l’un de l’autre et tout était parfait !

Un an et demi après notre rencontre, l’envie d’un bébé a fait son apparition, j’ai donc arrêté la pilule en décembre 2016. Je savais au fond de moi que ça serait compliqué pour moi de tomber enceinte mais je ne m’attendais pas à vivre tout ça, je pense qu’on ne peut jamais se préparer à ça…

Des cycles irréguliers, voire inexistants, nous souhaitons faire un bébé

J’ai eu mes règles pour la première fois à 13 ans, jusque-là rien d’anormal mais ensuite quasiment rien. Entre mes 13 ans et mes 19 ans j’ai eu mes règles exactement cinq fois, elles n’avaient jamais la même durée et je souffrais beaucoup. Mes cycles sont rentrés dans « l’ordre » en prenant la pilule à 19 ans. Pour prendre la pilule la gynécologue m’a prescrit une prise de sang, laquelle a révélé que j’avais trop de testostérone ce qui d’après elle était la seule raison sur le fait que je n’avais pas mes règles. Elle décide donc de me déclencher mes règles avec des médicaments. Je souffrais encore plus pendant mes périodes de règles, parfois j’avais même du mal à marcher ! Mais pour moi c’était normal, je me disais juste que c’était comme ça quand on avait ses règles et c’est tout. Je ne me posais pas plus de questions que ça.

L’arrêt de la pilule et les premières consultations

En décembre 2016 on décide donc que j’arrête de prendre la pilule, j’ai senti directement une différence sur ma libido, j’avais également moins mal au ventre, par contre mes règles ne revenaient pas. Tout le monde (gynécologue, médecin généraliste, amies…) me disait que la pilule pouvait dérégler les cycles alors il fallait juste que je sois patiente et ça allait revenir. Après quatre mois d’attente toujours aucun signe de mes règles, je décide d’accélérer un peu les choses sachant qu’avant la pilule je n’avais déjà pas mes règles je savais très bien que ce n’était pas normal.

Je décide donc d’aller voir ma médecin généraliste, elle me prescrit du duphaston, quelques jours plus tard mes règles apparaissent enfin ! Je calcule ma période d’ovulation, on a des rapports un jour sur deux… J-30 pas de règles : test négatif… J-40 pas de règles : test négatif… Les jours passent, je n’ai ni mes règles ni un test positif. Je retourne voir ma médecin, d’après elle si j’ai eu mes règles c’est que j’ovule correctement donc pour elle il n’y a aucun problème !!

Elle rajoute même qu’elle a fait sa thèse de doctorat sur les femmes qui essaient d’avoir un enfant, donc elle s’y connaît très bien…

Elle est catégorique, si j’ai mes règles c’est que j’ovule ! Elle me prescrit une prise de sang, sans surprise elle est négative ! Elle me dit qu’il faut que je sois patiente, que ça va venir, que j’y pense trop… Je décide d’aller voir une gynécologue, j’arrive à avoir un rendez-vous rapidement.

Elle me prescrit une prise de sang et une échographie endovaginale à faire. Je garde un très mauvais souvenir de cette échographie, on me dit de me déshabiller dans une petite pièce puis de m’installer sur la table d’examen. Je m’exécute, je suis nue sur la table et plusieurs personnes du personnel rentrent et sortent de la pièce pour récupérer du matériel, la dernière va même laisser la porte entre ouverte !!

L’annonce du SOPK

Le radiologue arrive enfin, il commence à me faire l’échographie mais finalement il décide de ne pas la faire en endovaginal car ça ne sert à rien d’après lui… Il m’annonce de but en blanc que j’ai le syndrome des ovaires polykystiques. Je sors de là choquée ! Personne ne m’a respectée et on m’a appris que j’étais SOPK ! Je ne savais même pas ce que c’était d’ailleurs et je me disais que mes ovaires étaient pleins de kystes je me demandais même si ce n’était pas un cancer ! À ce moment-là je comprends juste que ça va compliquer notre projet bébé alors je pleure…

Je retourne voir ma gynécologue avec tous les résultats, elle confirme que je suis sopk, elle m’explique vite fait ce que c’est sans rentrer dans les détails… Heureusement qu’il y a internet pour faire des recherches !!

Elle me prescrit du duphaston pour déclencher mes règles et je devrais faire une échographie en période d’ovulation pour voir comment mes ovaires réagissent. On se rend compte qu’il ne se passe rien ! On retente le duphaston mais cette fois-ci on y ajoute du Clomid, on fait une échographie à J-14 mais toujours rien… Elle me prescrit alors de la Metformine, mon corps n’acceptait pas du tout ce médicament mais elle insiste pour que je continue à le prendre en plus du duphaston et du Clomid ! Encore un échec ! J’ai fait cinq traitements avec le duphaston, Clomid et metformine qui se sont tous terminés par un échec !

