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Témoignage de Clotilde : 3 Inséminations, 3 FIV et un petit garçon

Un début d’essais…mais sans ovulation

Je m’appelle Clotilde j’ai 31 ans.

En juin 2013 Antoine et moi nous avons eu un magnifique mariage. Nous partons en août pour notre voyage de noces et je ne prends pas la pilule dans la valise. On espère une grossesse rapide et un bébé très vite. Sauf que je n’ai pas mes règles. Jamais. En décembre je consulte ma gynéco qui me dit que le corps a parfois du mal à se remettre en route. Elle me prescrit Duphaston pendant 3 mois au terme desquels on fera le point. En parallèle je fais une courbe de température pour cibler l’ovulation et je fais également des tests d’ovulation. Tous négatifs durant ces 3 mois. L’inquiétude commence sérieusement…ma meilleure amie venait d’avoir une petite fille issue d’une fiv et d’un long parcours PMA et j’ai eu le sentiment qu’on allait devoir vivre tout ça également…

Ovaires polykystiques et prise de contact avec un centre de PMA

En mars 2014 ma gynéco me prescrit une échographie et j’apprends en avril que je suis opk. Ovaires polykystiques… »vous devriez appeler votre gynéco » me dit-on alors. Je m’effondre. Mon mari est au travail, mais heureusement ma meilleure amie est avec moi. Elle me rassure, me dit qu’il existe des solutions et m’encourage à appeler immédiatement ma gynéco. J’obtiens rapidement un rdv mais elle ne s’inquiète pas, je suis jeune ! Cette phrase me révolte aujourd’hui. Ce n’est pas parce qu’on est jeunes qu’on a envie d’attendre.

Elle me prescrit de nouveau 3 mois de Duphaston et de Clomid. J’ai l’impression de perdre mon temps.

Du coup, j’appelle le centre de PMA où mon amie était suivie. Je leur explique qu’un diagnostic a été posé, nous avons rdv en juillet.

Nos débuts en PMA avec les inséminations

La gynéco qui nous reçoit nous donne un livret sur la pma, à lire pour le prochain rdv, elle nous explique ce qu’elle envisage mais souhaite en parler avec ses collègues. Nous avons des examens à faire : spermogramme, sérologies, hystérosalpingographie, prises de sang…la totale ! Quelques semaines plus tard à l’issue d’un autre rdv et après la lecture des résultats des examens, le programme est posé : je me fais opérer d’un drilling ovarien en octobre, puis stimulation simple en novembre.

Sauf que le traitement est « trop » efficace, 3 ovules et risque de grossesse multiple. La gynéco nous conseille de ne pas essayer, et de toute façon nous ne sommes pas prêts à envisager plus d’un bébé d’un coup.

Décembre 2014 2eme stimulation, on espère tellement être 3 à Noël prochain ! Prise de sang négative mais pas de règles, bizarre. Je fais un test de grossesse. Négatif. Les aléas des traitements !

On prend rdv pour la stimulation n° 3, prise de sang de contrôle au cas où, c’est positif !!! Quel bonheur, on n’aura pas eu à batailler des années, on est trop heureux !

Mais le bonheur est de courte durée. La prise de sang suivante montre que le taux d’hcg est en baisse, ma gynéco nous explique que c’est une grossesse biochimique. En gros c’est une fausse couche, on le vit comme ça. Il y avait de la vie et il n’y en a plus…ce fut un des moments les plus durs de notre vie. J’en voulais à mon corps de me faire subir ça, je culpabilisais de faire vivre ça à mon mari. Je lui ai dit de partir de trouver une femme qui serait enfin capable de lui donner ce qu’il espère et ce qu’il mérite. Il n’est jamais parti, ne l’a même jamais envisagé…

Stimulation n° 3 en mars 2015, négatif. Stimulation n°5 inachevée, on n’en peut plus, notre corps en souffre et on sent qu’on perd notre temps.

Notre gynéco nous soutient, première IAC en juin 2015. Négatif…

Et ça continue, IAC 2  en août: négatif.

IAC3  en octobre et 4 en décembre annulées, mauvaise réponse au traitement…

Le début du parcours FIV

Notre gynéco nous soutient, nous parle de FIV, on est prêts à tout alors on y va évidemment, même si on a peur, même si on souffre, même si le quotidien est dur à gérer. On est très soutenus par nos amis et notre famille mais c’est un combat qu’on vit seuls. On cache notre douleur, je suis de plus en plus aigrie et désagréable, les grossesses s’enchaînent autour de nous et bien qu’on soit heureux pour nos amis, chaque naissance nous rappelle que cela ne nous arrivera peut-être jamais.

