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Témoignage La satisfaction d’une donneuse d’ovocytes en France

Une très belle histoire à raconter

J’ai toujours su que je faisais partie de ces femmes qui ne conçoivent pas leur vie sans enfants. Lorsqu’on s’est rencontrés, on a tout de suite su qu’on aurait des enfants ensemble.
Quelques années plus tard, le moment de la dernière pilule est venu, nous allons avoir un bébé ! C’est une toute belle envie ; de la joie, de l’excitation à l’idée de donner la vie !

Oui mais voilà, les mois passent, les examens et les traitements nous font réaliser que désirer et faire un enfant ne sont pas forcément synonymes. Après les mois, les années. Et cette belle envie se transforme lentement. La joie laisse place à la peur. Une peur qui prend racine au plus profond d’un ventre vide, qui s’installe un peu plus chaque jour, et qui nous lacère à chaque annonce de grossesse, à chaque naissance, à chaque ventre rond anonyme croisé sans prévenir à l’angle d’une rue.

Cette peur qui s’installe en moi en profite pour inviter ses copines amertume, colère et folie. Cette peur de ne jamais être maman, chacune de nous peut tenter de l’imaginer, la toucher du doigt. Mais si on a la chance de ne pas être hantée par elle, on peut la chasser lorsque l’idée du vide devient vertigineuse. Je ne le peux pas, pas à cette époque. Et je ne le sais pas encore, mais c’est à cette période-là que prend racine l’aventure du don d’ovocytes.

Je vais donner parce que je sais ce qu’est un ventre vide. Et aussi parce que lorsque nous sommes orientés en FIV Icsi, j’ai besoin de penser à l’après, pour tenter d’apaiser cette peur. Et si ça ne fonctionne pas ? Quelles solutions reste-t-il ? Aura-t-on besoin d’un don ? Je sais déjà que les donneuses sont tellement rares. Adoptera-t-on ?
Mais notre ponction est une très belle surprise. Et une énorme vague d’espoir. Et cette pensée, furtive, si cette FIV nous offre notre enfant, un jour je donnerai. Parce que je mesure la chance insensée que nous avons de pouvoir faire un enfant, même si la médecine doit s’en mêler. Ainsi que la chance de pouvoir faire partie de celles qui peuvent donner.
9 mois plus tard, notre fils voit le jour.
Il a 6 mois (oui le temps passe vite !), je suis prête, je décroche mon téléphone et prend mon premier rendez-vous pour faire un don d’ovocytes.

Après quelques mois, quelques rendez-vous, une prise de sang, une stimulation, c’est le moment de donner. Je pense à ces couples qui attendent, qui espèrent et qui peut-être même osent y croire à nouveau. Alors je pleure, mais ça doit être les hormones ! Le lendemain, nous partons tous les trois en vacances, je suis sereine et je me sens légère (c’est qu’ils pèsent leur poids ces ovocytes !!)

Ce qu’il reste aujourd’hui de ce don ?

Les contraintes physiques sont oubliées depuis longtemps, reste le sentiment d’avoir accompli quelque chose de plus qu’important, d’essentiel. De la fierté (hé oui faut pas se mentir non plus !).
Et aussi une très belle histoire à raconter à notre fils quand viendra le temps des questions.

Seule ombre au tableau : j’aurais voulu que les parents receveurs et leurs enfants, s’ils le souhaitent un jour, aient pu avoir la possibilité de savoir pourquoi, une femme quelque part a fait don de quelques ovocytes. Sans pour autant lever l’anonymat.
Voilà mon histoire, et ce qui m’a donné le courage de donner.

Nous avons toutes des histoires différentes, des raisons différentes de donner, qu’on soit passées par la PMA, qu’on parraine une amie, une sœur, ou qu’on soit « simplement » bouleversées par l’idée que des parents soient sans enfants. Mais encore une fois, ce sont toutes de belles histoires.

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