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Naissance du premier bébé conçu grâce à la kisspeptine

Paris, le 18 Juin 2013

La kisspeptine sera peut-être le traitement de routine de demain pour la stimulation ovarienne dans la FIV. Heath, un petit garçon en pleine santé né il y a 8 semaines à Londres, est le premier bébé conçu avec cet inducteur de l’ovulation grâce au travail collaboratif de l’hôpital Hammersmith et de l’Imperial College London. Cette hormone naturelle serait en effet mieux tolérée que les inducteurs actuels de l’ovulation, qui exposent près d’une femme sur 100 au syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO).

La stimulation ovarienne de permet de disposer de plusieurs cellules pour la fécondation in vitro. Mais les médicaments actuellement utilisés dans ce but ne sont pas sans risque pour la femme.

Une équipe du Hammersmith Hospital et de l’Imperial College London est parvenue à développer une nouvelle méthode qui présenterait moins de risques pour la future mère. Présentée à la réunion annuelle de l’Endocrine Society, elle a même déjà permis de donner naissance à un petit garçon, aujourd’hui âgé de 8 semaines.
En pratique, cette méthode consiste à utiliser une molécule plus naturelle pour stimuler la production ovarienne de la femme : la kisspeptine. Produite dans le cerveau, cette famille de protéine est déjà connue pour jouer un rôle dans la puberté et la fertilité. C’est pourquoi les chercheurs ont eu l’idée de tester son efficacité pour la FIV.

L’essai clinique a été mené sur 30 femmes : la protéine a fonctionné chez 29 d’entre elles et 28 ont été capables de fournir des ovocytes pour la FIV et ce, sans complication selon les chercheurs.
C’est l’une d’entre elles, Suzie âgée de 34 ans, qui a donné naissance au bébé prénommé Heath. « Nous avons déjà un fils, Lochlann, conçu grâce à une FIV donc je ne pensais pas que nous pourrions être aussi chanceux une nouvelle fois. Nous sommes tellement tellement reconnaissants« , a t-elle expliqué citée par la BBC.

Pour le Dr Geoffrey Trew, qui a réalisé la FIV au Hammersmith Hospital de Londres, les résultats ont été encore plus prometteurs qu’ils ne le pensaient :

« Nous sommes absolument ravis que l’étude ait conduit à la naissance d’un garçon en bonne santé ».

« Chaque année, des milliers de couples créent une famille en utilisant le traitement de la FIV et si nous pouvons travailler afin d’éliminer le risque de HSO, en utilisant la kisspeptine naturellement produite, alors nous pouvons aider encore plus de femmes et rendre le traitement potentiellement plus sûr ».

« Ce qui a été le traitement conventionnel durant les 30 dernières années est risqué. Cela ressemble donc à une autre voie pour rendre tout le processus de FIV plus sûr« , a confirmé de son côté un autre expert, le Pr Richard Fleming de la British Fertility Society. Cependant, il faudra encore attendre plusieurs années avant que cette méthode ne puisse être généralisée. Des essais de plus grand ampleur doivent encore être menés pour confirmer l’efficacité du traitement et déterminer dans quel(s) cas il peut convenir.

L’utilisation de la kisspeptine pourrait ainsi par exemple, devenir une alternative proposée aux femmes qui présentent des facteurs de risque de HSO.

Sources

Maxisciences

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