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La phytothérapie chinoise et la PMA

Cette médecine douce non invasive traite les troubles et maladies grâce au pouvoir curatif des plantes, des fleurs, des arbres et des herbes. Comme les autres thérapies holistiques, la phytothérapie ne traite pas les symptômes mais l’ensemble de l’individu comme un tout et vise à lui faire retrouver un équilibre corporel. Les herboristes utilisent les substances actives des plantes pour lutter contre un trouble, tandis que les médecins conventionnels ont plutôt recours à des molécules synthétiques. La phytothérapie existe depuis très longtemps et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’elle se pratique trois à quatre fois plus dans le monde que la médecine occidentale conventionnelle.

La médecine chinoise traditionnelle est un système de soin global qui comprend la phytothérapie, acupuncture, le massage, les conseils diététiques et l’exercice physique. La phytothérapie chinoise et acupuncture sont souvent utilisées ensemble pour rééquilibrer la circulation énergétique dans les méridiens et augmenter la fertilité.

Comment ça marche ?

La théorie est la suivante : c’est l’équilibre du Yin et du Yang, deux forces énergétiques opposées, qui permet aux êtres vivants d’exister. Ces deux principes constituent ensemble l’essence de la vie, le Qi, une énergie qui circule au travers du corps via des canaux invisibles que l’on appelle des méridiens. Une moitié des organes et des méridiens est dirigée par le Yin, et l’autre par le Yang. Lorsque le Yin et le Yang sont en déséquilibre dans le corps, cela bloque la circulation du Qi et provoque en conséquence la maladie. Les déséquilibres du Yin et du Yang peuvent être provoqués par le stress, la pollution, une mauvaise alimentation, des contrariétés ou une infection. A chacun des deux principes correspondent des qualités qui permettent le diagnostic : intérieur et extérieur, chaud et froid, carence et excès.

Les plantes médicinales contiennent des ingrédients actifs qui, si on en maîtrise l’usage, peuvent être utilisés pour traiter la cause sous-jacente d’un déséquilibre. Nombre de ces plantes est utilisée au quotidien, comme le gingembre, qui permet d’éviter la nausée et en particulier les nausées matinales. Il y a aussi l’ail, qui aidera à réduire un taux de cholestérol élevé, le ginkgo biloba, qui améliore les états dépressifs, le chardon-Marie, qui détoxifie et nettoie le foie.

Le talent de l’herboriste consiste à connaître les propriétés de chaque plante et à être capable de composer un remède spécialement conçu pour répondre aux besoins d’une personne particulière. La plupart des remèdes sont composés de nombreuses plantes qui vont travailler en synergie pour produire l’effet requis.

Dans le traitement de l’infertilité féminine, il est très important que les remèdes varient en fonction du rythme naturel du cycle menstruel. Pendant les règles, la circulation sanguine s’accroît pour que le corps puisse évacuer complètement l’ancien endomètre et libérer de la place afin qu’une nouvelle couche de tissu se développe dans l’utérus. Juste après les règles, le sang est en état de plénitude, de sorte que le corps peut remplacer ce qu’il a perdu. Au moment de l’ovulation, le phytothérapeute veillera à ce que le Yin augmente pour aider à la croissance d’un nouvel ovocyte et, après l’ovulation, il travaillera à ce que le Yang augmente pour fournir l’énergie nécessaire au processus de fécondation et de nidation dans l’utérus. En s’adaptant au cycle naturel de la patiente, le traitement à base de plantes peut la soutenir dans chacune de ces phases, et corriger les irrégularités qui peuvent être cause d’infertilité.

Une fois la grossesse déclenchée, le phytothérapeute vous demander peut-être d’arrêter de prendre ces remèdes.

Qui peut y avoir recours ?

Les principales causes de l’infertilité féminine sont hormonales et organiques et celles de l’infertilité masculine sont liées à des spermatozoïdes peu de nombreux et de mauvaise qualité. Un traitement à base de plantes médicinales peut corriger les déséquilibres hormonaux et augmenter la production des hormones féminines comme celle des spermatozoïdes.

Après une première consultation, le thérapeute décide des moyens les plus efficaces pour progresser : il n’est pas rare qu’il propose d’associer phytothérapie et acupuncture dans son traitement.

