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Comment faire face aux montages russes des émotions pendant une FIV ?

Un cycle de FIV est souvent décrit comme un tour de manège émotionnel sur des montagnes russes : on se sent parfois pleine d’espoir et optimiste, parfois triste et découragée.

Des chercheurs du monde entier ont mené de nombreuses études sur des couples en parcours de FIV pour mieux comprendre quelle partie du traitement était ressentie comme la plus éprouvante.

En effet, connaître le ressenti des autres pendant un traitement de FIV et la manière dont ils le gèrent peut en effet vous aider pour votre propre parcours.

Nous allons donc tenter de lister ici les événements qui entraînent ces changements d’émotions au cours d’un protocole de FIV et en même temps vous apporter quelques pistes  pour vous aider à gérer vos émotions et les garder sous contrôle durant toute la durée de ce traitement !

Les étapes clefs émotionnelles de la FIV

Le début du protocole

Au moment de débuter un cycle de FIV, les couples sont généralement contents de se lancer dans le processus et de pouvoir agir en tant qu’acteurs de leur désir d’enfant.

Cependant, certains couples avouent se sentir stressés au début de leur traitement.

Les raisons de ce stress à cette étape se révèlent variées, mais on peut recenser les 5 plus importantes :

  • La peur des injections et des procédures médicales ;
  • La crainte de l’inconnu ;
  • Le sentiment d’être submergé d’informations ;
  • Le sentiment de nervosité à l’idée de ne pas se souvenir de toutes les instructions et de « tout faire rater » ;
  • L’inquiétude quant au résultat.

Vous vous sentez nerveuse au moment de démarrer votre traitement ? Vous n’êtes pas la seule. Peut-être apprécierez-vous d’en parler avec un psychologue.

Les psychologues spécialisés en PMA ou rattachés à votre centre ont une grande expérience des couples inquiets et nerveux, et peuvent donc vous donner quelques astuces pour surmonter cette étape.

Si ce sont les procédures médicales qui vous inquiètent, souvenez-vous qu’une personne avertie en vaut deux : informez-vous autant que possible sur le protocole du traitement et n’hésitez pas à poser vos questions à votre médecin ou infirmière si vous avez le moindre doute.

Prendre des médicaments et n’être plus qu’hormones

Certaines femmes supportent mal les injections d’hormones, ce qui est bien compréhensible. Rien que les piqûres peuvent être rebutantes.

Ajoutez à cela les effets secondaires habituels des médicaments (sensation de nausée et de malaise, poitrine tendue, maux de tête et changements d’humeur, marques sur les zones d’injection), et on comprend bien pourquoi les femmes appréhendent la stimulation hormonale.

Passer l’étape de l’échographie ovarienne

Lorsque vient le moment de voir à l’échographie combien de follicules sont à l’écran, certaines patientes se sentent souvent sur des charbons ardents. Il faut dire que c’est un moment crucial de la FIV, puisque l’échographie en dit long sur vos chances d’avoir un bébé. En effet :

  • Plus de follicules = plus d’ovocytes
  • Plus d’ovocytes = plus d’embryons
  • Plus d’embryons = plus de transferts
  • Plus de transferts = plus de chances d’avoir un bébé

Rien ne sert de compter fébrilement les follicules à l’écran, ce qui compte c’est qu’il y en ait suffisamment lors déclenchement, faites confiance à votre médecin qui saura vous guider.

Le jour de la ponction et du recueil

La ponction ovarienne est une des étapes relativement stressantes pour de nombreux couples. Il y a en effet beaucoup en jeu à cette étape du traitement et les couples s’inquiètent souvent au sujet :

  • De la procédure elle-même (le médecin utilise en effet une très longue aiguille) et de l’anesthésie ;
  • Du nombre d’ovocytes qui seront collectés ;
  • De savoir si le partenaire masculin sera en mesure de produire un échantillon de sperme ;
  • De la qualité de ce même échantillon de sperme.

Connaitre son nombre d’embryons

Entre la ponction ovarienne et le transfert d’embryon, le couple dispose d’un long laps de temps lui permettant de s’inquiéter à loisir sur la façon dont sperme et ovules évoluent et sur le nombre d’embryons qu’il aura obtenus. Il faut dire que le nombre d’embryons est un indicateur très important sur vos chances d’avoir un bébé grâce à la FIV : rien d’étonnant donc à ce que la majorité des couples trouvent cette attente éprouvante pour les nerfs.

Attendre de savoir si l’embryon s’est implanté

Sans surprise, la plupart des couples estiment que les deux semaines d’attente entre le transfert d’embryon et le résultat du test de grossesse sont une période particulièrement tendue. Seules deux choses sont perçues comme encore plus stressantes : un test de grossesse négatif et une fausse-couche.

La gestion des émotions de la FIV

Votre conjoint aussi vit la FIV à 100%, à sa manière

Les hommes peuvent aisément se retrouver mis à l’écart lors d’un traitement de FIV, car toute l’attention se concentre sur la femme, à l’exception du moment où l’homme doit fournir un échantillon de sperme, et vite s’il vous plaît ! Cependant, tous les hauts et bas qu’expérimente le partenaire féminin durant un cycle de FIV affecte naturellement le partenaire masculin. Bien sûr, les hommes s’inquiètent également du résultat du traitement, mais ils ont parfois tendance à ne pas montrer leurs sentiments parce qu’ils pensent devoir se montrer forts pour leur partenaire.