C’est dur psychologiquement, pourquoi ça ne fonctionne pas ? Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Pourquoi moi ? Je culpabilise, je m’en veux de ne pas pouvoir « offrir » un enfant à Julien. Il me rassure autant qu’il peut, j’ai un mari formidable mais moi je culpabilise trop et je sais qu’il souffre aussi et je pense que c’est de ma faute même s’il me dit l’inverse !

Je décide de prendre rdv avec une autre gynécologue pour avoir son avis. L’accueil est froid, elle me demande pourquoi je viens la voir et quand je lui explique elle me répond « que voulez-vous que j’y fasse ?! » elle ne me pose pas de questions, elle ne m’ausculte pas, elle me fait bien comprendre que ça sera compliqué mais elle finit quand même par me donner le numéro d’une centre de PMA. Le manque d’empathie, d’écoute, de respect, l’attente de ce bébé qui est trop longue, je pars de ce rdv en pleurs encore une fois…

Nous allons dans un centre de PMA

J’appelle le centre de PMA, j’ai un rdv cinq mois après. Nous rencontrons la biologiste du centre de PMA en avril 2018, une personne accueillante, gentille, douce, à l’écoute !! Elle nous écoute, j’avais pris avec moi ma prise de sang et mon échographie des ovaires.

Elle me confirme encore une fois que je suis SOPK. Elle me demande de récupérer mon dossier chez ma gynécologue et tout un tas d’autres examens pour moi et aussi pour Julien !! Elle prend rendez-vous pour nous avec une gynécologue du centre, nous avons rdv avec elle le lendemain après-midi.

Le rendez-vous avec la gynécologue s’est très bien passé, encore une fois nous tombons sur une personne adorable, douce et respectueuse ! Elle regarde notre dossier, elle nous écoute et elle me fait une échographie endovaginale. J’ai compris en voyant la tête qu’elle a fait quand elle a vu mes ovaires que c’était à un stade grave, elle me l’a gentiment expliqué et je suis sortie du rdv sans pleurer ! On prend rdv pour faire tous les examens qu’on nous a demandés et j’essaie de récupérer mon dossier chez mon ancienne gynécologue. La secrétaire me dit que ça va prendre une quinzaine de jours pour récupérer mon dossier, je comprends et j’accepte d’attendre. En fait, la gynécologue n’avait rien noté de tous les traitements qu’elle m’a prescrit, j’ai juste récupéré une demie feuille A4 avec inscrit mon prénom et mon nom ! J’ai attendu quinze jours pour ça !! J’ai ressenti beaucoup de colère !! Elle n’avait rien noté !! Heureusement que j’avais gardé mes ordonnances. Je suis heureuse de ne plus avoir à faire à elle !

Les stimulations

La gynécologue du centre de PMA, décide de me refaire un cycle avec duphaston et Clomid, elle voit bien qu’il ne se passe rien donc elle n’insiste pas avec ce protocole. Une fois tous les examens fait pour Julien et moi on démarre une stimulation simple. Julien vient avec moi à chaque rdv de contrôle, ça fait du bien d’être soutenue et d’être bien accompagné par sa gynécologue.  Les premières injections sont difficiles mais Julien est là, il me soutient, ça me rassure. Cet essai se soldera par un échec mais nous l’encaissons assez bien car notre mariage est prévu le mois suivant et nous venons d’acheter une maison. Nous recommençons une deuxième stimulation en novembre 2018, duphaston et injection de gonal, rendez-vous de contrôle un jour sur deux, on y arrive ! Un magnifique ovule de 19mm, je m’injecte l’Ovitrelle, on a des rapports programmés c’est un peu difficile mais c’est pour la bonne cause alors on s’exécute !

Quelques jours plus tard je fais un test urinaire et là je vois apparaître la deuxième barre ! C’est positif ! Je suis enceinte ! On ne s’emballe pas, mais au fond on espère que tout ira bien… Malheureusement quelques semaines après j’ai fait une fausse couche, quelques jours avant Noël. Je suis à bout, j’ai envie que tout s’arrête, je culpabilise encore plus, Julien est très mal aussi et nous passons plusieurs jours à pleurer ensemble. Ce n’est pas possible pourquoi nous ?!

Nous avons une bonne hygiène de vie, il n’y a aucune raison que ça nous arrive alors pourquoi ça nous arrive à nous ?! Il faut se relever, il faut qu’on s’en remette pour continuer. On décide alors de faire notre voyage de noce pour se changer les idées, on est parti début janvier pour quinze jours de bonheur, juste nous deux ! On rentre à la maison motivé et déterminé à reprendre les essaies bébé ! On se dit que ça a fonctionné il n’y a pas de raison que ça ne fonctionne plus !

