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Le témoignage de la FIV d’Emilie

Crédit photo : Emilie

Une longue attente

PMA, 3 petites lettres dont j’ignorais totalement la signification il y a 5 ans… Il y a beaucoup de choses qui ont changé en 5 ans. Il y a 5 ans, mon chéri et moi prenions la décision d’arrêter la contraception et de lancer le projet bébé. On ne se met pas de pression ça viendra quand ça viendra… Au bout d’un an, bébé ne venant toujours pas je me mets à calculer les périodes d’ovulation, histoire de maximiser mes chances. Ma gynécologue de l’époque nous dit que c’est normal, qu’il faut continuer à essayer. On continue donc, et on continue… 2 ans… Toujours le même discours de ma gynécologue, continuer ça finira par venir.

3 ans ! On a passé 3 ans à essayer, 3 ans pendant lesquels à chaque nouveau cycle je perdais un peu de ma joie de vivre.3 ans pendant lesquels nos amis ont eu leurs enfants, ont mis en route leur second.3 ans à encaisser les annonces, les plaintes des nouveaux parents, les blagues déplacées du style « vous voulez de l’aide ?? »… 3 ans…

Je reprends rendez-vous avec ma gynécologue, sauf que madame est partie, dans une autre région. Je prends donc rendez-vous avec une gynécologue sur Paris près de mon travail. J’explique à cette dernière que ça fait 3 ans que nous essayons et que rien ne se passe. Elle est étonnée qu’aucun examen nous ait été prescrit. Elle nous en prescrit donc plusieurs : prise de sang pour checker ma réserve ovarienne et hystérosalpingographie pour moi, spermogramme avec test de survie pour monsieur. Dans la foulée elle me met sous traitement Clomid pendant 2 mois pour aider un peu.

Les essais sous Clomid, tous les symptômes de grossesse pendant le traitement, l’espoir qui revient en flèche, et qui retombe à l’arrivée du nouveau cycle, et moi qui meurt encore un peu.

Qui aboutit à un parcours en PMA

De retour chez madame gygy le verdict tombe, les zozos de chéri ne sont vraiment pas en forme. Ils ne sont pas bien formés, pas nombreux, pas très vifs. C’est ce qu’on appelle l’oligoasthénotératospermie. Cure de vitamines C et contrôle dans 3 mois. Résultats idem. Ma gynécologue nous envoie donc en PMA.

Les voilà ces 3 petites lettres. Qui vont être suivies de pleins d’autres, FIV, ICSI, OATS etc… c’est le début de notre parcours.

Rendez-vous pris dans notre centre, dans 3 mois et demi et encore c’est un désistement !

Et 3 mois après on y est, dans cette salle d’attente, entourés de tellement de monde. C’est à ce moment qu’on réalise qu’on est nombreux, nombreux à devoir faire appel à la médecine pour fonder une famille.

Premier rdv PMA. On tombe sur un médecin froid et désagréable, qui nous dit : « Vous fumez ? Faut pas rêver en même temps, faut que vous arrêtiez ! Et vous madame il faut perdre au moins 5 kg ! », Il nous prescrit d’autre examens, nous dit de prendre rendez-vous avec le biologiste pour monsieur et de revenir le voir après. On est reparti sans dire un mot, j’avais juste envie de pleurer, j’ai allumé une cigarette parce qu’au fond comment arrêter quand on est si désespérés, quand on nous a traités comme si nous étions des abrutis.

Mais on le veut ce bébé, alors on arrête de fumer, puis je vais voir une diététicienne et je les perds ces 5 kg. On va voir le biologiste qui prescrit une échographie des testicules à chéri, on voit un spécialiste qui analyse cette échographie et qui estime que l’embolisation de la petite varicocèle ne changera rien.

On reprend donc rendez-vous avec ce gynécologue, qui est parti !! Rendez-vous donc pris avec sa remplaçante. Et quel soulagement ! Elle nous explique tout, pour nous ce sera FIV ICSI, elle est aimable, sympathique, humaine. Que ça fait du bien de savoir où l’on met les pieds, de comprendre quelle est la suite. On programme donc tout ça. Mise sous pilule, début des piqûres à telle date pendant tant de jours. Puis contrôle à telle date etc…  On évoque la ponction, sous anesthésie locale pour eux c’est mieux. Si je veux une anesthésie générale je peux mais ils préconisent l’anesthésie locale. Ils donnent des calmants pour être zen alors je leur fais confiance va pour l’anesthésie locale.

Le renouveau

Nous voilà donc lancés dans ce parcours. Les infirmières viennent tous les soirs pour me faire les piqûres, ouais je ne suis pas assez courageuse pour me les faire toute seule. Puis vient le premier contrôle.  Le Sage-femme me dit qu’il y en 5 mais qu’ils ne sont pas assez gros, on va continuer. Je lui demande si c’est normal, grave ? Il me dit « Ça arrive » on continue et on contrôle dans deux jours.

Je repars la boule au ventre, ça ne pousse pas bien, je suis déprimée. 2 jours après, recontrôle, la Sage-femme me dit c’est bon on va déclencher demain soir. Je lui dis que ça me rassure car ils étaient trop petits y a deux jours selon son collègue. Elle me répond : « C’est normal, au premier contrôle ils sont rarement mûrs » et il ne pouvait pas me le dire ?? Plutôt que de me faire croire que c’est rare et que tout ne se passe pas bien ?  Bref, c’est parti pour le déclenchement et la ponction !

