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Témoignage de Nathalie : un bébé miracle qui déjoue les statistiques

Témoignage de Nathalie, fivette du forum :

Le contexte

En avril 2016, je profite d’une consultation de routine chez mon gynéco, pour lui demander d’évaluer mon niveau de fertilité. J’ai alors 38 ans et je vis en couple depuis peu… pour la première fois !

J’ai enfin trouvé l’homme avec qui je suis capable de vire en harmonie et avec qui je peux me projeter dans un quotidien avec des enfants.Professionnellement, je viens de changer de job et j’aspire à me stabiliser.Avoir des enfants fait partie de notre projet de vie. L’horloge biologique jouant contre moi, je souhaitais connaitre mes chances d’avoir un enfant.

L’annonce des résultats…

Deux semaines environ plus tard, mes résultats tombent comme un couperet… Avec une AMH à 0,7, mes chances d’avoir un enfant naturellement sont particulièrement réduites. Mon gynécologue commence à me parler de PMA et nous laisse 6 mois pour prendre une décision et pour essayer d’avoir un enfant naturellement. Six mois (pas plus) car entre temps, le nombre d’ovocytes diminue et nos chances de concevoir avec.

Il me prescrit également des examens pour mon conjoint, afin de tester sa fertilité.Verdict : OATS extrême. Nos chances d’avoir un enfant naturellement sont quasi nulles (1 à 5%).Nous décidons alors de ne pas attendre inutilement et d’accepter le recours à la PMA.

Etonnamment, nous avons vécu l’annonce de nos résultats dans la sérénité. Certes, nos chances d’être parents étaient limitées (même avec la PMA) mais elles existaient. Et puis, nous étions habitués à devoir nous battre dans la vie…

Mon parcours de PMA

Je ne saurais avec le temps, énumérer la batterie d’examens à laquelle nous avons dû nous prêter.

Sans oublier les dossiers administratifs et le déménagement devenu indispensable à la perspective éventuelle de l’arrivée d’un enfant.

En juin 2016, je commence la stimulation ovarienne. La première semaine, je vais bien… Mais on ne dénombre pas plus de 4 follicules dont 1 seul sur l’ovaire droit. Un résultat faible mais somme tout cohérent avec ma réserve ovarienne et mon âge.

Puis brusquement à la fin de cette même semaine, le mécanisme s’affole sans rien changer au traitement. Je passe de 4 à 14 follicules mesurant entre 16 à 24um. Follicules également répartis entre les 2 ovaires ! Je suis alors au bord de l’hyper stimulation et je me sens vraiment mal, le ventre rigide, nauséeuse et extrêmement fatiguée.

Je ne suis plus en mesure de travailler. Mon médecin traitant me fait un arrêt de travail de 2 semaines. Me déplacer pour les prises de sangs et les injections quotidiennes devient un calvaire. Idem pour les échographies pour lesquelles je suis obligée de faire 1h de route tous les 2 jours.

Arrive le jour de la ponction ovocytaire… Gros stress malgré une équipe médicale à l’écoute et empathique. Malheureusement pour moi, l’intervention se fait sous anesthésie locale et l’anesthésique utilisé n’a pas fait effet sur moi… Mon pire souvenir de PMA… J’ai crié et pleuré à chaque coup d’aiguille (bien que résistante à la douleur). L’horreur totale…

Je ressors avec la mine défaite et avec des antidouleurs. Je jure que si cette FIV ne fonctionne pas, je m’arrêterai là… Les saignements du matin se poursuivent jusqu’en début de soirée. Je continue les antidouleurs en jurant à mon conjoint « plus jamais ça ! ».

8 ovocytes seulement ont pu être prélevés. Résultats décevant mais cela reste 8 chances potentielles… 3 embryons seulement à l’arrivée dont 1 qui nous a lâché la veille du transfert. On m’a donc implanté 2 embryons (dont 1 « très beau ».)

Puis vient l’attente… 2 semaines de stress avant la prise de sang pour détecter une éventuelle grossesse… Et puis la déception avec l’arrivée de mes règles au bout de 10 jours seulement…

Après un mois de pause, nous programmons la 2ème stimulation pour notre 2ème FIV ICSI.

J’achète mes injections et je sors de la pharmacie avec le pressentiment que tout cela ne servirait à rien, car je serais déjà enceinte avant de commencer le traitement. « 1 200€ d’injections pour rien ! » me dis-je intérieurement et je sens la colère monter… Puis, je me calme pensant qu’il devait s’agir d’une forme de déni…

 

Un bébé miracle

Après 6 jours de retard de règles (stimulation ovarienne en stand-by), je fais un test urinaire de grossesse, comme ça… pour le suivi de mon dossier… Positif ! Pensant qu’il devait s’agir d’un faux positif, je complète par un test sanguin… Positif ! Avec une HCG à 2 190 UI/L !

Je prends donc aussi tôt RDV avec mon gynéco pour entamer mon suivi de grossesse.Pour une fois, la marge d’erreur statistique aura joué en ma faveur !Malgré un décollement qui nécessitera 15 jours de repos dont 7 alités, l’embryon s’accroche.Puis se développe et laisse entendre un cœur battre.

9 mois et 5 jours plus tard, ma fille est née… Une merveille !

Les réactions de mon entourage

Je n’ai parlé de mon parcours en PMA qu’à très peu de personnes. J’avais peur de paraitre « anormale » aux yeux de ma famille. Et mes craintes furent fondées car à la suite de la naissance de ma fille, je me suis confiée à ma mère qui s’est mise en colère, comme si je lui reprochais mon IOP.

Ce que j’ai appris de cette expérience

Quoique l’on fasse, c’est la nature qui aura toujours le dernier mot… On ne peut que mettre toutes nos chances de notre côté, grâce à la science et à la médecine.

J’ai eu beaucoup de chance car mon parcours en PMA n’aura duré que quelques mois. Je suis admirative devant celles qui ont lutté pendant des années pour être mère. Je ne sais pas si j’aurais eu la force d’en faire autant. Je ressors de cette expérience avec à la fois, un profond sentiment de gratitude et de compassion.

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