Choix de page

Mère porteuse (GPA)

Qu’est-ce qu’une « mère porteuse » ?

Le concept de « mère porteuse » est apparu de manière assez logique. Si une femme ne peut pas porter un enfant, pourquoi ne pas le faire porter par une autre ?

C’est la définition d’une mère porteuse: une femme qui prête son corps, plus précisément son utérus, à des couples qui ne peuvent pas avoir d’enfants.
Pour les femmes qui ne peuvent pas, pour des raisons de santé, porter un enfant dans leur corps, c’est l’espoir d’avoir un enfant issu de leurs gènes. C’est la possibilité de concevoir leur « propre » enfant, celui de leur couple.

mere-porteuse-1

Quelles peuvent être les motivations d’une mère porteuse ?

Porter un enfant qui n’est pas le sien, s’en séparer sans état d’âme au bout de 9 mois de grossesse semblent des idées assez farfelues au premier abord.
En fait, la réponse réside dans les gènes et le contexte.
D’après les expériences à l’étranger; il est très différent de porter un enfant qui n’est pas issu de ses gènes, et encore moins d’un projet parental construit à 2.
La première motivation et la plus belle, c’est d’abord une démarche d’une grande générosité. Offrir la possibilité d’un enfant lorsque l’on est capable physiquement de le porter c’est un cadeau merveilleux. Nous avons tous entendu des histoires de sœur ou d’amie qui portait un bébé qui n’était pas le leur Mais la société actuelle veut que l’argent soit aux centres des préoccupations. On arrive donc à la seconde motivation: l’intérêt.
La grossesse des mères porteuses est rémunérée dans certains pays. C’est le cas aux États-Unis, où un véritable marché s’est développé. Les mères porteuses y sont de véritables professionnelles : elles louent leur utérus, comme d’autres monnaient leur corps. Ce qui fait dire aux partisans du concept: « La location d’utérus est-elle moins noble que celle du vagin pour les prostituées? Non! » Sans tomber dans ces extrêmes, on peut imaginer un système de « cas par cas », adapté à chaque situation. Les mères porteuses, comme le couple demandeur feraient l’objet d’entretiens psychologiques afin d’apprécier au mieux le contexte de la demande.

Comment le concept de mère porteuse est-il légiféré ?

Les juristes sont toujours pointilleux. Ils distinguent donc le terme de « mère porteuse » de celui de « mère de substitution ».
Une mère porteuse est une femme qui porte un enfant issu d’un de ses ovules et du sperme d’un donneur ou du père. Cet enfant doit être remis à quelqu’un d’autre au terme de la grossesse.
La mère de substitution, elle, porte un enfant issu des techniques de l’assistance médicale à la procréation. Cet enfant est conçu à partir des gamètes du couple stérile, grâce à la FIV par exemple, ou de donneurs.
La mère porteuse est à la fois donneuse et porteuse, tandis que la mère de substitution porte un enfant qui n’est pas le sien.
Dans les 2 cas, c’est pour une autre femme.

Autre chose : la « maternité pour autrui » peut être utilisée par tous les couples, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels, mariés ou non mariés, et par les femmes qui vivent seules ou qui ne sont plus en âge de procréer On imagine sans peine les dérives possibles du concept…
En 1989, le Conseil de l’Europe s’est déclaré opposé au concept de « mère porteuse ». Cette décision se fonde sur l’importance de la grossesse et de la vie dans l’utérus.
En Europe, nous estimons que la grossesse est un moment privilégié, où les premiers liens se tissent entre la mère et son enfant. La grossesse est la première étape de la relation. Un des arguments avancés fait appel au revirement fréquent de la mère porteuse. Les médias racontent souvent l’histoire d’une mère porteuse qui ne veut plus se séparer de son bébé, au grand dam du couple bénéficiaire.
La France a interdit la « gestation pour autrui » au milieu des années 1980. Les couples vont donc à l’étranger pour bénéficier de libertés plus grandes. C’est notamment le cas des couples connaissant une amie ou une parente acceptant de porter leur enfant. N’oublions pas qu’il s’agit d’un marché florissant et très lucratif dans certains pays. Il existe même des contrats plus ou moins chers, en fonction du niveau d’exigence des couples (certains incluent même une clause de « mère porteuse à domicile » pour surveiller son alimentation et son hygiène de vie pendant la grossesse!). Un jour peut-être, une maternité pour autrui verra-t-elle le jour dans un cadre bien réglementé, aussi bien du point de vue éthique que financier?

Que deviennent les enfants issus de mère porteuse ?

Une étude sur les enfants issus de mère porteuse a été réalisée au Royaume-Uni. Elle porte sur les enfants de 40 mères porteuses. Ils n’auraient aucune séquelle psychologique. Et apparemment, ils entretiendraient de meilleurs rapports avec leurs parents que les enfants conçus naturellement.
Un gros bémol est à mettre sur ces résultats. Les enfants étudiés sont encore très jeunes. On ne sait pas comment ils évolueront au sein de leurs familles.À suivre donc !

mere-porteuse-2

Le prix d’un bébé porté

La rémunération des mères porteuses est- elle choquante ? Payer pour avoir droit à un enfant, oui, c’est choquant et contraire à tout ce que nous enseigne la démocratie française.
En plus, cela prête le flanc à tous les excès financiers et toutes les injustices envisageables. Le concept d’indemnisation de la mère porteuse semble plus légitime. Être enceinte n’est pas forcément agréable. Les aléas et les complications possibles de la grossesse ne sont pas négligeables. Ils empêchent de plus l’exercice de son métier, à l’approche du terme. Est-il possible d’évaluer un dédommagement équitable de la grossesse ? Le débat est ouvert…

Laissez un commentaire !

Share This
9d5d1fa8f32413ce3ccc2a1c499ebcb35555555555555555555555555