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FIV : 1er bébé né grâce au séquençage de l’ADN embryonnaire

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Connor Levy est le premier bébé issu d’une nouvelle technique permettant une analyse génétique embryonnaire accélérée après une FIV. Il doit en effet sa naissance à la recherche embryonnaire accélérée. Né le 18 mai dernier dans un hôpital de Philadelphie (Etats-Unis), il est le premier bébé issu de cette technique qui permet, dans le cadre d’une FIV avec séquençage complet du génome, de sélectionner les embryons en meilleure santé, en à peine 16 heures. Mais son cas n’a été présenté que cette semaine au monde entier, lors du congrès annuel de la Société européenne de reproduction humaine et d’embryologie (ESHRE).

Le principe de séquençage du génome embryonnaire

La technique d’analyse est connue comme « le séquençage de prochaine génération», une méthode puissante capable de décoder les génomes entiers et de révéler simultanément des informations sur l’héritage de troubles génétiques, les anomalies chromosomiques et les mutations mitochondriales.

Un séquençage de nouvelle génération déjà en train de révolutionner de nombreux domaines de la recherche et du diagnostic génétique, et qui, lorsqu’il est appliqué à l’évaluation des embryons, va permettre l’analyse simultanée du risque de maladies héréditaires graves et d’anomalies chromosomiques . Ainsi permet-elle en un temps record de sélectionner les « meilleurs » embryons, c’est-à-dire ceux qui ont le bon nombre de chromosomes et qui sont indemnes d’anomalies génétiques.

En pratique

Lors des essais cliniques le Dr Wells et son équipe d’Oxford ont obtenu par FIV, sept embryons, dont ils ont prélevé des cellules souches après cinq jours de développement, puis ils en ont extrait l’ADN pour le séquencer.

Ce scan rapide de l’ADN (d’environ 16 h) évite la congélation des embryons en attendant les résultats. Parmi les sept sélectionnés, seuls trois d’entre eux ont pu être retenus. Le transfert d’un seul embryon a conduit avec succès à la grossesse de la mère du petit Connor, puis à la naissance tant attendue.

D’autres essais cliniques seront nécessaires pour confirmer l’efficacité de la technique à plus grande échelle. La prochaine étape annoncée par le Dr Dagan Wells est le lancement d’un essai à grande échelle cette année.

Les conséquences futures de l’application de cette technique

Une amélioration du taux de  succès

La technique dont ont bénéficié les heureux parents, pourrait bien révolutionner la FIV dont le taux d’échecs est encore trop élevé (seuls 30 % des embryons transférés s’implantent).
« Certains des embryons produits lors de traitements de l’infertilité n’ont aucune chance de devenir un bébé parce qu’ils portent des anomalies génétiques mortelles » ajoute le Dr Wells, ce séquençage dit « de nouvelle génération » offre une visibilité sans précédent sur la biologie des embryons : il améliore notre capacité à détecter ces anomalies et à identifier les embryons avec les meilleures chances de produire une grossesse viable ». Potentiellement, cela devrait conduire à une amélioration des taux de succès des FIV et un moindre risque de fausse couche.

Un coût réduit

Au-delà de la prouesse médicale, cette procédure permet de réduire le coût des FIV. « Ce que permet notre technique, explique Dagan Wells, docteur à l’université d’Oxford, interrogé par la BBC, c’est de vous donner le nombre de chromosomes et d’autres informations biologiques sur l’embryon à un faible coût – probablement environ les deux tiers du prix des méthodes existantes de dépistage ». Le diagnostic préimplantatoire engendre en effet un surcoût important lors d’une tentative de FIV.

Les aspects éthiques

Enfin, comme tout progrès scientifique lié à la procréation, il soulève des inquiétudes éthiques. Dès lors qu’il s’agit de sélectionner des embryons pour n’en conserver que les « plus que parfaits » avec tous les bons gènes, on peut craindre certaines dérives eugéniques. En attendant, un deuxième bébé né grâce à ce même dépistage de nouvelle génération est attendu dans les prochaines semaines à Philadelphie.

Certains redoutent que les parents ne soient tentés de choisir des embryons ayant telle ou telle caractéristique physique ou mentale. Mais d’autres pensent que le nombre réduit d’embryons proposés à chaque couple limite ce risque.

Une avancée scientifique qui fait aussi écho à l’actualité française :  la recherche sur les cellules souches embryonnaires est débattue à l’Assemblée nationale.

Sources :

ESHRE

Parents.fr

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