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5 choses que votre biologiste aimerait vous dire concernant votre FIV

Après tout une série d’examens, le diagnostic d’infertilité conduit certains couples à devoir passer par un parcours de FIV pour avoir un enfant.

Le processus commence bien souvent par un rendez-vous chez dans votre centre de PMA et la mise en place des premières étapes : préparation, stimulation et contrôle avec différents personnels médicaux.

Le couple évolue alors avec, en arrière-plan, tout un laboratoire de FIV, dont le fonctionnement et tout ce qui s’y passe peuvent s’avérer quelque peu mystérieux, surtout en début du protocole.

Le biologiste est le scientifique qui unit le sperme à l’ovocyte et aide les embryons à se développer dans un environnement contrôlé (Nb : nous utiliserons par la suite le terme embryologiste pour plus de commodité, mais en France on parle de médecin biologiste).

Dans la plupart des centres de PMA, il est rare que vous ayez accès au laboratoire ou que vous entriez en contact avec un embryologiste. Après un premier échec, un compte rendu doit impérativement vous être remis, celui-ci reprenant les informations détaillées de votre tentative et les informations sur vos embryons.

S’ils restent dans les coulisses, les embryologistes n’en jouent pas moins un rôle majeur dans votre parcours de FIV.

 

Chaque couple est différent et voici qu’un embryologiste aimerait que vous sachiez en commençant votre parcours de FIV :

1.Chaque embryon est différent

Comme chaque ovocyte ou chaque spermatozoïde, chaque embryon est unique, ce qui fait de chaque cycle de FIV une expérience différente. Lorsqu’un patient entre dans un centre de PMA, on peut s’imaginer que toutes ses gamètes sont à peu près identiques, or il n’en est rien.

Pour l’embryologiste, chaque ovocyte a une apparence différente, mais il n’est pas possible d’observer son matériel génétique au microscope pour être sûr de choisir « le bon ». Chaque ovocyte provient d’un follicule, d’où il est aspiré. Une échographie pelvienne permet d’avoir une idée du nombre de follicules et de leur taux de croissance au fur et à mesure que vous prendrez votre traitement de stimulation. Il faut garder en tête que durant ce processus, chaque follicule atteindra une taille différente : certains mesureront 14 mm, d’autres 19 mm… La taille des follicules est corrélée à un environnement folliculaire sain, à une bonne communication chimique et à la bonne santé des ovules, mais les scientifiques ne sont pas encore en mesure de comprendre complètement pourquoi.

Il existe bien une taille idéale de follicule, mais elle est différente pour chaque personne (tout comme la température corporelle). Tout ovocyte n’est pas destiné à donner la vie, tout comme tout spermatozoïde n’est pas destiné à fertiliser un ovule. Lorsqu’on prend en considération ces variables, on s’aperçoit donc aisément que chaque embryon est très différent.

Pourquoi certains ovules ne sont-ils pas fertiles, pourquoi certains embryons ne se développent pas ou ne deviennent pas des blastocystes, pourquoi certains ne se congèlent pas bien tandis que d’autres survivent très bien à la décongélation ? C’est certainement qu’ils avaient une altération, mais malheureusement en l’état actuel de la Science, il n’est pas possible de le détecter.

2.Les embryologistes ne peuvent pas soigner les ovocytes

Les femmes naissent avec tous les ovocytes qu’elles auront au cours de leur vie. Un embryologiste prendra soin de vos gamètes et leur fournira un environnement nutritif (milieu de culture), mais il ne peut pas soigner ou améliorer un ovocyte ou embryon dans son laboratoire.

Les ovaires sont formés chez la petite fille lorsque l’embryon a entre 18 et 20 semaines. Ils ont donc biologiquement le même âge que la femme qui les porte. L’idée selon laquelle vous pouvez boire du jus de fruit pour « améliorer » vos ovocytes est donc erronée.

Il est évident que l’environnement folliculaire et la santé de la patiente durant la phase de stimulation influent sur le résultat. Dans la même optique, il a été prouvé qu’avoir un IMC normal, ne pas fumer, éviter les drogues et boire de l’alcool avec beaucoup de modération augmentent significativement les chances de succès d’une FIV.

D’un autre côté, la plupart des hommes fabriquent du sperme quotidiennement et les spermatozoïdes vivent en moyenne trois mois. L’hygiène de vie quotidienne des hommes et leurs choix ont des conséquences sur leurs éjaculats 60 à 90 jours plus tard. Accordez-vous avec votre partenaire sur votre hygiène de vie quelques mois avant de commencer votre parcours de FIV afin d’être prêt émotionnellement et physiquement pour optimiser vos chances de réussite.

