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Le témoignage d’Audrey : de l’endométriose, 2 FIV, 6 transferts et une petite fille

Cela fait maintenant presque 16 ans que nous sommes en couple.
Avoir des enfants, cela a toujours été pour moi une évidence depuis très longtemps mais avant de l’envisager je voulais d’abord avoir une maison.
En 2012 soit après 8 années de couple, la maison était en construction, nous pouvions enfin « lancer » le projet bébé.
Je suis tombée enceinte naturellement au bout d’un an d’arrêt de pilule mais malheureusement cela s’est fini en fausse couche.

 

La maladie

Un an après la fausse couche j’ai décidé d’aller voir le gynécologue car je n’étais toujours pas retombée enceinte.
Il m’a prescrit Clomid et duphaston pendant 3 mois. J’ai dû arrêter le traitement au bout d’un mois car mes règles étaient trop douloureuses.
J’ai toujours eu les règles douloureuses depuis l’adolescence mais là c’était de pire en pire, j’ai dû être hospitalisée à plusieurs reprises tellement les douleurs étaient atroces.
On m’a diagnostiquée une salpingite (infection des trompes) puis une colite aspécifique (très grosse inflammation du côlon).
Après plusieurs mois, le gynécologue de l’hôpital a suspecté une endométriose.
Quelques mois plus tard on a dû me faire une cœlioscopie, cette susception s’est avérée être une endométriose très sévère avec atteinte digestive. Le gynécologue m’a dirigé vers la PMA car c’était pour nous la seule solution pour avoir un enfant.

Le début de la PMA en juin 2015

Nous avons eu un rendez-vous assez rapidement grâce au gynécologue de l’hôpital qui m’a opérée.

Premier RDV de couple au centre PMA pour la FIV, un peu de stress mais tout s’est bien passé.

La gynécologue nous a posé pleins de questions sur notre couple :
– quel travail nous faisons et si nous sommes en contact avec des produits dangereux.
– quels sont nos antécédents médicaux (opérations, maladies…).
– s’il y a eu déjà grossesse des 2 côtés.
– le nombre de rapport que nous avons.
Nous lui avons fournis tous les documents médicaux en notre possession, rapport de cœlioscopie (dans mon cas), échographies, rapports d’IRM, de prises de sang hormonales…
Ensuite elle nous a un peu expliqué le principe de la FIV, qu’il y a plusieurs protocoles adaptés à chaque patiente (dans mon cas j’avais un protocole adapté à mon endométriose), lors de la ponction je n’étais pas sous anesthésie générale mais locale et sous sédation (ça m’a complètement endormi et le réveil s’est fait en douceur ) puis 1 semaine d’arrêt qui n’était pas de trop.
La mauvaise nouvelle c’est que j’ai une endométriose de stade 4 et un nodule sur mon intestin bien gênant, les traitements m’ont aggravé l’endométriose…

La première FIV février 2016 à janvier 2017

Mon corps n’a pas répondu aux traitements au bout de 3 semaines de piqûres.
Il a fallu tout recommencer 3 mois plus tard.
La ponction s’est très bien passée et j’ai pu obtenir 5 jolis embryons.
2 embryons frais m’ont été transférés et les 3 autres congelés à j6.
Malheureusement je ne suis pas tombée enceinte avec les frais ni avec les congelés transférés des mois plus tard. Je l’ai assez mal vécu d’autant plus que j’étais douloureuse, je ne supportais pas les traitements prescrits pour les TEC.

Deuxième FIV juin 2017

Changement de gynécologue, elle était plus à l’écoute et c’est super important.
La ponction s’est de nouveau très bien passée avec 8 jolis embryons.
Je n’ai pas pu avoir de transfert d’embryons frais car mon taux de progestérone etait trop élevé, tous mes embryons ont été congelés à j3.
J’ai eu une première tentative de TEC qui n’a pas pu se faire car malgré les traitements pour bloquer l’ovulation j’étais déjà en 2ème partie du cycle (j’étais pourtant à j12) donc transfert impossible.

