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L’express publie un palmarès controversé des centres de FIV

Paris, le 30 Juin 2013

L’été 2013 est à n’en pas douter un été mouvementé pour les centres de FIV. Après que l’ Agence de Biomédecine ait annoncé qu’elle publiera les résultats centre par centre mi-juillet, c’est l’Express/Swisslife qui publie à la surprise générale son classement des centres de FIV, en se basant sur des données jusqu’à présent inexploitées issues du système national de traitement automatique des actes médicaux.

Le journal précise que cette méthode lui permet une collecte indépendante des centres, lesquels pourraient être tentés d’embellir la réalité.

L’express n° 3234 du 26 Juin 2013

Le palmarès L’Express-SwissLife se fonde sur deux critères, le taux de réussite (la proportion de femmes qui accouchent d’un bébé à chaque tentative) et l’âge des femmes, également retenus par l’Agence de la biomédecine dans son propre travail d’évaluation, lancé à la suite de la dernière loi de bioéthique. L’institution, d’ailleurs, se dit prête à communiquer des résultats dans l’été, mais sous une forme quasi cryptée. Bien malin, en effet, celui qui pourra déchiffrer son graphique dit en « nuage de points » et interpréter la position des établissements par rapport à l' »intervalle de confiance »…

La note finale mesure ainsi la capacité de chaque établissement à donner satisfaction à tous les couples, y compris ceux qui sont pénalisés, dès le départ, par l’âge plus avancé de la femme. Il serait trop facile, en effet, d’afficher des résultats mirobolants en sélectionnant soigneusement ses patients…

Le classement de l’Express présenté par département :

http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/sante/le-palmares-des-centres-de-fecondation-in-vitro_1261034.html

Voici le classement du 1er au dernier :

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Les conséquences prévisibles de ce palmarès

– Une concurrence exacerbée entre centres qui poussera les centres à refuser les cas difficiles: les femmes de plus de 40 ans, des plus jeunes dont le dossier mentionne une réserve ovarienne faible, des hommes dont les testicules ne fabriquent pas de spermatozoïdes. 

– Une augmentation des délais d’attente dans les meilleurs centres et une moindre demande dans les plus mauvais.

La polémique et les questions posées par ce classement

-Les données sont incomplètes, tous les centres ne sont pas recensés : l’hôpital américain n’est ainsi pas classé faute de chiffres, pourquoi le centre hospitalier de Cayenne n’y figure pas ?

-Comment expliquer qu’un centre public comme celui de Point à Pitre, c’est à dire le seul de Guadeloupe n’obtienne qu’ une note de 7.5/20 ? L’Agence de Biomédecine a t-elle accompagné correctement ce centre qui jouit de fait d’un monopole géographique et dont les patients n’ont pas le choix de leur centre ?

– Pourquoi le classement ne détaille t-il pas le type de FIV : classique ou ICSI ? Le profil des patients ? Détail des techniques employées ( IMSI, embryoscope…).

 Ainsi, Du côté du Syngof (Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France). Bernard Hédon, son président se réjouit de ce palmarès qu’il trouve « salutaire ». « Les patientes qui sont confrontées à un problème de fertilité ont le droit à une transparence totale sur le sujet. L’indication du taux de réussite en fonction de la tranche d’âge des patientes est primordiale ». Son seul regret : « le paramètre de l’ancienneté de la stérilité n’a pas été pris en compte dans le classement ».

La réaction de l’Agence de Biomédecine

L’ agence qui a tardé à publier les résultats des centres n’accueille pas bien ce classement.

Le Professeur Dominique Royère, Directeur Adjoint, conteste l’intérêt d’un tel classement. Il estime que la démarche de l’Agence est différente :« Nous publions bien des chiffres chaque année. Les prochains seront publiés à la mi-juillet. Ils se réfèrent à une moyenne nationale de réussite. La question la plus importante est de savoir où se situe chaque centre de PMA par rapport à la moyenne nationale. » L’Agence procède à la pondération de trois variables : l’âge de la patiente, le nombre d’ovocytes recueillis en moyenne et le nombre d’embryons obtenus. Le palmarès de l’Express, lui, ne prend en compte que le paramètre de l’âge des patientes.

Mr Royère insiste : « ces chiffres sont principalement utiles tout d’abord aux centres de FIV eux-mêmes pour qu’ils puissent connaître leur position nationale. Les comparer entre eux n’apporte rien de plus et ne permet pas de faire émerger les meilleurs ».

Sources :

L’Express

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