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Le témoignage d’Aurélie : un désir d’enfant après un cancer, un bébé par FIV-DO en Espagne

J’ai un lymphome et il faut attendre la rémission de mon cancer

Dès la prise en charge de mon lymphome, les médecins nous avaient dit qu’avoir un bébé ne serait pas chose facile ! Je devais guérir avant tout, peu importe le prix à payer. Les médecins me disaient que j’étais jeune, que j’avais le temps de voir venir ; mais qui, à 18 ans, peut envisager qu’avoir un enfant serait si difficile ? En 2010, je suis enfin en rémission, j’ai 21 ans.

Nous lançons le projet bébé : direction la PMA

Afin de ne pas perdre de temps, nous décidons de nous lancer dans l’aventure d’une vie : devenir parents. Nous en parlons au médecin qui me suit, et qui nous demande de patienter 1 an afin de permettre à mon corps de se remettre.

Finalement, il nous faudra attendre 3 ans après avis médical d’une spécialiste PMA. Notre 1ère FIV a donc lieu en décembre 2013. Des ovocytes congelés sont inséminés et nous n’obtenons qu’un seul embryon. 2 semaines plus tard, ce sera négatif.

Je l’apprends par les résultats de la prise de sang, aucun appel, aucun mail de notre centre pour nous aider à encaisser la nouvelle. J’apprendrai 2 ans après que cette tentative ne pouvait pas fonctionner car j’ai une malformation utérine limitant fortement nos chances d’implantation. Je serai opérée en juillet 2016.

De la FIV à l’Insémination au don d’ovocytes

Notre gynécologue nous propose de tenter les inséminations, nous sommes en 2017. 3 tentatives avortées car mon corps ne répond pas. Toutefois, je veux ce bébé, et je n’hésite pas à mettre mon corps à rude épreuve pour y arriver : injections, médicaments, échographies. Mon gynécologue y croit, alors j’y crois.

Si seulement il avait eu le courage de me dire STOP, le don d’ovocytes est préconisé dans votre cas. C’est sur la route du retour de notre dernière tentative, mon centre étant à 1h en voiture, j’ai le temps de cogiter, que je me rends compte qu’il faut avancer et arrêter de demander à mon corps ce qu’il ne peut pas me donner ! Je suis en vie, mais je suis stérile !

Les médecins de la préservation de la fertilité nous avaient proposé de nous inscrire sur la liste du don d’ovocytes, et c’est ce chemin qu’il va falloir emprunter. Pour confirmer notre choix, je rencontre une nouvelle gynécologue PMA qui ne connait pas mon dossier, et le verdict tombe enfin : « dirigez-vous vers le don d’ovocytes, c’est votre seule chance ! ». Le coup a été rude, mais enfin quelqu’un nous disait la vérité.

La FIV-DO en France

5 ans après la première, voilà notre seconde FIV, issue donc d’un don d’ovocytes. 2 embryons transférés et tous nos espoirs dans ces quelques cellules. Malheureusement, ce sera un nouvel échec, un nouveau coup dur à affronter ensemble.

J’eu plus de mal à encaisser, ma douleur est trop forte, ma colère aussi ! La réponse apportée : « vous n’avez plus d’embryons, il faut attendre un an pour une nouvelle donneuse ». Un an, 12 mois, 365 jours à attendre qu’une femme donne ses ovocytes pour me permettre de devenir maman, c’est ce qu’on nous proposait ! J’avais le sentiment qu’on ne comprenait pas mon désir de parentalité, qu’un an ne changerait rien ! Je payais le prix de mon cancer, le prix de ma guérison.

Au fil de mes lectures, je découvre que l’on peut faire appel au don en Espagne. Nous n’avons pas besoin d’en discuter, notre décision est prise, on fonce ! Je retourne voir ma nouvelle gynécologue qui se fait un plaisir de nous suivre.

La FIV-DO en Espagne : je suis enceinte

L’aventure espagnole commence. Rendez-vous le 24 avril. Nous y allons sereinement, et le rendez-vous se passe merveilleusement bien. On respecte mon corps, mon envie, on m’écoute et enfin on m’encourage vraiment. Tout est réglé en quelques heures, reste plus qu’à chercher la donneuse. Elle arrivera en novembre, 7 mois plus tard, pour un transfert en janvier. Nous décollons pour Barcelone le 10 janvier, jour où nos petits embryons ont 1 jour.

Nous apprendrons qu’ils sont 7. Le 14 janvier, 1 embryon est transféré et la gynécologue qui fait le transfert nous encourage à y croire ! « Il est parfait ». Mais j’ai besoin de me protéger, alors je glisse un « on verra bien ! ». Après tout, ça fait 6 ans qu’on espère.

L’attente est digne des montagnes russes. Mais entre le travail, la maison, les sorties, les 2 semaines passent, et le jour J est arrivé, il faut faire la prise de sang. Mon cœur n’est pas prêt, comment vais-je supporter si le résultat revient négatif ? Je parviens au labo à 13h00 et la préleveuse m’annonce les résultats le samedi car un bilan complet est demandé. 18h00, je reçois un mail, la prise de sang est arrivée. J’hésite, mais j’y vais, j’ouvre le mail, je fais défiler les 5 pages et je vois 512 ! Ce nombre gravé dans ma mémoire ! 512 ! Ça a marché ! Je peux enfin le dire après 6 ans, 4 centres et 3 FIV : JE SUIS ENCEINTE.

J’appelle le centre pour prendre rendez-vous pour la 1ère écho 15 jours plus tard. Les mots de la secrétaire raisonnent encore « Arrivez un peu avant, nous devons faire votre dossier de grossesse ! ». Ce sourire ne s’enlèvera plus durant 9 longs mois. J’avais, nous avions, atteint notre objectif. Le 4 février, nous entendions ses 1ers battements de cœur et le 03 octobre, après une grossesse sereine, notre petit Arthur, 52cm et 4,300kg poussait son 1er cri.

Conclusion

Ce parcours a été tumultueux, difficile et emplit de peine, mais je ne le regrette pas. J’ai eu la chance de rencontrer une gynécologue extraordinaire qui a su nous soutenir et être humaine dans ce monde tant médicalisé qu’est la PMA. Les encouragements et le soutien sans faille de nos proches ont été un atout majeur. Je sais aujourd’hui, que nous sommes capables de franchir les obstacles. Il est indéniable que dans ce parcours, les bonnes personnes sont importantes, mais croyez-moi, ça vaut le coup.

Notre bonhomme fait notre fierté et mon cœur implose d’amour dès que son regard croise le mien. Ses sourires, ses câlins, ses regards sont ce qu’il y a de plus beau. Notre amour et notre ténacité auront été récompensés. On ne sort pas indemne de ce parcours. En parler, s’encourager, pleurer, rire, se réjouir, être en colère, trouver cela injuste sont essentiels pour toutes celles et ceux qui y sont confrontés. Si ce que j’ai vécu peut aider, alors je le raconterai. Et j’espère que vous le raconterez avec moi !

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