N’hésitez pas à poser des questions à votre médecin, qui veut seulement que tout se passe bien pour vous et que vous ne compromettiez pas votre succès à cause de quelques mauvais conseils lus sur Internet.

3.Chaque protocole de FIV et le résultat sont différents pour chacun

Au cours d’une FIV, il est bien normal de chercher à se rassurer en comparant ses résultats avec d’autres personnes ayant également commencé leur protocole. On se sent réconforté lorsqu’on trouve quelqu’un au profil similaire dont l’histoire se termine par la naissance d’un enfant.

Cependant, il est important de garder à l’esprit que le protocole de FIV et les résultats sont différents pour chacun. C’est pourquoi comparer son expérience et ses chiffres avec les autres peut ne pas être aussi bénéfique qu’on le pense. Passer par une FIV est émotionnellement harassant : en cas de besoin, mieux vaut se tourner vers des professionnels de la PMA, comme des psychologues.

En ultime recours, le secret consiste à se confier à quelqu’un en qui vous avez pleinement confiance.

4.Aucune statistique ne garantit le succès

Les professionnels de la PMA reçoivent souvent des appels de la part de patients paniqués à l’idée de ne pas avoir les mêmes résultats qu’un autre ou que ce auxquels ils s’attendaient.

Cela peut aller des résultats d’une analyse de sperme au nombre d’ovocytes récoltés durant un cycle de FIV ou une ponction. Mais vous êtes unique ! Votre interlocuteur vous fera savoir si votre résultat est inattendu ou significatif d’un point de vue clinique.

Sur Internet, on trouve pléthore de forums recensant le nombre d’ovocytes ponctionnés, d’embryons développés et à quel stade… Gardez en tête qu’il n’existe aucun chiffre magique garantissant le succès. La culture embryonnaire est un processus géré par un embryologiste pour rassembler des informations sur chaque embryon individuellement afin d’évaluer le potentiel d’implantation de chacun.

L’embryologiste choisit les meilleurs que vous avez. Aucun indicateur n’assure 100 % de chance de réussite. Certaines patientes n’ont pas réussi à tomber enceinte avec des embryons de grade A tandis que d’autres ont eu de beaux jumeaux avec des embryons de grade C.

Bien souvent, chaque centre de PMA a sa propre méthode pour déterminer la qualité des embryons. Demandez à votre centre de vous expliquer son propre système afin de mieux comprendre vos résultats et de parler avec votre équipe médicale à un même niveau de langage technique.

L’échelle de qualité des embryons a été mise en place pour essayer de prévoir leur potentiel d’implantation et pour pouvoir les classer par groupes. Si vos embryons atteignent seulement le grade C et que votre premier cycle de FIV se solde par un échec, votre gynécologue pourra vous suggérer d’envisager le don de gamètes ou d’autres voies (adoption d’embryon…).

 

5.Votre embryologiste ne veut que le meilleur pour vous

Il n’y a pas de pilule, de recette ou de protocole magique que votre équipe médicale aurait tenu secret. Si votre embryologiste pense que quelque chose dans le protocole aura plus de chance de vous conduire au succès, il vous le dira dès le début en concertation avec votre gynécologue. En fonction des réponses de votre corps et des résultats de votre partenaire au cours du traitement, votre protocole peut être modifié et chacun fait du mieux qu’il peut en fonction des informations dont il dispose.

Les embryologistes sont des scientifiques très portés sur la collaboration. Ils partagent volontiers leurs secrets de recherches lors de publications ou de conférences. Le domaine de l’embryologie est un domaine en pleine expansion et de nouvelles façons d’appréhender les choses se développement rapidement.

Chacun est ravi de partager ses expériences, ses réussites et ses échecs en sachant qu’à la fin, c’est vous, la patiente, qui en profiterez.

Ce qui se passe dans un laboratoire de FIV est très technique et reste mystérieux dans la mesure où il n’y a pas de recette toute faite pour garantir le succès.

Sachez que votre parcours de FIV est unique et que s’il est toujours bon d’être bien informé, il est contreproductif de comparer sans cesse son expérience à celle des autres et de prendre le moindre témoignage pour une information fiable.

Le but de la FIV est de donner naissance à un bébé en bonne santé, et votre embryologiste fait partie de toute cette équipe qui met tout en œuvre pour que ce bonheur vous arrive.

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