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Gérer l’aspect émotionnel de la FIV

Se lancer dans une fécondation in vitro est une aventure difficile, non seulement parce que les enjeux sont très importants, mais aussi parce que le processus est long et que le moral fait les montagnes russes : attente, espoir, désillusion et tristesse se succèdent sans arrêt, et c’est épuisant. Les difficultés physiques jouent naturellement aussi sur l’aspect psychologique : changement du taux hormonal, effets secondaires des traitements et complications éventuelles génèrent un stress important qui affecte les émotions. Il faut donc apprendre à les gérer, pour traverser plus sereinement cette étape de votre vie.

Les facteurs de stress

Des changements rapides dans l’organisation de votre vie

Une FIV réclame de nombreux déplacements à l’hôpital et un lourd investissement financier. Il faut donc vous attendre à devoir réorganiser votre mode de vie et gérer votre temps différemment. Moins disponible pour vos proches et vos amis, avec un budget se resserrant et la fatigue s’accumulant, le stress peut ronger peu à peu tous les domaines de votre vie : sociale, amoureuse, sexuelle, professionnelle… Il faut changer son quotidien, et cette simple pensée peut elle-même se révéler créatrice d’angoisse si l’on ne voit pas comment s’organiser différemment.

La progression dans les étapes de la FIV

Les chercheurs ont montré que les patients étaient de plus en plus stressés à mesure qu’ils progressaient dans les étapes de la FIV. Si, au départ, cette angoisse est essentiellement due à l’ignorance des détails du processus médical, à la nouveauté de la situation et aux changements des traitements ou de l’équipe médicale, elle est de plus en plus causée par la prise de conscience des enjeux de chaque étape. Il apparaît que le niveau de stress atteint son maximum lors de la phase d’attente des résultats du transfert d’embryons. L’incertitude du résultat est souvent très pénible, quelle que soit l’étape à laquelle le patient se trouve.

La pression sexuelle

Une FIV implique d’avoir des rapports sexuels à la demande, à des moments précis (au milieu du cycle uniquement). Cette nouvelle façon d’envisager le sexe peut se révéler frustrante car l’un des deux conjoints peut ne pas être disponible au moment opportun : travail, déplacement, humeur contraire… Surtout, la pratique sexuelle peut perdre de sa spontanéité et devenir un acte mécanique, un devoir à remplir. De plus, la pression à ce moment peut être si importante qu’il arrive que l’homme soit confronté à des problèmes d’érection ou d’éjaculation.

Des conseils pour gérer son stress émotionnel

Renseignez vous au maximum

L’un des meilleurs remèdes contre l’anxiété est d’être bien informé. Apprenez à connaître votre corps, rassemblez toutes les informations disponibles sur le cycle de traitement et ce que propose votre clinique. Vous saurez ainsi où vous allez et vous épargnerez des crises de stress inutiles lorsqu’un effet se fera sentir et qu’il vous paraîtra inquiétant alors qu’il est tout à fait normal. Toutes les sources sont bonnes à prendre : témoignages de personnes passées par la FIV avant vous (n’hésitez pas à les rencontrer !), documentation de la clinique, organismes spécialisés…

Anticipez ses décisions et ses réactions

L’étape de recherche d’informations vous permet de savoir quelles décisions vous aurez à prendre et à quel moment. Il peut être très utile de se pencher sur ces questions avant d’y être confronté pour ne pas décider dans la précipitation, car ces choix ont des implications éthiques, morales et religieuses importantes. Par exemple, combien d’embryons souhaiterez-vous transférer pour maximiser vos chances de concevoir tout en évitant une grossesse multiple ? Que ferez-vous des embryons ou ovocytes supplémentaires ? Les donnerez-vous, les congèlerez-vous ou les jetterez-vous ? Si vous parvenez à tomber enceinte grâce aux gamètes d’un donneur, comment aborderez-vous le sujet avec votre enfant ? Combien de cycles souhaitez-vous faire ? Combien de temps et d’argent comptez-vous investir dans la FIV ? Pour vous aider à répondre à ces questions, l’American Society for Reproductive Medicine (Société américaine pour la médecine reproductrice) recommande de contacter un psychologue.

Pensez également à la façon dont vous gèrerez chaque réception des résultats. Evitez de vous trouver au travail à ce moment-là. Ensuite, comment les annoncerez-vous à vos proches ? Laissez-vous un peu de temps pour digérer une réponse négative avant de la révéler. Eventuellement, donnez une date de résultats légèrement plus tardive que la réalité.

Simplifiez-vous la vie

 

Eliminez tout stress inutile au cours de la FIV. Elle est déjà très exigeante physiquement et psychologiquement, ne vous rajoutez pas de contrainte supplémentaire. Ainsi, ce n’est pas le bon moment pour déménager, changer de poste de travail ou accepter d’importantes missions, par exemple. Vous avez le contrôle sur les choix de votre vie quotidienne alors que généralement, vous ne pouvez guère contrôler le processus de traitement.

