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Troubles sexuels et infertilité : une relation à double sens

Libido en berne, éjaculation très précoce, dysfonction érectile, vaginisme, dyspareunie… Les troubles sexuels offrent une palette de difficultés variées, aussi bien chez l’homme que chez la femme, au moment d’avoir un rapport sexuel. Souvent sous-estimés, ils pourraient cependant être à l’origine de difficultés de conception qui pourraient se résoudre sans aller jusqu’à la PMA lorsqu’ils sont bien identifiés et pris en charge.

La prise en charge des troubles sexuels par la PMA en question

Dans son numéro 368-369 de janvier-février 2012, la Lettre du gynécologue met l’accent sur la place des troubles sexuels au sein des pathologies prises en charge par la PMA. En effet, elle s’adresse à des couples dont l’infertilité a été médicalement constatée. Or, les troubles sexuels ont souvent une origine psychologique et ne font pas clairement partie des causes générales d’infertilité ouvrant droit à une PMA.

Dans son mémoire d’études sur la sexualité humaine, la sage-femme Amélie Gauquelin met ainsi en lumière le rôle majeur d’une éducation stricte et angoissante autour de la sexualité dans les cas de vaginisme. Or, ce trouble sexuel, qui implique des contractions incontrôlées du pelvis, entraîne bien une infertilité dans la mesure où toute pénétration est rendue impossible. Cependant, résoudre le problème en passant par un sexologue risquerait de prendre un temps considérable, ce que ne peuvent pas se permettre tous les couples. Il en va de même pour les hommes qui ont du mal à maintenir leur penis en erection jusqu’à rendre la pénétration impossible, qui souffrent d’anéjaculation ou de nombreux autres troubles encore. L’orientation vers la PMA ou non dépend largement des praticiens.

Troubles sexuels et causes psychologiques

La pudeur ou la gêne poussent souvent les couples à minimiser, voire à passer sous silence les troubles qui peuvent affecter leur sexualité. C’est souvent au praticien de savoir poser les bonnes questions, avec autant de tact que de pertinence, ce qui vous est toujours assuré avec les médecins diplômés en sexologie de Charles.co. Des médicaments peuvent alors être prescrits, qui pourraient éviter au couple de passer par un parcours de PMA qui peut s’avérer long et difficile.

Parmi les divers troubles sexuels empêchant la fécondation, deux troubles se démarquent par leur fréquence : le vaginisme chez les femmes et la dysfonction érectile chez l’homme. Cette dernière peut apparaître lorsque le couple a décidé de concevoir un enfant. Même si l’enfant est clairement désiré, l’enjeu de la paternité peut ouvrir la voie à une angoisse et à une pression inexistantes jusqu’alors, qui entraîne des problèmes d’érection jamais rencontrés jusque là. On parle alors de trouble sexuel « secondaire ».

Quand les troubles sexuels apparaissent après le diagnostic d’infertilité

Si les troubles sexuels peuvent parfois être à l’origine de l’infertilité, une étude de 2013 menée par E. Huyghes, M. Bonal, M. Daudin et S. Droupy souligne que, dans la plupart des cas, il s’agit de l’inverse : les troubles sexuels apparaissent le plus souvent comme une conséquence de l’infertilité. En effet, les traitements de PMA imposent souvent des rapports sexuels programmés. La sexualité peut alors perdre sa fonction récréative pour devenir une corvée chargée d’angoisses qui se répercutent physiquement sur les fonctions sexuelles. Lorsque l’infertilité est liée à la fonction spermatique, l’homme peut également ressentir une perte de virilité qui peut se traduire par des troubles sexuels. Du côté féminin, la prise de divers médicaments et hormones dans le cadre d’un traitement en PMA contribuent également à augmenter le risque de trouble sexuel une fois le diagnostic d’infertilité posé.

Infertilité et troubles sexuels sont ainsi bien liés par une relation à double sens, et il convient de les prendre au sérieux, d’un point de vue psychologique aussi bien que physiologique, afin de limiter leur impact sur la sexualité comme la fécondité.

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