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It Starts with the Egg : pourquoi ce livre circule autant chez les fivettes ?

La réponse courte, c’est oui, mais…

Ce livre, écrit en anglais par Rebecca Fett, circule dans la communauté PMA depuis un bon moment maintenant. Et pour cause : c’est l’un des rares ouvrages qui ne se contente pas de dire « mangez bien et détendez-vous ». Vous savez, le genre de conseil qui rend à peu près toutes les fivettes dingues.

Non, ici on parle d’études scientifiques, de mécanismes biologiques et surtout d’actions concrètes.

Rebecca Fett n’est pas médecin. C’est une femme qui est passée par la FIV avec un diagnostic de réserve ovarienne diminuée et qui a décidé de fouiller elle-même la littérature scientifique grâce à sa formation en biologie moléculaire. Le livre qui en est sorti est le résultat de plusieurs années de lectures et d’analyses d’études cliniques.

Que raconte-t-il exactement ?

Vos ovocytes ne sont pas « foutus d’avance »

C’est un peu le message central du livre. On entend souvent que la qualité ovocytaire décline avec l’âge, et c’est vrai. Sauf que Rebecca Fett explique une chose que peu de gynécos prennent le temps de détailler en consultation : dans les trois à quatre mois avant l’ovulation, chaque ovocyte traverse une phase de maturation où il est particulièrement vulnérable.

C’est pile à cette étape que la division chromosomique se joue. Et quand ça part de travers (et ça arrive plus souvent qu’on ne le croit), vous vous retrouvez avec des embryons porteurs d’anomalies. Résultat : une FIV qui ne fonctionne pas ou une fausse couche au premier trimestre.

Or, cette période est perméable à tout : votre alimentation, les substances chimiques auxquelles vous êtes exposée au quotidien, et aussi ce que vous prenez comme compléments.

Bon, on ne va pas se raconter d’histoires : personne ne sait rajeunir les ovaires. Par contre, ces ovocytes qui sont là, ceux qui vont mûrir dans les prochains mois, vous pouvez leur donner un coup de pouce pour qu’ils arrivent en forme le jour J.

Le nerf de la guerre : les compléments

Soyons honnêtes, c’est pour ça que la plupart des fivettes achètent le livre. Rebecca Fett passe en revue tout un tas de suppléments : CoQ10, mélatonine, myo-inositol pour celles qui ont un profil SOPK, DHEA quand la réserve ovarienne est basse.

À chaque fois, elle s’appuie sur des études cliniques. Elle ne survend rien et précise de manière empirique quand les preuves sont solides ou lorsqu’elles restent fragiles.

Parmi les suppléments qu’elle met vraiment en avant, il y en a deux qu’on a tendance à sous-estimer parce qu’ils paraissent « basiques ».

Le premier, c’est la vitamine B9. Oui, l’acide folique, celui qu’on vous prescrit systématiquement quand vous tombez enceinte. La B9 ne sert pas qu’à prévenir les malformations du tube neural.

En réalité, elle intervient pile là où ça compte : fabrication de l’ADN, division des cellules. Bref, tout ce qui entre en jeu dans les premières heures qui suivent la fécondation.

Et il y a un truc que presque personne ne sait : entre 10 et 15 % des femmes ont une mutation sur le gène MTHFR. En clair, leur corps n’arrive pas à transformer correctement l’acide folique qu’on trouve dans les compléments classiques.

Si c’est votre cas (un simple test sanguin peut le confirmer), il vaut mieux se tourner vers du méthylfolate plutôt que vers de l’acide folique standard.

Le deuxième, c’est la vitamine D3.

Et là, Rebecca Fett est carrément remontée contre les seuils utilisés par la plupart des médecins, qu’elle juge trop bas au regard des études récentes. Plusieurs travaux montrent qu’un bon taux de vitamine D est corrélé à de meilleurs résultats en FIV, que ce soit sur l’implantation ou le taux de grossesse clinique.

Le problème en France, c’est qu’entre octobre et avril, on fabrique très peu de vitamine D naturellement. Du coup, énormément de femmes arrivent en protocole avec un taux insuffisant sans même le savoir.

Conseil simple : faites doser votre 25-OH vitamine D avant de démarrer quoi que ce soit. Ça ne coûte pas grand-chose et ça peut changer pas mal de choses.

Les perturbateurs endocriniens, l’autre grande partie du livre

L’autre partie du livre qui marque les esprits, c’est tout le chapitre sur les toxines du quotidien. BPA dans les plastiques alimentaires, phtalates dans les cosmétiques et les produits ménagers…

Rebecca Fett ne verse pas dans le catastrophisme, mais elle pose les données : ces substances perturbent le système hormonal, et cela se retrouve dans les résultats en fertilité.

Ses recommandations sont assez simples à mettre en place. Exemple : remplacer les tupperwares en plastique par du verre, limiter les conserves en boîte, passer à des produits ménagers sans parfum de synthèse.

Ce sont des ajustements qu’on peut commencer dès demain.

L’assiette aussi compte (mais pas de régime miracle)

Rebecca Fett consacre aussi un chapitre à l’alimentation, avec un angle précis : l’insuline.

Trop de sucres rapides et de glucides raffinés provoquent des pics d’insuline qui perturbent la maturation ovocytaire. Son approche rejoint pas mal ce qu’on sait du régime méditerranéen appliqué à la fertilité. D’ailleurs, on en a déjà parlé sur Fiv.fr.

Et côté messieurs ?

C’est un des points forts du livre : Rebecca Fett rappelle que la qualité du sperme suit exactement les mêmes logiques.

Compléments, alimentation, toxines… tout s’applique aussi au partenaire masculin. On avait d’ailleurs creusé le sujet des oméga-3 en FIV dans un article dédié, et c’est typiquement le genre de recommandation qui concerne le couple, pas seulement la femme.

Est-ce que ce livre va vous faire tomber enceinte ?

Non. Il ne faut pas se mentir. Aucun livre, aucun complément ne remplace un protocole médical ni ne garantit quoi que ce soit. Rebecca Fett le dit elle-même très clairement.

Ce que le livre offre en revanche, c’est une compréhension fine de ce qui se passe dans votre corps et des leviers sur lesquels vous avez une réelle prise.

Beaucoup de fivettes disent que ça leur a redonné un sentiment de contrôle. Et franchement, dans un parcours PMA, ça n’a pas de prix.

Évidemment, avant de vous lancer dans une supplémentation, passez par la case gynéco. Les dosages doivent être adaptés à votre situation, vos carences et votre protocole. Ce n’est pas parce qu’un complément est en vente libre qu’il est anodin.

Le mot de la fin

Si vous êtes en parcours FIV ou que vous commencez à y penser, ce livre vaut vraiment le détour.

Il n’existe pas de version française officielle, mais plusieurs versions officieuses circulent en ligne. Prenez-le comme un outil de plus dans votre boîte à outils, pas comme une promesse.

C’est déjà beaucoup.

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