Mars 2019, nouvelle tentative de stimulation simple… c’est un échec, je fais une hyperstimulation.

Ma gynécologue me parle d’une opération des ovaires (le drilling) qui pourrait améliorer mon problème. On programme cette opération pour juin 2019 mais chez moi l’opération ne fonctionne pas, ça ne fait aucun changement, mes règles ne réapparaissent pas et mes ovaires sont toujours pareil, c’est même encore pire depuis la fausse couche. On tente une dernière stimulation simple en septembre 2019 mais ça ne fonctionne pas, je n’ovule pas et je fais encore une hyperstimulation. Ma gynécologue décide d’arrêter les tentatives de stimulation simple, on part sur une FIV.

Direction la FIV

On fait tous les examens que le centre nous demande, on assiste à la réunion d’information, on envoie notre dossier. Février 2020, Tout est OK on peut démarrer la première FIV ! Enfin ! Je démarre le protocole, ça se passe bien on sait que si ça continue comme ça je ferai la ponction la semaine suivante. On entend parler du covid aux informations, Mr Macron annonce le confinement. Le protocole est stoppé, tout est arrêté ! Entre la colère et la déception, ce nouvel échec est encore difficile à encaisser ! Nous essayons de positiver, on y était presque, à quelques jours près nous allions faire une ponction.

On profite du confinement pour passer du temps tous les deux, on jardine, on s’occupe comme on peut pour penser à autre chose. Pour nous le confinement a été un très bon moment car nous nous sommes encore plus rapprochés, ça nous a rendu encore plus fort et on a pu passer beaucoup de temps ensemble ce que nous avons adoré !

Fin mai 2020, on recommence !! Deuxième tentative FIV 1 bis ! Le traitement se passe bien, on fait la ponction je n’ai que deux ovules. les gynécologues sont un peu négatifs, ils nous parlent déjà du prochain protocole (la MIV maturation in vitro) mais nous on continue à y croire !!

Les deux embryons prennent mais un des deux n’est pas de bonne qualité, ils décident de stopper son développement à J-3. L’autre embryon est de très bonne qualité, ils sont optimistes ! On me transfère donc un embryon de trois jours de très bonne qualité et l’attente des quinze jours commence. Ce sont les jours les plus longs de toute notre vie ! L’espoir mais aussi la peur d’un nouvel échec sont difficiles à gérer. On est là l’un pour l’autre comme toujours, on se soutient, quoi qu’il arrive on s’aime et on continuera à y croire jusqu’au bout ! J’ai fait un premier test sans rien dire à Julien sept jours après le transfert qui s’est révélé négatif, je suis déçue mais je me dis que c’est peut être trop tôt.

Je suis enceinte !

J’en refais un le lendemain encore négatif. Je perds espoir, je n’y crois plus mais je décide d’en refaire un troisième mais cette fois une deuxième barre apparaît sur mon test !! C’est positif ! Je n’y crois pas ! Je vais réveiller Julien en lui montrant le test, il m’a affirmé que c’était le meilleur réveil de toute sa vie ! Je refais un quatrième test, encore positif, la barre fonce et je décide d’aller faire une prise de sang, positive elle aussi ! Les taux doublent bien, on fait une première échographie durant laquelle on voit son cœur clignoter, c’est magnifique ! Une deuxième échographie durant laquelle on entend son cœur pour la première fois, le plus beau moment de toute ma vie !! Aujourd’hui, je suis enceinte de 6 mois d’un petit garçon grâce à la PMA, j’accoucherai en mars 2021.

Conclusion

Les échecs sont difficiles à encaisser, les annonces de grossesse qui s’enchaînent autour de nous, les phrases désagréables « arrête d’y penser », « c’est dans ta tête », « vous devriez adopter, il y a pleins d’enfants malheureux »… J’ai laissé ma vie professionnelle de côté,  j’ai pris du poids… C’est dure d’accepter tout ça mais je vous promets que ça en vaut vraiment la peine !

Notre couple est encore plus fort, mon mari a toujours été là pour moi, on se soutient et on s’aime plus que tout ! Après tout ce que l’on a traversé je sais que je pourrai toujours compter sur lui. C’est un mari merveilleux et il va devenir un super papa !

Ne perdez jamais espoir. Prenez soin de vous et de votre couple ! Parfois on peut avoir besoin de pause pour se ressourcer il ne faut pas hésiter ! Je souhaite à toutes les personnes en PMA de réussir un jour leur projet d’avoir un bébé ! Gardez espoir !

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