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La FIV n’augmente pas le risque de dépression pendant et après la grossesse

Les risques de développer des symptômes dépressifs durant la grossesse ou 6 semaines voire 6 mois après l’accouchement sont similaires, que les conceptions soient réalisées naturellement ou via une FIV indique une étude suédoise publiée dans Fertility and Sterility en 2017.

De précédentes études ont montré une fréquence élevée des cas d’anxiété et de dépression chez les couples ayant recours à une FIV, mais la question de savoir si les FIV sont associées à une dépression périnatale n’avait pas été clairement évaluée.

L’étude

Cette étude prospective a été menée par Pietro Gambadauro de l’université d’Uppsala (Suède) et ses collaborateurs sur 3.283 femmes, dont 327 ayant eu recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP) et 3.116 ayant présenté une grossesse spontanée, entre 2010 et 2015.

Les femmes présentant des grossesses multiples ou dont les fœtus souffraient de pathologies ont été exclues de l’analyse.

Les chercheurs ont évalué la présence de symptômes dépressifs chez ces femmes grâce au questionnaire Edinburgh Postnatal Depression Scale. Un score supérieur ou égal à 12 à ce test a été défini comme évocateur d’une dépression.

Les résultats indiquent que la fréquence des symptômes dépressifs observés chez les femmes pendant la période périnatale n’était pas significativement différente selon le type de conception.

D’une façon globale, ces symptômes ont été notés chez 12,8% et 12,4% des femmes à 17 et 32 semaines de grossesse, respectivement.

La prévalence des symptômes dépressifs à 17 semaines de grossesse était de 13% pour les grossesses spontanées et de 9% pour celles issues de FIV. A 32 semaines de grossesse, cette prévalence était respectivement de 12,4% et 11,5%.

Après l’accouchement, la prévalence générale des symptômes dépressifs était de 13,8% et de 11,9% à 6 semaines et 6 mois, respectivement. Six semaines après l’accouchement, ces symptômes concernaient 13,7% des femmes à grossesse spontanée et 14,6% de celles ayant bénéficié d’une FIV.

Six mois après l’accouchement, ces valeurs étaient respectivement de 12% et 9,1%.

Les auteurs ont également procédé à une analyse statistique des données sur la base d’un score supérieur ou égal à 10, ou supérieur ou égal à 13, avec des conclusions similaires soulignant l’absence de différence statistique en termes de dépression périnatale entre les 2 groupes de femmes.

Par ailleurs, l’étude indique que dans cet échantillon de femmes, celles ayant recours à la FIV étaient en moyenne plus âgées (46,1% avaient 35 ans ou plus, contre 22,6% pour les femmes présentant une grossesse spontanée), plus souvent primipares (50,1% versus 28,3%) et plus souvent sujettes aux césariennes (22,4% versus 14,2%).

Conclusion

« Malgré la détresse psychologique accompagnant les problèmes d’infertilité et de son traitement, la conception par FIV n’est pas associée à un risque accru de développer des symptômes dépressifs pendant la grossesse ou en post-partum », concluent les auteurs.

(Fertility and Sterility, publication en ligne du 24 juin)

 

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