La ponction, dans mon centre nous sommes deux par chambre, déjà ça fait bizarre. J’ai pris leur cachet antistress. Bah ça n’a pas marché pas sur moi, prise de tension 18/6, non non je ne suis pas stressée. Bon autant dire que ça a été compliqué, mais nous y sommes arrivés.  Je remonte en chambre et on attend. La biologiste arrive et commence par ma camarade de chambre. « Vous en avez  12 ». Puis elle passe à moi : « Il y a eu 3 ovocytes et on à 2 embryons. Vous revenez dans deux jours pour le transfert » 2 embryons…. seulement 2 alors que la fille d’à côté en a eu 12.. re-déprime.. On passe deux jours la boule au ventre à se demander s’il en restera au moins un pour le transfert, pas de nouvelles du centre.

De nombreuses interrogations d’après transfert

Deux jours après on arrive pour le transfert, les deux embryons sont encore là. Un beau qu’on me transfère et un moins beau qu’on va laisser pousser avant de le vitrifier si possible (qui ne tiendra pas le coup). On rentre à la maison. Et là commence la pire période de la fiv l’attente de la prise de sang. Je suis arrêtée, je reste au repos car mes ovaires tiraillent suite à la stimulation.

Et c’est là que je découvre le forum de fiv.fr, je saute le pas et je m’inscris. Je rencontre des femmes qui sont au même stade de protocole que moi, d’autres plus avancés. On compare nos symptômes, on patiente, on stresse, on fait face ensemble. J’apprends énormément de choses, des choses que j’aurais aimé savoir dès le départ. J’ai appris plus de détails sur les protocoles de FIV sur les forums que via mon centre PMA et surtout je me suis senti moins seule ! Ça m’a fait un bien fou d’en parler avec d’autres. Mes amies sont au courant de notre parcours mais c’est différent. Tant qu’on ne passe pas par-là, c’est difficile de comprendre ce que l’on peut ressentir. J’ai rencontré des femmes formidables, des battantes, des guerrières. Elles se relèvent après l’échec et continuent d’avancer pour fonder cette famille dont elles rêvent. Elles m’ont soutenu, je les ai soutenues, on s’est battues ensemble. Merci les filles !

Puis vient le jour de la prise de sang, piqûre à 8h00 et ensuite l’attente, autant dire que je n’ai pas été très productive. On est plusieurs à l’avoir ce jour-là, alors on attend toutes ensembles les résultats.

Et un stress permanent jusqu’à la naissance

A 13h le résultat tombe, c’est positif. Positif, je n’y crois pas. En fait je me réjouis à peine, je sais qu’il faut qu’il double et que ce n’est pas gagné et du coup j’ai du mal à réaliser. J’ai ce petit papillon d’espoir qui gonfle légèrement mais mon cerveau me dit que rien n’est joué, que ce n’est pas gagné.

48h après deuxième prise de sang, laquelle est faite dans un centre vers chez moi, qui me dit qu’on ne pourra pas comparer les taux car les deux n’ont pas été effectués dans le même laboratoire.  Re bonjour Monsieur stress, résultat le taux a doublé, je devrais être heureuse mais ce que m’a dit le laborantin me fait peur, je n’ose pas. J’attends la prise de sang de la semaine prochaine, le taux doit être au-dessus des 1000, il l’est, je commence à y croire mais j’ai peur, j’ai peur que si j’y crois trop tout ça s’arrête. J’y ai trop cru avant, je n’ai plus trop la force d’y croire maintenant. J’attends la première échographie pour voir si y a un cœur qui bat.

La 1ère échographie, l’attente interminable dans la salle d’attente et puis ce moment où nous avons vu, cette petite chose de rien du tout, rikiki, mais qui bat… qui est bien là… notre miracle…

Je ne peux pas dire que j’ai passé une grossesse zen. J’ai eu peur toute ma grossesse, peur qu’il lui arrive un truc, que son petit cœur s’arrête. Je suis passée par tellement d’émotions différentes : le bonheur d’être enceinte, la culpabilité que ça ait marché pour nous alors que j’ai des copinautes pour qui ça ne fonctionne pas, le bonheur à chaque échographie de le voir en pleine forme.

Et après ces 9 mois de yoyo émotionnel, il est là. Vraiment là, par moment j’ai encore du mal à y croire, la PMA, l’infertilité ça laisse des traces, je ne sais pas si un jour je redeviendrais cette fille qui riait tout le temps pour rien et qui prenait les choses avec bonne humeur. Je n’ai pas à me plaindre, j’ai souffert de toutes ces années d’essais infructueux c’est vrai mais j’ai eu la chance que ce petit embryon s’accroche du premier coup. Ce n’est pas toujours le cas, parfois il faut plusieurs essais pour que cela fonctionne, mais ne baissez pas les bras, battez-vous ! La médecine fait des miracles de nos jours, garder espoir, ça en vaut vraiment la peine.

1 Commentaire

  1. Ludivine

    Témoignage très émouvant Émilie. Félicitations et excellente continuation. Nous sommes toutes des wonder woman 😄

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