Des TEC inopinés

J’avais pris un RDV pour faire le point avec le gynécologue (jour pris au hasard qui se trouvait être le vendredi 13 octobre) on devait profiter de ce rdv pour faire (ou plutôt refaire) une biopsie de mon endomètre.
Pendant la consultation elle décide de faire une échographie avant de procéder à la biopsie et la surprise un très bel endomètre de 10mm avec un follicule de 23, elle me dit que je vais bientôt ovuler. Pour vérifier si j’allais bien ovuler j’ai dû vite aller faire une prise de sang pour contrôler mon oestradiol, le taux LH et la progestérone. Très bonne nouvelle tout est parfait on me déclenche quand même l’ovulation au cas où et transfert en suivant.
Le résultat a été positif mais j’ai fait une grossesse biochimique c’est à dire une fausse couche très précoce. J’étais très triste et à la fois toute pleine d’espoir.
J’ai enchaîné un TEC juste après cette fausse couche très précoce et décidément tout ne se passe pas comme prévu.
Je devais tenter un nouveau protocole avec 1 cycle de décalage mais mon centre ferme pendant les fêtes de fin d’années donc pour éviter de repousser on a tenté de nouveau par un simple blocage de l’ovulation mais j’avais de très fortes douleurs de règles, j’avais tellement mal que j’ai dû consulter en « urgence » mon centre PMA qui a été très réactif, ils m’ont fait une échographie et suite au contrôle ils ont constaté un très bel endomètre en forme de grain de café avec 1 gros follicule, je me retrouve dans la même situation que le précédent TEC, j’étais en train d’ovuler. Ils décident d’arrêter le traitement qui n’arrive décidément pas à bloquer l’ovulation et qui etait sans doute la cause de mes fortes douleurs, et suite aux résultats de la prise de sang qui montrait une ovulation imminente j’ai pu avoir un transfert de 2 embryons (2 petits pois comme dirait ma soeur)
Suite à l’arrêt du traitement les douleurs avaient disparu et j’étais beaucoup plus sereine.
15 jours plus tard le résultat etait positif, j’avais pourtant aucun symptôme.
Quelques semaines plus tard j’ai eu de violentes douleurs au ventre et quelques pertes de sang, je vivais une nouvelle fausse couche…
Suite à ces fausses couches nous avons fait mon chéri et moi un caryotype (RAS), j’ai dû effectué de nouveau un bilan hormonal et se poser la question sur une éventuelle chirurgie dû à mon endométriose car les douleurs pendant tout ce parcours sont bien dues à la maladie qui s’est amplifiée. Il a été décidé également que les prochains TEC se feraient sur cycle naturel car à priori c’est ce qui fonctionne le mieux et ce n’est pas pour me déplaire. L’inconvénient c’est qu’il y a davantage de contrôle qu’avec un traitement et le risque que le transfert ne se fasse pas si cela devait tomber un week-end (mon centre PMA est fermé le week-end).

Une pause s’impose

J’ai passé une IRM pour voir l’évolution de mon endométriose avant de commencer un nouveau TEC et j’ai eu un RDV avec une chirurgienne spécialiste de l’endométriose ; le verdict tombe il faut opérer de nouveau. J’ai dû voir également un spécialiste en chirurgie colorectale.
L’opération a été lourde, j’ai eu une laparotomie et le compte rendu opératoire était : proctectomie partielle (on m’a enlevé presque tout mon rectum), appendicectomie, salpingectomie et j’en passe en résumé l’endométriose était bien présente et a fait beaucoup de « dégâts ».
J’ai laissé passé 5 mois, le temps à mon corps de bien se reposer pour envisager un nouveau TEC, car malgré l’opération je souffrais toujours autant.

Je suis enceinte

J’étais enfin prête à recevoir de nouveau de jolis embryons.
Comme c’était prévu on m’a transféré sur cycle naturel 2 jolis embryons.
Le verdict tombe 15 jours plus tard je suis enceinte avec des taux bêta hcg incroyablement hauts, je pensais à une grossesse gémellaire mais non il y en avait bien qu’un comme quoi le taux ne veut rien dire.
7 ans d’attente et j’attends une petite fille, le début de la grossesse a été bien difficile entre les douleurs, les peurs, les doutes mais ma princesse est bien là aujourd’hui, ma petite Mila, mon petit miracle, 7 mois qu’elle apporte chaque jour le bonheur dans ma vie. Un combat et un parcours bien loin derrière moi mais que je n’oublie pas.

Si je peux donner un conseil c’est de bien vous écouter, je ne remercierai jamais assez le corps médical, la science mais si Mila est là aujourd’hui c’est bien en grande partie grâce aux décisions que j’ai pu prendre avec mon chéri, la force et la persévérance et surtout l’espoir.
J’ai eu la chance d’être entourée de personnes qui me donnaient cette force notamment mon chéri qui a dû faire fasse à tous mes maux et être très patient.
Les réseaux sociaux m’ont pas mal aidé aussi avec les parcours très encourageant de mes copines Pmettes, qui sont bien placées pour nous comprendre et nous donner des précieux conseils.

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