Souvenez-vous : il est difficile pour vous les hommes de voir votre partenaire sombrer dans les remous d’un traitement de FIV et de ne pas pouvoir faire grand-chose pour l’aider. Pourtant, ce que vous pouvez faire de mieux pour rendre la FIV plus facile à supporter pour votre partenaire est d’être capable, tout au long du traitement, de prendre le temps de l’écouter lorsqu’elle a besoin de parler et de lui donner tout l’amour et le soutien que vous pouvez.

Les hauts et les bas

Lorsque vous avancez dans votre protocole de FIV, vous recevez des rapports sur les progrès du processus. Lorsque les nouvelles sont bonnes, vous vous sentez vraiment heureux et confiants dans vos chances d’avoir un bébé. Et, bien sûr, lorsque les nouvelles sont mauvaises, vous vous sentez extrêmement déçus.

Ce que vous ressentez à la lecture de ces rapports d’avancement dépend de ce que vous en attendiez. Il est donc important, mais aussi difficile, de trouver le bon équilibre entre un sentiment d’optimisme sur les chances de succès du traitement et des attentes réalistes concernant les résultats.

Être sur son petit nuage et mettre en perspective

La FIV est un jeu de nombres. Tant que vous « jouez », vous avez ainsi l’attention rivée sur les nombres cruciaux, tels que :

  • Le nombre de follicules qui se développent ;
  • Le nombre d’ovules ponctionnés ;
  • Le nombre d’ovules fertilisés qui se divisent normalement ;
  • Le nombre d’embryons disponibles pour le transfert et la congélation.

Pour chacun d’entre eux, on peut dire : « plus il y en a, mieux c’est. » Lorsque vous recevez vos rapports d’avancement, vous espérez plus ou moins ces chiffres :

  • 12 à 15 grands follicules visibles sur l’échographie ;
  • Vos taux d’hormones sont « juste comme il faut » ;
  • 12 ovules matures lors de la ponction ;
  • 10 ovules fertilisés normalement commençant à se diviser ;
  • 1 embryon parfait à tous les niveaux, prêt pour le transfert ;
  • 7 autres embryons parfaits pouvant être congelés et conservés pour plus tard.

De tels chiffres mettraient n’importe quel couple sur un petit nuage. Mais si le partenaire féminin a plus de 38 ans ou a déjà suivi un cycle de FIV avec peu de follicules et d’ovules, et des embryons de faible qualité, les chiffres que vous pouvez espérer pour votre nouvel essai seront relativement peu élevés.

Si vous êtes dans cette situation, vous pouvez vous réjouir si votre rapport révèle les chiffres suivants :

  • 4 grands follicules lors de l’échographie ;
  • Votre taux d’œstradiol augmente et indique que les ovules sont matures ;
  • 4 ovules ont été collectés lors de la ponction et ils semblent tous de qualité ;
  • 3 de vos ovules ont été fertilisés et se divisent comme attendu ;
  • 1 embryon a atteint l’étape de la segmentation et pourra vous être transféré ;
  • Les 2 embryons restants peuvent être congelés et conservés pour plus tard.

On peut dire que les nouvelles concernant l’avancement de votre cycle de FIV sont toujours bonnes lorsqu’elles correspondent à ces chiffres ou lorsqu’elles sont meilleures que celles que vous attendiez.

Apprendre de mauvaises nouvelles

Avec la FIV, les mauvaises nouvelles sortent parfois de nulle part. Il peut ainsi arriver qu’un rapport se révèle bien pire que ce que vous pensiez et que votre rêve d’enfant semble s’envoler jusqu’à devenir hors d’atteinte. Ce type de mauvaises nouvelles que vous espérez ne jamais recevoir inclut :

  • Une échographie qui ne révèle qu’un ou deux grands follicules ;
  • Des taux hormonaux qui ne sont pas « bons » ;
  • Vous avez 9 grands follicules mais seulement deux ovules sont ponctionnés ;
  • Vous avez 11 ovules mais seulement deux sont fertilisés et un seul entame sa division ;
  • Vous avez 6 embryons mais tous sont de faible qualité ;
  • Vous avez obtenu 7 embryons mais un seul est de qualité suffisante pour être transféré et aucun ne peut être congelé.

Il est encore plus difficile de recevoir de telles mauvaises nouvelles lorsque son partenaire n’est pas auprès de soi. Lorsque c’est possible, assurez-vous que votre partenaire soit présent avec vous à la clinique dès que vous savez qu’on vous remettra un rapport. Si votre partenaire est vraiment indisponible, demandez à un proche de confiance de vous accompagner afin d’avoir un soutien moral.