On peut sans risque avoir recours à la phytothérapie conjointement aux méthodes conventionnelles comme la FIV pour maximiser ses chances de conception. Les plantes médicinales améliorent l’état de santé de l’appareil reproducteur et permettent au corps d’être suffisamment en forme pour porter le bébé jusqu’à terme s’il y a grossesse, ou, au moins, réduiront les risques de fausse-couche.

Les herboristeries ont disparu en France, le diplôme d’herboriste ayant été supprimé il y a 60 ans. Ils sont désormais remplacés par des phytothérapeutes diplômés. Il est important d’en trouver un qui soit spécialisé dans l’infertilité féminine et masculine et capable de combiner son traitement acupuncture si nécessaire.

Comment se déroule le traitement ?

La première consultation dure environ une heure. Pendant ce temps, le phytothérapeute va réunir autant d’informations que possible sur vous, vos antécédents médicaux, vos habitudes de vie, votre caractère, vos inquiétudes, votre rythme de sommeil, votre régime alimentaire et vos allergies. Il prêtera aussi attention à votre apparence générale, à l’état de vos cheveux et de votre peau, et à la manière dont vous communiquez et bougez. Le thérapeute va essayer d’avoir une image complète de l’individu que vous êtes et de comprendre ce qui peut être cause de déséquilibre dans votre corps.

Par ailleurs, il procédera aussi à un examen physique et vérifiera votre pouls, votre tension artérielle, examinera vos yeux, votre bouche, votre langue, vos oreilles et votre peau.

Ensuite, il vous recommandera un remède. Les remèdes peuvent être prescrits sous différentes formes et contiennent, en général, entre 10 et 15 plantes différentes. Les remèdes qui doivent être intégrés se présentent sous forme de teinture-mère, c’est le liquide concentré issu de la macération des fleurs, des feuilles ou des racines. On en prescrit en général quelques gouttes par jour. Les infusions sont moins concentrées : il faut faire bouillir les plantes dans de l’eau pendant 10 à 15 minutes pour en libérer les propriétés naturelles. Après avoir filtré les plantes, on boira le liquide obtenu. Attention, ces infusions particulières ont souvent un goût déplaisant. Les comprimés sont recommandés aux personnes qui ont des difficultés à boire les infusions ou les teintures-mères.

Enfin, il existe des remèdes aux plantes que l’on applique de façon externe sur le corps sous forme de crèmes, de pommades ou de compresses, ou via l’eau du bain.

Le témoignage de Marie

J’avais une trentaine d’années quand j’ai commencé à essayer d’avoir un enfant. Après une année d’essai, j’ai consulté mon médecin, qui m’a fait subir divers examens. Au cours d’une radio (hystérosalpingographie), on a découvert que mes deux trompes étaient bouchées. Comme je n’avais eu aucun maladie inflammatoire pelvienne, ni aucune MST, la cause de cette obstruction était inconnue. On m’a alors annoncé que rien ne pouvait désobstruer mes trompes et que la FIV serait mon seul recours.

Mon mari et moi n’avions aucune envie de vivre une FIV et nous avons donc décidé d’essayer des traitements alternatifs. Je suis allée consulter un acuponcteur phytothérapeute. Mon cycle menstruel était irrégulier et pénible. J’avais des pertes très légères juste avant mes règles et souffrais du syndrome prémenstruel plus d’une semaine par mois.

Mais comme l’obstacle à la conception le plus important était l’obstruction des trompes, mon praticien s’est concentré sur ce problème. A l’aide de remèdes à base de plantes et d’un peu d’acuponcture, il a entrepris de nettoyer mon utérus. Au bout de trois cycles, je me suis sentie beaucoup mieux, mes règles n’étaient plus du tout les mêmes. Au quatrième cycle, j’ai pris rendez-vous toute seule pour une hystérosalpingographie. Mes deux trompes s’étaient débouchées. J’ai continué de prendre des plantes médicinales et de suivre des séances d’acuponcture pour réguler mon cycle, et 4 mois plus tard, j’étais enceinte. Je suis maintenant fière d’être maman d’une petite fille.

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