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Classement 2025 des centres de PMA et FIV en France

Classement établi sur la base des données 2021-2022 des centres de PMA compilées et retraitées par l’Agence de Biomédecine du 28 Avril 2025. Le taux de réussite est sur les transferts d’embryons frais et congelés (TEC). La moyenne nationale des centres en taux cumulé (Transferts frais et congelés) est de 30%.

Définition du taux cumulé : Nombre d’accouchements après 22 semaines d’aménorrhée à partir d’un cycle de FIV avec ponction, incluant tous les cycles où des embryons frais ou congelés ont été transférés, jusqu’à l’obtention d’un accouchement ou jusqu’à utilisation de tous les embryons obtenus.

En effet le taux cumulé est le taux de réussite pour une patiente lorsqu’elle entame un cycle de FIV une fois qu’elle aura transféré tous les embryons issus de cette FIV. Ce n’est pas un résultat par transfert comme on peut le penser.

Source (cliquez sur le logo pour accéder aux évaluations) :     

Méthodologie

   
Année d’activité 2021-2022
Méthodologie Taux standardisé d’accouchements cumulé de 2021, issus de transferts d’embryons frais ou congelés, rapportés au nombre de ponctions.
Source Rapport annuel de l’Agence de Biomédecine sur l’évaluation des centres de Fécondation In Vitro.

La méthode consiste à standardiser les résultats des centres sur les caractéristiques de la patientèle puis de les comparer à la moyenne nationale. Les résultats sont présentés sous forme graphique : le « funnel plot », ou graphique en entonnoir, représente l’intervalle de confiance autour de la moyenne nationale en fonction du volume d’activité. Les résultats standardisés des centres qui se trouvent en dehors de l’intervalle de confiance sont considérés comme significativement différents de la moyenne nationale.

Moyenne nationale des centres : 30%

Ce classement est extrait du rapport annuel d’évaluation des centres de Fécondation In Vitro publié par l’Agence de Biomédecine du 28 Avril 2025. Dans cette analyse, 103 centres ont été inclus.

L’indicateur retenu est : Le taux d’accouchement cumulé des ponctions de 2021, issu de transfert d’embryons frais ou congelés, rapporté au nombre de ponctions : la fréquence des accouchements après 22 semaines d’aménorrhée, issus des transferts d’embryons frais de 2021 ou des transferts d’embryons congelés issus des ponctions 2021, réalisés en 2021 ou 2022, ou bien des transferts d’embryons frais avec ovocytes décongelés issus des ponctions 2021, réalisés en 2021 ou 2022, quel que soit le statut vital des enfants à la naissance, rapporté au nombre de ponctions réalisées en 2021, quelle que soit l’issue de la ponction.

  • Ont été incluses, les tentatives intraconjugales et avec don de spermatozoïdes, avec ou sans ICSI, ainsi que les tentatives sans transfert avec congélation de toute la cohorte embryonnaire (freeze all embryonnaire).
  • Ont été exclues : les tentatives réalisées dans le cadre du diagnostic préimplantatoire, les tentatives sans transfert avec congélation de toute la cohorte ovocytaire (freeze all ovocytaire), en raison de problèmes de suivi ou d’exhaustivité des tentatives issues de ces congélations, et les centres dont les données renseignées ne permettent pas de lier, dans plus de 40% des cas, les décongélations d’embryons de 2022 aux fécondations dont sont issus les embryons décongelés.

Les facteurs de standardisation : Les facteurs d’ajustement ont été testés dans un modèle statistique d’analyse univariée et multivariée afin d’estimer leur effet prédictif sur les taux d’accouchement. Ces modèles permettent d’estimer pour chacun des facteurs étudiés une pondération qui mesure l’effet prédictif « propre » de chaque facteur, indépendamment des autres facteurs du modèle (par exemple, l’effet du « rang de la ponction » indépendamment de l’effet de « l’âge des femmes »). Ces pondérations sont estimées au niveau individuel et sont utilisées pour standardiser les taux d’accouchement des centres de manière à les rendre comparables à la moyenne nationale pour les caractéristiques étudiées. Les facteurs retenus ne concernent que les caractéristiques de la patientèle des centres (et non pas les pratiques des centres) puisque ces modèles ne visent à standardiser que sur la patientèle.

Les cinq facteurs utilisés pour la standardisation sont :

L’âge des femmes

Le contexte viral

Le nombre d’ovocytes recueillis par ponction

Le rang de la ponction

L’IMC de la femme.

Peut-on comparer les centres de FIV entre eux ? Oui, mais avec méthode.

Quand on cherche un centre de FIV, on compare. C’est normal. C’est même inévitable. Pourtant, l’Agence de la biomédecine affirme dans son rapport 2021-2022 qu’elle ne produit « aucun classement des centres » et que sa méthode « ne permet pas de comparer les centres entre eux ». Dans le même temps, ce même rapport explique qu’il standardise les résultats des centres selon plusieurs caractéristiques de patientèle, puis qu’il les compare à la moyenne nationale grâce à des funnel plots. Autrement dit : l’Agence refuse le mot « classement », mais elle organise bien une comparaison statistique.

Le rapport compare déjà les centres, mais à une moyenne nationale

Le point central, c’est celui-ci : l’ABM ne met pas les centres en duel direct les uns contre les autres, mais elle les place tous sur le même terrain, face à une même référence. Cette référence, c’est le taux national d’accouchement cumulé, fixé ici à 30 %. Les centres situés au-dessus de la borne supérieure de l’intervalle de confiance sont considérés comme significativement supérieurs à la moyenne ; ceux situés au-dessous de la borne inférieure sont considérés comme significativement inférieurs. Ce n’est pas un palmarès complet du premier au dernier. Mais ce n’est certainement pas une absence de comparaison.