Parfois, le traitement échoue ; pas vous

Le langage employé pour décrire l’infertilité et les mauvais résultats d’une FIV peuvent vous pousser à vous sentir encore plus mal que vous ne l’êtes déjà en utilisant des termes qui suggèrent que vous avez une responsabilité dans cet échec. Par exemple :

  • Il se peut que votre médecin vous dise que vous avez une « glaire hostile », vous incitant à vous demander comment la rendre plus accueillante – comme si vous pouviez y faire quoi que ce soit.
  • Si vous ne développez pas beaucoup de follicules après la stimulation, vous pouvez être qualifiée de « mauvaise répondeuse » – comme si vous l’aviez fait exprès.
  • Lorsque les ovules ne sont pas fertilités ou que l’es embryons ne nidifient pas, on dit souvent que c’est parce qu’ils sont « de faible qualité » – comme si vous aviez pu faire un effort pour en produire des « biens » de meilleure qualité.
  • Les couples qui ont un enfant grâce à la FIV sont ensuite désignés comme des « succès », ce qui implique que ceux qui n’en ont pas sont des « échecs ».

Que la FIV fonctionne ou non, elle reste hors de votre contrôle, et l’échec d’un traitement ne reflète en rien ce que vous êtes. Ce n’est pas le résultat de quelque chose que vous avez fait ou non.

Lorsqu’un rapport d’avancement est porteur de mauvaises nouvelles, vous vous demandez si la FIV est vraiment une méthode qui vous aidera à avoir un enfant un jour. Après un cycle ayant conduit à un échec, vous pouvez avoir envie de retenter l’expérience tout en craignant que tout cela soit fait en vain.

Votre médecin et l’embryologue reprendront toutes les informations rassemblées sur votre stimulation hormonale et la qualité de vos ovules, spermatozoïdes et embryons pour essayer de cibler précisément la raison de l’échec. Votre médecin vous indiquera alors si de mauvais résultats sont à nouveau à attendre ou si vous avez seulement joué de malchance, ce qui vous aidera à prendre votre décision sur la suite à donner à votre traitement.

Se faire aider

Trouver de l’aide

La route qu’emprunte un cycle de FIV peut s’avérer bien compliquée et il se peut que vous ayez parfois besoin d’un soutien durant votre parcours, en particulier si vous suivez plusieurs cycles de traitement.

Se soutenir l’un l’autre

Votre plus grand soutien est votre partenaire. Tous deux poursuivez le même but et avez décidé de tout faire pour avoir un bébé ensemble. Cependant, il peut arriver que vous vous sentiez tous les deux démoralisés et que vous ayez donc du mal à apporter votre soutien à l’autre. Dans ce cas, il peut s’avérer plus judicieux de se tourner vers une tierce personne pour y trouver du soutien et vous permettre de nourrir votre relation avec votre partenaire : prendre du plaisir ensemble, aller au cinéma, manger à l’extérieur, voir vos amis, aller vous balader, bref faire tout ce que vous aimez pour faire un break côté FIV et vous rappeler que votre relation ne se limite pas à la FIV.

Parlez à votre équipe médicale

N’hésitez pas à vous tourner vers les professionnels de votre centre : ils sont là pour vous aider à tomber enceinte, mais aussi pour vous soutenir tout au long du processus de FIV.

Parlez à votre médecin

Être bien informée sur les étapes d’un cycle de FIV vous permet d’avoir l’impression de contrôler votre traitement et vous donne un rôle actif. Posez toutes les questions que vous avez à votre médecin. Les spécialistes de la FIV ont un tas de connaissances et une riche expérience : ils pourront vous apporter le soutien que vous recherchez et vous guider à travers les différentes options de traitement qui s’offrent à vous, vous aider à évaluer vos chances d’avoir un bébé, suggérer des changements dans votre traitement pour augmenter vos chances de succès ou vous indiquer d’autres sources utiles d’information si vous souhaitez en savoir plus.

Parlez aux infirmières

Les infirmières sont toujours au courant des derniers avancements de votre cycle, vous accompagnent et vous donnent les instructions tout au long de votre protocole. Elles comprennent également à quel point la FIV peut s’avérer angoissante et sont très douées pour vous aider à contrôler votre stress. En cas de question ou d’inquiétude, vous pouvez toujours vous tourner vers les infirmières : si elles ne peuvent pas vous aider, elles vous orienteront vers quelqu’un qui le peut.

Parlez à un psychologue

Si vous sentez que le stress de la FIV est en train de vous dévorer et que personne ne comprend ce que vous traversez, ni ce que vous ressentez, essayez d’en parler à un psychologue de votre centre de PMA. Ces sentiments leur sont familiers et ils pourront vous aider à reprendre du poil de la bête. Une séance avec un psychologue de la clinique est faite pour vous remonter le moral. Vous pouvez rencontrer le psychologue seule ou avec votre partenaire en fonction de ce qui vous semble le plus approprié. Peut-être aurez-vous besoin d’une seule séance, peut-être de plusieurs : tout est possible.

Appelez un ami proche

Si vous avez un proche ou un véritable ami que vous pensez capable de vous soutenir et de vous encourager pendant votre cycle de FIV, faites-lui signe. Il est très important d’avoir quelqu’un vers qui se tourner et se reposer, il aura à la fois un peu de recul par rapport à la situation et veillera à votre bien-être.

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