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Témoignage de Nathalie, un don d’ovocytes en Espagne

Image d’illustration

Notre parcours a duré 8 ans.

Cela faisait 5 ans que nous vivions ensemble quand nous nous sommes mariés, j’avais presque 30 ans.

Nous voulions un enfant… mais il n’arrivait toujours pas, alors nous avons décidé de consulter.

Nous sommes allés voir un gynécologue qui n’était pas spécialiste des troubles d’infertilité, et nous avons donc essayé des stimulations simples. Ça a duré 2 ans. Comme bébé n’arrivait toujours pas, j’ai consulté plusieurs spécialistes, réalisé différents examens…

Finalement nous avons été dirigés vers un centre de PMA.

Quand nous avons découvert que c’était moi que avait un problème d’infertilité, mon mari a été très triste pour moi, il voyait, il vivait ma souffrance.

Les inséminations ont commencé : 1, puis 2, puis 3…. Au total nous avons réalisé 6 inséminations avant de passer aux FIV.

Avec tous ces protocoles médicaux mon corps se fatiguait. Au fur et à mesure des traitements mes ovocytes répondaient de moins en moins bien aux  stimulations. Nous avons réalisés 4 FIV sans résultat positif…L’équipe médicale nous a donc dit qu’il fallait abandonner la FIV et envisager autre chose.

J’avais 36 ans, j’étais au plus mal, mais malgré la triste nouvelle, les échecs, la difficulté du parcours, j’avais toujours gardé en tête une part d’optimisme.

Le psychologue qui me suivait nous a aidé à clarifier mes doutes, à avancer. Nous avions déjà évoqué l’adoption, le don d’ovocytes, les différentes options qui s’offraient à nous pour devenir parents.

Avec mon mari nous avons beaucoup parlé, je souhaitai vraiment vivre une grossesse et finalement nous avons décidé de faire appel à un don d’ovocytes. J’avais envie d’aller de l’avant, de ne pas baisser les bras pour pouvoir raconter plus tard à nos enfants que le parcours était certes difficile mais que nous nous étions battus pour les avoir !

Mon mari avait quand même besoin d’être rassuré. Le don d’ovocytes en Espagne était-il possible ? Comment le protocole allait-il se dérouler ? Beaucoup de questions auxquelles il nous fallait trouver des réponses.

Finalement nous nous sommes rendus à une journée d’information. Nous avons pu rencontrer d’autres couples, nous avons vu combien la loi  espagnole était proche de la française, et le sérieux de l’équipe Girexx nous a plu.

Et après ce long parcours en France la chance nous a souri enfin puisque je suis tombée enceinte dès le 1er transfert.

Mon mari et moi pensions que notre enfant avait le droit de savoir d’où il venait, c’était important pour nous que les gens sachent la vérité à propos de sa conception. Nous voulions éviter le secret. Nous avons annoncé ma grossesse à nos proches, beaucoup de personnes ont pleuré. C’est à ce moment-là que nous leur avons expliqué que nous avions fait appel à un don d’ovocytes.

Nous avons été agréablement surpris par leurs réactions car beaucoup nous ont dit que notre futur bébé saurait à quel point il avait été désiré, que c’était une jolie histoire.

Cependant, au fur et à mesure de ma grossesse, je me suis rendue compte que je n’avais pas totalement intégré le don d’ovocytes. Je me posais beaucoup de question sur ma légitimité, étais-je réellement la mère de ce bébé ? J’avais peur de ne pas avoir l’instinct maternel…

J’ai accouché au printemps d’une adorable petite fille, nous étions les plus heureux.

Deux jours après sa naissance, alors que nous étions à la maternité ma fille a eu un problème de santé. Personne ne s’en est rendu compte à l’hôpital, c’est moi qui ai senti que quelque chose n’allait pas. Ma fille faisait une arythmie cardiaque. J’ai appelé une puéricultrice et ma fille a immédiatement été prise en charge. Heureusement ce n’était rien de grave et ma fille est aujourd’hui en parfaite santé.

Mais ce souvenir me rappelle que c’est à ce moment-là que je me suis sentie mère, car j’avais été la seule à sentir que quelque chose n’allait pas. Je me suis sentie légitime…

Aujourd’hui je suis enceinte de mon 2ème , c’est un garçon ! Nous sommes ravis, je ne me pose plus de questions quant à ma légitimité de mère. Chacun a trouvé sa place !

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