Pensez à autre chose

C’est sûr, la FIV sera votre principal sujet de préoccupation durant un très long moment. Pour ne pas laisser l’angoisse s’installer tout en évacuant vos tensions, n’oubliez pas de cultiver d’autres activités : dessin, sport, photographie, écriture, peu importe, du moment qu’elles vous permettent d’extérioriser ce que vous ressentez. Ne sous-estimez pas l’importance de ce point. Ce sera notamment capital pendant la période de 10 à 14 jours d’attente entre le transfert des embryons et les résultats des tests de grossesse. Ce laps de temps est souvent considéré comme le plus difficile, car après avoir été en contact régulier avec l’équipe médicale (monitoring, prélèvements, injections…), vous êtes à présent laissée seule. Il faudra vous occuper l’esprit !

Cultivez vos relations avec vos proches

Le combat contre la stérilité peut être long, et arriveront des moments où vous vous sentirez seule et isolée. La famille et les amis peuvent alors se révéler de bons soutiens car ils seront à votre écoute. Partager ses émotions est essentiel. Peut-être ne comprendront-ils pas vraiment l’épreuve que vous traversez, mais vous ressentirez au moins leur amour et leur chaleur. N’oubliez pas non plus qu’ils ne peuvent pas vous comprendre si vous ne leur parlez pas ! Expliquez-leur comment vous vous sentez, et n’hésitez pas à leur fournir de la documentation.

Vous n’êtes cependant pas obligé de parler de la FIV à tout le monde. En effet, les questions que chacun ne manquera pas de vous poser et raconter dix fois la même histoire peut finir par peser trop lourd. Il peut être plus judicieux de désigner un membre de la famille comme « porte-parole », qui relaiera les informations que vous lui communiquerez à tous les autres.

Cultivez votre relation avec votre conjoint

Une FIV affecte naturellement la relation entre les conjoints. Assurez-vous qu’elle est solide avant de vous lancer dans le traitement, et surtout, préservez votre vie sexuelle, qui peut être bouleversée par les besoins de la FIV. Passez à l’acte lorsque le médecin vous le recommande, mais aussi pendant le reste du mois. Si des difficultés se font sentir (troubles de l’érection, problèmes d’éjaculation, perte de la libido), parlez-en à votre médecin : il vous conseillera un traitement médical ou une thérapie sexuelle pour y remédier.

Facilitez-vous la communication avec votre conjoint. Par exemple, accordez-vous 20 minutes chaque jour pour parler de la FIV, et ne sortez pas de ce créneau. Votre vie conjugale ne doit pas se limiter à ce sujet ! Profitez-en pour partager vos émotions et décider des étapes que vous souhaitez vivre à deux : appels du médecin, test de grossesse, rendez-vous…

Apprenez aussi à accepter la façon dont votre conjoint fait face au stress, même s’il ne s’y prend pas comme vous. Il préfère aller prendre l’air seul que parler avec vous ? Laissez-le faire puisque c’est efficace ! Cette tolérance vous permettra de minimiser les conflits.

Autorisez-vous à pleurer

Le traitement perturbe vos hormones, et il n’est pas surprenant que vous réagissiez mal à quelque chose qui ne vous aurez même pas effleurée dans votre état normal. Soyez consciente que votre hypersensibilité est une conséquence des médicaments et qu’il ne s’agit que d’un état temporaire.

Lorsqu’une étape de la FIV a échoué, ou lorsque vous renoncez à concevoir grâce à la FIV, l’expérience éprouvée est similaire à celle d’un deuil. Vous avez le droit d’être triste et de pleurer. Cela ne diminuera pas la joie immense que vous ressentirez en adoptant ou en concevant à l’aide d’un don d’ovule ou de sperme.

De bonnes nouvelles

Malgré les conséquences stressantes de la stérilité et de la FIV, il est important de noter que les recherches montrent que la grande majorité des patients s’adaptent bien émotionnellement. De plus, il ne semble y avoir aucun impact à long terme sur la relation de couple ni sur le fonctionnement individuel. Au contraire, certaines recherches ont démontré qu’une crise de fertilité peut améliorer la communication dans le couple et l’intimité émotionnelle. Les couples peuvent même apprendre de nouvelles  techniques d’adaptation et des façons de communiquer qui les aideront toute leur vie.

De plus, n’oubliez pas qu’à chaque nouveau cycle, vous apprenez de nouvelles informations qui peuvent vous aider à prendre des décisions. Quand vous aurez le sentiment d’avoir tout tenté pour avoir un enfant, qu’importe le résultat de la FIV : vous n’aurez pas de regret.

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