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Comment interpréter des échecs de FIV avec des embryons de bonne qualité

Échecs de FIV avec des embryons de bonne qualité : qu’en déduire ?

Déterminer avec certitude le taux de normalité génétique des embryons n’est jamais simple. Et ce, même lorsqu’ils se sont convenablement développés en culture. Cependant, des échecs répétés de fécondation in vitro avec des embryons qui semblent être de bonne qualité génèrent une suspicion de problème d’implantation.

Le rôle de l’endomètre dans la réussite de la FIV

Après la fécondation, l’embryon doit venir s’implanter dans l’endomètre, qui est le tapis cellulaire qui recouvre l’intérieur de l’utérus. Si un problème d’implantation est suspecté, l’analyse de l’endomètre est le premier contrôle réalisé.

L’épaisseur de l’endomètre est alors analysée. S’il est trop fin, on parle d’une hypotrophie de l’endomètre. À l’inverse, s’il est trop épais, on évoque une hypertrophie de l’endomètre. Les deux peuvent tout à fait gêner le bon déroulement de l’implantation de l’embryon. La réalisation d’un examen du flux sanguin est alors nécessaire (doppler). De plus, on analyse aussi la vascularisation de l’endomètre. L’examen de l’endomètre peut alors mettre en évidence certaines affections pouvant gêner l’implantation de l’embryon.

Les causes possibles aux problèmes d’implantation

Plusieurs causes peuvent expliquer les échecs répétés de FIV.

Les fibromes sont des tumeurs bénignes du muscle utérin. Ils peuvent déformer la cavité utérine et même se développer à l’intérieur. Les fibromes peuvent donc gêner l’implantation de l’embryon. De plus, les fibromes qui se trouvent dans la paroi utérine, mais qui ne la déforment pas peuvent jouer un rôle qui est plus difficile à identifier. Leur taille et leur nombre sont des indices souvent suffisants pour déterminer leur possible implication dans les échecs de FIV.

D’autre part, l’adénomyose utérine peut, dans ses formes les plus sévères, jouer un rôle dans l’échec de l’implantation embryonnaire, mais cela reste rare. Il s’agit d’une infiltration profonde du muscle utérin par les cellules de l’endomètre.

Les anomalies utérines peuvent aussi influencer l’implantation embryonnaire et sont généralement détectées par hystéroscopie. Elles influent directement sur la qualité de l’endomètre. Les polypes et les synéchies (accolement des faces utérines) sont des anomalies utérines. Leur ablation est parfois nécessaire.

Enfin, une inflammation chronique de l’endomètre peut être révélée par l’hystéroscopie. Elle devra être traitée avec des antibiotiques pour ne pas gêner les futures implantations.

L’analyse de l’état d’activation de l’endomètre

Lors que le bilan d’échec d’implantation révèle l’une ou plusieurs de ces affections et que la possibilité de fausses couches à répétition a totalement été écartée, une exploration de l’état d’activation de l’endomètre peut être effectuée. Certains laboratoires proposent cette analyse qui est relativement nouvelle. Elle consiste à évaluer la capacité de l’endomètre à accueillir l’implantation avec succès.

Une biopsie de l’endomètre est réalisée durant la fenêtre d’implantation qui se situe au vingt-deuxième jour d’un cycle ovulatoire standard. S’il n’est pas possible de déterminer cette fenêtre, elle peut être créée par la prise d’œstrogène dès le premier jour des règles et suivie par la prise d’un progestatif au dixième jour.

La datation de l’endomètre par un prélèvement permet de vérifier que la biopsie est réalisée au bon moment. L’état d’activation de l’endomètre peut alors être vérifié. Un endomètre qui se trouve en suractivation va considérer l’embryon comme un corps étranger. Cela expliquerait alors les échecs répétés d’implantation. Il peut aussi expliquer la survenue de fausses couches spontanées. Un endomètre en sous-activation va altérer la réaction entre l’embryon et l’endomètre ce qui expliquerait aussi ces échecs successifs.

Les traitements

La suractivation ou sous-activation de l’endomètre

Lorsque la suractivation de l’endomètre est confirmée, le médecin va prescrire de la vitamine E durant les cycles ovulatoires ultérieurs. Des anti-inflammatoires lui seront associés. Lors de la phase d’implantation, les doses de progestérones seront éventuellement augmentées. Après le transfert embryonnaire, les relations sexuelles sont contre-indiquées. Elles pourraient favoriser une inflammation de l’endomètre.

D’autre part, lorsque la sous-activation de l’endomètre est observée, le médecin va faire réaliser une biopsie de l’endomètre au cours de la fenêtre d’implantation du cycle qui précède celui de l’implantation. La biopsie va générer une inflammation de l’endomètre et remédier à la sous-activation repérée. De cette manière, les rapports sexuels sont autorisés et même conseillés après le transfert de l’embryon.

La fenêtre d’implantation

Dans le cadre d’un décalage de l’ouverture ou de la fermeture de la fenêtre d’implantation, il existe un problème dans la synchronisation de l’embryon et de l’endomètre. Une exploration peut donc être réalisée dans le but de déterminer la période de réceptivité endométriale optimale. Dans ce cas, le médecin peut décider de différer le transfert de quelques jours pour favoriser son transfert.

Enfin, la fenêtre d’implantation peut aussi avoir été altérée par la stimulation de l’ovulation. Le médecin proposera dans ce cas de congeler les embryons durant la FIV et de les transférer ultérieurement. Le transfert pourra alors être effectué lors d’un cycle naturel (pour éviter l’influence d’une stimulation de l’ovulation) ou d’un cycle artificiel généré par les médecins.

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