Pour le dire autrement : ce n’est pas parce qu’on refuse de numéroter les élèves de 1 à 103 qu’on a renoncé à voir lesquels sont au-dessus de la moyenne de la classe et lesquels sont en dessous.

L’ABM invoque une limite méthodologique réelle, pas une impossibilité absolue

Le rapport justifie sa prudence en expliquant que « l’intervalle de confiance du taux d’accouchement de chaque centre n’est pas estimé » et que deux centres ne pourraient être considérés comme significativement différents que si leurs intervalles de confiance étaient disjoints. C’est un argument méthodologique recevable. Mais il faut bien lire la formule : le rapport dit que cet intervalle n’est pas estimé, pas qu’il serait impossible à estimer. Cela signifie qu’il s’agit d’un choix de présentation et de prudence, pas d’une démonstration selon laquelle toute comparaison entre centres serait dépourvue de sens.

En clair : l’ABM dit surtout « notre outil n’a pas été construit pour départager formellement chaque centre contre chaque autre ». Elle ne démontre pas que tout rapprochement entre centres serait absurde.

Le hasard existe, mais le funnel plot est justement là pour éviter les conclusions hâtives

Le rapport rappelle aussi que des différences entre centres peuvent être dues au hasard. C’est vrai. Mais c’est précisément pour cela qu’il utilise un funnel plot. Ce graphique tient compte du volume d’activité : plus un centre a réalisé de ponctions, plus la zone d’incertitude autour de la moyenne nationale se resserre. Les écarts observés sur de petits volumes appellent donc à la prudence ; ceux observés sur des volumes beaucoup plus importants méritent davantage d’attention.

L’exemple le plus simple, c’est celui-ci : si deux centres ont presque le même résultat mais que l’un a traité 100 patientes et l’autre 1 000, on ne lit pas leur performance avec le même degré de confiance. Le funnel plot existe justement pour éviter ce genre de contresens.

La comparaison est déjà partiellement corrigée du biais de patientèle

L’un des arguments les plus fréquents contre toute comparaison est le suivant : les centres n’ont pas les mêmes patientes. C’est exact. Et c’est précisément pour cela que l’ABM ne compare pas simplement des taux bruts. Le rapport indique que les résultats sont standardisés à partir de plusieurs caractéristiques de patientèle : l’âge des femmes, le contexte viral, le nombre d’ovocytes recueillis, le rang de la tentative et l’IMC de la femme. Il précise aussi que ces facteurs servent à rendre les taux des centres comparables à la moyenne nationale.

Autrement dit, l’ABM reconnaît elle-même qu’une comparaison brute serait imparfaite — et elle corrige déjà une partie de ce problème. Cela ne rend pas la comparaison parfaite. Mais cela la rend beaucoup plus sérieuse que ne le laisserait croire la formule « on ne peut pas comparer les centres entre eux ».

Le rapport adopte une prudence statistique maximale

Le rapport précise que l’intervalle de confiance à 99 % a été retenu pour tenir compte des comparaisons multiples avec la moyenne nationale, et que l’intervalle à 95 % n’est montré qu’à titre indicatif, comme première alerte. Là encore, c’est une position prudente, voire très prudente. Mais cette prudence ne doit pas être confondue avec une interdiction générale de lire les écarts.

C’est un peu comme un radar réglé très sévèrement : il réduit le risque de faux signal, mais il ne transforme pas toutes les différences observées en illusions.

Le rapport dit aux centres de s’améliorer, donc il distingue déjà les résultats

En page 3, l’ABM écrit que cette évaluation a pour vocation d’aider les centres à s’inscrire dans une démarche d’amélioration des pratiques et, si besoin, à améliorer leurs résultats. Cette phrase compte. Car pour qu’un centre sache qu’il doit améliorer ses résultats, il faut bien qu’un écart ait été identifié quelque part. Là encore, on n’est pas dans l’absence totale de comparaison. On est dans une comparaison encadrée, prudente, mais bien réelle.

En somme, le rapport refuse le terme de « classement », mais il accepte parfaitement l’idée de signaler des centres dans la norme, au-dessus de la norme, ou en dessous de la norme.

Les patientes, elles, compareront de toute façon

Dans la vraie vie, aucune patiente ne choisit un centre les yeux fermés. Les gens cherchent, croisent les informations, regardent les chiffres, lisent les avis, demandent des retours. Refuser toute lecture comparative des données publiques ne supprime donc pas la comparaison : cela la déplace vers le bouche-à-oreille, la réputation, les forums ou les intuitions personnelles.

Entre une comparaison sauvage fondée sur quelques témoignages isolés et une comparaison prudente fondée sur des données publiques, ajustées en partie sur la patientèle et interprétées avec méthode, la seconde reste de loin la plus honnête.

Ce que ce classement n’est pas

Il ne dit pas tout d’un centre. Il ne mesure ni la qualité de l’accompagnement, ni les délais d’attente, ni l’expertise sur des situations particulières, ni la proximité géographique, ni la capacité d’un centre à prendre en charge certains cas complexes. Le rapport précise d’ailleurs que l’ajustement ne porte que sur certaines caractéristiques de patientèle disponibles dans le registre, et non sur les pratiques des centres.

Il ne faut donc ni fétichiser ce type de classement, ni le balayer d’un revers de main. Ce n’est ni une vérité absolue, ni une donnée inutile. C’est un repère. Et, bien utilisé, c’est un repère utile.

 

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