FIV1 en février 2016. Les traitements sont lourds, je suis fatiguée, notre couple s’use. 1 seul blastocyste à j6…encore négatif…va-t-on y arriver un jour ?

On ne lâche rien, comme on dit on a la tête dans le guidon et on fonce, on ne se pose même plus de questions.

FIV2 en juin 2016, 2 blastocystes à j5, les deux sont transférés. Ce coup-ci c’est obligé que ça va marcher ! On m’en transfère 2 c’est obligé !!! Et bien non, c’est négatif. Encore et toujours négatif. Et si la seule grossesse de ma vie était celle qui n’a pas abouti ? J’en ai marre.

J’en veux à cet enfant de ne pas être là. Je lui en veux car ça fait un an que j’ai mis ma vie professionnelle entre parenthèses, je me consacre à ce projet pour rien. Je me rends compte que ce projet n’aura peut-être jamais l’issue qu’on souhaite.

Pause dans le parcours PMA

Alors on arrête tout. Je sature j’en ai vraiment marre.

On part en voyage, et on profite de ce séjour à l’étranger pour faire le point. On est heureux tous les 2 ? Oui ! Alors on arrête de se mettre la pression. On a énormément de chance de s’être trouvés, on n’a pas d’enfant mais on n’est pas à plaindre. Et surtout on est ensemble. La présence d’un enfant ou non ne devrait pas conditionner notre bonheur, sinon on risque de se perdre l’un l’autre.

On arrête de refuser des invitations, je retrouve du travail, je me fais violence, et je me redécouvre. Quel bonheur de ne plus se prendre la tête. On revit !

On prévient tout le monde que notre projet est standby pour au moins un an, on en a besoin. Et dans le plus grand secret, on retourne voir notre gynéco. On lui parle de notre état d’esprit, on n’est pas optimistes, bien au contraire, mais sereins.

Et reprise des FIV avec succès !

FIV3 en mars 2017, 3 blastocystes à j5. 2 transférés, 1 congelé.

Je reprends le travail assez vite, je ne m’empêche plus de vivre. Le soir du transfert j’assiste même à un concert. Je prends soin de moi mais je vis quand même.

Et je ne résiste pas à l’envie d’utiliser mon dernier test de grossesse…positif…positif ??? Positif !!!

J’appelle mon mari, je ne peux pas attendre ! Et là, on ne sait pas quoi faire.

Après l’euphorie, la raison reprend le dessus. On attend la prise de sang. Taux à 256…c’est bien, mais on attend la deuxième prise de sang…taux à 1400…ça y est, j’ose le dire : je suis enceinte.

La grossesse

C’est bizarre. J’ai peur. Je suis heureuse évidemment, mais j’ai peur. Peur d’y croire encore pour rien, peur d’être déçue. Peur de souffrir. Je ne peux plus encaisser d’échec. La gynéco nous parle de suivi de grossesse, date d’accouchement, et nous on écoute sans être là, c’est surréaliste. On était tellement à l’aise dans les traitements, les injections, les échos, les rdvs …on est dans l’inconnu et ça fait peur !

La première échographie se passe bien, je ne réalise pas. Deuxième échographie, déclaration de grossesse, annonce aux proches. On est sur un petit nuage mais au fond de moi je me dis que tout ça est trop beau. Je me demande quand ça va s’arrêter.

Et bien ça ne s’arrête pas en fait ! Malgré des injections de progestérone en intra-musculaire le 1er trimestre, j’ai une très belle grossesse. On connaît le sexe de bébé à 3 mois de grossesse mais on garde ça pour nous. Il y a des choses qu’on ne veut vivre qu’à 2.

Et le 2/12/2017, notre rêve devient réalité, notre petit homme vient nous combler de joie au-delà de nos espérances. C’est un tsunami d’émotions, et aujourd’hui alors qu’il a 8 mois, les larmes montent encore quand je le vois.

 

Notre conclusion

Après tout ça, on a enfin réussi. Ce bonheur c’est un diamant brut. La chose la plus précieuse au monde et un amour inconditionnel, instantanément.

Il faut garder espoir, et surtout s’écouter.

Je profite de ce témoignage pour remercier toute l’équipe qui nous a entourés durant ces 4 années. Et je remercie surtout mon mari, car il ne m’a pas accompagnée durant ces traitements, il les a vécus avec moi. Il est mon pilier, mon repère, un phare dans la nuit car quand moi je vacillais, lui a toujours été là. Je sais bien qu’il a eu peur, qu’il a souffert, qu’il s’est inquiété et que parfois il a perdu espoir. Mais il a été assez fort pour nous 2, pour nous 3.

Clotilde

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